Un peu de nouveau quand même…

… du moins sur le Figoblog.

Grâce aux efforts renouvelés et bénévoles de mon geek et de l’équipe de Lodel, le Figoblog propose maintenant deux nouvelles fonctionnalités :

  • une rubrique "en bref", générée automatiquement à l’aide d’un fil RSS et de mes marques-pages stockés sur del.icio.us.
  • et surtout, ce que vous attendiez tous depuis si longtemps (salut m’man, comme dirait l’autre) : on peut désormais faire des commentaires ! Avec, s’il vous plaît, un peu d’indulgence à l’égard de cette fonctionnalité nouvelle qui est encore en période de test.

A vos claviers…

Rien de nouveau

L’idée du jour, c’est que l’information est une denrée recyclable. Même si elle trouve beaucoup de sa valeur dans l’actualité, l’information devient connaissance en étant dûment conservée (ce n’est pas à nous bibliothécaires qu’on va apprendre cela !) Pour preuve…

Robin Good signale un site qui regroupe des composants réutilisables pour les interfaces utilisateur. L’enjeu du site : ne pas réinventer la roue, et faire le point sur le travail qui a déjà été fait en terme d’interface, qu’il s’agisse de Web ou de logiciels. Et en plus ils s’en vantent :

There’s nothing new here.

Ailleurs, on nous démontre en la personne d’Alain Giffard qu’on peut faire un blog avec du rétrospectif plutôt qu’avec de l’actualité. Presque une "archive ouverte" personnelle… et en tout cas certainement une bonne ressource pour faire l’historique des NTIC vues par la Culture depuis dix ans.

Sur Open Access News, on nous rappelle si besoin était que les "nouvelles" technologies, ici OAI, ne remettent pas en cause ce qui fait la base du métier de bibliothécaire. Elles viennent s’inscrire tout naturellement entre deux missions ancestrales ou fonctions solidement établies.

Enfin sur Biblioacid, dans un article remarquable qui nous met l’eau à la bouche pour cette semaine, Hervé Le Crosnier nous conte son attachement au mail comme forme d’écriture dans le ciel, tout en soulignant ce que les blogs changent, et ce qu’ils ne pourront pas changer… peut-être ?

Alors nous y voilà : rien de nouveau. Recyclage de liens, recyclage de choses lues, vues, entendues, recyclage de matériau pour un possible usage futur, tel est le blog : peut-être une tentative désespérée de fixer quelque part, même sous une forme marquée par le sceau du temps qui passe, la fugitive trace des heures passées à parcourir le Web. Un geste bibliothéconomique par excellence.

Escalibade

Rien à voir avec les figues, mais cette recette catalane de ma maman mérite tout de même le détour.

Prendre une aubergine, un poivron rouge, un poivron vert, deux tomates, deux oignons doux. Les couper en lamelles.

Disposer les légumes dans un plat allant au four, en faisant des couches stratigraphiques de couleur : au fond les aubergines, au-dessus le poivron rouge, puis le poivron vert, puis les tomates, et les oignons en dernier.

Saler, poivrer, huile-d’oliver.

Mettre au four 45mn à 210°. Ensuite laisser refroidir, et manger froid assaisoné au vinaigre.

Miam Miam.

Vers un PDF qui dure

Le PDF d’Adobe est un format de fichier qui permet d’enregistrer à la fois des informations textuelles et graphiques (un mélange de texte et d’image). Il est bien pratique pour conserver en format numérique la mise en page, donc l’intégrité visuelle, d’un document.

Bien que propriétaire (puisqu’il appartient à Adobe), le PDF est devenu un standard de fait. Sa popularité s’est encore accrue avec l’ouverture de ses spécifications : à présent, n’importe qui a le droit de créer des programmes capables de fabriquer ou de lire du PDF, ainsi que de proposer des variantes du format… incluant éventuellement des éléments propriétaires, éxécutables, et pas du tout intéropérables.

C’est pourquoi un groupe de travail s’est donné la tâche de créer une variante de PDF complètement intéropérable, indépendante des plateformes logicielles et matérielles, capable de stocker des métadonnées, et d’encapsuler les informations nécessaires à la lecture des couleurs ou des polices du document. Ce PDF propre à l’archivage se nommera avec justesse PDF/A.

La première version de ses spécifications est annoncée pour début 2005, et une version définitive à la fin de l’année.

Vu chez Marcus Zillman.

Mise à jour :

L’avenir du disque

Puisqu’on veut absolument nous vendre les documents audiovisuels sur support, intéressons-nous au support. LISnews signale cet article sur la dégradation des CD et DVD. La couche qui porte les données se dégrade petit à petit, même lorsque les CD sont manipulés avec précaution.

Le dernier Cites & Insites aborde aussi la question de l’archivage des CD, et donne les mêmes clefs pour prolonger leur existence : les conserver verticalement, ne pas écrire ou coller d’étiquette sur la face "label", éviter les températures élevées, etc.

Bibliothécaires, allez dans vos rayonnages, et regardez vos plus anciens CD à travers une source de lumière. Pour voir.

