Normes

En vrac, l’actualité de ces derniers mois sur les normes et bonnes pratiques qui intéressent les données bibliographiques.

En janvier a été publiée la version définitive du rapport du « wogrofubico », le groupe de travail sur l’avenir des données bibliographiques, qui rassemblait entre autres la Library of Congress et Google. Il contient de nombreuses recommandations sur l’avenir de la coordination bibliographique, la visibilité des métadonnées, les technologies liées au Web comme les identifiants pérennes, la normalisation autour de RDA et FRBR, et son implémentation, etc.

En janvier aussi, l’IFLA a publié la dernière version des FRBRoo. Cette nouvelle version est compatible avec le CRM-Cidoc et avec les technologies du Web sémantique. Elle fait l’objet d’un appel à commentaires jusqu’au 21 avril.

A la fin de ce prolixe mois de janvier, le W3C a publié SKOS Simple Knowledge Organization System Reference, dernière version de ce modèle d’encodage des thésaurus pour le web sémantique. A lire avec dans l’autre main le SKOS primer sorti en février.

En février, l’IFLA a publié une version révisée des FRBR (pas oo).

En mars, la Library of Congress a présenté LCCN, son système d’identifiants pérennes pour ses notices bibliographiques.

En mars, la convergence entre le catalogage et le Web sémantique se renforce. Voir une initiative personnelle ici, mais surtout cette annonce d’un travail qui commence sur la RDFisation des RDA. Ce travail est piloté par le groupe de travail RDA/DCMI et inclut Alistair Miles (alias Monsieur SKOS).

Une version complète des RDA devrait voir le jour cet été.

Point docx

Allez, il ya pas de raison, j’ai parlé de .odt, je peux bien parler de .docx.

Cette chose, c’est le nouveau format de bureautique, basé sur XML, que Microsoft est en train de faire normaliser par l’ECMA, un autre machin qui fait des normes.

Comme docx (ou Office Open XML, de son nom complet) est un format ouvert, on peut en lire les specifications sur le site de l’ECMA. Si cela vous semble un peu lourd de feuilleter 4081 pages de specs, vous pouvez butiner le blog d’un spécialiste, ou encore lire deux billets sur XML.com :

Le premier dit que ODT et DOCX sont avant tout les fondements de la liberté de choisir. Et donc qu’il faut s’investir dans l’un, ou l’autre, ou les deux, et que pour la préservation et l’interopérabilité, on verra après.

Le second quant à lui pense que même si on se prononce en faveur d’ODT pour l’interopérabilité et l’archivage, on aura sans doute intérêt à avoir un format XML pour Office, histoire de coller aux fonctionnalités des outils Microsoft.

Par exemple, en France nous aurons le Référentiel général d’interopérabilité qui recommande ODT comme format d’échange (cf. Tristan). Ca ne veut pas dire qu’on ne continuera pas à travailler en .doc (x ou pas x).

Et pour conclure, il serait vain de croire que MS cherche à tout prix à promouvoir des formats différents de ceux que tout le monde utilise pour fidéliser de force ses utilisateurs ; c’est pas comme s’ils voulaient créer un format d’image concurrent à JPEG et inclus par défaut dans leur système d’exploitation. Ah si ? Ah mince alors.

Introduction à MPEG21 (1e partie)

L’adepte de METS que je suis (et je fais sans arrêt des émules) a enfin décidé, par honnêteté intellectuelle, de s’intéresser un peu aux autres formats qui remplissent la même fonction, à savoir décrire tous les aspects d’un objet numérique complexe. J’ai donc commencé à regarder MPEG21 DIDL. Je débute, alors si vous avez des précisions, des corrections ou des remarques, n’hésitez pas.

Avant de s’intéresser à MPEG21 DIDL, un petit aperçu de ce qu’est MPEG21 ne peut pas faire de mal. Alors allons-y, en avant, vers l’infini et au-delà !

