ELAG 2007 : « workshops »

Voici la suite du début.

A ELAG, les workshops se déroulent en parallèle, en plusieurs sessions sur plusieurs jours. On s’inscrit à un workshop et un seul, que l’on suit de bout en bout ; heureusement pour notre curiosité, tous les workshops font l’objet d’un rapport de 15 mn environ le dernier jour.

Universitat de Barcelona

Conformément au thème de la conférence (je le rapelle : library 2.0), la plupart des workshop avaient un thème très "2.0".
Ainsi, les discussions ont porté sur Amazon et Google, le eLearning en bibliothèque, la fourniture de documents, le tagging, les blogs et les wikis, etc. Tous ces workshops ont été présentés et discutés en même temps. L’idée générale était de les utiliser comme des boîtes à idées pour discuter toutes ces fonctions et émettre des recommandations plus ou moins symboliques suivant les groupes. J’ai noté quelques ressources intéressantes comme le service Books to Books qui permet aux bibliothèques de mettre facilement en place un service de numérisation à la demande.
Finalement, le plus intéressant (d’après les compte-rendus) était le workshop-titre : Library 2.0, what’s in a name dont le produit (car chaque workshop débouche sur un "outcome") était un blog, créé avant la conférence et alimenté durant les sessions de travail.
C’était amusant de voir ces bibliothécaires (d’un certain âge, il faut bien le reconnaître) s’émerveiller devant les pratiques des étudiants qui bloguent et fréquentent Second Life.

Trois workshops étaient un peu "hors sujet" : l’un tournait autour du prototype de Système de Gestion de Bibliothèque Numérique de DELOS, et un autre posait la question "pour ou contre" les logiciels open source (avec un seul participant du côté des détracteur des logiciels libres !).
Enfin je co-organisais le troisième, sur la préservation des contenus numériques. Ce workshop a été organisé en trois parties :

  • la présentation détaillée de la méthodologie DRAMBORA de gestion des risques par Seamus Ross
  • une réflexion autour du modèle OAIS et de son implémentation, par votre serviteuse
  • et enfin une discussion ouverte sur les stratégies de préservation, animée par une collègue de la KB (bibliothèque royale des Pays Bas).

Du point de vue de la préservation numérique, j’en retiendrai que l’état d’avancement des institutions, au niveau européen, est inégal. Certains sont encore bloqués sur la problématique du stockage, à savoir comment gérer dans le temps plusieurs tera octets de données. Certains n’avaient encore jamais, ou presque, entendu parler du modèle OAIS. D’autres étaient vraiment en avance, à la fois sur la réflexion et sur la mise en oeuvre. Une des idées intéressantes qui en sont sorties serait de créer un "OAIS lite" qui permette un premier accès plus facile aux concepts de la norme (l’idée venait de cet article).

Sur l’ensemble des workshops, c’est un exercice intéressant malgré son côté assez aléatoire (cela dépend vraiment sur qui on tombe, à la fois du côté de l’animateur et de celui des participants). Mais même si chaque workshop dure environ 6h en tout, les sessions sont tellement découpées qu’il est difficile d’aborder des sujets très diversifiés. J’ai été surprise de voir à quel point le temps passait vite.

D’une façon générale, ELAG est un bon endroit où prendre la température de ce qui se passe aujourd’hui dans les bibliothèques en Europe, où en est notre réflexion sur les technologies. C’est assez consensuel, on n’a pas l’impression d’avoir découvert des choses très innovantes ou lancé de grandes idées. C’est plutôt un moment de mise en commun, avec toute la richesse que cela peut impliquer.

Ainsi se termina ELAG, sur une note d’ouverture puisque l’organisation de la conférence devrait évoluer l’année prochaine : les « progress reports » seront remplacés par quelque chose de plus mystérieux nommé « lightening talks », et certains workshops seront remplacés par des tutoriels.

Valoriser les collections numériques

Quelques méthodes intéressantes ont récemment surgi sur le Web pour valoriser des collections numériques. Cela n’a plus rien à voir avec la logique très construite et même, très bibliothéconomique, des expositions virtuelles ou dossiers documentaires qu’on a l’habitude de voir dans les bibliothèques numériques aussi bien francophones qu’anglo-saxonnes.

