Bibliothèques bizarres

Les bibliothèques ont tendances à être des objets d’expérimentation pour les architectes très (trop ?) audacieux. En général, la symbolique du lieu, liée à la connaissance, à un déplacement spatial dans le savoir, les inspire. Il faut y ajouter l’aspect high-tech ouvert à toute nouveauté qui se cache sous le concept de médiathèque.

Le dernier exemple de bibliothèque vraiment étonnante ouverte récemment est la bibliothèque publique de Seattle. Une forme étrange, de drôles de couleurs, des espaces de circulation vastes et ouverts … ceux qui aiment les bibliothèques bizarres vont être servis.

J’ai trouvé aussi cet autre projet farfelu auquel on a néanmoins échappé : une réflexion autour de la bibliothèque-livre-page ?!? Un peu dépassé déjà, non ?

Catalogue de manuscrits enluminés : So British !

La British Library a sorti son catalogue informatisé de manuscrits enluminés. Ou plutôt, en langage British, et avec le sens de l’hyperbole approprié :

the first ever digitally illustrated and searchable catalogue of western illuminated medieval and renaissance manuscripts held in the British Library’s collections.

Il est vrai que les fonctionnalités de ce catalogue de manuscrits sont remarquables : on peut faire dès la page d’accueil une recherche rapide dans une seule case à la Google. On nous propose un formulaire pour la recherche simple et un pour la recherche avancée. La recherche par cote est aussi accessible pour obtenir la description d’un manuscrit particulier. Enfin, on nous propose une visite guidée et de naviguer dans un glossaire issu d’un ouvrage imprimé.

En plus c’est joli. Les notices sont longues et détaillées, et s’accompagnent des images des feuillets numérisés (richement enluminés bien sûr).

Comme à son habitude, la British Library nous en met donc plein la vue. On peut simplement regretter que derrière tout cela on ne trouve pas un format standardisé et adapté, comme XML et sa DTD EAD faite exprès (ou presque) pour décrire des manuscrits, mais… une base Access migrée sur Microsoft SQL Server. C’est leur choix. Et il restera chez eux, probablement.

Vu sur RessourceShelf.

Visualisation

Les outils de visualisation de l’information sont manifestement en train de passer du stade de gadget bizarroïde à celui de tendance prometteuse du Web. La cartographie ouvre des perspectives en terme d’analyse des résultats d’une recherche, de mise en lumière de tendances et de modèles, ou de découverte d’informations contextuelles.

Et en voici quelques exemples :

  • Blogpulse : un outil de recherche de blogs qui permet aussi de comparer les tendances d’emploi de mots-clefs dans les blogs qu’il référence (on peut comparer les courbes de popularité de jusqu’à trois mots-clefs).
  • WebBrain : interface en java qui permet de naviguer visuellement par thèmes sur le Web
  • GoogleBrowser : un outil qui utilise Google (en particulier la fonction related:) pour montrer le contexte d’un site dont on entre l’URL
  • MusicPlasma : pour rechercher la discographie d’un artiste musical et trouver d’autres artistes dans le même genre.

Grâce à tout ça, on pourrait réfléchir à de nouvelles interfaces plus intuitives pour nos catalogues, pourquoi pas. Merci à Outils Froids et IA/ entre autres pour cette vision du futur.

Quant à moi, c’est pas mon jour, et faut que je file, je dois passer 50 antivirus sur mon PC, essayer de ressusciter ma connexion ADSL pour la 3e fois de suite, et emmener mon portable au service après-vente de chez D****.

Louis XIV et les figues

Le roi Louis XIV avait un goût particulier pour les figues, ce qui n’a rien d’étonnant de la part d’un personnage aussi sensible à toutes sortes de douceurs sensuelles.

Comme il était roi, il pouvait se permettre le caprice de trouver que deux mois de figues n’étaient pas assez. Aussi son jardinier, La Quintinie, inventa-t-il un ingénieux procédé pour produire des figues pendant presque la moitié de l’année. Certains de ses figuiers étaient productifs dès mi-juin, grâce à un système compliqué d’engrais, de jardin en creux, d’arbres en caisses et de verrières. D’autres figuiers, plantés en terre, produisaient leurs délicats trésors de septembre à mi-octobre.

Cette partie du jardin de Versailles s’appelait la figuerie… j’en rêve.

Illustration : Luis Eugenio Melendez, Nature morte aux figues, musée du Louvre.

Découvertes ?

Des archéologues auraient retrouvé le site de la Bibliothèque d’Alexandrie. 13 salles de lecture, rien que ça. Et les bibliothèques tournées vers leurs usagers seraient une découverte du XXe siècle ?