MPEG21 est un cadre (framework) de représentation des objets numériques basé sur un ensemble de modules indépendants. Normalisé par l’ISO sous le charmant petit nom de ISO/IEC 21000, ce cadre comprend à l’heure actuelle les parties suivantes :

  • 1 – Vision, Technologies and Strategy
  • 2 – Digital Item Declaration (oui, oui, c’est celui-là qui nous intéresse)
  • 3 – Digital Item Identification (oh ! des identifiants !)
  • 5 – Rights Expression Language (oh ! des droits !)
  • 6 – Rights Data Dictionary (oh ! encore des droits !)
  • 7 – Digital Item adaptation
  • 8 – Reference software
  • 9 – File format
  • 10 – Digital Object processing
  • 11 – Evaluation Tools for Persistent Association Technologies (Technical Report)
  • 12 – Test Bed for MPEG-21 Resource Delivery (Technical Report)
  • 15 – Event Reporting
  • 16 – Binary Format

Non, je ne yoyote pas complètement, j’ai sauté des numéros mais c’est exprès. Sont en cours d’élaboration :

  • 4 – Intellectual Property Management and Protection Components
  • 14 – Conformance Testing

La partie 13 (scalable video coding) semble avoir été abandonnée.

Certaines de ces parties sont publiques et on peut les télécharger sur le site de l’ISO. Ce sont les parties 1 et 2 (ça tombe bien, la notre est dedans). Les autres peuvent être acquises auprès de l’ISO pour une modique somme comprise généralement entre 50 et 150 euros par partie, et c’est pourquoi je n’en parlerai pas dans le détail.

Toutefois, si on regarde rapidement tous ces morceaux, en particulier tels qu’ils sont décrits dans la Partie 1 (« vision etc. »), on peut quand même faire quelques observations dans les grandes lignes :

  • MPEG21 a pour objectif de donner le cadre d’un bon niveau d’interopérabilité dans la diffusion de documents multimédias. Ca inclut même une réflexion sur les types de terminaux (PC, mobile etc.), sur la différence entre une bande-annonce et un film en haute résolution… ça va assez loin.
  • logiquement, suite au point précédent, MPEG21 s’intéresse beaucoup aux droits : déclaration de droits, référentiel de droits… Malheureusement, la partie qui serait la plus intéressante, la normalisation de la gestion des droits elle-même, des DRM si vous voulez, n’est pas finie;
  • MPEG21 s’intéresse aussi pas mal aux questions techniques, avec une partie sur les logiciels de référence et une sur les formats de fichier ; au-delà des besoins immédiats (faire fonctionner correctement des formats complexes sur des plateformes appropriées), on devine qu’en terme de gestion conforme à l’OAIS sur le long terme, cela pourrait être intéressant.

La notion de Digital Item est au centre de la norme ; il s’agit de définir l’élément qui doit être géré, manipulé, décrit, échangé, etc au sein de tout système où des gens (users) entrent en interaction avec des objets numériques. Le Digital Item est donc un niveau de granularité préférentiel.
En pratique, un Digital Item se compose de trois ingrédients :

  • des ressources (c’est-à-dire, des fichiers numériques)
  • des métadonnées
  • une structure.

C’est pour décrire toutes ces choses de manière formelle qu’on a créé le DID et le DIDL. La Déclaration d’Objet Numérique (DID) est une description d’un objet à travers ces trois composantes. Elle est représentée sous la forme d’un fichier XML, grâce à DIDL. Ce qui confirme une intuition que j’avais au départ : tout cela n’a rien à voir avec les souris !

A suivre

Source : MPEG21 part 1 (fichier PDF zippé).

Just released : RDA

RDA sera peut-être le format de catalogage de demain. Basé sur les FRBR et les FRAR, RDA se donne les objectifs suivants :

  • Fournir un « framework » fiable et souple pour décrire à la fois le contenu et les aspects techniques de tous types de ressources et de documents
  • Etre compatible avec des principes, modèles et standards internationaux
  • Etre utilisable hors de la communauté des bibliothèques, et que des communautés variées puissent l’adapter à leurs besoins spécifiques.

Les descriptions ainsi constituées :

  • permettont de trouver, identifier, sélectionner et obtenir les ressources répondant aux besoins des utilisateurs
  • seront compatibles avec les descriptions en AACR2 présentes dans les catalogues existants
  • seront indépendantes des formats, supports ou systèmes utilisés pour stocker ou communiquer les données
  • seront facilement adaptables aux nouvelles structures de bases de données.

Vous remarquez, je fais un effort, je traduis.

