Internet, pour ou contre la vraie vie ?

Les accros de l’informatique, et en particulier d’Internet, passent assez souvent pour des asociaux. Les bloggeurs, je n’en parle même pas ! Mais sérieusement, est-ce que les blogs sont un frein au contact oral entre les gens ? On trouve des éléments de réponse sur le blog ZeligPlace, un blog sur… le blogguing.

Autre aspect intéressant de la question : les moteurs de recherche. Les moteurs de recherche (bon assez de fausse pudeur, disons-le, Google) sont-ils encore des moteurs de recherche, ou des outils de gestion de la vie ? Ou comment imaginer un monde où les problèmes de notre vie quotidienne se règleront tous seuls grâce à Internet. L’exemple culinaire est intéressant mais un peu facile. LucDesk a toutefois raison de soulever cette citation comme la phrase du jour :

« Search engines are going to die eventually and they will be replaced by problem solving engines. »

Les bibliothécaires seront-ils remplacés par une sorte de profession omniprésente, fortement marquée par la philosophie zen, dont le rôle serait d’aider les gens à résoudre les problèmes de la vie ? Ca serait rigolo ;-) …

Promenade urbaine

J’habite à Paris, et j’adore cette ville.

D’accord, je comprends qu’on puisse trouver qu’elle a des côtés pénibles, qu’on puisse en avoir marre, mais elle est fascinante. J’adore me promener pour la centième fois dans une rue et être encore surprise par un détail insolite ou juste parce que je lève les yeux.

Je ne suis pas la seule, si j’en crois ce magnifique photoblog dont l’auteur (espagnol !) mitraille Paris avec passion et humour.

J’adore me promener dans Paris au fil des pages d’un livre, et j’adore l’idée de trouver un livre au fil des rues de Paris.

Et même, j’aime bien l’idée de vider un grenier, pas de ses livres, mais de ses trucs de geek dans un délire bellevillien à la Pennac, en futuriste mais toujours décalé.

Merci à Javier, à lafeuille, et à Mediatic pour cette charmante promenade.

Droits d’auteurs, où va-t-on ?

Ceux qui, en faisant une recherche dans Google, sont un jour tombés avec indignation sur cette petite phrase :

Suite à l’application de la loi américaine sur le copyright intitulée Digital Millennium Copyright Act (DMCA), nous avons éliminé 5 résultat(s) de cette page. Si vous le souhaitez, vous pouvez prendre connaissance de la réclamation DMCA ayant entraîné l’élimination de ces résultats.

seront probablement intéressés par ce long article de Craig Walker, cité par Diglet encore lui, qui traite des rapports entre le DMCA et les moteurs de recherche. Il observe que les termes du DMCA s’appliquent particulièrement mal aux moteurs de recherche, et dénonce le risque de voir les mesures de ce type museler la liberté d’expression sur Internet. C’est un texte très complet qui prend le temps de placer le contexte, mais qui est malheureusement selon Gray price déjà dépassé.

Bien qu’il soit américain, le DMCA nous concerne, d’autant que la naissance de son petit frère européen nous pend au nez. Alors, prenez une grande marmite, mettez-y la LEN, le DMCA, la directive européenne sur le droit d’auteur dans la société de l’information, la directive européenne sur le renforcement de la propriété intellectuelle, et les DRM, et vous obtiendrez une merveilleuse confiture juridique, parfaitement apte à empêcher l’information de circuler librement.

C’est pourquoi, même si ça n’apporte rien de nouveau, il est toujours intéressant de lire des textes comme celui-là (signalé ici).

