Confiture de figues, petite synthèse

Nous y voici enfin : les figues sont mûres et abondantes, sur les marchés elles débordent des étals, dans certains coins de France on peut les ceuillir sur les arbres esseulés au coin des routes.

Voici donc un petit rappel utile pour réaliser une bonne confiture de figues.

Pour ceux qui, comme moi, cherchent à conserver toute la saveur et la consistance de la figue, préférer une recette où on les conserve entières. Pour cela il faut les faire cuire longtemps, à feu très doux et après les avoir blanchies à l’eau bouillante et percées avec une aiguille à tricoter. On choisira de préférence les petites figues noires de Provence ou d’Espagne, ne pas hésiter à les prendre bien mûres, même archimûres, ce qui fera aussi la joie du marchand.

Pour les adeptes de la confiture qui s’étale, on procède avec les figues comme avec n’importe quel autre fruit : on les coupe, on les fait cuire, voilà. On peut même donner un coup de mixer à la fin. Si c’est l’homogénéité qu’on cherche, on peut même pousser le vice jusqu’à les éplucher : c’est recommandé notamment pour les grosses figues turques qu’on trouve dans les supermarchés. Ce type de confiture se fait aussi très bien avec des figues blanches, dont le goût est plus léger et plus subtil.

Enfin, pour ceux qui préfèrent le bi-goût, les figues se marient volontiers :

  • avec des épices (cannelle, badiane, gingembre) les petites figues noires
  • avec des agrumes, oranges ou citrons, les figues blanches
  • avec d’autres fruits : des raisins, des fruits rouges (mieux vaut utiliser les figues noires mais j’ai pas essayé avec les blanches).

Retrouvez toutes les infos et les recettes nécessaires ici !

Miam miam

Les idées de recettes sucrées, de saison ou non, ne manquent pas, vu qu’on est en plein dans la saison des deux meilleurs fruits du monde : la figue et la mirabelle.

Quelques idées :

  • à base de figues, plusieurs recettes apparues la semaine dernière sur France Inter (merci Laurent) dont celle du confit de figues qui a un petit air de famille avec ma propre recette si décriée…
  • et la tarte aux figues que l’on retrouve également en versoin mirabelles ici
  • rien à voir, mais ça a l’air TERRIBLE : le cake à la banane

Bon appétit…

Fête de la figue

Aujourd’hui, c’est la fête de la figue !

Hélas, pas à Paris (ici ce serait plutôt la fête à la grenouille) mais à Solliès-pont, dans le Var.

Au programme, un repas tout à la figue, un marché tout à la figue, une route de la figue, et même l’élection de l’ambassadrice de la figue. Ca me rappelle mon enfance, avec la reine de la mirabelle qui défilait sur son char (NB : c’est bon aussi les mirabelles, en particulier en confiture, et c’est la saison en ce moment).

Revenons à nos moutons. Euh, figues. Donc, Solliès-pont c’est la ville de la figue. On y cultive une délicieuse petite figue noire sucrée qui s’appelle bourgeassotte mais à force, on l’appelle aussi violette de Solliès. Parce que faudrait pas croire qu’une figue, c’est une figue et c’est tout. Il y a environ 300 variétés de figues, alors autant savoir de quoi on parle.

D’abord, il y a les noires et les blanches. Enfin non, il y a les blanches/vertes, les grises/rouges et les noires/violettes. Et puis, il y a les unifères (une seule récolte en août-septembre) et les bifères (deux récoltes, en juin et en août).

Bon, je vous ai assez ennuyés avec ça pour le week-end. Faut que j’y aille, j’ai une course à faire…

Figues et jeux olympiques

Pour surfer sur la vague de l’actualité, et parce que ça faisait longtemps que je n’avais plus parlé de figues, quelques mots sur le rôle de la figue dans les jeux olympiques.

Dans l’Antiquité, les figues étaient un des (rares) aliments essentiels des athlètes. Les figues étaient accompagnées de noix, de fromage mou et d’un pain grossier. Ou alors, selon d’autres sources dont personne ne contestera l’indiscutable autorité, d’olives, de viande crue et d’eau.

Evidemment, ce choix est dû aux grandes qualités nutritives de la figue : riche en glucide, en fibres, et en sels minéraux, notamment calcium et magnésium (en cas de déprime, essayez de remplacer le chocolat par des figues, ça marche aussi… attention à la dépendance…)

Rien à voir (ou presque) mais j’adresse toutes mes félicitations à Solenne Figues pour sa médaille au 200m nage libre…

Figuiers et 12e arrondissement

Je suis très contente, car vous vous souvenez que j’avais vachement craqué sur ce site qui répertorie les bloggers new-yorkais par station de métro. Ben maintenant on a la même chose à Paris ! Si vous me cherchez bien, vous verrez que j’habite dans le 12e arrondissement.

Eh bien, le 12e arrondissement qui est un petit coin sans prétention, où on ne trouve pas grand chose à part des promenades au vert, des Franprix et des magasins d’informatique, est bien sympathique et riche en figuiers.

Il y en a un magnifique, qui était couvert de fruits en juin, rue Dagorno. C’est une petite rue perpendiculaire à la rue de Picpus, tout près de la bibliothèque du même nom, et pour les curieux, la rue s’appelle rue Dagorno du nom de l’ancien propriétaire des lieux mais on n’en sait pas plus.

Il y a aussi un tout petit figuier juste en face de la bibliothèque Picpus, où il symbolise sans doute le savoir et la connaissance (ou bien il est là par hasard).

On trouve un beau figuier dans la cour de l’ancienne gare de Reuilly, près de Daumesnil.

