Loosely coupled

Encore quelque chose de beau et d’intraduisible : les systèmes "loosely coupled" ; on pourrait dire légèrement attachés, ou reliés en douceur (allez-y, pour la traduction, lâchez-vous dans les commentaires).

Ce terme employé dans le domaine des Web services décrit des applications capables d’interagir de manière non contraignante. On en a un bon exemple ici, avec l’utilisation conjointe de "Find in a Library" de WorldCat et de Google Maps. Des systèmes "reliés en douceur", même s’ils utilisent des technologies incompatibles et s’ils évoluent en permanence, peuvent être rassemblés ou séparés sans conséquences graves sur les différents modules.
C’est donc juste un joli mot pour décrire un phénomène qu’on commence à bien connaître : la disparition des systèmes « intégrés » ou on gérait tout dans une seule grosse boîte noire, et leur remplacement par des systèmes « modulaires » ou l’on peut ajouter ou retirer un service sans faire s’écrouler l’édifice.

Il y a même un site consacré à cela : Loosely Coupled, où l’on trouve entre autres choses utiles un glossaire des termes consacrés aux Web services et même un blog.

Merci à Lorcan Dempsey.

Les bonheurs de la vie

L’un des bonheurs de la vie est actuellement en vente au coin de la rue chez le marchand de primeurs.

Les figues : ce sont les premières de la deuxième floraison. Contrairement aux « figues-fleurs » qu’on a pu manger en juin, elles sont petites et rondes, d’une couleur franche, à l’intérieur comme à l’extérieur. C’est parti pour un mois d’excellentes figues.

Les mirabelles : de Lorraine s’il vous plaît, la vraie mirabelle vient de Lorraine (ne me demandez pas pourquoi). Il ne suffit pas d’être une petite prune jaune pour être une mirabelle. La mirabelle est jaune et petite, certes, mais elle a aussi des petites taches de rousseur d’un rouge vif. Elle est juteuse et très sucrée. On la cueille dès mi-août et jusqu’à mi-septembre, il faut se dépêcher.

Les pêches plates : pourquoi plates, me direz-vous ? Cette nouvelle variété qui nous vient de Chine et est encore assez rare par chez nous est vraiment épatante. Juteuse et sucrée, elle a même parfois un goût de bonbon. Et on ne s’en met pas partout quand on la mange.

Pourquoi, mais pourquoi faut-il que cela ne dure que quelques semaines par an ?

La passion de la figue

A visiter abolument, un nouveau site consacré exclusivement à la figue : Viv’les figues. Il est très joli et plein d’informations intéressantes.

C’est assez poétique aussi son histoire : elle était fonctionnaire de l’éducation nationale et un jour, elle a tout plaqué pour aller cultiver des figues en Catalogne.

On peut acheter ses produits, moi j’ai goûté le chutney et il était vraiment excellent. Dans la même rubrique, on découvre aussi quelques recettes à base de figues.

Merci à Mimi qui l’a découvert pour moi ;-)

(La photo vient de Castelnou : un figuier tendrement enlacé avec des fruits de la passion…)

Un bon « systems librarian »

On peut découvrir depuis quelques jours le projet MyLibrary@Ockham, qui est un projet original de services autour d’une collection des documents harvestés en OAI. L’idée est de réunir ces notices OAI et d’essayer d’améliorer la fonction de rebonds en leur ajoutant quoi, je vous le donne en mille : des facettes !!! L’interface de consultation n’est à mon avis pas tout à fait adaptée pour en exploiter tout le potentiel, mais l’idée est réjouissante. Pour en savoir plus sur ce projet c’est par ici.

C’est Eric Lease Morgan qui est derrière ce projet, et au passage, sur le LitaBlog, il nous donne les clefs pour devenir, comme lui, un bon "systems librarian" capable de faire des beaux projets comme celui-là. C’est très facile, il suffit de maîtriser :

  • XML et XSL
  • les bases de données relationnelles
  • l’indexation (au sens informatique du terme)
  • les serveurs Web, en particulier Apache
  • et un langage de programmation : Perl, Java ou PHP.

Evidemment pour tout cela il vaut mieux aussi savoir se débrouiller sous Linux.

Alors, vous en êtes ?

(Merci à Catalogablog et Librarian.net.)

Ca presse (suite)

On peut consulter les présentations de la journée Digitizing Historic Newspapers: A Practical Approach (qui s’est tenue le 18 juillet à Denver, Colorado) en ligne en plus d’un résumé de la journée.

Je penseais qu’il s’agissait de la journée dont j’avais parlé mais en fait non !? Ni la date ni le lieu ne correspondent.

C’est pas grave, c’est intéressant quand même ; je vous conseille tout particulièrement la section fundings et la section copyright, c’est savoureux.

