Un penchant pour le droit

Filer droit avec les droits, tel est le conseil que nous donnent deux avocats dans un article de Libé intitulé Droits d’auteur, respectons les règles. Si l’on en croit les auteurs de cet article, l’état d’hostilité ambiante à l’égard de la propriété intellectuelle, ainsi qu’un certain laxisme ou en tout cas une politique d’indulgence à l’égard des "pirates", nous mènent tout droit à la catastrophe : spoliation des ayants-droits, contrat social à géométrie variable… Il n’est pas question de la fin de la créativité artistique, mais presque. Faut-il rappeler à ces gens qu’à l’heure actuelle, la protection de la propriété intellectuelle profite moins aux artistes qu’aux acteurs commerciaux du circuit ? Que le numérique favorise la diffusion des oeuvres et est donc favorable aux artistes, même s’il nuit aux acteurs du modèle économique tel qu’il existe actuellement ? Enfin, que la loi est faite pour favoriser le bon fonctionnement de la société et doit donc s’adapter à ses évolutions, et non les bloquer dans des non-sens et des cul-de-sac par freinage des quatre fers devant les risques du progrès technologique ?

Chez Eolas, découvrons quelques conseils pour filer droit aussi en bloguant. Quelles sont les responsabilités du blogueur à l’égard de ce qu’il édite, de ce que d’autre écrivent sur son site, de son employeur ? Tout ceci est merveilleusement clair et pédagogique comme toujours chez Maître Eolas.

C’est aussi la question des droits qui fait bondir les éditeurs américains devant le projet Google print dans sa version "bibliothèques", dans une lettre de l’AUUP, l’association des éditeurs américains, lettre qu’on a déjà vu citée sur différents blogs. Les éditeurs ne sont pas prêts à voir circuler en libre accès (ou presque) le plein-texte de leurs ouvrages, et ce n’est pas vraiment une surprise, nous connaissons ce problème depuis longtemps avec la numérisation. Lire aussi un article de Gary Price à ce sujet. Les bibliothèques auront quand à elles la préoccupation inverse, bien exposée dans cet article de JB Soufron : les oeuvres du domaine public pourront-elles continuer à être accessibles librement, alors même qu’on travaille à renforcer les barrières techniques qui tendent à faire du contrôle maximal la situation normale ?

Dans ce contexte, rien d’étonnant à ce que la NISO s’intéresse aux droits des documents numériques et ait pour projet d’inciter à normaliser l’expression des droits, et ce également dans un sens positif de garantie de la liberté d’accès et d’usage pour certaines oeuvres, comme avec Creative Commons.

Mise à jour :

Pour vous faire votre propre idée, retrouvez tous les textes officiels ou non dans l’hyperdossier sur les droits d’auteurs de Juriscom.

Défi pour la terre

L’autre jour, je découvrais via Vincent le petit livre vert de la fondation de Nicolas Hulot : un ouvrage qui donne des conseils sur la bonne attitude à avoir pour préserver son environnement. (J’ai d’ailleurs eu un peu de mal à le retrouver, vu que sur le site on me répondait toujours "no connect".)

Je suis très favorable à ce genre d’initatives, et moi-même j’essaye de faire un peu attention à ce que je fais : trier mes déchets, ne pas prendre trop ma voiture, éviter les sacs en plastique au supermarché, etc.

Mais alors, en lisant ce petit livre, j’ai découvert que pour préserver la planète, il faudrait que je change profondément mon mode de vie. Pour commencer, il faudrait que je déménage, car apparemment vivre dans un appartement n’est même pas imaginable. Il faut donc que je me trouve une maison individuelle. En même temps, il faut que je renonce à ma voiture en faveur des transports en commun. J’espère que je vais habiter près de la gare, mais sinon, il me reste l’option de ne plus travailler, puisque je vais faire moi-même mon compost pour faire pousser mes fruits et légumes dans mon jardin. Amoins que j’opte pour le télétravail : plus de déplacement, plus de pollution ! Dans ma maison, il faudra aussi que je refasse l’isolation, l’alimentation en eau, et que j’installe des panneaux solaires. Evidemment, si j’ai arrêté de travailler, je vais avoir du mal à financer tout cela, mais ça vaut le coup. En même temps que je fais tous ces travaux, je ne dois rien jeter, réutiliser les matériaux, les vieilles boîtes qui traînent dans mon grenier, faire un maximum de bricolage. Mais évidemment sans utiliser de produits qui risquent de nuire à l’environnement (peintures, colles).