Enfin, du côté de Bercy, il y a un restaurant très bon qui s’appelle le Pataquès, qui fait de la cuisine méditerranéenne ; il a un figuier en devanture et des figues à la carte, avec du foie gras de canard en entrée ou avec du caramel de pain d’épices en dessert, je recommande chaudement.

Premières figues

Les voici, les premières figues de l’année. Elles ne sont pas très belles, elles n’ont pas beaucoup de goût, mais… c’est tout de même un bonheur !

Aujourd’hui, c’est bien ma fête…

Compte-rendu d’expérience

Cette semaine, les premières figues fraiches sont apparues à l’étalage des épiciers arabes de luxe. Eh oui, dans mon quartier c’est comme ça, quand on veut les plus beaux fruits de Paris, et avant tout le monde, on va chez les épiciers arabes et on paye… Bref, je me disais qu’il était plus que temps, avant que cette info ne se périme, que je donne les résultats de mon enquête sur la confiture de figues sèches.

Donc, j’en ai testé trois : une au jus de raisin, une aux pommes et une au thé.

La confitures de figues sèche au jus de raisin, franchement m’a donné du fil à retordre. Beaucoup d’opérations dans un temps limité pour aboutir à un résultat décevant. Cette confiture est à la confiture de figues ce que la figue sèche est à la figue. Bof, quoi.

Celle qui a mariné dans des pommes râpées est à la limite plus proche de la compote de pommes que de la confiture de figues. Peut-être qu’il faudrait rententer en diminuant le ratio de pommes.

Quant à la confiture de figues sèches au thé de Zabelle, elle était tellement bonne, extraordinaire et sublime que je la mangeais à la petite cuiller en bloguant (si, si, demandez à mon geek). Elle était tellement incroyablement délicieuse qu’elle mérite que je résume ici la recette.

  • on fait mariner les figues sèches coupées en dé une nuit entière dans du thé bien fort (j’avais opté pour un thé de qualité, à la fois fleuri et fruité, et bien m’en a pris je crois).
  • le lendemain, on jette le thé et on met les figues dans une marmite avec un poids de sucre équivalent au poids de figues qu’on avait au départ, et on fait fondre à feu doux.
  • une fois le sucre fondu, on augmente le feu pendant dix minutes.
  • enfin, on mixe le tout et on empote.

Le résultat ressemble à la pâte qu’il y a à l’intérieur des Figolu, en 1000 fois meilleur. Je pense que je tiens une technique pour fabriquer des Figolu améliorés… je vous tiendrai au courant.

Le figuier de Roscoff

Eh oui, il ya aussi des figuiers en Bretagne. Ils apprécient le climat océanique doux et régulier.

Le figuier de Roscoff a été planté vers 1610 et s’est épanoui librement dans le jardin du couvent des capucins de cette ville pendant plus de 300 ans. Son tronc a atteint une circonférence de 2,40m et ses branches, soutenues par 79 colonnes en fer, en bois ou en granit, couvraient 700m². Il produisait 500 kg de fruits par an.

Il a été abattu en 1987… ce qui prouve une fois de plus que les années 80, ça craint.

Plus d’infos et merci pour la photo : ici

Pain d’épices mi-figue mi-raisin

Parce qu’il n’y a pas que la confiture dans la vie…

Le plus dûr pour faire un bon pain d’épices est de se procurer les épices, surtout la cardamome et la badiane toutes deux en poudre (on les trouve plus facilement sous la forme solide).

Si vous y arrivez, voici une chouette recette.

Faire bouillir 20cl de lait avec un clou de girofle. Hors du feu, retirer le clou et faire fondre 300g de miel au moins dans le lait chaud (on peut mettre plus de miel, plus il y en a meilleur c’est, mais au-delà de 300g ça revient cher…)

Dans un grand saladier, mélanger 300g de farine, un sachet de levure chimique, et les épices à raison d’une petite cuiller à café chacune :

  • badiane (anis étoilé) en poudre
  • cardamome en poudre
  • cannelle
  • muscade en poudre
  • gingembre

Puis verser le lait-miel dans la farine-épices et mélanger avec une spatule en bois jusqu’à obtenir une pâte onctueuse.

On peut à partir de là ajouter toutes sortes de choses intéressantes à cette pâte. Pour ma part, je préconise une poignée de raisins secs et 100 ou 150g de figues sèches coupées en dés.

Beurrer un moule allongé, verser la pâte, faire cuire à four peu chaud (thermostat 5 maximum, 150°) pendant une bonne heure.

Le pain d’épices se déguste idéalement quelques jours plus tard, quand il est légèrement rassis. Il se conserve plusieurs jours ou même semaines à l’abri d’un sac plastique.

Louis XIV et les figues

Le roi Louis XIV avait un goût particulier pour les figues, ce qui n’a rien d’étonnant de la part d’un personnage aussi sensible à toutes sortes de douceurs sensuelles.

Comme il était roi, il pouvait se permettre le caprice de trouver que deux mois de figues n’étaient pas assez. Aussi son jardinier, La Quintinie, inventa-t-il un ingénieux procédé pour produire des figues pendant presque la moitié de l’année. Certains de ses figuiers étaient productifs dès mi-juin, grâce à un système compliqué d’engrais, de jardin en creux, d’arbres en caisses et de verrières. D’autres figuiers, plantés en terre, produisaient leurs délicats trésors de septembre à mi-octobre.

Cette partie du jardin de Versailles s’appelait la figuerie… j’en rêve.

Illustration : Luis Eugenio Melendez, Nature morte aux figues, musée du Louvre.