Un penchant pour le droit

Filer droit avec les droits, tel est le conseil que nous donnent deux avocats dans un article de Libé intitulé Droits d’auteur, respectons les règles. Si l’on en croit les auteurs de cet article, l’état d’hostilité ambiante à l’égard de la propriété intellectuelle, ainsi qu’un certain laxisme ou en tout cas une politique d’indulgence à l’égard des "pirates", nous mènent tout droit à la catastrophe : spoliation des ayants-droits, contrat social à géométrie variable… Il n’est pas question de la fin de la créativité artistique, mais presque. Faut-il rappeler à ces gens qu’à l’heure actuelle, la protection de la propriété intellectuelle profite moins aux artistes qu’aux acteurs commerciaux du circuit ? Que le numérique favorise la diffusion des oeuvres et est donc favorable aux artistes, même s’il nuit aux acteurs du modèle économique tel qu’il existe actuellement ? Enfin, que la loi est faite pour favoriser le bon fonctionnement de la société et doit donc s’adapter à ses évolutions, et non les bloquer dans des non-sens et des cul-de-sac par freinage des quatre fers devant les risques du progrès technologique ?

Chez Eolas, découvrons quelques conseils pour filer droit aussi en bloguant. Quelles sont les responsabilités du blogueur à l’égard de ce qu’il édite, de ce que d’autre écrivent sur son site, de son employeur ? Tout ceci est merveilleusement clair et pédagogique comme toujours chez Maître Eolas.

C’est aussi la question des droits qui fait bondir les éditeurs américains devant le projet Google print dans sa version "bibliothèques", dans une lettre de l’AUUP, l’association des éditeurs américains, lettre qu’on a déjà vu citée sur différents blogs. Les éditeurs ne sont pas prêts à voir circuler en libre accès (ou presque) le plein-texte de leurs ouvrages, et ce n’est pas vraiment une surprise, nous connaissons ce problème depuis longtemps avec la numérisation. Lire aussi un article de Gary Price à ce sujet. Les bibliothèques auront quand à elles la préoccupation inverse, bien exposée dans cet article de JB Soufron : les oeuvres du domaine public pourront-elles continuer à être accessibles librement, alors même qu’on travaille à renforcer les barrières techniques qui tendent à faire du contrôle maximal la situation normale ?

Dans ce contexte, rien d’étonnant à ce que la NISO s’intéresse aux droits des documents numériques et ait pour projet d’inciter à normaliser l’expression des droits, et ce également dans un sens positif de garantie de la liberté d’accès et d’usage pour certaines oeuvres, comme avec Creative Commons.

Mise à jour :

Pour vous faire votre propre idée, retrouvez tous les textes officiels ou non dans l’hyperdossier sur les droits d’auteurs de Juriscom.

Petit souci de validation

Un article paraît dans un journal. Bilan : 16 mort et une centaine de blessés. Une semaine plus tard, la rédaction s’excuse du manque de fiabilité de l’information diffusée. Oups.

Un type dépose quelques papiers dans une bibliothèque. Bilan : 20 millions d’exemplaires vendus dans le monde, un million en France.

On ne répétera jamais assez la nécessité de vérifier ses sources… de les citer… Et ça vaut aussi pour les"vraies" sources d’information et pas seulement les "knowledge blogs" sur lesquels on aimerait bien en savoir plus.

Annotation collaborative

Pas besoin de développer des interfaces extraordinaires pour permettre l’annotation collaborative d’une ressource disponible en ligne, comme le montre le site  »Annotated NY Times. Celui-ci est construit à partir des fils rss des blogs qui commentent les articles du New York Times. On peut suivre les discussions par article, par auteur des articles ou par thème. Le site agrège les billets qui citent le NY Times, et propose plus de 6000 fils RSS pour suivre chaque discussion.

"NOT affiliated with The New York Times" peut-on lire sur la page learn more. C’est dommage… et si les journaux utilisaient la puissance de RSS et la richesse des blogs pour permettre de suivre l’impact d’un article sur le Web ?

