Contrôle qualité pour l’EAD

Si vous produisez des descriptions en EAD, vous pouvez être intéressés par le nouvel outil proposé par RLG : le EAD Report Card. Cet outil se donne pour objectif de vérifier la qualité des fichers EAD, avec pour critère la conformance avec les recommandations de RLG : EAD best practice guidelines.

Ces guidelines, émises en 2002, avaient pour objectif d’améliorer l’interopérabilité des descriptions en EAD par la désignation d’un "coeur" (core data elements) qui permette de définir un niveau basique d’uniformité entre les différentes applications possibles de la DTD.

L’outil proposé par RLG permet de vérifier la conformité avec ces recommandations à deux niveaux : seulement les éméments obligatoires, ou tous les éléments. Il s’utilise en ligne mais une version téléchargeable, capable de traiter des gros fichiers, est prévue.

Mon moteur et moi

Encore un rapport du Pew Internet & American life project : cette fois sur les usages des moteurs de recherche.

Les conclusions du rapport sont assez prévisibles : les internautes sont satisfaits de leurs moteurs de recherche préférés et ils ont tendance à être fidèle à un, voire deux outils. Par contre, ils ne sont pas très au fait des implications politiques et économiques de l’usage des moteurs. Un des paradoxes soulignés dans le résumé, par exemple : seul un utilisateur sur 6 pense pouvoir différencier clairement les liens sponsorisés ou payés, alors que la moitié d’entre eux déclarent qu’il cesseraient d’utilser leur moteur préféré s’ils pensaient que sa politique à ce sujet n’est pas claire.

Cela montre assez bien la relation ambigue de l’internaute à son outil. Entre une méfiance théorique et une pratique presque inconsciente, il n’y a parfois qu’un pas. Et vous, seriez-vous prêts à vous passer de votre moteur de recherche préféré ?

Générateur automatique de sites web de bibliothèques

J’ai eu un petit coup de coeur pour cette initative espagnole : le générateur de sites Web de bibliothèques publiques.

L’idée : les bibliothèques publiques ont toutes les mêmes besoins en matière de site Web. Par contre, elles manquent de moyens et de compétences techniques. Alors on met à leur disposition un outil pour générer automatiquement des pages, suivant une maquette paramétrable et à l’aide d’une procédure simple. Quelques informations sur la bibliothèque, quelques photos, les actualités, la liste des nouveautés, un lien vers le catalogue… et le tour est joué !

Je suis sûre que les mauvais esprits vont trouver le moyen de dire que c’est affreusement castrateur de cantonner ces bibliothèques dans ce schéma pré-déterminé, qu’on les prive de leur liberté d’expression et d’innovation, quoi d’autre, que l’outil fait des sites moches et pas accessibles… Enfin la réalité c’est qu’avant il n’y avait rien, et maintenant, il y a quelque chose.

C’est l’occasion de visiter par exemple le site de la Bibliothèque publique de Salamanque, ne serait-ce que pour voir les photos… c’est un bijou, comme tout le reste de la ville.

C’est une initative de la sous-direction des bibliothèques, au ministère de la Culture (ne vous embrouillez pas, on est en Espagne). Via Véase además.

La photo c’est pas Salamanque mais Tolède. Mais vous n’allez pas m’en vouloir pour cette imperfection ?!

www.figoblog.org

Ca y est je me suis lancée : j’ai acheté un nom de domaine ! Grâce aux bons offices de mon geek, tout semble fonctionner correctement et la nouvelle adresse qui s’affiche est http://www.figoblog.org.

La bonne nouvelle, c’est que si un jour je change d’hébergeur, je pourrai garder mon nom de domaine et j’aurai des URI cool qui ne changent pas.

La bonne nouvelle, c’est que tous les liens qui ont été posés vers les anciennes URL des billets continueront à fonctionner. Ils seront redirigés automatiquement vers la bonne URL.

La bonne nouvelle, c’est aussi que même si vous oubliez de mettre à jour votre fil RSS, il continuera à fonctionner.

La bonne nouvelle encore, c’est que maintenant je ne suis plus anonyme du tout !

La mauvaise nouvelle, quelle mauvaise nouvelle ? Y en a pas !

Mise à jour :

Ca a l’air de bugger quand même pour les fils RSS. Mettez à jour vos fils :

Comme ça, ça devrait aller mieux !

Geeks et bibliothèques numériques

Quand on lit ce qu’Eric Baillargeon écrit sur Constellation W3 au sujet du nouveau portail de la Bibliothèque nationale du Québec, on se dit que les bibliothèques numériques ont encore du chemin à faire avant d’acquérir la moindre once de reconnaissance devant cette communauté exigeante que sont les geeks. Ceci dit il a raison : ce portail a des URL pas possibles (avec 2 http par exemple !) Quant à la navigation par pop-up je ne vais pas me mettre à la défendre.

Le principal reproche qu’adresse Eric Baillargeon à ce portail, c’est son manque d’accessibilité. Sujet que l’on ne peut négliger puisque maintenant, garantir l’accessibilité est une obligation légale pour les sites Web publics.

