Figoblog en vacances (mais pas les autres)

Entre deux chateaux de sable, j’ai décidé de revenir voir un peu par ici si la blogosphère s’agite, et oui, on a beau être en plein mois d’août, elle s’agite. Alors, histoire de ne pas accumuler trop de retard, voici quelques devoirs de vacances à faire cette semaine…

Côté actualité des blogs,

Côté bibliothéconomie, d’une manière plus générale,

  • réfléchir sur les droits d’auteurs et les DRM avec Juriblog et LibraryLaw blog
  • dans le dernier numero d’Ariadne lire aussi l’article sur la gestion des droits, celui qui explique le protocole SRU (successeur en XML de Z3950), une note de lecture d’un livre sur l’architecture de l’information… etc., intéressant ce numéro
  • recherche fédérée : deux articles à lire, l’un dans Dlib et l’autre trouvé sur Information literacy weblog
  • enfin, les courageux pourront imprimer et lire sur la plage les 91 pages du dernier Journal de l’IFLA (en PDF) où il est question essentiellement des bibliothèques d’Amérique latine, forcément (ils en ont de la chance ceux qui y vont cette année…)

Je vous rassure, j’en garde un peu pour plus tard. Bon c’est pas tout ça mais mes vacances m’attendent moi…

Droit à l’innovation

Mediatic signalait hier un très beau texte sur la culture et l’information, plus exactement sur les difficultés promises à ceux qui voudront encore innover en grimpant sur les épaules des géants qui les ont précédés.

Je ne voudrais pas revenir encore sur les innombrables menaces qui vont peser sur la culture du fait de l’arsenal législatif que nous mettons aujourd’hui en place au prétexte de préserver un équilibre économique mis à mal par les évolutions technologiques. Je vais me contenter de renvoyer à la lecture de, par exemple, Actualités du droit de l’information N° 48 – Juin 2004 dont le seul sommaire en dit déjà long (vu sur Juriblog).

Et je vais y ajouter, à l’opposé en quelque sorte, le dossier sur l‘open access de l’Ecole des Ponts et Chaussées, signalé par Open Access News. Même s’il n’apporte rien de nouveau, c’est une synthèse comme je les aime, en français dans le texte et avec une petite bibliographie utile.

Et pi, comme dit, c’est pas forcément un vice de ne rien apporter de nouveau, et comme le disait si bien une amie à moi en alsacien, "Doppelt g’näjt hebt besser", ce qui veut dire littéralement qu’une couture double tient mieux, et au sens figuré, que pour que quelque chose rentre il faut le dire plusieurs fois…

Gestion des droits des documents numériques

La première question (ou au moins, une des premières) à se poser quand on met en ligne des documents, c’est sans doute celle des divers droits, de propriété intellectuelle ou autres, qui s’y rapportent. Aussitôt après vient la question des métadonnées qui expriment ces droits, comment les décrire, sous quelle forme, dans quels buts. Dans le domaine émergent du DRM , il est parfois difficile de s’y retrouver.

Heureusement, la Library of Congress présente : le rapport qui tombe à pic par Karen Coyle.

Ce document sur les Rights expression languages fait le comparatif entre quatre solutions qui permettent d’exprimer des droits en XML : Creative Commons, MPEG21, METS Rights et ODRL. Au passage, il montre les rapports entre ces différents schémas et les modèles open source ou des produits comme ceux d’Adobe.

Ce document pointe les questions à se poser avant de se lancer à corps perdu dans la description juridique : ces métadonnées seront-elles lues par des machines ou par des humains ? ont-elles un but informatif ou serviront-elles à contrôler l’accès aux documents grâce à des programmes ? agiront-elles au niveau de l’accès au document lui-même, ou au niveau des contraintes d’usage qui limitent l’utilisation du document une-fois celui-ci obtenu par l’usager ? quelle sera leur interaction avec le système plus global de fourniture de documents ?

Bon point de départ lorsqu’on s’intéresse aux métadonnées de gestion des droits, ce rapport donne de nombreuses clefs. Bien qu’il soit très technique, il amène à réfléchir sur les technologies qui viennent de plus en plus se placer entre le lecteur et le document, et peut aider les bibliothèques à se situer dans ce processus.

La LEN va-t-elle nous tondre ?

Ce n’est pas dans mes habitudes de faire de la politique. Mais tout de même, je m’inquiète sur la LEN qui passe pour la dernière fois devant l’Assemblée nationale demain. Mon hébergeur a été jusqu’à proposer à l’ordre du jour de sa prochaine AG un vote sur la dissolution de la coopérative.

La LEN est une loi liberticide, elle menace la liberté d’expression. Elle crée un dangereux précédent de législation différenciée pour l’Internet. Dans les bibliothèques on se tue à essayer de montrer que le numérique ne change pas nos missions fondamentales, qu’il faut adapter nos métiers. Pourquoi serait-ce différent dans d’autres domaines ?