Donc, les specs de ce nouveau format magique sont disponibles pour être commentées jusqu’en avril 2006 :

Je n’ai évidemment pas encore eu le temps de lire cet épais document, d’autant que Catalogablog vient juste de le signaler. Quelques observations au débotté tout de même :

  • le changement de nom semble présager d’un changement paradigmatique (??) dans la façon de concevoir les notices bibliographiques
  • les nombreuses références aux FRBR laissent à penser qu’il y aura expression de relations et donc qu’on va sortir des formats « plats » des bases de données
  • en même temps, ils ne parlent pas de RDF, on dirait que c’est tabou – ça l’est peut-être pour pas faire peur aux bibliothécaires
  • il s’agit d’un modèle qui s’intéresse aux concepts et pas aux formats d’expression des concepts – on fait enfin les choses dans l’ordre ?
  • c’est censé aider à mieux décrire les ressources numériques, ce qui me semble instinctivement être une drôle d’idée mais faut voir.

Je ferai un compte-rendu quand je l’aurai lu (espérons).

Qu’est-ce que le modèle OAIS ?

L’OAIS est un modèle conceptuel pour l’archivage de documents (numériques en particulier). Cela signifie qu’il constitue une référence décrivant dans les grandes lignes les fonctions, les responsabilités et l’organisation d’un système qui voudrait préserver de l’information, en particulier des données numériques, sur le long terme. Le long terme est défini comme suffisamment long pour être soumis à l’impact des évolutions technologiques, c’est à dire, pour ce qui concerne le document numérique, très court en fait.
L’OAIS a été défini au départ dans le domaine aérospatial, par le CCSDS qui est l’organisme de normalisation de ce domaine. Aujourd’hui il est très largement adopté au-delà de cette communauté et il a été reçu comme norme par l’ISO sous le numéro 14721.

Que fait / ne fait pas l’OAIS ?

Ce que fait l’OAIS :

  • il donne une terminologie fiable et unique pour manipuler tous les concepts liés à la préservation des données numériques
  • il fait le tour de toutes les questions à se poser au moment de mettre en place un système de préservation
  • il décrit les composantes d’un tel système au niveau de l’organisation interne et externe

Ce qu’il ne fait pas :

  • il ne donne pas de formats, schémas, règles ou techniques pour préserver les documents numériques
  • il ne décrit pas les applications informatiques et techniques à mettre en œuvre, ni logicielles, ni matérielles
  • il ne donne pas de méthodologie concrète de réalisation d’un tel système (cahier des charges, workbook ou autre).

Les grands principes du modèle peuvent être décrits par un schéma simple (mais également par un schéma compliqué si on veut ;-) cf. ci-dessus (cliquer sur l’image pour agrandir). En gros, le modèle est conçu comme une boîte dans laquelle on manipule des paquets. Cette boîte a un ou plusieurs rôles ou missions, et elle interagit avec les producteurs des données en amont, les administrateurs du système, et la communauté d’utilisateurs en aval.

Les paquets

Le modèle OAIS repose sur l’idée que l’information constitue des paquets, et que ces paquets ne sont pas les mêmes suivant qu’on est en train de produire l’information, d’essayer de la conserver, ou de la communiquer à un utilisateur. On a donc trois sortes de paquets :

  • les paquets de versement (SIP) préparés par les producteurs à destination de l’archive
  • les paquets d’archivage (AIP) transformés par l’archive à partir du SIP dans une forme plus facile à conserver dans le temps
  • les paquets de diffusion (DIP) transformés par l’archive à partir de l’AIP dans une forme plus facile à communiquer notamment sur le réseau.

Dans chaque paquet, à chaque stade, on va trouver des fichiers informatiques qui correspondent à l’objet ou au document qu’on veut conserver, et des informations sur ce document c’est à dire des métadonnées. Je ne vais pas rentrer dans le détail, mais la façon de constituer les paquets, y compris et surtout le genre de métadonnées dont on a besoin pour que ça ait une chance de fonctionner, sont très bien décrits dans le modèle.

Les missions d’une archive OAIS

Le but de la mise en place d’une archive OAIS est d’avoir une instance, cette archive, qui va endosser la responsabilité de la préservation à long terme des documents qu’on lui confie en vue de les communiquer à une communauté définie d’utilisateurs. Il y a plusieurs idées importantes ici :

  • la préservation se fait en vue de la communication
  • l’archive cible une communauté d’utilisateurs et s’efforce de répondre aux besoins de cette communauté.