Du côté de la numérisation de masse, nous avons deux blogs : celui de Google books search et celui d’Internet Archive. Point commun de ces deux projets de numérisation : ce sont des entrepôts de documents, qui ne sont pas construits a priori dans une logique de politique documentaire. Dans ces conditions, la valorisation sous forme de blogs est appropriée. Elle se caractérise par la recherche de "perles", en relation ou non avec l’actualité, dans le gisement documentaire qui se trouve à disposition.

Du côté des bibliothèques, l’article de Dlib sur l’utilisation de Wikipedia pour valoriser les collections numériques a déjà été cité par Marlène : il s’agit de se positionner dans le flux des usages, d’aller au-devant des étudiants dans le site qu’ils consultent au lieu d’attendre qu’ils viennent à la bibliothèque numérique. Le projet de bibliothèque francophone dans Second Life (vu sur bib 2.0) s’inscrit à mes yeux dans la même logique, aller au-devant des usagers, là où ils se trouvent.

Ce que je trouve intéressant dans ces deux démarches, c’est qu’elles sont orientées vers la sérendipité et qu’elles obéissent à une temporalité différente, nouvelle. On ne construit plus les collections sur la politique documentaire. On construit la valorisation sur les collections, a posteriori. En même temps, on « pousse » cette valorisation vers les utilisateurs, soit par blog et donc par RSS, soit en se glissant dans le flux de leurs usages. Ils pourront ainsi rencontrer par hasard la bibliothèque, au lieu d’être forcés de s’y rendre comme par un passage obligé.

(PS : Je sais pas si vous avez remarqué, mais ce billet est parfaitement typique de la biblioblogosphère : il cite les copains et s’appuie sur des sources anglo-saxones, il parle de Google, il décrit des services qu’on n’a pas en France sans oser dire qu’on devrait les avoir, il est anonyme, prospectif, et se vautre dans la technologie. C’est fou, non ?)

Your Archives

Créez "vos archives" : telle est la proposition des Archives Nationales de Grande-Bretagne aux internautes à travers ce wiki.

Ce wiki permet aux usagers des archives britanniques, après enregistrement sur le site, d’enrichir les notices des inventaires (avant/après), de faire des transcriptions, ou de rentrer des informations utiles sur n’importe quel sujet de recherche en liaison avec les archives anglaises, nationales ou non.

On peut saluer le pragmatisme typiquement anglo-saxon du projet :

  • il utilise le logiciel Mediawiki, du coup ça « ressemble » à wikipédia et de fait, cela acquiert un côté rassurant, parce que connu
  • le système de modération est hyper-simple (il faut être enregistré, mais n’importe qui peut s’enregistrer après avoir lu les conditions d’utilisation). On peut également signaler un abus.

Le site n’est pas très rempli pour l’instant mais à mon avis c’est une expérience à suivre.

Vu chez Peter Scott.

ELAG 2007 : « papers »

ELAG est un groupe européen qui rassemble des personnes intéressées par l’informatique documentaire en bibliothèque. Il se réunit tous les ans au printemps dans une ville européenne différente pour aborder des sujets d’actualité qui tournent traditionnellement beaucoup autour du SIGB. Mais, les bibliothèques étant ce qu’elles sont, la conférence s’est également ouverte ces dernières années au numérique et à la question des services offerts sur le Web, et donc cette année proposait pour thème : Libraries 2.0.

Comme dans toute conférence ELAG, il y avait trois grandes parties :

  • les « papers », conférences « plénières » à laquelle tout le monde (un peu plus de 100 personnes) assistait – c’est ce dont je vais parler ici
  • les "progress reports", ou lecture commentée des revues d’avancement envoyées par les participants sur leur institution : un exercice très formel et sans grand intérêt si vous voulez mon avis, donc je n’en dirai pas plus mais vous pouvez les consulter
  • les « workshops », des travaux en groupe qui feront l’objet d’un autre billet.

Donc voici mon compte-rendu des « papers ». La plupart des liens pointent vers les présentations au format PDF.

Ressources électroniques

Un des sujets les plus "classiques" de mon point de vue dans les conférences plénières était la question des ressources électroniques et leurs différentes déclinaisons en bibliothèque, notamment à travers le prisme de l’open access. Nous avons eu quelques présentations qui relèvent plutôt de l’état de l’art que d’autre chose, sur les archives ouvertes en Catalogne, les logiciels open source et l’usage des revues électroniques.

Dans la même veine, l’historique des 25 années d’informatisation en Catalogne reflète assez bien l’esprit d’ELAG, dont l’objectif est également de faire lumière sur la bibliothèque qui accueille la conférence.

