Aujourd’hui les DRM, demain plus rien

A l’occasion de la transposition de la Directive européenne sur les droits d’auteur dans la société de l’information en droit français, on voit ressurgir quelques articles intéressants sur l’un des points les plus problématiques de cette future Loi dite DADVSI, : la protection juridique des mesures de protection techniques, ou DRM.

Par exemple cet article dans Le Monde qui donne des frissons quand on voit jusqu’où ça peut aller :

Il est en effet encore possible de réenregistrer et d’encoder au format numérique la musique qui sort des haut-parleurs d’un ordinateur personnel. Mais  » aux Etats-Unis, précise M. Espern, on teste déjà des systèmes rendant impossible la conversion de flux analogiques en fichiers numériques ».

Tristan Nitot sur son Standblog nous propose aussi une série de 5 billets pédagogiques sur le sujet :

Pour une vision tout à fait polémique mais très intéressante des DRM et de leurs dangers, on peut visiter ce site. Et on retrouvera avec fruits cette pesante synthèse de Thierry Stoehr sur Formats Ouverts.

Question pour tout le monde : quelle maîtrise aurons-nous encore demain sur nos propres ordinateurs ? Et question pour les bibliothécaires : quel espoir de communiquer et pire encore, de conserver au-delà de quelques courtes années les documents protégés par des DRM, s’il est illégal de seulement penser une seule seconde à envisager de réfléchir à un moyen de pouvoir les contourner ?

Construire un « institutional repository »

Le MIT nous propose un tutoriel très complet pour mettre en place un institutional repository, qu’on pourrait traduire imparfaitement par "entrepôt numérique" : LEADIRS (PDF, 134 pages). On y trouve notamment toute sorte de renseignements utiles sur le plan organisationnel, légal, et budgétaire. Il y a aussi un comparatif des solutions logicielles existantes : Dspace, Fedora, Eprints, Greenstone, etc. Une lecture indispensable pour tout bibliothécaire qui se pépare à mettre en place un système de gestion de documents numériques.

Préservation et droits des documents numériques

Rapidement avant que cela ne se perde dans les méandres de mes vacances qui commencent demain :-) voici quelques liens et nouvelles d’intérêt dans des domaines liés à la gestion des documents numériques.

Préservation

les archives nationales anglo-saxones annoncent une nouvelle version de Pronom, la base de données qui répertorie les formats. Ces formats reçoivent un identifiant pérenne, le PUID. On nous annonce aussi l’outil DROID qui permet de détecter le format d’un document en le confrontant aux informations stockées dans Pronom.
A quoi tout cela sert-il, me direz vous ; je ne vais pas entrer dans les détails, mais ça peut être très pratique quand on doit conserver sur le très long terme des documents numériques en masse qu’on n’a pas produit soi-même.
Tout ceci est très bien expliqué sur Ten Thousand Years blog.

Le projet ADAPT est un projet qui vise à construire les modules d’une architecture de préservation distribuée. Ca utilise les Web services et les technologies de grid computing : sounds good. Même source.

Enfin un peu de lecture : cet article repéré par Digitization 101 traite du modèle OAIS en essayant d’en donner une vision applicative ; en fait ça a l’air de parler beaucoup de LOCKSS – un système de préservation qui lui est basé sur du P2P !

Droits

On va nous aider à gérer nos droits numériques ! C’est du moins ce qu’on promet aux bibliothèques dans cet article. Et devinez qui nous offre cela ? Les EDItEUR ! (elle est bonne celle-là). Tout cela tourne autour du format de métadonnées ONIX.

Un petit dernier, encore via Digitization 101, il s’agit d’un rapport sur la meilleure façon d’acquérir des droits pour numériser des ouvrages. L’auteur semble être lié au Million Book project.

Me voilà prête pour les vacances, je passerai peut-être dans le coin mais sans doute pas pour raconter des choses sérieuses. Et sinon à vendredi prochain.