Je trouve cette initiative vraiment intéressante et elle montre bien qu’avec des outils simples on peut construire un véritable contexte collaboratif autour d’une ressource. Un journal, mais pourquoi pas, demain, un inventaire d’archives en EAD annoté par les chercheurs qui font du dépouillement, un catalogue de bibliothèque commenté et annoté par les lecteurs, ou encore une bibliothèque numérique enrichie ? Bien sûr, il faudrait que les institutions soient prêtes à s’ouvrir à des contenus dont la validation leur échappe, ou plutôt, dont la validation se fait a posteriori du côté des lecteurs, par simple confrontation de la multiplicité des sources. Il faudrait aussi qu’il y ait plus de sources donc beaucoup plus de blogs, mais pour ça, je suis confiante en l’avenir :-)

Vu sur e-cuaderno.

Tiens, presque en même temps, une expérience du même genre avec un wiki et un texte juridique : voir sur Juriblog.

Bloguifiez vos listes

Justement, aujourd’hui, je rentre de week-end (j’étais , sur la photo), j’ouvre ma boîte aux lettres (électronique, cela va sans dire) et je croule sous les messages de listes de discussions diverses et variées. Non pas que ce soit désagréable, hein, mais cela complique la gestion des choses. Par ailleurs, j’ai plus l’habitude de crouler sous les billets dans mon aggrégateur RSS, donc cela perturbe mon environnement cognitif.

J’ai bien essayé quelques solutions ; par exemple, dans Bloglines on peut créer des adresses e-mail, avec lesquelles on s’abonne aux listes et hop, ça arrive dans le paquet "aggrégateur". Mais bon, je n’étais pas pleinement satisfaite : les fonctionnalités de gestion d’e-mail ne sont pas les mêmes que celles des billets, et encore une fois, ça me perturbe.

Et aujourd’hui, je viens découvrir Gmane : un service gratuit qui bloguifie les listes de discussion. En clair, il leur donne une interface qui ressemble à un blog, et un fil RSS. On y trouve par exemple la liste Web4Lib à laquelle je n’avais jamais eu le courage de m’abonner, mais maintenant c’est fait.

Evidemment on peut toujours discuter : est-ce un blog, un faux-blog, un pseudo-blog…

Pour les mordus de RSS, il y a aussi le site LISfeeds qui recense et aggrège tout plein de fils en sciences de l’info – pas seulement anglophones (sauf le mien, snif !)

Tant que j’y suis, je signale la naissance de deux blogs archi, mais alors archi spécialisés (quand je pense qu’il y a des gens qui trouvent qu’on ne comprend rien à ce que j’écris) :

  • OpenURL Bits, un blog qui se consacre à dire du bien d’OpenURL
  • DRM Blog, un blog qui se consacre à dire du mal des DRM .

Merci à Librarian.net, à Zid offline, et à 10kyBlog.

Format du 3e millénaire

Imaginez un format d’images ouvert, avec un excellent taux de compression mais sans pertes. Imaginez que ce format permette de stocker aussi bien des métadonnées descriptives que techniques et des métadonnées de préservation à l’intérieur même du fichier. Imaginez enfin que ce format permette de stocker dans le même fichier plusieurs résolutions d’une image pour gérer différents affichages ou des fonctionnalités de zoom.

Ce format il existe, c’est le Jpeg2000.

Pour en savoir plus sur le Jpeg2000 et son implantation dans les bibliothèques et les archives, un nouveau site vient d’être créé : JPEG 2000 in Archives and Libraries.

En fait, ce qui est intéressant dans ce site outre son sujet, c’est que c’est un blog (même s’il ne dit pas son nom). Il se propose aussi d’ouvrir un espace de blog personnel pour les particiapnts, mais ce n’est pas encore très actif de ce côté. Et bien sûr, il dispose d’un fil RSS.

Merci à Digitization blog.

L’information dans la société de consommation (ou l’inverse)

Aujourd’hui, deux articles de nos quotidiens nationaux en ligne attirent mon attention.

Dans le Monde, on nous apprend que d’après une étude de l’Observatoire du débat public, "l’information tend à devenir un produit de consommation". La façon dont les français grapillent l’information à travers tous les médias, au lieu de s’en tenir au sacro-saint journal de 20h, y est comparée au phénomène de la malbouffe. Le français a aussi tendance à se laisser submerger par une information qu’il reçoit sans l’avoir souhaitée, par exemple avec le quotidien gratuit distribué à l’entrée du métro. Quelques points positifs tout de même : en quête d’information brute à la source, notre français fait preuve d’un désir d’analyse et d’une recherche de profondeur. Il s’intéresse aussi bien à des phénomènes qui se passent à l’autre bout du monde que chez lui.