Etonnante cette découverte alors qu’on venait enfin d’en reconstruire une autre. Avec une propension non négligeable à se virtualiser… et toujours ce grand rêve de la bibliothèque universelle.

RSSSSSSSSSSSSSS 2.0

C’est tout le problème : on fait un billet bien long, bien construit, on met plein chose utiles dedans, une foultitude de liens, on poste avec satisfaction et le lendemain… on retrouve son aggrégateur et son courriel remplis des trucs qu’on a manqué. J’aurais pu continuer à mettre à jour et faire une version 1.9, mais il y en avait trop, je passe donc directement à la 2.0.

En février dernier, rMen’s Weblog proposait une synthèse, en français dans le texte, sur RSS, qu’est-ce que c’est, comment l’utiliser, et une liste de ressources. Je signale au passage que ce blog comporte une catégorie "tout sur le RSS" qui mérite le détour.

Ailleurs en Suisse, le Weblogger propose des fils RSS par catégories (dont une sur le RSS sinon ce serait pas drôle). Celle-ci est intéressante, mais il y a plein de trucs que je comprends pas dedans, le niveau de geekitude est un peu élevé…

Chez une grenouille perdue on trouve un compte-rendu dense de chez dense d’un meeting sur la syndication de contenu qui a eu lieu hier à Montréal. Ca fait loin, mais les jaloux qui veulent parler de ces sujets brûlants pourront se rabattre sur la journée d’étude lyonnaise : Weblogs, wikis et syndication de contenus le 25 mai.

Je m’intéresse aussi, forcément, aux expérimentations du JC Blog avec Zfeeder.

Et si jamais d’autres ressources surgissent, ma foi il leur faudra attendre la version 3.0 ! Ce jour-là je parlerai d’ATOM aussi. C’est promis.

Les livres s’exposent

Je ne suis pas sectaire, je ne m’intéresse pas qu’aux nouvelles technologies. J’aime aussi les vieux livres, et plus ils sont vieux, mieux c’est. C’est pourquoi je brûle de signaler quelques expositions à parcourir en ce moment ou bientôt, à Paris ou ailleurs.

Pour commencer dans l’ordre chronologique, il me faudra traverser la Manche. La British Library expose le livre imprimé le plus ancien connu, qui porte la date de 868 : le Diamond Sutra. Ceux qui (comme moi) n’ont pas les moyens de se payer l’Eurostar, peuvent avec de la patience et quelques téléchargements de plug-ins consulter l’ouvrage numérisé, grâce au fameux logiciel "tourne-page" converti pour l’occasion en "déroule-rouleau" (ça fait moins classe, je vous l’accorde).

Retour en France, c’est à Chantilly qu’on découvrira jusqu’au 2 août un des chefs d’oeuvre de l’enluminure, les Très riches heures du duc de Berry. Ceux qui n’aiment pas prendre le train seront ravis de garder le prix du voyage pour acheter plutôt le CD-rom pour la modique somme de 19,95 euros. CD-rom qui contient le manuscrit intégralement numérisé et aussi, paraît-il, une sorte de tourne-page (on doit dire tourne-feuillets pour un manuscrit ? bon, ok, j’arrête…)

En avançant dans le temps, on se contentera du métro mais il faudra tout de même attendre jusqu’au 18 mai pour aller à la Bibliothèque Mazarine découvrir l’exposition "Livres de l’imprimerie des nouveaux caractères de Pierre Moreau (1643-1648)", une exposition autour de la calligraphie imprimée. Si c’est tourner les pages qui vous intéresse (oups j’ai dit que j’arrêtais !) il vous faudra vous rabattre sur la publication dont l’exposition marque la sortie : Poésie et calligraphie imprimée à Paris au XVIIe siècle. Autour de La Chartreuse de Pierre Perrin, poème imprimé par Pierre Moreau en 1647, ouvrage dirigé par Isabelle de Conihout et Frédéric Gabriel, avec une préface d’Henri-Jean Martin. La typographie est un sujet rare, la calligraphie typographique je n’en parle même pas.

Enfin mon coup de coeur, car ce n’est pas tous les jours qu’on voit une grande exposition sur la gravure, la double exposition Abraham Bosse simultanément à Paris et à Tours, ou bien d’abord à Paris puis à Tours pour ceux qui n’ont pas le don d’ubiquité. L’exposition parisienne s’intéresse aux débuts du graveur et aux artistes de son temps, tandis que la partie tourangelle traite de son oeuvre scientifique. Ce sont des estampes… il n’y aura donc aucune page à tourner :o))

RSSSSSSSSSSSSSS

C’est le printemps, il pleut, et les tutoriels, how-to et guides en tout genre sur les blogs et sur RSS fleurissent tels des bourgeons sur les arbres.

