Balade au bout du monde

En arrivant dans le département de l’Aveyron, pour être tout à fait honnête, nous commencions à saturer. Les jolis villages ne nous semblaient plus si jolis, les monuments avaient un léger goût de déjà-vu. C’est alors que nous sommes arrivés sur la route des seigneurs du Rouergue et que nous avons été soufflés.

Tout comme l’auteur du guide que nous avions entre les mains, j’arrive au terme de ce qu’on peut trouver comme superlatifs pour décrire ces villages, ces châteaux, ces régions. On avait atteint le comble, ou plutôt l’extrême, de ce qu’on était venus chercher.

Le village de Najac est bourré de charme de la première maison jusqu’à la dernière, tout le long de son unique rue au sommet de laquelle trône le château (photo 1). Belcastel, où nous avons dormi, est un petit bijou lové sur les rives de l’Aveyron, dont chaque maison et chaque pierre déborde d’authenticité presque excessive (photo 2). Un peu plus loin en remontant vers le Nord, Estaing est tout aussi charmant, avec son château, son dédale de rues, ses vieux ponts.

Nous sommes passés plus rapidement à Villefranche-de-Rouergue et à Rodez, petites villes charmantes – mais nous n’avions pas le coeur urbain.

Et enfin, au bout d’une route improbable où on a croisé des oies en liberté, après avoir suivi les gorges du Lot et grimpé sur les hauteurs, nous sommes arrivés au bout du monde : à Conques.
Quand on arrive à Conques après dix jours de périple, après avoir épuisé tous les adjectifs laudatifs de notre vocabulaire devant des merveilles chaque jour renouvelées, quand on arrive à Conques, on se retrouve muet et bêta et on n’a envie de dire qu’un truc : c’est beau.
Mis à part l’aspect symbolique et émouvant que le lieu peut avoir pour un médiéviste (je n’en suis pas, donc je n’y étais pas vraiment sensible), Conques est un endroit incroyable qui regroupe, concentre, décuple et transcende tout ce que nous avons vu avant. L’abbatiale dégage une sérénité superbe et troublante. Le trésor laisse sans voix. Le village lui-même est superbe et chaque point de vue vaut le coup d’oeil. Même la foule nombreuse qui arpente les lieux ne réussit pas à les priver de leur magie ou plutôt, de leur sacré.
A Conques, on a passé un long moment devant le tympan qui est vraiment de toute beauté (photo 3). On a fait deux fois le tour de l’abbatiale pour admirer ses absidioles et la perfection de son plan (photo 4). On s’est assis à l’intérieur pour se laisser pénétrer par sa sérénité. On a longuement observé les merveilles du trésor, se laissant transporter dans le temps par la Majesté de Sainte-Foy, le A de Charlemagne ou le reliquaire de Pépin. On a marché dans le village. On a voulu y rester mais on n’était pas les seuls à avoir eu cette idée apparemment.

Donc on a vu Conques, et puis, comme il n’y avait plus rien à ajouter, on est rentrés chez nous.

Image associée au billet

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