Les livres s’exposent

Je ne suis pas sectaire, je ne m’intéresse pas qu’aux nouvelles technologies. J’aime aussi les vieux livres, et plus ils sont vieux, mieux c’est. C’est pourquoi je brûle de signaler quelques expositions à parcourir en ce moment ou bientôt, à Paris ou ailleurs.

Pour commencer dans l’ordre chronologique, il me faudra traverser la Manche. La British Library expose le livre imprimé le plus ancien connu, qui porte la date de 868 : le Diamond Sutra. Ceux qui (comme moi) n’ont pas les moyens de se payer l’Eurostar, peuvent avec de la patience et quelques téléchargements de plug-ins consulter l’ouvrage numérisé, grâce au fameux logiciel "tourne-page" converti pour l’occasion en "déroule-rouleau" (ça fait moins classe, je vous l’accorde).

Retour en France, c’est à Chantilly qu’on découvrira jusqu’au 2 août un des chefs d’oeuvre de l’enluminure, les Très riches heures du duc de Berry. Ceux qui n’aiment pas prendre le train seront ravis de garder le prix du voyage pour acheter plutôt le CD-rom pour la modique somme de 19,95 euros. CD-rom qui contient le manuscrit intégralement numérisé et aussi, paraît-il, une sorte de tourne-page (on doit dire tourne-feuillets pour un manuscrit ? bon, ok, j’arrête…)

En avançant dans le temps, on se contentera du métro mais il faudra tout de même attendre jusqu’au 18 mai pour aller à la Bibliothèque Mazarine découvrir l’exposition "Livres de l’imprimerie des nouveaux caractères de Pierre Moreau (1643-1648)", une exposition autour de la calligraphie imprimée. Si c’est tourner les pages qui vous intéresse (oups j’ai dit que j’arrêtais !) il vous faudra vous rabattre sur la publication dont l’exposition marque la sortie : Poésie et calligraphie imprimée à Paris au XVIIe siècle. Autour de La Chartreuse de Pierre Perrin, poème imprimé par Pierre Moreau en 1647, ouvrage dirigé par Isabelle de Conihout et Frédéric Gabriel, avec une préface d’Henri-Jean Martin. La typographie est un sujet rare, la calligraphie typographique je n’en parle même pas.

Enfin mon coup de coeur, car ce n’est pas tous les jours qu’on voit une grande exposition sur la gravure, la double exposition Abraham Bosse simultanément à Paris et à Tours, ou bien d’abord à Paris puis à Tours pour ceux qui n’ont pas le don d’ubiquité. L’exposition parisienne s’intéresse aux débuts du graveur et aux artistes de son temps, tandis que la partie tourangelle traite de son oeuvre scientifique. Ce sont des estampes… il n’y aura donc aucune page à tourner :o))