Ce qui fait une parfaite transition avec l’autre article : celui de Libé qui encense la rapidité et la pertinence avec laquelle la blogosphère réagit à la catastrophe des Tsunamis. Tout en pratiquant une légitime prudence ("avec ces blogs qui mêlent photos persos et photos d’agences, commentaires, articles de presse et infographies non sourcées, difficile parfois de savoir qui écrit ou photographie quoi. Mais les ressources sont là."), l’article va jusqu’à qualifier les ressources citées de "mine à infos… à consulter absolument".

Je trouve cela épatant de voir comment on passe en lisant tout cela d’un extrème à l’autre. Il est facile d’avoir une vision négative de la façon dont l’information circule sur Internet, il suffit d’utiliser des référents inappropriés et d’analyser les pratiques sans changer de point de vue. Pour moi c’est du même niveau que de comparer un livre numérisé et un livre papier, en arguant que c’est fatiguant de lire sur un écran. La blogosphère constitue un moyen de circulation de l’info, pas pire, pas meilleur non plus, simplement différent. Quant à parler de « malinfo » en comparaison à la malbouffe, on se tue à le dire, mais disons-le encore une fois : non, un bien culturel (ou informationnel) n’est pas un bien comme les autres. Alors il serait temps d’accepter que nos enfants n’auront pas la même façon que nous d’appréhender la connaissance, l’information, la culture. Et que c’est pas grave.

J’ai dû aller jusqu’au Brésil pour trouver le premier lien ;-)

Ethique de blogs

J’ai suivi cette semaine une série de post faits par nos amis les bibliothécaires américains sur la question de l’éthique du blogueur en général, du blogueur bibliothécaire en particulier.

Tout commence chez Karen Schneider qui explique la différence d’exigence d’éthique entre un blogueur et un journaliste.

Blog Ethics Analysis 2004 est un blog "de recherche" entièrement consacré à ce sujet. Je n’ai pas encore eu le temps d’y jeter un oeil.

Chez Library Stuff, on se pose la question de savoir s’il faut dire à son employeur qu’on blogue. Lui il pense qu’on a le choix, mais que quand on aborde des sujets professionnels, ça vaut quand même mieux.

Enfin côté français, un article intitulé Peut-on tout dire sur son blog ? qui éclaircit notamment la question des rapports avec l’entreprise et l’employeur pour le blogueur.

Pour ma part, je pense qu’il est sain d’avoir quelques règles éthiques simples, du type citer ses sources, vérifier ses informations, ne pas effacer ses billets, n’agresser personne, etc. Comme dirait Karen-Schneider,

…librarians, in particular, need to be very cautious when they blog. This is a meta-ethical issue: when you blog as a librarian, even as a librarian "just goofin’ around," you are representing what people think about librarians. Yes, that weight IS on your shoulders…

Quant à moi, mon éthique personnelle m’impose de vous annoncer que je pars en vacances, et qu’une période d’activité réduite, voire nulle, de 15 jours est à prévoir sur le Figoblog.

Blog de l’école de Banyuls-sur-Mer

J’ai l’immense joie de vous annoncer la naissance du blog de l’école de Banyuls-sur-Mer.

Il est magistralement animé par les élèves de la classe de CE1, et par leur dévouée maîtresse qui y passe ses soirées…

Ce blog est Lodel-powered, la mise en oeuvre et réalisation est de mon geek, et le graphisme (pas très recherché) de votre serviteuse.

Un grand merci à Laurent Denis dont le p’ti weblog en maternelle a été notre inspiration et notre motivation dans cette nouvelle aventure.

OCLC très « tendance »

OCLC nous refait le coup des tendances, cette fois-ci avec les "formats" (au sens extrêment large du terme, en bibliothèque on parlerait de "types de documents" je suppose).

Le rapport 2004 Information Format Trends: Content, Not Containers montre que les internautes ont tendance à se soucier de moins en moins de la forme de ce qu’ils consultent, et de plus en plus de son contenu.

Parmi les grandes tendances analysées, on peut noter l’explosion de la masse de contenus, le phénomène des blogs, le micropayement (pour la musique notamment), la convergence des technologies…

Et à la fin, on trouve aussi un petit glossaire des nouveaux mots de l’année, à connaître absolument pour être sûr d’être très « tendance » !

(Merci à RessourceShelf)