Nous vivons dans un monde où l’industrie attaque ses propres consommateurs et peut empêcher les gens intelligents de s’exprimer. Nous vivons dans un monde où les bibliothèques doivent se battre pour pouvoir donner accès à leurs documents, dans un monde où il suffit d’être le premier arrivé pour détenir des droits. Nous vivons dans un monde où il faut contourner la loi pour donner librement ce qu’on produit, et où la liberté n’est pas une évidence mais une victoire.

Ca m’inquiète.

Lectures de référence : sur la LEN chez Padawan et sur Droit et Nouvelles Technologies, sur l’accès ouvert chez Open Acess News… etc.

Droits d’auteurs, où va-t-on ?

Ceux qui, en faisant une recherche dans Google, sont un jour tombés avec indignation sur cette petite phrase :

Suite à l’application de la loi américaine sur le copyright intitulée Digital Millennium Copyright Act (DMCA), nous avons éliminé 5 résultat(s) de cette page. Si vous le souhaitez, vous pouvez prendre connaissance de la réclamation DMCA ayant entraîné l’élimination de ces résultats.

seront probablement intéressés par ce long article de Craig Walker, cité par Diglet encore lui, qui traite des rapports entre le DMCA et les moteurs de recherche. Il observe que les termes du DMCA s’appliquent particulièrement mal aux moteurs de recherche, et dénonce le risque de voir les mesures de ce type museler la liberté d’expression sur Internet. C’est un texte très complet qui prend le temps de placer le contexte, mais qui est malheureusement selon Gray price déjà dépassé.

Bien qu’il soit américain, le DMCA nous concerne, d’autant que la naissance de son petit frère européen nous pend au nez. Alors, prenez une grande marmite, mettez-y la LEN, le DMCA, la directive européenne sur le droit d’auteur dans la société de l’information, la directive européenne sur le renforcement de la propriété intellectuelle, et les DRM, et vous obtiendrez une merveilleuse confiture juridique, parfaitement apte à empêcher l’information de circuler librement.

C’est pourquoi, même si ça n’apporte rien de nouveau, il est toujours intéressant de lire des textes comme celui-là (signalé ici).

Culture libre : le pouvoir de Creative Commons

Vu le titre de son ouvrage, le juriste Lawrence Lessig se devait bien de rendre Free Culture accessible librement sur Internet. Pour protéger néanmoins ses droits d’auteur, il a choisi la licence Creative Commons. Grâce à elle, il autorise tout un chacun à copier son oeuvre, mais aussi à la diffuser, la représenter, et à créer des oeuvres dérivées, pourvu qu’on le cite et qu’on n’en tire pas de profit commercial.

La licence Creative Commons est paramétrable et il aurait pu choisir de limiter plus ces droits. En effet, quel auteur a envie de voir son travail modifié, peut-être contredit, par d’autres ? On a trop souvent cette réaction défensive, oubliant que modifier, cela peut être aussi enrichir.

C’est ainsi qu’aujourd’hui, l’ouvrage proposé en téléchargement en pdf est accessible, gratuitement et librement, dans de nombreux autres formats, y compris des versions audio. Il y a entre autres un wiki librement modifiable par tous, avec la possibilité immodérée de l’annoter et de l’augmenter. Enfin, il y a même un site pour la traduction chinoise collaborative. (Au fait, à quand un wiki pour la traduction française ?)

Pendant ce temps, on peut aussi l’acheter en papier sur Amazon : autant dire que l’auteur n’était pas très inquiet sur les conséquences de cette libre diffusion à l’égard de son porte-monnaie.

Bien que Creative Commons soit basée sur les notions très anglosaxonnes de copyright et de fair use, une équipe travaille à la traduire et l’adapter en français.

Les bloggeurs du monde entier la plébiscitent, d’ailleurs il faudrait que je m’y mette, mais pas ce soir car je pars en vacances… ;-)

Propriété intellectuelle à la pelle

Droits d’auteurs, propriété intellectuelle, mesures de protection technique… tout le monde en parle, et ils ont raison.
Pêle-mêle, quelques ressources récentes sur le sujet :

  • via copyfight, un guide d’introduction sur les DRM (digital rights management),
  • via MediaTIC, l’annonce d’un ouvrage (à paraître dans la semaine) sur la propriété intellectuelle et les TIC : Free Culture par le juriste Lawrence Lessig,
  • via BiblioAcid, un nouveau périodique en ligne sur les aspects légaux des TIC, nommé SCRIPT-ed.

Et enfin, un petit mot sur la conférence d’hier au Salon du Livre : une mobilisation intéressante des associations professionnelles, dont on ne peut que saluer l’ouverture (parmi les invités, des représentants de la SCAM, de l’UFC Que Choisir). Saluons aussi ceux qui ont su poser les bonnes questions.

La propriété intellectuelle n’est pas une propriété comme les autres.

Certains artistes – comme les compositeurs – renonceront à publier leurs oeuvres si c’est le prix pour qu’elles soient diffusées.

Ou encore, le numérique ne permet pas seulement de tout pirater, mais aussi de tout verrouiller.

Y a des jours, ça donne froid dans le dos.