Si on envisage l’histoire des supports musicaux sur cinquante ans, les vinyls de mes parents des années 70 sont encore en bon état, mais difficile de trouver un appareil pour les écouter. Il y a encore des lecteurs pour les cassettes de mon enfance, mais la grande création musicale des années 80 est écorchée par la détérioration des bandes magnétiques. Mes premiers CD, qui datent du début des années 90 et que j’ai conservé horizontalement dans une belle tour à CD dans mon salon, pourront bientôt partir à la poubelle. Ceux des années 2000, les mesures de protection techniques m’empêchent d’en faire une copie sur mon disque dur pour en conserver au moins le contenu. Quant aux années 2010… elles seront probablement silencieuses…

La LEN va-t-elle nous tondre ?

Ce n’est pas dans mes habitudes de faire de la politique. Mais tout de même, je m’inquiète sur la LEN qui passe pour la dernière fois devant l’Assemblée nationale demain. Mon hébergeur a été jusqu’à proposer à l’ordre du jour de sa prochaine AG un vote sur la dissolution de la coopérative.

La LEN est une loi liberticide, elle menace la liberté d’expression. Elle crée un dangereux précédent de législation différenciée pour l’Internet. Dans les bibliothèques on se tue à essayer de montrer que le numérique ne change pas nos missions fondamentales, qu’il faut adapter nos métiers. Pourquoi serait-ce différent dans d’autres domaines ?

Nous vivons dans un monde où l’industrie attaque ses propres consommateurs et peut empêcher les gens intelligents de s’exprimer. Nous vivons dans un monde où les bibliothèques doivent se battre pour pouvoir donner accès à leurs documents, dans un monde où il suffit d’être le premier arrivé pour détenir des droits. Nous vivons dans un monde où il faut contourner la loi pour donner librement ce qu’on produit, et où la liberté n’est pas une évidence mais une victoire.

Ca m’inquiète.

Lectures de référence : sur la LEN chez Padawan et sur Droit et Nouvelles Technologies, sur l’accès ouvert chez Open Acess News… etc.

Droits d’auteurs, où va-t-on ?

Ceux qui, en faisant une recherche dans Google, sont un jour tombés avec indignation sur cette petite phrase :

Suite à l’application de la loi américaine sur le copyright intitulée Digital Millennium Copyright Act (DMCA), nous avons éliminé 5 résultat(s) de cette page. Si vous le souhaitez, vous pouvez prendre connaissance de la réclamation DMCA ayant entraîné l’élimination de ces résultats.

seront probablement intéressés par ce long article de Craig Walker, cité par Diglet encore lui, qui traite des rapports entre le DMCA et les moteurs de recherche. Il observe que les termes du DMCA s’appliquent particulièrement mal aux moteurs de recherche, et dénonce le risque de voir les mesures de ce type museler la liberté d’expression sur Internet. C’est un texte très complet qui prend le temps de placer le contexte, mais qui est malheureusement selon Gray price déjà dépassé.

Bien qu’il soit américain, le DMCA nous concerne, d’autant que la naissance de son petit frère européen nous pend au nez. Alors, prenez une grande marmite, mettez-y la LEN, le DMCA, la directive européenne sur le droit d’auteur dans la société de l’information, la directive européenne sur le renforcement de la propriété intellectuelle, et les DRM, et vous obtiendrez une merveilleuse confiture juridique, parfaitement apte à empêcher l’information de circuler librement.

C’est pourquoi, même si ça n’apporte rien de nouveau, il est toujours intéressant de lire des textes comme celui-là (signalé ici).

Maintenant ça marche

Tout ceux qui ont essayé de m’envoyer un mail en cliquant sur "me contacter", là, à droite, auront sans doute remarqué que je ne leur ai pas répondu. Certains auront même constaté une réaction particulièrement irrationnelle de leur logiciel de messagerie (si c’est le cas, vous n’utilisez pas thunderbird, quel dommage !).

En fait, je n’ai jamais reçu les messages.

C’est réparé, vous pouvez donc recommencer à me faire crouler sous les suggestions de recette de confiture de figues, les questions bibliothéconomiques, et les commentaires que vous auriez préféré glisser en-dessous du billet concerné (mais ça viendra).

Désolée pour ceux qui ont essuyé les plâtres.

Propriété intellectuelle à la pelle

Droits d’auteurs, propriété intellectuelle, mesures de protection technique… tout le monde en parle, et ils ont raison.
Pêle-mêle, quelques ressources récentes sur le sujet :

  • via copyfight, un guide d’introduction sur les DRM (digital rights management),
  • via MediaTIC, l’annonce d’un ouvrage (à paraître dans la semaine) sur la propriété intellectuelle et les TIC : Free Culture par le juriste Lawrence Lessig,
  • via BiblioAcid, un nouveau périodique en ligne sur les aspects légaux des TIC, nommé SCRIPT-ed.

Et enfin, un petit mot sur la conférence d’hier au Salon du Livre : une mobilisation intéressante des associations professionnelles, dont on ne peut que saluer l’ouverture (parmi les invités, des représentants de la SCAM, de l’UFC Que Choisir). Saluons aussi ceux qui ont su poser les bonnes questions.

La propriété intellectuelle n’est pas une propriété comme les autres.

Certains artistes – comme les compositeurs – renonceront à publier leurs oeuvres si c’est le prix pour qu’elles soient diffusées.

Ou encore, le numérique ne permet pas seulement de tout pirater, mais aussi de tout verrouiller.

Y a des jours, ça donne froid dans le dos.