Par contre la présentation du modèle de référence DELOS pour les bibliothèques numériques (j’en avais parlé il y a quelques temps) correspondrait au versant le plus innovant de ce thème classique.

Formats et Protocoles

Plus intéressant (toujours à mon humble et partial avis), nous avons eu des présentations plus ou moins détaillées sur l’évolution de l’environnement normatif des catalogues.

On nous a ainsi vanté l’intérêt des SOA (service-oriented architecture), qui favorisent la modularité des systèmes dans une logique orientée objet et service, au contraire de la traditionnelle logique applicative des SIGB, à travers l’exemple d’un système monté par Bibsys en Norvège.

Parmi les nouveautés à regarder de près, on nous a présenté RDA le successeur des AACR qui sont l’équivalent anglo-saxon des ISBD (pardon, je jargonne mais en gros il s’agit simplement de règles de catalogage). Les RDA voudraient principalement apporter

  • une déconnexion claire entre le contenu et le support
  • la suppression des jargons antédiluviens et des latinismes barbares (s.n., s.l., couv.ill. en coul., et al. ça vous parle à vous ?)
  • la prise en compte des FRBR, au moins au niveau de la terminologie
  • et enfin la convergence avec d’autres formats de descriptions appartenant à d’autres communtautés comme LOM pour le e-learning, ONIX pour les éditeurs ou encore, tout dernièrement, le Dublin Core.

Enfin, Herbert Van de Sompel en personne était là pour présenter ORE, le nouveau projet de l’Open Archive Initiative. Basiquement, il s’agit de promouvoir un modèle de données et un protocole qui permette non plus d’échanger seulement des métadonnées comme on le faisait avec l’OAI, mais les objets eux-mêmes ou des parties de ces objets. Pour y parvenir, on exposerait des cartes de structures qui constitueraient des représentations ("surrogates") des objets numériques et permettraient d’en réutiliser seulement des parties ou des versions données.
C’est intéressant mais assez complexe et je ne suis pas sûre que ce soit l’outil dont nous avons besoin pour résoudre le problème de l’interopérabilité des bibliothèques numériques ; l’avenir nous le dira.

Google, Amazon & Co

Nos amis du Web 2.0 étaient bien sûr les grands favoris de la compétition, et plusieurs conférences se sont intéressées à l’impact de ces outils sur les bibliothèques. Qui de discuter de l’accès à nos ressources via Google, qui d’envisager Amazon comme un concurrent ou un allié : nous ne sommes pas vraiment dans des débats très révolutionnaires. Toutefois quelques idées intéressantes sur la fourniture de documents à distance (sujet ô combien élimé, mais qu’on peut toujours renouveler par le hype technologique) ou le référencement (quoique je préfère le terme "exposure" employé par l’intervenante en anglais) méritent de retenir notre attention.

La conférence sur le knowledge management a été une de celles qui m’ont le plus plu, car en démystifiant un peu le vocabulaire et les idées reçues dans ce domaine, elle mettait le doigt sur le vrai problème : non pas celui des "bibliothèques 2.0", mais celui des "bibliothécaires 2.0". L’idée que j’en ai retenu c’est que le web 2.0 est avant tout un problème de collaboration et il faut que les bibliothécaires, et en particulier les "managers", s’investissent et montrent la voie à leurs semblables avant que cela ait une chance de marcher. Jeunes conservateurs, à vos blogs !!!

… to be continued…

Barcelone

A Barcelone j’ai eu la chance d’arpenter longuement les jolis jardins de l’Université qui a abrité les participants d’ELAG et de visiter les voûtes de la Bibliothèque Catalane.

Universitat de Barcelona
Biblioteca de Calalunya

Pour le reste, il me fallait choisir parmi les nombreuses choses qu’on peut faire et voir à Barcelone et j’ai opté pour des activités typiques à savoir…

Marcher dans les rues : en effet, il n’est pas d’activité plus typiquement espagnole que d’arpenter le pavé sans but précis, de préférence dans la plage horaire 18-23h. On peut éventuellement ponctuer sa promenade d’activités optionnelles telles que l’achat de sandales en cuir ou de robes vertes fluos à fleurs oranges, la consommation de gauffres hypercaloriques dont l’empilement stratigraphique de chocolat, bananes, cacahuètes et crème chantilly ferait pâlir un archéologue, ou le multilinguisme trans-européen (par exemple, vous pouvez parler anglais avec des catalans ou espagnol avec des italiens).