Si on prend l’exemple d’une bibliothèque, la communauté n’est pas la même pour une BU que pour une bibliothèque publique, vous savez cela aussi bien que moi. Donc les services ne seront pas les mêmes non plus.
L’idée de responsabilité est très forte dans le modèle ; à tout moment l’archive doit savoir prouver qu’elle a bien fait son travail – surtout si elle échoue, j’imagine.
Cette responsabilité inclut les relations avec les producteurs : il s’agit de négocier des accords concernant les versements, en particulier les clauses techniques (l’archive et le producteur définissent ensemble à quoi doit ressembler le SIP). Cela inclut aussi le fait d’obtenir de la part du producteur tous les droits nécessaires à la manipulation des documents, en particulier les droits de propriété intellectuelle.
L’archive garantit aussi qu’elle fournira à sa communauté d’utilisateurs des documents compréhensibles, disponibles, et qu’elle mettra en œuvre tout ce qui est en son pouvoir pour préserver les documents dans le temps : c’est une sorte de contrat entre l’archive et sa communauté d’utilisateurs.

L’organisation

Le modèle OAIS va ensuite définir l’organisation de l’archive, c’est à dire comment elle doit s’y prendre pour gérer ses paquets sans rien oublier. Pour cela, on définit des entités organisationnelles et la façon dont elles s’articulent entre elles. Pour prendre un exemple, il y a une entité « entrées » dont le rôle est de recevoir les paquets SIP et de les transformer en paquets AIP ; cette entité est en relation avec l’entité « stockage » à qui elle confie les AIP. Elle a aussi d’autres rôles comme envoyer un accusé de réception au producteur pour certifier qu’elle a bien pris en charge son paquet, ce qui transfère la responsabilité du paquet du producteur vers l’archive.
Je ne vais pas détailler mais tout est un peu sur ce modèle. Les différentes entités sont :

  • les entrées
  • le stockage
  • la gestion des données (en fait, des métadonnées)
  • l’administration qui pilote le tout
  • la planification de la préservation qui prend en charge les actions de veille technologique pour décider des opérations à mettre en œuvre
  • et enfin, l’accès.

Chacune de ces entités a ses rôles, ses fonctions, et doit communiquer avec les autres sous la forme de flux de données. En réalité, tout cela est conceptuel, cela veut dire que dans la mise en œuvre réelle, on n’est pas obligé d’avoir des gens ou des services qui travaillent spécifiquement sur une et une seule de ces entités. Mais toutes les fonctions et les interactions doivent exister.

Migrations, émulations

Ensuite, le modèle OAIS aborde les différentes méthodes qui peuvent être utilisées plus concrètement pour pérenniser l’information. Il y en principalement deux sortes : la migration et l’émulation.
La migration consiste à prendre un AIP et à le transformer en autre chose. Il y a plusieurs sortes de migrations possibles en fonction du type de problème rencontré : par exemple, si on a un support qui se dégrade mais que le document enregistré dessus ne pose pas de problème, on procède à un simple renouvellement (rafraîchissement de support) ou on passe à un support plus récent (duplication). C’est le type de migration qui a le moins d’impact sur l’accès à l’AIP. Par contre, si c’est le format du document ou les logiciels associés qui posent problème, on aura des migrations plus musclées qui modifient la structure même de l’AIP et rendent nécessaire la gestion de versions d’AIP.
Dans l’émulation, on ne touche pas à l’AIP mais on s’efforce de conserver ou reproduire les conditions d’accès au document, de la manière la plus proche possible de ce qu’étaient les conditions de consultation à l’origine. C’est le mode qu’on utilise de préférence pour les documents dans des formats propriétaires et les documents qui ont des comportements très spécifiques, comme les jeux vidéos par exemple.

Et après ?

Maintenant qu’on sait tout cela, et qu’on a acquis la vision d’ensemble des problématiques de conservation des données numériques, ainsi qu’un début de solution pour mettre en œuvre un système d’archivage, yapuka… définir quel sera le stockage, quels seront les formats acceptés dans les paquets, les formats de métadonnées utilisés, les relations avec les producteurs, les services d’accès et de recherche, définir et acquérir ou développer des logiciels qui remplissent toutes ces fonctions, et surveiller de très près son archive, une fois qu’elle est bien remplie, pour s’assurer que les migrations et les émulations sont effectuées à temps. Car dans le domaine numérique, toute conservation est nécessairement préventive : quand on s’aperçoit qu’un document a été altéré, il est généralement trop tard pour faire quoi que ce soit.
Le modèle OAIS ne donne pas de clefs pour mettre tout ceci en œuvre et c’est sans doute la principale difficulté : comment passer de l’abstraction à l’application. En attendant qu’on nous propose des logiciels de type « MyOAIS » clef en main, il est probable qu’on devra s’en remettre, le plus souvent, à des archives centralisées ou à des tiers archiveurs privés. Ces derniers, pour prouver que le modèle OAIS n’est pas pour eux qu’une belle parole, devront sans doute obtenir un niveau de certification officiel et international. C’est pour demain.