Certification des archives numériques

Le groupe de travail RLG et la NARA (National Archives and Records Administration américaine), qui travaillent sur la certification des archives numériques, nous proposent aujourd’hui de relire le brouillon d’un document destiné à évaluer lesdites archives.

Je vais essayer de décrypter un peu. Tout système qui se targue de conserver des documents numériques sur le très long terme, par exemple en se conformant au modèle OAIS, devra un jour ou l’autre être capable de se réclamer d’une garantie. A l’heure actuelle on ne peut que spéculer, et aucune institution ou entreprise ne peut prouver par l’expérience qu’elle est capable de préserver des documents numériques sur 100 ans ! Il faut donc trouver un autre moyen de le prouver ou tout au moins, de prouver qu’on s’en donne les moyens.

Le rôle du Audit Checklist for Certifying Digital Repositories est donc de disposer de critères de référence pour procéder à cette évaluation.

Ce document s’adresse à la fois

  • à ceux qui mettent en place une archive, car ils disposent ainsi de la liste de courses des choses à accomplir et éventuellement, à publier ;
  • aux producteurs, qui peuvent se faire une idée plus précise de ce qu’ils doivent faire pour que leur production soit conservée ;
  • et surtout, aux personnes qui doivent choisir un tiers archiveur pour leurs documents numériques et souhaitent s’assurer de la fiabilité du service.

Quand on sait ce que représente la mise en place d’une archive numérique conforme OAIS, il paraît clair que la plupart des institutions ne pourront pas le faire chez elles et devront recourir à un tiers pour ce service, que le tiers soit institutionnel lui aussi, ou privé. Elles auront donc besoin à la fois de bien connaître les bases de la préservation et le modèle OAIS, et de disposer d’un outil d’évaluation dont RLG nous proposerait ici la première brique (brique à évaluer d’ici janvier 2006.)

Un peu de pub, une fois n’est pas coutume, j’en profite pour signaler à ceux qui s’intéressent à cette épineuse question de la préservation du document numérique, qu’une formation excellente et très complète est organisée par le groupe PIN courant septembre et il resterait paraît-il quelques places. Une formation qui a été conçue par des gens très recommandables, donc n’hésitez pas ;-)

Archives numériques intéropérables

RLG vient de publier le compte-rendu d’une rencontre intitulée : 2005 RLG International Archival Gateways Meeting. Cette rencontre qui avait lieu aux archives nationales de Grande Bretagne avait pour objectif d’aborder la question de l’intéropérabilité de la numérisation des archives sur le plan international. On notera qu’il y a une présentation de la Direction des archives de France.

J’en profite pour signaler que sur le portail France-Généalogie on peut consulter l’outil Nomina, un service qui interroge 4 bases réparties en utilisant l’OAI.

Contrôle des formats

Dans les métadonnées de préservation, les informations concernant le format des fichiers ou des données sont essentielles pour assurer les fonctions ultérieures d’émulation ou de migration.

Le problème, c’est que bien souvent,

  • soit on ignore le format d’un fichier
  • soit on pense qu’il est dans un format donné mais on voudrait pouvoir le vérifier
  • soit on sait qu’il est dans un format donné et on voudrait savoir si les métadonnées dont on dispose concernant ce format sont pertinentes pour cet objet.

Toutes ces questions sont essentielles pour garantir des métadonnées de qualité et pertinentes, et conditionnent la possibilité de faire les opérations nécessaires à la préservations des objets numériques dans différents formats.

L’Université de Harvard et JSTOR viennent d’annoncer la sortie d’une version 1.0 de Jhove, un module qui a pour but de réaliser ces opérations de vérification et de validation avant d’alimenter les métadonnées et de faire entrer les objets dans un entrepôt de préservation. Un outil essentiel pour l’intégration dans le modèle de préservation OAIS.

Merci Ten Thousand Years blog entre autres.