Visiter le parc Güell : cela ressemble assez à un croisement génétique suspect entre Montmartre et les buttes Chaumont, doublé d’une mutation à la Disneyland.

Parc Güell
Parc Güell

Bref il y a beaucoup d’escaliers, de touristes, de pigeons et de maisons qui ont de drôles de formes et couleurs. Mais au moins, pourrait-on espérer, y a-t-il des figuiers à Barcelone ? Eh bien, pas dans le parc mais j’en ai tout de même trouvé un.

Figuier à Barcelone

Il se cachait dans une petite rue sans prétention, entre un coiffeur et un marchand de chaussures. Un seul figuier, c’est décevant pour une ville méditerranéenne non ?

Don’t Panic !

Tels sont les mots inscrits sur la couverture d’un des plus célèbres ouvrages de l’univers, le Guide du Voyageur Galactique (H2G2 pour les intimes). Il m’a semblé ces derniers jours que ce livre, qui peut vous sortir des pires situations (comme par exemple être précipité dans le néant de l’Univers avec une espérance de vie de 30 secondes) à l’aide d’une serviette éponge, et qui détient la réponse à la fameuse question de la Vie, l’Univers et du Reste (42), ce livre donc était probablement la solution adéquate dans ce moment de doute.

Et en effet, dans le second opus de l’Oeuvre M. Douglas Adams, qui s’intitule Le Dernier restaurant avant la Fin du Monde, on peut lire à la page 228 (édition Folio SF) :

Le problème majeur – l’un des problèmes majeurs, car ce n’est pas le seul – l’un des nombreux, donc, problèmes majeurs que soulève l’exercice du pouvoir est fonction de qui on trouve pour l’exercer ; ou plutôt, de qui s’arrange à amener les gens à le laisser l’exercer sur eux. En résumé, il est un fait patent, que ceux-là mêmes qui ont le plus envie de gouverner les gens sont, ipso facto, les moins aptes à le faire. Pour résumer le résumé : quiconque est apte à parvenir à se faire élire président ne devrait à aucun prix être laissé libre d’exercer cette fonction. Pour résumer le résumé du résumé : les gens sont un vrai souci.

Sur cette méditation transcendentale et anarchiste qui me rappelle un peu ma jeunesse, je vais retomber dans mon mutisme printanier, et, le Guide du Routard (le vrai) dans une main et mon ordinateur portable dans l’autre, je pars en exil bibliothéconomique à Barcelone.

Le Scribe du XXIe siècle

Le Scribe du XXIe siècle est mi-humain, mi machine.

La machine est une station de numérisation équipée d’un appareil photo numérique, d’une vitre pour aplatir les pages, et d’un logiciel libre, assemblés par Internet Archive. La partie humaine tourne les pages et déclenche les prises de vue dans un silence religieux.

Dans son scriptorium, le Scribe du XXIe siècle reproduit 500 pages de livres en une heure. A Toronto, 13 Scribes ont ainsi reproduit 200 000 ouvrages depuis 2004, et produisent régulièrement 1000 livres numériques par semaine.

Merci à Digitization101.

Collection printemps-été 2007

Je sais, je ne blogue pas beaucoup ces derniers temps, mais pour me faire pardonner j’ai quand même travaillé pour mon cher blog pendant mes vacances.

En effet, vous aviez été nombreux à vous plaindre de ma période « rose fluo » qui vous empêchait de lire sereinement mes billets pendant vos plages de service public, et vous occasionnait de sévères migraines.
C’en est donc fini : je vous propose un petit relooking couleur figue pour fêter l’arrivée du vent printanier et des jolies fleurs roses sur les arbres.

Fleur

Pour les nostalgiques, un petit tour dans les archives du Web pourra vous permettre de retrouver les traces du tout début il y a maintenant plus de trois ans, et toutes les versions intermédiaires.

Je dois des remerciements à Romuald qui m’a fait découvrir le site où j’ai trouvé le Japanese foliage qui éclaire ce nouveau graphisme. Quant à l’inspiration bucolique de ce printemps 2007, elle émane de certains événements qui à coup sûr vont encore à diverses reprises me tenir éloignée du Figoblog.

Certifié conforme

Trois nouveaux outils sont aujourd’hui disponibles pour évaluer la conformité d’un "entrepôt", "archive", enfin un de ces machins où on conserve les documents numériques sur le long terme, avec l’essentielle norme OAIS (expliquée de manière accessible ici).

