A la pêche aux liens

Alors que le Web se googlise de plus en plus chaque jour (entendez par là la démarche suivante : je me pose une question – je tape ma question dans une case – j’obtiens la réponse dans la 1e page de résultats), certains continuent à aborder le Web avec des annuaires, directory en anglais.

Je ne pense pas que ce soit nécessairement une vision passéiste de l’accès à l’information, c’est une façon différente d’aborder la masse, par la classification et la sélection… par la méthode bibliothéconomique pure, en somme.

Cela devient en fait intéressant, à mon humble avis, lorsqu’à ce catalogue de liens vient s’ajouter une dimension temporelle, comme c’est le cas dans la navigation sociale à la del.icio.us. Au-delà du catalogue de liens, on crée une sorte de traçabilité de la navigation du "catalogueur", qui pose des jalons au fil de ses déplacements sur le Web.

Il y a ainsi effet de méta-annuaire lorsque le répertoire de sites se dote d’un moyen de suivre régulièrement ses mises à jour, par exemple grâce à RSS. A la description pure s’ajoute l’aspect progressif et prospectif qui fait la richesse d’un répertoire en évolution, suivant le rythme du Web, par rapport à un catalogue en apparence inerte.

Quelques exemples de répertoires de sites disposant d’un fil RSS :

Peut-être un bon départ pour créer son compte sur un aggrégateur ? Alors j’ajoute un répertoire de fils RSS, qui crée également des fils par thèmes et des fils pour des sites qui n’ont pas de fils :

Oups j’oubliais de citer mes sources pour ces liens… alors merci à Constellation W3 et LBR Weblog!

Validation de l’information

La validation de l’information sur Internet, voila un sujet qui a toujours fait frémir les bibliothécaires. Aujourd’hui, avec les blogs, les wikis et toutes ces choses qui sont des sites perso mais sont aussi parfois un peu plus que cela, ce sujet fait aussi frémir les journalistes.

A ce sujet, Mediatic a mentionné il y a quelques temps une petite étude sur la validité de l’information sur Wikipedia. Elle semble tirée d’une journée d’études journalistique où il s’est dit des choses aussi sur les blogs.

A propos, quelqu’un pourrait me dire, franchement, l’intérêt de créer un blog dont l’unique but est de démontrer que les blogs sont stupides et ne servent à rien… Surtout que prendre pour cible les blogs de bibliothécaires est particulièrement mal venu, vu le nombre d’entre eux qui sont professionnels et intéressants. Quant aux autres, est-ce que, parce qu’ils sont bibliothécaires, ils n’ont pas le droit de raconter simplement leur vie comme le font tant de gens sur le Web ? Décidément, il y a des trolls partout, et ils ont vraiment du temps à perdre.

Mise à jour :

Je brûle d’envie d’ajouter un sympathique billet du blog outils de veille qui dit si bien la difficulté d’être veilleur, devant cette masse d’information non validée…

URL, identifiants et compagnie

Plein de questions un peu partout en ce moment sur les identifiants, les URI (qui sont cool s’ils ne changent pas), les URL, ce qu’ils veulent dire, combien de temps ils durent et comment les utiliser.

Je trouve amusant de voir les différents points du vue sur le sujet :

  • du côté des geeks blogueurs, l’identifiant de rêve c’est le mod_rewrite d’Apache, ou le permalink du blog associé à la grave question de savoir comment il va se bidouiller dans le fil RSS et survivre en cas de déménagement.
  • du côté des geeks standard, la question devient tout de suite plus complexe : les URL doivent-elles avoir un sens ? d’où la question qui en découle aussitôt du rapport entre URN et URL, à savoir entre nom et adresse…
  • enfin du côté des geeks bibliothéconomiques (oui oui, ça existe, un peu), l’identifiant à l’honneur est notre bon vieux ISBN mangé à la sauce URN, URI et RDF.

Et nous, les bibliothécaires ? Nous qui jonglons depuis toujours avec des identifiants pérennes locaux basés sur des adresses (les cotes) ou internationaux basés sur des noms (ISSN, ISBN…), pour nous c’est quoi un identifiant pérenne, un URI, un URN ? Comme d’habitude, cela recouvre une réalité complexe et mouvante, sur laquelle personne n’est d’accord, qui implique à la fois les problèmes des métiers du livres en général et les besoins particuliers de nos systèmes informatiques…

Un petit tour d’horizon :

DOAJ passe à l’article

Le DOAJ est un répertoire de revues en libre accès qui indexe plus d’un millier de titres.