Convergence

Les rencontres annuelles de RLG , en juillet, avaient pour thème la convergence entre les bibliothèques, les musées, et les archives. On peut consulter ici le compte-rendu.

La convergence, c’est d’abord trouver des mots pour se parler : parce que des mots comme "collection" n’ont pas forcément partout le même sens. Puis c’est définir des objectifs : un public commun, une mission commune (la conservation). La convergence c’est exploiter des compétences complémentaires. La convergence c’est parfois cohabiter : dans l’espace (comme bientôt à Rennes), dans l’action.

Mais la convergence si l’on en croit les réflexions RLGiennes, c’est avant tout un problème lié au numérique et au besoin d’un accès unifié, transparent aux collections.
Quel délicieux paradoxe : plus que jamais nous devons organiser, structurer, cadrer, normaliser les collections numériques, afin d’atteindre cette convergence – cette intéropérabilité qui permettra à l’utilisateur final, dans une ultime réjouissance, de tout fusionner et applatir dans le magma informe de la « recherche simple ».

Pour ceux qui s’intéressent à ce veulent les usagers, on peut consulter sur le site de la bibliothèque nationale néo-zélandaise un rapport intitulé A Textured Sculpture: The Information Needs of End-Users of Digitised Collections of New Zealand Cultural Heritage Resources(en PDF : résumé et texte complet) : rien de révolutionnaire, mais c’est toujours intéressant à lire. Il y a une petite partie sur les fonctionnalités spécifiques demandées par les historiens, parmi lesquelles on compte :

  • possibilité de butiner le site avec des vignettes pour faciliter la mise en contexte,
  • qualité du catalogage, des inventaires et des descriptions de documents en général (donc les métadonnées ;-),
  • longévité et intégrité des sources et de leur version numérique.

Je les remercie d’apporter ainsi de l’eau à mon moulin et de me conforter dans mon combat quotidien en faveur du butinage, du métadonnage et de l’archivage des collections numériques…

On se remet au boulot

Voilà, je suis partie presque 4 semaines, c’est long, et pendant ce temps la bibliothéconomie a continué d’avancer… Je vous propose un petit rattrappage des événements bibliothéconomiques depuis la fin juillet.

17 juillet : OCLC annonce la mise à disposition d’un résolveur OpenURL gratuit. Un mois plus tard, CrossRef en fait autant.

24 juillet : annoncé sur 10kyBlog, est créé un calendrier international des conférences en sciences de l’information – il est pour l’instant complètement vide.

27 juillet : l’IFLA propose un brouillon des FRAR (Functionnal Requirements for Authority Records), l’équivalent des FRBR mais pour les notices d’autorité. A réviser pour le 28 octobre.

29 juillet : OCLC sort le DeweyBrowser, une interface jolie pour parcourir une collection d’e-books classés en Dewey. Un peu gadget mais ya de l’idée.

2 août : sur le FRBR blog , on s’intéresse à l’expression des FRBR en RDF avec deux textes de référence : un pour les core concepts et un autre pour les extended concepts.

3 août : Juriblog annonce dans le nouveau numéro d’Archimag un article sur la blogosphère et son impact dans le monde de la documentation (pas encore lu).

3 août : première publication par le JISC d’un premier bout du Digital Curation Manual, consacré à l’open source.

Août (sans date précise) : plusieurs sources évoquent la création de ColLib, un wiki destiné à organiser l’information en libre accès dans le domaine des sciences de l’info, notamment en permettant l’étiquetage (ou tagging) de notices OAI.

10 août : nos amis de Catalogablog lancent un bookmark partagé qui récapitule les "MARC Tools", outils disponibles pour manipuler le format MARC.

11 août : nos amis de Google annoncent une pause dans le programme Google print, destinée à permettre jusqu’en novembre aux détenteurs de droits de se faire connaître s’ils ne souhaitent pas que leurs ouvrages soient scannés par le "library project". Cette pause est présentée comme une nouvelle fonctionnalité du programme ("new feature"), comme c’est mignon.

17 août : la Library of Congress lance un nouveau site d’étude sur le Copyright, avec pour objectif de faire reconnaître légalement les exceptions propres aux bibliothèques.

Je pense avoir fait à peu près le tour. Mes sources sont les mêmes que d’habitude, excusez la flemme de tout récapituler. La photo vient de la cathédrale d’Auch.

Des canards et des figues

Quand on parle du Gers, difficile d’éviter la question des canards. Dans le Gers on mange du canard, et dans le canard tout est bon : le foie, le magret, les aiguillettes, la cuisse (confite de préférence).