Voici TRAC : fruit d’un travail de RLG (Research Liraries Group) et du CRL (Center for Research Libraries), le Trustworthy Repositories Audit & certification (TRAC): Criteria and Checklist est une liste de critères à passer en revue pour s’assurer qu’on mérite le titre d’entrepôt de confiance.

DRAMBORA lui est carrément une "boîte à outils" pour faire l’audit d’un tel entrepôt. Ladite boîte nécessite un enregistrement pour être téléchargée, et comporte un document rédigé, et un "template" pour l’audit sous forme de fichier Word ou Exel. La méthodologie est celle de la gestion des risques, et c’est le Digital Curation Center et le projet européen DPE qui en sont à l’origine.

Enfin, le réseau allemand NESTOR a publié un catalogue de critères qu’on peut passer en revue pour vérifier sa capacité à préserver les documents numériques de manière fiable.

Dans ces trois méthodes, on va retrouver plus ou moins les mêmes éléments :

  • l’organisationnel, c’est-à-dire vérifier qu’on la bonne gestion, l’organisation, les compétences, la viabilité financière pour accomplir cette tâche, et qu’on garantit la transparence qui permet d’établir la confiance
  • la gestion des objects numériques : vérifier qu’on se donne les moyens d’avoir des objets préservables dans le temps et de collecter toutes les informations (aussi appelées métadonnées) nécessaires pour leur préservation, la maintenance des accès et des performances, et la surveillance de l’environnement technologique par la veille
  • l’infrastructure et la sécurité, bref les moyens techniques de la conservation.

Allez, c’est une occasion rêvée, merveilleuse, et attendue de clamer haut et fort, en gras, en majuscules, et souligné : stocker ce n’est pas archiver ! Il ne suffit pas d’avoir de gros serveurs pour préserver des documents numériques.

Manifeste, témoignage et bibliothèques numériques

DELOS est un projet européen sur les bibliothèques numériques initié en 2004. Dans le Dlib de mars/avril 2007 ils présentent leur digital library manifesto : un texte déclaratif qui remet à plat les définitions des bibliothèques numériques et de leurs systèmes.

Extrait et traduction de la terminologie :

  • Digital Library (DL) : une organisation, éventuellement virtuelle, qui collecte, gère et préserve sur le long terme un riche contenu numérique, et offre à ses communautés d’utilisateurs des fonctionnalités spécialisées d’accès à ce contenu, avec une garantie de qualité et suivant des politiques (chartes ?) codifiées.
  • Digital Library System (DLS) : un système logiciel basé sur une architecture éventuellement distribuée, qui fournit toutes les fonctionnalités dont une bibliothèque numérique (DL) donnée a besoin. Les usagers interagissent avec une bibliothèque numérique (DL)à travers ce système.
  • Digital Library Management System (DLMS) : un logiciel générique qui fournit l’infrastructure pour 1) produire et administrer un système de bibliothèque numérique (DLS) avec ses fonctionnalités fondamentales et 2) intégrer d’autres modules logiciels pour offrir des fonctions plus spécialisées.

Ensuite on y trouve plusieurs schémas qui modélisent les bibliothèques numériques, leurs systèmes et leurs relations avec les usagers.

Autant ce manifeste est conceptuel et déclaratif, autant le témoignage de James Billington, directeur de la Library of Congress, devant le Congrès américain, est ancré dans le concret et les projets. Beaucoup de chiffres y sont donnés sur les contenus numériques, leur préservation à long terme dans le cadre du programme NDIIPP, et l’accès dans le cadre de la World Digital Library.

Quelques petits chiffres au hasard :

  • il a fallu deux siècles à la Library of Congress pour amasser une quantité d’information équivalente à celle qui est produite sur le Web toutes les 15 minutes
  • un site Web a une durée de vie moyenne de 44 à 75 jours
  • il y a 11 millions d’items (?) sur le site American Memory
  • le budget pour numériser les 5 premiers millions d’items d’American Memory était estimé à 60 millions de dollars en 1994
  • Google subventionne le lancement de la World Digital Library à hauteur de 3 millions de dollars
  • Le nouveau centre de conservation de l’audiovisuel (NAVCC) coûte plus de 150 millions de dollars à son mécène, une fondation nommée PHI, pour y conserver 5 millions d’items et prévoir 25 ans d’accroissement.