Source : le modèle OAIS en français.

PS : Les documents protégés par des DRM ne pourront être, ni migrés, ni émulés. La loi interdisant (prochainement) de créer des logiciels qui retirent ces protections techniques, ainsi que des logiciels qui les ignorent ou les contournent, aucune solution ne pourra être apportée à leur conservation au-delà de la durée de vie de leur support ou de leur environnement matériel et logiciel. Si leurs producteurs ne font pas l’effort de confier à une archive OAIS une version débloquée et documentée (un SIP, quoi), ils seront perdus à jamais. Dommage, quand même.

Guide EAD

Le manuel d’encodage en EAD (pdf), proposé par le groupe de travail correspondant de l’AFNOR, est en ligne sur cette page de la direction des Archives de France.

Est-il besoin de le rappeler, l’EAD n’est pas seulement un format de description d’archives mais permet d’encoder toutes sortes d’inventaires, surtout quand il s’agit de fonds organisés de manière hiérarchique. C’est souvent le cas des fonds de manuscrits ou d’autres fonds privés déposés dans les bibliothèques. C’est d’ailleurs le format adopté pour la numérisation du Catalogue général des manuscrits des bibliothèques françaises.

A ma connaissance, à part sur ce projet, il n’y a pas encore beaucoup de bibliothèques qui l’utilisent en France, la BM de Lyon méritant quand même d’être citée comme précurseur.

Pour un article de référence sur l’EAD, voir aussi Blogokat.

Un peu de lecture

Comme je ne me sens pas très en forme ce soir, je vais vous donner un peu de lecture ailleurs.

Tout d’abord, le dernier numéro de RLG Diginews qui contient notamment un article qur l’archivage sélectif du Web par les australiens et un autre sur The Digital Image Archive of Medieval Music un site où on peut voir de la musique médiévale après avoir envoyé par la poste un formulaire papier. Un numéro technologiquement absolument incroyable.

Ensuite, petite visite au Canada pour lire les papiers d’un congrès nommé IATUL (c’est mignon) ou Information et Innovation. Plein de choses avec "digital" dans le titre mais rien qui ait particulièrement retenu mon attention.

Et maintenant le OCLC Tour avec trois nouveaux projets de recherche qui ont été annoncés:

Et aussi dans OCLC, un rapport sur le dernier Workshop FRBR.

Bonne lecture et à demain pour la suite de l’aventure des facettes, si j’ai le courage.

Un penchant pour le droit

Filer droit avec les droits, tel est le conseil que nous donnent deux avocats dans un article de Libé intitulé Droits d’auteur, respectons les règles. Si l’on en croit les auteurs de cet article, l’état d’hostilité ambiante à l’égard de la propriété intellectuelle, ainsi qu’un certain laxisme ou en tout cas une politique d’indulgence à l’égard des "pirates", nous mènent tout droit à la catastrophe : spoliation des ayants-droits, contrat social à géométrie variable… Il n’est pas question de la fin de la créativité artistique, mais presque. Faut-il rappeler à ces gens qu’à l’heure actuelle, la protection de la propriété intellectuelle profite moins aux artistes qu’aux acteurs commerciaux du circuit ? Que le numérique favorise la diffusion des oeuvres et est donc favorable aux artistes, même s’il nuit aux acteurs du modèle économique tel qu’il existe actuellement ? Enfin, que la loi est faite pour favoriser le bon fonctionnement de la société et doit donc s’adapter à ses évolutions, et non les bloquer dans des non-sens et des cul-de-sac par freinage des quatre fers devant les risques du progrès technologique ?

Chez Eolas, découvrons quelques conseils pour filer droit aussi en bloguant. Quelles sont les responsabilités du blogueur à l’égard de ce qu’il édite, de ce que d’autre écrivent sur son site, de son employeur ? Tout ceci est merveilleusement clair et pédagogique comme toujours chez Maître Eolas.