Il vient de lancer, le 3 juin, un moteur de recherche au niveau article (auteur, titre, mots-clef, résumé) qui porte sur environ 270 titres (ceux qui fournissent les métadonnées appropriées). On peut croiser la recherche avec le titre du journal ou l’ISSN pour faire une recherche dans les article d’un titre.

J’ai été un peu en mal d’informations techniques hélas, mais tout ceci semble reposer sur l’utilisation d’OAI et d’OpenURL.

Internet = poubelle ?

Hier soir, tandis que je préparais un nouveau stock de confiture de figues, j’ai allumé la télé. Ca ne m’arrive pas souvent, et en général, je le regrette. Ca n’a pas loupé.

Le sujet de l’émission : "Internet, dangers et délices". Soirée introduite par un film qui a au moins 5 ans sur la place de l’e-mail dans les relations humaines (bon, sympa, le film, je dis pas, toute midinette des années 90 qui a eu une histoire d’amour un tant soit peu geekesque a vécu ça, m’enfin…) Puis, le grand objectif de la soirée semblait être de montrer qu’Internet est un lieu de non droit, où des adolescents sacrifient leur jeunesse à l’autel des jeux en réseaux, se consacrant dans le meilleur des cas au téléchargement illégal de musique piratée, et au pire s’adonnant à des vices incontrôlables sur les sites pédophiles et pornographiques.

J’avoue que j’ai assez rapidement éteint. Mais tout de même, cela rappelle une réalité de la vie : non, les gens ne comprennent rien à Internet, au point de faire péter les plombs aux geeks qui travaillent pour eux. Non, dans le service public on ne peut pas dire aux internautes "vous devez disposer du plug-in Shockwave de Macromedia". Bref, non, on n’est pas sortis de l’auberge.

Il y en a qui pensent qu’Internet est en train de devenir un média de masse. Qu’il subit un nivellement par le bas au niveau de la télévision. Il y en a même qui pensent qu’Internet, c’est de la m****.

Mais bon, moi je continue à penser qu’il faut se battre pour que notre Internet à nous, il soit beau, grand, libre, intéressant, riche, accessible, trouvable et tout ce que vous voulez. Et au pire, il nous reste toujours la poudre verte et l’humour geek à deux balles pour survivre.

Merci à Got, à Marlène, à Niko et à tous ceux qui contribuent à faire d’Internet un monde meilleur.

Architecture de l’information : qu’est-ce que c’est ?

L’architecture de l’information est un domaine méconnu en France, et en particulier dans les bibliothèques. Pourtant, elle a des affinités certaines avec la bibliothéconomie, et la profession gagnerait à l’intégrer à ses réflexions en termes d’évolution du métier. C’est pourquoi j’ai décidé de m’attaquer une bonne fois à la définition de cette discipline étrange et de ce qu’elle peut nous apporter, à nous les techie librarians.

Définition

L’architecture de l’information a une double origine : un constat et une métaphore.

Un constat : avec le grossissement des sites Web, l’augmentation de la quantité d’information qu’ils contiennent, et la complexification des techniques, il est devenu clair que concevoir un site Web efficace échappe à la compétence des seuls techniciens ou graphistes. Un chaînon manquant apparaît, à l’intersection de la production de contenu (compétences éditoriales) et de la mise en oeuvre technique et graphique (compétences informatiques et design). Ce chaînon manquant, c’est l’architecte de l’information.

Une métaphore : celle du bâtiment bien sûr. S’il est possible de construire une maison sans faire appel à un architecte, dès qu’on s’attaque à un bâtiment important, une vue d’ensemble s’avère nécessaire ou pour le moins utile. L’architecte est aussi celui qui est à la fois capable de comprendre les besoins du commanditaire et les fonctions du bâtiment, et de savoir quelles techniques et quels matériaux pourront être utilisés pour la mise en oeuvre.

L’architecte de l’information est donc celui qui détient la vision globale du site Web. Cette vision globale doit avoir à la fois la qualité d’une vision extérieure, objective pour conserver sa globalité, et en même temps être proche des rouages internes de la production du site afin de bien comprendre les enjeux et de mettre en oeuvre une analyse réaliste.

Méthode

La base du travail de l’architecte de l’information est de comprendre les objectifs du site et le public visé, celui-ci pouvant être réparti en types d’utilisateurs qui pratiquent différents types d’usages. Le reste de l’analyse peut aisément être compris en filant la métaphore du bâtiment, car la conception des sites est fortement spatialisée.