Premier sur ma liste, le grand Padawan, english version, a commis, avec son habituel ton enlevé et sympathique, un Weblog Primer (au fait, ç’aurait été sympa aussi de le faire en français…)

Un peu plus loin, Outils Froids dévoile avec la fraîcheur qu’on lui connaît un article dans Update qui intéresse directement les bibliothèques, enfin celles d’entre elles qui se demanderaient pourquoi et comment blogguer (toujours en anglais).

Chez Robin Good, où l’on trouve dès la page d’accueil de nombreux fils RSS thématiques, on a découvert ces derniers jours deux ressources intéressantes sur le RSS :

De l’autre côté de l’Atlantique, Library Stuff ajoute sa pierre à mon édifice de fils en signalant le magazine Yenra et surtout son offre de fils RSS thématiques.

Et pour finir, cette chère Jenny s’émerveille du succès de RSS auprès de ses élèves, et signale entre autres ressources cet Art de bloguer en diaporama instructif et amusant. C’est à lui qu’on doit le superbe schéma de la blogosphère que j’ai emprunté, qui nous apprend entre autres que les bloggeurs sont vachement nombreux et qu’ils boivent plus de café que la moyenne ;-)

Je suis sûre que j’en oublie. Si je peux me permettre d’apporter une conclusion personnelle à cette effrayante pelote de liens : la syndication de contenus a de l’avenir devant elle !

Mise à jour :

Ajout tardif d’une nouveauté signalée par le Juriblog : CompuBib répertorie aussi quelques ressources RSS, notamment francophones, dont le blog de votre serviteuse…

L’avenir du disque

Puisqu’on veut absolument nous vendre les documents audiovisuels sur support, intéressons-nous au support. LISnews signale cet article sur la dégradation des CD et DVD. La couche qui porte les données se dégrade petit à petit, même lorsque les CD sont manipulés avec précaution.

Le dernier Cites & Insites aborde aussi la question de l’archivage des CD, et donne les mêmes clefs pour prolonger leur existence : les conserver verticalement, ne pas écrire ou coller d’étiquette sur la face "label", éviter les températures élevées, etc.

Bibliothécaires, allez dans vos rayonnages, et regardez vos plus anciens CD à travers une source de lumière. Pour voir.

Si on envisage l’histoire des supports musicaux sur cinquante ans, les vinyls de mes parents des années 70 sont encore en bon état, mais difficile de trouver un appareil pour les écouter. Il y a encore des lecteurs pour les cassettes de mon enfance, mais la grande création musicale des années 80 est écorchée par la détérioration des bandes magnétiques. Mes premiers CD, qui datent du début des années 90 et que j’ai conservé horizontalement dans une belle tour à CD dans mon salon, pourront bientôt partir à la poubelle. Ceux des années 2000, les mesures de protection techniques m’empêchent d’en faire une copie sur mon disque dur pour en conserver au moins le contenu. Quant aux années 2010… elles seront probablement silencieuses…

Gratuité, ouverture et participation

Aujourd’hui, c’est bien le jour de clamer haut et fort ces trois mots. C’est le jour de dire que nous ne voulons pas d’une société de l’information tranformée en société de consommation, ni d’un Web verrouillé techniquement et intellectuellement, ni d’un Internet privé de sa liberté d’expression.

L’information a cette particularité d’être un bien dont la valeur augmente lorsqu’on le partage. Signalons donc que l‘open access fait parler de lui dans le grand publicce qui est un signe. Dans le monde des blogs, MediaTic nous fait l’honneur de trois posts sur la gratuité, dont celui du café pédagogique qui aborde l’économie de "coopétition" où la gratuité a tout son rôle à tenir. Ailleurs, Lafeuille cite longuement l’article du Monde de Pierre-Noël Giraud : "Un spectre hante le capitalisme : la gratuité".

Côté participatif, les blogs répondent à l’appel, même si certains pensent que la blogosphère n’existe pas ;-) Ils partagent leurs ressources sans compter. Et bien sûr, ils se font le support d’un moyen d’ouverture capable de changer la face du Web : le RSS (infos intéressantes sur le RSS chez Juriblog, et ici avec mes remerciements).

Les blogs ne seraient-ils pas le Web sémantique d’aujourd’hui, à portée de main ? C’est ce que semble penser l’auteur de cet article sur le semantic blogging. Son idée, mais n’est-ce pas ce que l’on fait déjà :

Our vision is to use semantic web tools and ideas to help move blogging beyond communal diary browsing to rich information sharing scenarios.

Cette info et plusieurs autres aussi intéressantes nous vient de ressourceShelf.