Ceci dit, si on s’intéresse au contenu, c’est assez prometteur, il faut lire l’article original d’un autre Baillargeon pour se faire une idée. Il y a entre autres un gros projet de numérisation de presse ancienne. Et ils n’ont pas peur de mettre des documents dans des résolutions lisibles (par exemple pour les cartes).

Mais bon, tout n’est pas perdu : du côté de chez Sébastien Paquet l’image de la bibliothèque, associée par ses missions à celle du monde du libre, est plutôt reluisante. Et s’il y a besoin de s’en convaincre (que les bibliothèques ont à voir avec le libre), j’ajouterai un lien vers cette bibliographie sur les bibliothèques et l’open source (citée par Gatsu-gatsu) et un autre vers FreeBiblio, un site d’actualités sur les bibliothèques et les logiciels libres.

Comptes-rendus sur l’organisation des connaissances

Suite à une journée d’études qui a eu lieu à Paris 8 (laboratoire Paragraphe) sur l’organisation des connaissances, nous avons la chance de trouver deux comptes-rendus de blogueuses qui manifestement étaient sur place :

  • sur le nouveau et prometteur Tribune libre
  • sur Arkandis, récent aussi et plutôt orienté knowledge management.

Sur ce deuxième, je lis :

Avec la numérisation, le document s’est liquéfié. Le document était cristallin, parfait, organisé, il avait une identité qui ne pouvait pas être remise en cause. Avec la numérisation, le texte sort de sa linéarité et donc de sa géométrie au profit d’une recomposition lié au regard de son utilisateur. La métaphore de l’information liquide semble parfaitement en cohérence avec le vocabulaire utilisé pour en parler: « baigner dans l’information, se noyer dans l’information, un océan d’informations, surfer ». On pourrait donc parler de déglaciation du document par la numérisation.

Evidemment, le sujet me touche, même s’il s’agit d’un compte-rendu dont je ne connais pas l’exactitude par rapport aux mots de l’intervenant, Michel Authier.

L’utilisation du mot "numérisation" me semble ici recouvrir une réalité plus large que celle que j’ai l’habitude de mettre sous ce terme, il s’agirait plutôt d’un "passage au numérique" plus global. L’idée de la liquéfaction fait assez résonnance avec ma déconstruction, même si l’une est liquide et l’autre franchement solide.

Par ailleurs, les réflexions que m’inspirent cet extrait tournent autour de la relation entre le document et le lecteur, qui devient ici auteur ou "recompositeur" d’une information liquéfiée. Dans la numérisation bibliothéconomique, on cherche à recoller les morceaux, à empêcher la liquéfaction du document, à coller à l’original bien solide, à s’assurer que le lecteur n’aura rien à "recomposer" par lui-même sauf si tel est son choix – tout autant qu’un lecteur-papier peut recomposer ses notes et ses photocopies pour son analyse (au sujet de la numérisation, lire aussi la bonne analyse de Persée sur Homo Numericus). La numérisation (toujours au sens bibliothéconomique du terme) ne serait donc ni vraiment liquide, ni tout à fait solide, une sorte de bourbier en somme ?

Plus sérieusement, il y a aussi cette réflexion que je me faisais cet après-midi : la numérisation permet d’atteindre une forme d’idéal de la structure du document et de la collection qui serait impossible à atteindre avec les supports traditionnels. On n’a plus des livres de différentes couleurs, textures, formes. Fini le casse-tête de ne pas pouvoir classer le petit in-18 à côté du grand in-folio qui traite du même sujet. La numérisation autorise une organisation logique complète qui échappe aux lois de la structure physique. Je rejoins l’idée d’un liquide : qu’on peut mélanger, adapter parfaitement à son récipient, maîtriser.

Encore merci à ces deux blogueuses ; trop souvent les blogs se nourissent d’eux-mêmes dans la liquidité d’un univers strictement numérique. Ces comptes-rendus, c’est un peu de vraie vie, et ça fait du bien.

Mise à jour :

Les actes de la journée (en vidéo) : ici.

Trucs à la figue

C’est authentique, encore à cette période de l’année, dans les magasins de primeurs les mieux fournis, on trouve encore quelques figues. On trouve bien des framboises et n’importe quoi d’autre, aussi. Enfin, c’est vrai : des figues. J’ai pas encore cédé à la tentation d’en acheter, de peur d’être déçue, mais si elles continuent à me faire de l’oeil, je pense que je vais céder.

Enfin sinon, pour compenser, ya toujours la confiture bien sûr, et tous les trucs à la figue dont je m’entoure…

  • crèmes, gels douches et eaux de toilette à la figue : dans tout bon magasin Séphora qui se respecte. Cette gamme « plaisir de figue » est excellente, elle sent vraiment la figue, en particulier l’eau de toilette qui est bien agréable
  • produits d’intérieurs à la figue, comme des bougies, des huiles de senteur, etc : il y en a une gamme chez Truffaut mais ça ne sent pas vraiment la figue, plutôt décevant
  • l’encens « sieste sous le figuier », un classique du genre, disponible chez Nature et Découverte.

Un autre jour je vous parlerai des aliments à base de figue qu’on peut consommer en toute saison.