  • la typologie et la classification des contenus revient à définir quels seront les espaces du bâtiment et quelles seront leurs fonctions
  • il faut ensuite réfléchir à la manière dont on circule entre ces espaces, et aux repères qu’on donne aux utilisateurs pour s’orienter : c’est la navigation dans le site Web et les outils de recherche d’information.

Enfin, l’architecte de l’information modélise tout ceci dans des maquettes fonctionnelles ou wireframes en anglais, dont l’objectif est de donner une vue d’ensemble graphique de la page et de la façon dont elle s’articule avec le reste du site. Cette maquette est une sorte de gabarit neutre sur lequel s’appliquera ensuite le graphisme.

Disciplines connexes

L’architecture de l’information est liée directement à d’autres disciplines aux noms barbares, telles que le design interactif, l’usabilité, la trouvabilité ou encore l’expérience utilisateur.

Cette dernière est intéressante parce que difficile à percevoir et surtout à quantifier. L’expérience utilisateur, c’est l’impression de se sentir bien quand on visite un site, ce qui est en partie une affaire de graphisme mais pas seulement. L’architecte de l’information réfléchit à enrichir l’expérience utilisateur, c’est-à-dire à essayer de tirer parti de ce que le média Web apporte de plus par rapport aux autres.

Quel rapport avec nous ?

Pour ceux qui se demandent encore le rapport avec les bibliothèques, je récapitule… L’architecture de l’information fait fortement appel à des compétences qui sont celles des bibliothécaires : classifier l’information, gérér des masses de ressources parfois hétérogènes, favoriser l’accès à l’information en fournissant des outils de recherche ou en aidant les lecteurs à s’orienter dans les collections. En retour, ce que l’architecture de l’information a à nous apporter, c’est son expérience des nouvelles technologies, sa conception spatiale de l’information, et surtout son côté très user-oriented, centré sur les besoins et les pratiques des usagers.

La réflexion déjà bien avancée chez les anglo-saxons a cet avantage de refléter un positionnement abouti de l’architecture de l’information au milieu d’un bouquet d’autres disciplines par rapport auxquelles on a parfois du mal à se situer. Dans la réfléxion sur le métier de bibliothécaire à l’heure du numérique, il est capital de savoir exactement où se situent nos compétences, et comment elles s’imbriquent avec celles des autres acteurs.

Ressources

Au risque de me répéter, je récapitule l’ensemble des ressources sur le sujet :

Livre

  • la bible de l’architecture de l’Information c’est l’ouvrage de Louis Rosenfeld et Peter Morville, Information architecture for the World Wide Web, le livre à l’ours polaire chez O’reilly, 2e édition en 2002 (en anglais)

Sites Web

Blogs

  • Bloug le blog de Louis Rosenfeld (en anglais)
  • FredCavazza.net blog très riche avec plein de définitions et de ressources super utiles (en français)

Visualisation

Les outils de visualisation de l’information sont manifestement en train de passer du stade de gadget bizarroïde à celui de tendance prometteuse du Web. La cartographie ouvre des perspectives en terme d’analyse des résultats d’une recherche, de mise en lumière de tendances et de modèles, ou de découverte d’informations contextuelles.

Et en voici quelques exemples :

  • Blogpulse : un outil de recherche de blogs qui permet aussi de comparer les tendances d’emploi de mots-clefs dans les blogs qu’il référence (on peut comparer les courbes de popularité de jusqu’à trois mots-clefs).
  • WebBrain : interface en java qui permet de naviguer visuellement par thèmes sur le Web
  • GoogleBrowser : un outil qui utilise Google (en particulier la fonction related:) pour montrer le contexte d’un site dont on entre l’URL
  • MusicPlasma : pour rechercher la discographie d’un artiste musical et trouver d’autres artistes dans le même genre.

Grâce à tout ça, on pourrait réfléchir à de nouvelles interfaces plus intuitives pour nos catalogues, pourquoi pas. Merci à Outils Froids et IA/ entre autres pour cette vision du futur.

Quant à moi, c’est pas mon jour, et faut que je file, je dois passer 50 antivirus sur mon PC, essayer de ressusciter ma connexion ADSL pour la 3e fois de suite, et emmener mon portable au service après-vente de chez D****.

RSSSSSSSSSSSSSS 2.0

C’est tout le problème : on fait un billet bien long, bien construit, on met plein chose utiles dedans, une foultitude de liens, on poste avec satisfaction et le lendemain… on retrouve son aggrégateur et son courriel remplis des trucs qu’on a manqué. J’aurais pu continuer à mettre à jour et faire une version 1.9, mais il y en avait trop, je passe donc directement à la 2.0.