Justement, là-bas, j’ai collecté un certain nombre d’informations sur le foie-gras et son histoire, et j’ai donc appris que le foie gras aurait été implanté dans la région par les romains qui gavaient des oies avec des figues. Le mot « foie » viendrait d’ailleurs du mot figue en latin (y aurait-il un philologue dans la salle pour me le confirmer ?) Aujourd’hui on gave des canards avec du maïs, ce qui montre bien une fois de plus notre capacité à transformer les bonnes pratiques romaines en coutumes barbares.

Quand même, ayant observé que le foie gras se marie très bien avec les figues, on a réessayé de gaver les canards aux figues. Cela donne paraît-il au foie un goût légèrement sucré et une chair rosée et très onctueuse.
Il existe dans le Gers une préparation de canard nommé "figuigers", il s’agit d’un canard élevé en plein-air dans le Gers, engraissé avec un mélange de figues et de maïs, et farci de son foie gras. Je n’ai pas eu la chance d’y goûter.
Dans le même esprit, on trouve à Gimont (toujours dans le Gers) un conservatoire des figuiers, où 26 espèces de figues sont évaluées en vue de leur séchage pour l’engraissement des palmipèdes. Je n’ai pas vu cela non plus, nous ne nous sommes pas arrêtés à Gimont.

Quand même, malgré tout, ce qui nous a épatés dans le Gers c’est de ne pas y voir un seul canard (sauf dans nos assiettes). Et pourtant nous avons sillonné les routes de campagne ! On finissait par se demander s’il n’étaient pas déjà tous morts et confits, les pauvres. C’est triste finalement cette histoire de canards.
On a fini par en apercevoir quelques-uns, au bord d’une route, mais on n’était déjà plus dans le Gers : on venait de passer la limite du Tarn-et-Garonne, et donc c’est déjà une autre histoire…

(Sources : Le 32. Bons plans vacances 2005 et La Dépêche du Midi hors-série gratuit Guide 2005 vacances – Gers.)

Balade au bout du monde

En arrivant dans le département de l’Aveyron, pour être tout à fait honnête, nous commencions à saturer. Les jolis villages ne nous semblaient plus si jolis, les monuments avaient un léger goût de déjà-vu. C’est alors que nous sommes arrivés sur la route des seigneurs du Rouergue et que nous avons été soufflés.

Tout comme l’auteur du guide que nous avions entre les mains, j’arrive au terme de ce qu’on peut trouver comme superlatifs pour décrire ces villages, ces châteaux, ces régions. On avait atteint le comble, ou plutôt l’extrême, de ce qu’on était venus chercher.

Le village de Najac est bourré de charme de la première maison jusqu’à la dernière, tout le long de son unique rue au sommet de laquelle trône le château (photo 1). Belcastel, où nous avons dormi, est un petit bijou lové sur les rives de l’Aveyron, dont chaque maison et chaque pierre déborde d’authenticité presque excessive (photo 2). Un peu plus loin en remontant vers le Nord, Estaing est tout aussi charmant, avec son château, son dédale de rues, ses vieux ponts.

Nous sommes passés plus rapidement à Villefranche-de-Rouergue et à Rodez, petites villes charmantes – mais nous n’avions pas le coeur urbain.

Et enfin, au bout d’une route improbable où on a croisé des oies en liberté, après avoir suivi les gorges du Lot et grimpé sur les hauteurs, nous sommes arrivés au bout du monde : à Conques.
Quand on arrive à Conques après dix jours de périple, après avoir épuisé tous les adjectifs laudatifs de notre vocabulaire devant des merveilles chaque jour renouvelées, quand on arrive à Conques, on se retrouve muet et bêta et on n’a envie de dire qu’un truc : c’est beau.
Mis à part l’aspect symbolique et émouvant que le lieu peut avoir pour un médiéviste (je n’en suis pas, donc je n’y étais pas vraiment sensible), Conques est un endroit incroyable qui regroupe, concentre, décuple et transcende tout ce que nous avons vu avant. L’abbatiale dégage une sérénité superbe et troublante. Le trésor laisse sans voix. Le village lui-même est superbe et chaque point de vue vaut le coup d’oeil. Même la foule nombreuse qui arpente les lieux ne réussit pas à les priver de leur magie ou plutôt, de leur sacré.
A Conques, on a passé un long moment devant le tympan qui est vraiment de toute beauté (photo 3). On a fait deux fois le tour de l’abbatiale pour admirer ses absidioles et la perfection de son plan (photo 4). On s’est assis à l’intérieur pour se laisser pénétrer par sa sérénité. On a longuement observé les merveilles du trésor, se laissant transporter dans le temps par la Majesté de Sainte-Foy, le A de Charlemagne ou le reliquaire de Pépin. On a marché dans le village. On a voulu y rester mais on n’était pas les seuls à avoir eu cette idée apparemment.

Donc on a vu Conques, et puis, comme il n’y avait plus rien à ajouter, on est rentrés chez nous.

Image associée au billet

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