Bitácoras sobre bibliotecas, información y documentación

Ca faisait longtemps que je me disais qu’en tant qu’hispanophone et hispanophile convaincue, il faudrait un jour que je me décide à faire un tour d’horizon de la blogosphère espagnole (et latino-américaine) pour voir ce qui s’y passait du côté des bibliothécaires. Tout à coup, ça me tombe dessus un peu par hasard, et là, hija, no me lo creo ! dirait sans doute une bonne amie à moi… la blogosphère bibliothéconomique en espagnol est fort active. Pour n’en citer que quelques-uns :

  • catorze le blog s’un bibliothécaire catalan qui a aussi passé pas mal de temps à Paris
  • Blog Bibliotekarios un blog chilien où se trouvent des merveilles de ce genre
  • chacobo encore un catalan
  • Deakialli Docu Mental blog de quatre filles madrilènes, orienté bibliothèques et documentation
  • Véase además un blog à voir aussi comme son nom l’indique ;-)
  • Visto y Leído une caverne d’Ali Baba d’articles divers, cités dans leur intégralité (parfois vraiment excellents)
  • Et même un photoblog sur les BID (l’équivalent des LIS des anglais, en français, euh… SIB ? pour bibliothèques et sciences de l’information ?)

Bref, les bibliothéconomes hispanophones de tout poil se sont promptement approprié l’outil blog. Et encore, ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Je me demande vraiment ce qu’on attend en France, malgré quelques initiatives. Les bibliothécaires français ont-ils encore besoin de se convaincre que le blog n’est pas un moyen de communication réservé à des adolescentes égocentriques ou à des geeks dépressifs, inaptes à la vie sociale ? Si c’est le cas, ils devraient lire ceci.

Architecture de l’information

J’ai mentionné trop rapidement la dernière fois l’architecture de l’information, et son site phare, l’AIFIA, qui possède également une traduction française. En creusant un peu, ce domaine semble vraiment digne d’intérêt.

Aussi voudrais-je enrichir les plate-bandes des voisins en ajoutant quelques ressources "IA" notamment sur le Web sémantique :

  • un document qui compare les topic maps avec les autres types de métadonnées
  • un site wiki sur l’IA bourré de ressources, et en plus intelligemment agencé (c’est le moins qu’on puisse espérer…) avec ses index et ses backlinks… et qui, cerise sur le gâteau, recense des blogs sur le sujet
  • une page-ressource assez indigeste mais bien complète sur RDF.

A nous le Web sémantique ! Nous devons toutes ces adresses à nos amis les techie librarians. Mais je m’aperçois que j’ai encore frappé presque dans le tout anglophone, alors pour compenser, je vais rajouter deux blogs sympathiques en français : le blog de Fred Cavazza actuellement en vacances, et AkaSig en français à ses heures.

Enfin, n’oublions pas la phrase du jour :

« L’internet est un navire qui peut nous porter sur les rivages resplendissants, mais il ne faut pas oublier que des requins dangereux nous guettent. »

Et son utile complément (hommage) :

« Il vaut mieux mobiliser son intelligence sur des conneries que mobiliser sa connerie sur des choses intelligentes ».

La sagesse du bibliothécaire

Michel Melot est grand. Ca, on le savait déjà. Il nous le confirme avec ce petit opuscule délicieux, énorme et subtil à la fois, ouvrage qui se prétend de vulgarisation sur le métier de bibliothécaire et qui, en réalité, embrasse d’un regard plus qu’élevé l’horizon des bibliothèques.

La Sagesse du bibliothécaire, paru chez l’Oeil neuf le mois dernier, est un petit bijou de bibliothéconomie, écrit avec un lyrisme ébouriffant, mais pas dépourvu de références. Il va jusqu’au bout de ses métaphores, pousse ses raisonnements jusqu’au delà des limites, là où on peut tout dire et tout oser.

On y découvre, entre autres, que le métrage linéaire de la bibliothèque de Babel est de 6,9 x 10 puissance 1834097 années-lumières, que « le livre est né du pli (…) le pli opère ce prodige de transformer une forme simple en une forme complexe sans rien y ajouter », que « ce n’est pas un métier que d’être bibliothécaire (…) c’est plutôt un état, une complexion » et même que « la bibliothèque sans livres, on pourra l’appeler (…) médiathèque, cyber-café ou tout simplement peut-être un jour, l’Univers ».

Comment citer ce livre sans le trahir, quand chacune de ses phrases est un nectar à faire pâlir même Nathanuel Bermoclo.