La jolie figue verte de la photo vient d’un site d’images gratuites et libres assez fourni : Morgue File. Le nom ne fait très engageant en français mais c’est très vivant contrairement aux apparences…

Boîte à outils du catalogueur

A tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin au catalogage, je recommande ce billet de ResourceShelf qui signale deux très riches ressources pour les catalogueurs :

Il y a plein de liens intéressants à suivre, par exemple dans la partie lectures du premier. Je n’en citerai qu’un dans la masse : What should catalogs do ?, un récapitulatif sur les bienfaits des catalogues bien faits.

C’est très orienté catalogage et pas trop nouvelles techno / métadonnées, ce qui me change un peu de mon ordinaire ; mais pour compenser, on peut aller voir le numéro de Library High Tech sur MARC et les métadonnées (2), gratuit cette semaine.

Les métadonnées descriptives de RLG

RLG vient de publier : "Descriptive Metadata Guidelines for RLG Cultural Materials", un guide de bonnes pratiques pour la soumission de métadonnées descriptives pour Cultural Materials.

Je n’ai pas encore vraiment eu le temps de le lire jusqu’au bout. Quelques observations sur la partie concernant les formats :

  • à peu près tous les formats sont acceptés, en commençant par XML (c’est vague) et MARC (aussi). Et en allant jusqu’aux champs séparés par des tabulations et des virgules.
  • le document semble converger vers une préférence pour les métadonnées les plus détaillées dans leur format d’origine, plutôt que vers un échange basé sur une conversion avec perte potentielle d’information.

Je trouve ces premiers choix assez étranges, pour ma part j’aurais tendance à penser que quand on cherche à faire converger des sources hétérogèmes, une perte d’information descriptive est acceptable au profit de la cohérence du tout.

Je ne peux guère en dire plus pour l’instant mais je pourrai mettre ce billet à jour quand je serai allée jusqu’au bout ;-)

Numériser ce n’est pas éditer (2)

Lire aussi le (1) : Les joies de la déconstruction numérique.

Dans le cadre du numérique, les champs d’action des différents métiers de la chaîne du livre sont à redéfinir. L’équilibre auteur – éditeur – lecteur devient biaisé. L’élément livre, qui faisait le lien entre l’auteur et le lecteur dans la bibliothèque, n’était pas une production de la bibliothèque. La numérisation, qui tient le même rôle, en est une.

Et pourtant, apportant une solution au fameux paradoxe de la conservation vs. la communication, la diffusion par la numérisation est clairement une mission de la bibliothèque. Mais on ne se contente pas de scanner un livre : il faut aussi des outils pour recréer un objet physique consultable et compréhensible. La bibliothèque devient productrice de ces outils. Son rôle d’intermédiaire en est changé.

La bibliothèque produit : elle fait acte de publication. Le problème est de définir la frontière entre la mise au public et l’édition, frontière de plus en plus insensible qui amène assez facilement à une tentation d’amalgame.

Dans la numérisation en mode image, les frontières sont relativement simples à délimiter. Pour le bibliothécaire, l’essentiel est de garder l’intégrité de l’ouvrage : le montrer dans une forme aussi proche que possible de celle qui a été communiquée au public à l’origine. On est plus dans le domaine du fac-similé ou de la réimpression que de l’édition.

La numérisation en mode texte pose plus de problèmes car le balisage est une intervention sur le contenu du texte lui-même. Le balisage est-il une forme d’édition ou une adaptation d’un support à un autre ? Il devrait, pour ne pas outrepasser les limites de la numérisation, se limiter strictement à un marquage qui n’interprète pas le texte ou le document, conserver une sacro-sainte neutralité… en admettant que cela soit possible.

L’acte d’éditer, c’est – cela a toujours été – produire ; produire quelque chose de nouveau qui n’existait pas auparavant. L’édition électronique et la numérisation vont utiliser les mêmes matériaux, outils, techniques de base, peut-être la même réflexion sur les interfaces par exemple : mais c’est leur objectif et leur nature qui diffèrent. On parle souvent de la valeur ajoutée apportée par l’édition. Il serait pourtant faux de dire que la numérisation n’ajoute aucune valeur. Mais l’édition ajoute une valeur intellectuelle alors que la numérisation est un acte technique qui s’appuie sur l’existant.

La numérisation et l’édition électronique ne sont cependant pas incompatibles. On peut faire une édition et une numérisation en même temps. Le bibliothécaire, à travers la numérisation, l’interface, les métadonnées, préserve l’intégrité de l’ouvrage. L’éditeur peut dès lors intervenir pour replacer cette numérisation dans un nouveau contexte, produit par un auteur. L’auteur produit le texte, et l’éditeur met en forme pour le Web le texte de l’auteur et assure l’intégration et la relation avec le document numérisé.

Quand on dit « numériser », c’est clair, on se situe dans un contexte informatique. Quand on dit « éditer », rien ne précise le support concerné par cet acte intellectuel. Nous avons dit, « numériser, ce n’est pas éditer » : on pourrait tout aussi bien répondre, « écrire pour le Web, ce n’est pas réimprimer ».

(A suivre)