Défi pour la terre

L’autre jour, je découvrais via Vincent le petit livre vert de la fondation de Nicolas Hulot : un ouvrage qui donne des conseils sur la bonne attitude à avoir pour préserver son environnement. (J’ai d’ailleurs eu un peu de mal à le retrouver, vu que sur le site on me répondait toujours "no connect".)

Je suis très favorable à ce genre d’initatives, et moi-même j’essaye de faire un peu attention à ce que je fais : trier mes déchets, ne pas prendre trop ma voiture, éviter les sacs en plastique au supermarché, etc.

Mais alors, en lisant ce petit livre, j’ai découvert que pour préserver la planète, il faudrait que je change profondément mon mode de vie. Pour commencer, il faudrait que je déménage, car apparemment vivre dans un appartement n’est même pas imaginable. Il faut donc que je me trouve une maison individuelle. En même temps, il faut que je renonce à ma voiture en faveur des transports en commun. J’espère que je vais habiter près de la gare, mais sinon, il me reste l’option de ne plus travailler, puisque je vais faire moi-même mon compost pour faire pousser mes fruits et légumes dans mon jardin. Amoins que j’opte pour le télétravail : plus de déplacement, plus de pollution ! Dans ma maison, il faudra aussi que je refasse l’isolation, l’alimentation en eau, et que j’installe des panneaux solaires. Evidemment, si j’ai arrêté de travailler, je vais avoir du mal à financer tout cela, mais ça vaut le coup. En même temps que je fais tous ces travaux, je ne dois rien jeter, réutiliser les matériaux, les vieilles boîtes qui traînent dans mon grenier, faire un maximum de bricolage. Mais évidemment sans utiliser de produits qui risquent de nuire à l’environnement (peintures, colles).

Je ne sais pas ce que j’en attendais, mais devant un tel manque de conscience de la société dans la quelle on vit, de cohérence entre les actions et tout bonnement de crédibilité, j’ai décidé de passer mon chemin et de retourner sur le blog du défi pour la terre lancé il y a quelques temps sur le site vie publique. Et là, que lis-je : trois billets. le premier titre "Bienvenue sur le Blog du Défi pour la Terre". Le second, "Lancement du Défi pour la Terre". Et le troisième :

26.05.05 Actualité Merci pour votre engouement :)

Le Défi pour la Terre a révélé un engouement considérable pour l’environnement.
Nous avons reçu depuis l’ouverture du site un très (trop) grand nombre de messages. Nous sommes obligés de fermer temporairement ce blog afin d’accueillir dans de meilleures conditions les nouveaux commentaires.

Nous vous donnons donc rendez-vous sur ces pages dans quelques jours. En vous remerciant de votre patience.

L’équipe du Défi pour la Terre

Décidément, c’est un vrai défi, et la terre va avoir besoin de nous.
Bon faut pas seulement critiquer, il y a aussi des jolis tests rigolos sur le site pour calculer son impact sur l’environnement. Moi j’ai eu les félicitations du jury ! Et vous ?

Deux gros pavés dans la mare

Aujourd’hui, c’est la soirée spéciale préservation du document numérique, et j’ai l’honneur de vous annoncer la sortie de deux gros pavés, au format pdf, respectivement 237 et 138 pages.

Le premier c’est le rapport final du groupe PREMIS : un groupe OCLC/RLG qui avait pour objectif de définir les métadonnées nécessaires à la préservation des documents numériques. Et il y en a beaucoup !!! On peut aussi accéder aux différentes sections séparément.

Le second, c’est une première version de la traduction française du modèle OAIS. Pour mémoire, l’OAIS est un modèle informationnel et fonctionnel qui définit les différentes composantes d’un système global et ouvert de préservation de documents numériques, les actions à mener, et les interactions entre producteur, archiveur et utilisateur. Il est assez complexe et une partie de sa force réside dans la définition de l’ensemble de la terminologie relative au domaine de la gestion des documents numériques. Petite précision, cette traduction est une version en cours de normalisation.