Je ne sais pas ce que j’en attendais, mais devant un tel manque de conscience de la société dans la quelle on vit, de cohérence entre les actions et tout bonnement de crédibilité, j’ai décidé de passer mon chemin et de retourner sur le blog du défi pour la terre lancé il y a quelques temps sur le site vie publique. Et là, que lis-je : trois billets. le premier titre "Bienvenue sur le Blog du Défi pour la Terre". Le second, "Lancement du Défi pour la Terre". Et le troisième :

26.05.05 Actualité Merci pour votre engouement :)

Le Défi pour la Terre a révélé un engouement considérable pour l’environnement.
Nous avons reçu depuis l’ouverture du site un très (trop) grand nombre de messages. Nous sommes obligés de fermer temporairement ce blog afin d’accueillir dans de meilleures conditions les nouveaux commentaires.

Nous vous donnons donc rendez-vous sur ces pages dans quelques jours. En vous remerciant de votre patience.

L’équipe du Défi pour la Terre

Décidément, c’est un vrai défi, et la terre va avoir besoin de nous.
Bon faut pas seulement critiquer, il y a aussi des jolis tests rigolos sur le site pour calculer son impact sur l’environnement. Moi j’ai eu les félicitations du jury ! Et vous ?

Ca presse

A signaler, un site lancé par le Northern New York Library Network qui propose l’accès à 13 titres de journaux numérisés sur des périodes variables allant de 1811 à 2002.
Il y a une recherche plein texte, qui porte apparemment sur la reconnaissance OCR (à première vue assez pertinente) du texte. La visualisation se fait en PDF noir et blanc.

On peut rapprocher cette info du gros "NDNP project" piloté par la Library of Congress, pour lequel on n’a pas vraiment encore de choses visibles, mais plein d’infos techniques et autres sur cette page. Tout ceci est très prometteur. Les fichiers seront diffusés en JPEG 2000 via un plug-in propriétaire, ça peut étonner mais il semble qu’ils n’aient pas vraiment le choix vu le type de numérisation et la qualité recherchée. Pour compenser ils ont prévu une sortie alternative en PDF.

Apparemment la numérisation de la presse est très dans l’air du temps, il faut croire. Il y a même une série de conférences organisées par OCLC sur ce sujet. La conférence aura lieu en août et elle est aussi co-sponsorisée par le Utah Digital Newspapers Project qu’on connaissait déjà. J’espère qu’ils mettront les papiers en ligne car je n’ai pas vraiment prévu de passer mes vacances en Oregon (plutôt dans ce coin là).

Merci à Digitization 101 pour les différentes infos. Ce billet est spécialement dédicacé à Elise si elle passe par ici…

Deux gros pavés dans la mare

Aujourd’hui, c’est la soirée spéciale préservation du document numérique, et j’ai l’honneur de vous annoncer la sortie de deux gros pavés, au format pdf, respectivement 237 et 138 pages.

Le premier c’est le rapport final du groupe PREMIS : un groupe OCLC/RLG qui avait pour objectif de définir les métadonnées nécessaires à la préservation des documents numériques. Et il y en a beaucoup !!! On peut aussi accéder aux différentes sections séparément.

Le second, c’est une première version de la traduction française du modèle OAIS. Pour mémoire, l’OAIS est un modèle informationnel et fonctionnel qui définit les différentes composantes d’un système global et ouvert de préservation de documents numériques, les actions à mener, et les interactions entre producteur, archiveur et utilisateur. Il est assez complexe et une partie de sa force réside dans la définition de l’ensemble de la terminologie relative au domaine de la gestion des documents numériques. Petite précision, cette traduction est une version en cours de normalisation.

Enfin un wiki bibliothéconomique

Les wikis, on commence à savoir ce que c’est, et parfois même à leur reconnaître un certain sérieux (quoique controversé) : cf l’expérience wikipedia qu’on ne présente plus.