Lisez-le !

Miscellanées

Voici la confiture de figues virtuelles du week-end.

La confiture de figues, c’est délicieux et croustillant, c’est rare et inimitable, et quand on commence, difficile de s’arrêter. Amusez-vous bien. Retour du sérieux prévu vers lundi.

Merci à Niko, Mediatic, librarian.net, et à ceux que j’oublie.

Culture alternative pour les bibliothèques

Hier, à Malte, on a pu observer une intéressante tentative de record du monde de retour en retard : 42 ans, c’est pas mal, mais je crois qu’il y a déjà eu pire (et je ne parle que de gens qui finissent par ramener les bouquins un jour).

Tout ceci me ramène à un des enseignements essentiels de notre formation : un bibliothécaire se doit d’avoir un solide sens de l’humour, une forte propension à l’autodérision, et un goût certain pour le bizarre, l’étrange et l’inhabituel.

Pour ceux qui en voudraient toujours plus, voici un site pour les bibliothécaires underground sur le Web, qui recense plein de liens vers des sites perso, des sites drôles et mêmes des hauts lieux de la pornographie bibliothéconomique.

On s’amuse aussi beaucoup chez le laughing librarian et en faisant les boutiques sur librarism.com.

Plus sérieusement (ou pas), deux bonnes adresses qui listent des blogs de bibliothécaires : classés par pays ou par ordre alphabétique. Il y a de l’activité. On en trouve aussi quelques-uns, en élargissant à cet étrange domaine nommé "architecture de l’information", sur le nouveau site de ressources sur ce sujet ouvert aujourd’hui, AIFIA.org

Ressources pour les lecteurs, les chercheurs et les bloggeurs

Un peu en vrac, désolée…

Qui cherche trouve

La problème de la recherche d’information cristallise pas mal de réflexions autour de l’évolution du Web, sur le thème « Google vs. le reste du monde ». Mais a-t-on bien raison de lancer la pierre au Goliath des moteurs de recherche ?

Voici un article passionnant qui nous explique les choses avec un autre point de vue. Google, en utilisant les liens pour évaluer le pagerank, ne fait que refléter pour l’internaute moyen les préférences du webmestre moyen. Le modèle ouvert du Web interdit à Google de faire confiance aux déclarations d’intention des individus (c’est-à-dire, aux métadonnées des sites). C’est ce qui oppose ce modèle à celui, appartenant au passé, où la classification (et donc l’accès) à l’information reposaient entre les mains de quelques individus : les professionnels de l’information… Tout ceci pour conclure que reprocher ce mode de fonctionnement à Google, c’est lui demander de faire ce pour quoi il n’est pas fait. Google donne un des sens (meanings) possibles du Web, pas tous.

Mais au fait, pourquoi les internautes aiment-ils tant Google ? Cet autre article, commenté dans ShelfLife la lettre hebdomadaire de RLG, apporte un élément de réponse : les scientifiques préfèrent chercher l’information sur le Web plutôt que dans les bases de données spécialisées, car cela leur apporte l’intégration des données, des informations sur les tendances importantes, bref, un contexte.

Les chinois, quant à eux, dans cet article cité par Open Access News, se proposent de modéliser la recherche sur trois niveaux : un premier niveau local (par ex., une bibliothèque), un deuxième plus large (par exemple, un réseau national de bibliothèques), et un troisième global (par exemple, le Web chinois). Bizarre, on est proche de la recherche fédérée, mais on sent peut-être aussi la recherche d’un contrôle global de l’information.

Enfin, il y a ceux qui pensent que le salut est dans les outils qui permettront de personnaliser le résultat de la recherche, comme les auteurs de ceci toujours vu dans ShelfLife, ou ceux qui se posent ce genre de questions sur l’utilisation de RSS conjointement avec les interfaces de recherche fédérée (info arrivée par Library Stuff).

C’était un peu long, mais c’est pas fini, le débat continue, en français s’il vous plaît, grâce à la BPI.