C’est aussi la question des droits qui fait bondir les éditeurs américains devant le projet Google print dans sa version "bibliothèques", dans une lettre de l’AUUP, l’association des éditeurs américains, lettre qu’on a déjà vu citée sur différents blogs. Les éditeurs ne sont pas prêts à voir circuler en libre accès (ou presque) le plein-texte de leurs ouvrages, et ce n’est pas vraiment une surprise, nous connaissons ce problème depuis longtemps avec la numérisation. Lire aussi un article de Gary Price à ce sujet. Les bibliothèques auront quand à elles la préoccupation inverse, bien exposée dans cet article de JB Soufron : les oeuvres du domaine public pourront-elles continuer à être accessibles librement, alors même qu’on travaille à renforcer les barrières techniques qui tendent à faire du contrôle maximal la situation normale ?

Dans ce contexte, rien d’étonnant à ce que la NISO s’intéresse aux droits des documents numériques et ait pour projet d’inciter à normaliser l’expression des droits, et ce également dans un sens positif de garantie de la liberté d’accès et d’usage pour certaines oeuvres, comme avec Creative Commons.

Mise à jour :

Pour vous faire votre propre idée, retrouvez tous les textes officiels ou non dans l’hyperdossier sur les droits d’auteurs de Juriscom.

Deux gros pavés dans la mare

Aujourd’hui, c’est la soirée spéciale préservation du document numérique, et j’ai l’honneur de vous annoncer la sortie de deux gros pavés, au format pdf, respectivement 237 et 138 pages.

Le premier c’est le rapport final du groupe PREMIS : un groupe OCLC/RLG qui avait pour objectif de définir les métadonnées nécessaires à la préservation des documents numériques. Et il y en a beaucoup !!! On peut aussi accéder aux différentes sections séparément.

Le second, c’est une première version de la traduction française du modèle OAIS. Pour mémoire, l’OAIS est un modèle informationnel et fonctionnel qui définit les différentes composantes d’un système global et ouvert de préservation de documents numériques, les actions à mener, et les interactions entre producteur, archiveur et utilisateur. Il est assez complexe et une partie de sa force réside dans la définition de l’ensemble de la terminologie relative au domaine de la gestion des documents numériques. Petite précision, cette traduction est une version en cours de normalisation.

Pêle-mêle dans les cartons

Comme vous avez pu le remarquer, je ne suis pas très disponible en ce moment : c’est les vacances, je déménage, dans mon nouvel appartement je n’ai qu’une connexion RTC… et en plus mon hébergeur a des soucis avec ses bases MySQL. Bref, je fais de mon mieux, mais on a l’impression que je délaisse un peu le Figoblog ces derniers temps. Et c’est pas faux.

Sur le principe du carton dans lequel on fourre pêle-mêle, dans l’urgence, tout ce qu’on veut emporter en se disant qu’on fera le tri plus tard, voici donc ce que je peux vous proposer :

  • naissance de Digital Medievalist, une revue d’histoire médiévale en open access (le pendant anglo-saxon de notre médiéviste et l’ordinateur je présume)
  • la TEI a maintenant son wiki, un cadre collaboratif pour annoncer, travailler, partager ses feuilles de styles… un peu vide pour l’instant mais qui sait
  • une webographie sur la couleur pour bien assortir son site Web, à compléter chez les z’ed et chez Lithium. (Pour l’heure c’est plutôt les couleurs de mon salon qui me préoccupent, mais ça peut peut-être marcher aussi ;-)

Je recommande aussi la lecture d’un article sur le rôle des DRM dans l’open access : vous savez, les DRM, ces affreux trucs qui empêchent de faire ce qu’on veut avec les documents. Alors, peuvent-ils avoir une utilité pour le libre accès ? Aussi étrange que ça puisse paraître, la réponse est bien sûr : oui ! Car gérer automatiquement des droits d’accès, ce n’est pas seulement prendre des mesures de protection techniques commerciales. Cela peut aussi être encoder en RDF une licence Creative Commons qui permet de dire aux machines du monde entier qu’on garantit le libre accès à ce qu’on écrit. Et par exemple, de rechercher ces contenus libres avec Yahoo.

Merci à Peter Scott et à Peter Suber. Durée estimée des cartons pêle-mêle : au moins jusqu’à la fin des vacances scolaires…