Mais bon, nous, dans les bibliothèques, nous sommes des gens sérieux. Déjà, les blogs, on avait un peu de mal, mais alors les wikis : mon dieu, quelle horreur, des informations non validées et incontrôlables.

Et pourtant… C’est d’une logique presque évidente. Les gens utilisent les catalogues. Les gens font un certain travail en plus (non le catalogage n’est pas une fin en soi…). En plus les gens lisent les livres (contrairement aux bibliothécaires).Donc, ça serait quand même bien de laisser les gens s’exprimer, entre eux, surtout qu’ils n’attendent que ça. Sans intervenir, sans valider, juste leur donner la possibilité de le faire. Et pas avec des interfaces d’annotation collaborative gaz à tous les étages, juste avec un espace Web modifiable simplement et facilement. Un wiki, quoi.

J’ai envie de sabrer le champagne en lisant qu’un des très sérieux acteurs internationaux des bibliothèques, OCLC, se lance dans l’aventure wiki. L’idée: permettre aux utilisateurs de Worldcat, où qu’ils se trouvent, de faire des commentaires, ajouts, notes de lectures etc. en wiki et de les relier aux notices du métacatalogue. Il est même question de mettre du FRBR dans la sauce. Pour cela ils développent un logiciel : MetaWiki.

On en apprend plus sur le blog de Thom Hickey lui-même membre d’OCLC.

Alors, maintenant ça devient sérieux cette idée de wiki ?

Bibliothèque hybride

Bon pour une fois je ne parle pas de bibliothèque hybride analogique-numérique, mais d’un croisement entre une bibliothèque et un musée. A Rennes, la bibliothèque municipale qui devrait ouvrir ses portes en 2006 partage ses locaux avec le Musée de Bretagne et l’Espace des sciences. Des centaines de mètres carrés de lecture publique et patrimoniale, des milliers de mètres carrés d’expositions d’oeuvres de toutes sortes, un planétarium numérique, des salles de conférences, et même une cafétéria pour la « modique » somme de 100 millions d’euros. Voilà qui a peut-être une chance de damer le pion à ceux qui pensent que les bibliothèques ne sont plus, à l’âge de Google, que des « musées du livre »… Au fait, je ne vois pas ce qu’il y a de négatif là-dedans, moi.

Source le Monde.

Petit souci de validation

Un article paraît dans un journal. Bilan : 16 mort et une centaine de blessés. Une semaine plus tard, la rédaction s’excuse du manque de fiabilité de l’information diffusée. Oups.

Un type dépose quelques papiers dans une bibliothèque. Bilan : 20 millions d’exemplaires vendus dans le monde, un million en France.

On ne répétera jamais assez la nécessité de vérifier ses sources… de les citer… Et ça vaut aussi pour les"vraies" sources d’information et pas seulement les "knowledge blogs" sur lesquels on aimerait bien en savoir plus.

Ne dîtes plus « powerpoint »

C’est vrai, quoi, il ne faut pas dire "j’ai fait un powerpoint". A la limite, on fait un diaporama, et il y a d’autres outils pour en faire autant. En plus, je sais pas si vous avez remarqué, mais quand on le trimballe trop d’un ordinateur à un autre, le "powerpoint" peut parfois perdre une partie de son "power" (format fermé oblige).

Bref. Grâce à Librarian.net, on peut maintenant récupérer un petit "toolkit" pour faire des diaporamas en HTML. Très joli, intéropérable, imprimable, portable.

Je l’ai testé ; c’est sympa même s’il y a encore des adaptations à faire. Par contre il faut écrire codé comme on respire, pas forcément évident pour tout le monde. Et ça reste moins pratique pour les images.

A part ça, je m’en excuse d’avance mais je repars de nouveau jusqu’à la semaine prochaine. Après ça je ferai quelques efforts…

I’m back

Eh oui, je suis revenue !

J’ai fait une grosse réserve de soleil, de vent, de figuiers en fleurs (pour ceux qui n’auraient pas suivi, c’est que c’est expliqué), de figuiers en feuilles, de confiture de figues (datant de l’été dernier bien sûr), de vin de Banyuls, de mer, de vacances et de tout ce qu’il faut pour être heureux.

Les cartons sont aussi pas mal résorbés et je vais essayer de tenir ma promesse de revenir à plus de cohérence. Billet à suivre.