En février dernier, rMen’s Weblog proposait une synthèse, en français dans le texte, sur RSS, qu’est-ce que c’est, comment l’utiliser, et une liste de ressources. Je signale au passage que ce blog comporte une catégorie "tout sur le RSS" qui mérite le détour.

Ailleurs en Suisse, le Weblogger propose des fils RSS par catégories (dont une sur le RSS sinon ce serait pas drôle). Celle-ci est intéressante, mais il y a plein de trucs que je comprends pas dedans, le niveau de geekitude est un peu élevé…

Chez une grenouille perdue on trouve un compte-rendu dense de chez dense d’un meeting sur la syndication de contenu qui a eu lieu hier à Montréal. Ca fait loin, mais les jaloux qui veulent parler de ces sujets brûlants pourront se rabattre sur la journée d’étude lyonnaise : Weblogs, wikis et syndication de contenus le 25 mai.

Je m’intéresse aussi, forcément, aux expérimentations du JC Blog avec Zfeeder.

Et si jamais d’autres ressources surgissent, ma foi il leur faudra attendre la version 3.0 ! Ce jour-là je parlerai d’ATOM aussi. C’est promis.

RSSSSSSSSSSSSSS

C’est le printemps, il pleut, et les tutoriels, how-to et guides en tout genre sur les blogs et sur RSS fleurissent tels des bourgeons sur les arbres.

Premier sur ma liste, le grand Padawan, english version, a commis, avec son habituel ton enlevé et sympathique, un Weblog Primer (au fait, ç’aurait été sympa aussi de le faire en français…)

Un peu plus loin, Outils Froids dévoile avec la fraîcheur qu’on lui connaît un article dans Update qui intéresse directement les bibliothèques, enfin celles d’entre elles qui se demanderaient pourquoi et comment blogguer (toujours en anglais).

Chez Robin Good, où l’on trouve dès la page d’accueil de nombreux fils RSS thématiques, on a découvert ces derniers jours deux ressources intéressantes sur le RSS :

De l’autre côté de l’Atlantique, Library Stuff ajoute sa pierre à mon édifice de fils en signalant le magazine Yenra et surtout son offre de fils RSS thématiques.

Et pour finir, cette chère Jenny s’émerveille du succès de RSS auprès de ses élèves, et signale entre autres ressources cet Art de bloguer en diaporama instructif et amusant. C’est à lui qu’on doit le superbe schéma de la blogosphère que j’ai emprunté, qui nous apprend entre autres que les bloggeurs sont vachement nombreux et qu’ils boivent plus de café que la moyenne ;-)

Je suis sûre que j’en oublie. Si je peux me permettre d’apporter une conclusion personnelle à cette effrayante pelote de liens : la syndication de contenus a de l’avenir devant elle !

Mise à jour :

Ajout tardif d’une nouveauté signalée par le Juriblog : CompuBib répertorie aussi quelques ressources RSS, notamment francophones, dont le blog de votre serviteuse…

Gratuité, ouverture et participation

Aujourd’hui, c’est bien le jour de clamer haut et fort ces trois mots. C’est le jour de dire que nous ne voulons pas d’une société de l’information tranformée en société de consommation, ni d’un Web verrouillé techniquement et intellectuellement, ni d’un Internet privé de sa liberté d’expression.

L’information a cette particularité d’être un bien dont la valeur augmente lorsqu’on le partage. Signalons donc que l‘open access fait parler de lui dans le grand publicce qui est un signe. Dans le monde des blogs, MediaTic nous fait l’honneur de trois posts sur la gratuité, dont celui du café pédagogique qui aborde l’économie de "coopétition" où la gratuité a tout son rôle à tenir. Ailleurs, Lafeuille cite longuement l’article du Monde de Pierre-Noël Giraud : "Un spectre hante le capitalisme : la gratuité".

Côté participatif, les blogs répondent à l’appel, même si certains pensent que la blogosphère n’existe pas ;-) Ils partagent leurs ressources sans compter. Et bien sûr, ils se font le support d’un moyen d’ouverture capable de changer la face du Web : le RSS (infos intéressantes sur le RSS chez Juriblog, et ici avec mes remerciements).

Les blogs ne seraient-ils pas le Web sémantique d’aujourd’hui, à portée de main ? C’est ce que semble penser l’auteur de cet article sur le semantic blogging. Son idée, mais n’est-ce pas ce que l’on fait déjà :

Our vision is to use semantic web tools and ideas to help move blogging beyond communal diary browsing to rich information sharing scenarios.

Cette info et plusieurs autres aussi intéressantes nous vient de ressourceShelf.