Premières figues

Les voici, les premières figues de l’année. Elles ne sont pas très belles, elles n’ont pas beaucoup de goût, mais… c’est tout de même un bonheur !

Aujourd’hui, c’est bien ma fête…

Compte-rendu d’expérience

Cette semaine, les premières figues fraiches sont apparues à l’étalage des épiciers arabes de luxe. Eh oui, dans mon quartier c’est comme ça, quand on veut les plus beaux fruits de Paris, et avant tout le monde, on va chez les épiciers arabes et on paye… Bref, je me disais qu’il était plus que temps, avant que cette info ne se périme, que je donne les résultats de mon enquête sur la confiture de figues sèches.

Donc, j’en ai testé trois : une au jus de raisin, une aux pommes et une au thé.

La confitures de figues sèche au jus de raisin, franchement m’a donné du fil à retordre. Beaucoup d’opérations dans un temps limité pour aboutir à un résultat décevant. Cette confiture est à la confiture de figues ce que la figue sèche est à la figue. Bof, quoi.

Celle qui a mariné dans des pommes râpées est à la limite plus proche de la compote de pommes que de la confiture de figues. Peut-être qu’il faudrait rententer en diminuant le ratio de pommes.

Quant à la confiture de figues sèches au thé de Zabelle, elle était tellement bonne, extraordinaire et sublime que je la mangeais à la petite cuiller en bloguant (si, si, demandez à mon geek). Elle était tellement incroyablement délicieuse qu’elle mérite que je résume ici la recette.

  • on fait mariner les figues sèches coupées en dé une nuit entière dans du thé bien fort (j’avais opté pour un thé de qualité, à la fois fleuri et fruité, et bien m’en a pris je crois).
  • le lendemain, on jette le thé et on met les figues dans une marmite avec un poids de sucre équivalent au poids de figues qu’on avait au départ, et on fait fondre à feu doux.
  • une fois le sucre fondu, on augmente le feu pendant dix minutes.
  • enfin, on mixe le tout et on empote.

Le résultat ressemble à la pâte qu’il y a à l’intérieur des Figolu, en 1000 fois meilleur. Je pense que je tiens une technique pour fabriquer des Figolu améliorés… je vous tiendrai au courant.

Le figuier de Roscoff

Eh oui, il ya aussi des figuiers en Bretagne. Ils apprécient le climat océanique doux et régulier.

Le figuier de Roscoff a été planté vers 1610 et s’est épanoui librement dans le jardin du couvent des capucins de cette ville pendant plus de 300 ans. Son tronc a atteint une circonférence de 2,40m et ses branches, soutenues par 79 colonnes en fer, en bois ou en granit, couvraient 700m². Il produisait 500 kg de fruits par an.

Il a été abattu en 1987… ce qui prouve une fois de plus que les années 80, ça craint.

Plus d’infos et merci pour la photo : ici

Pain d’épices mi-figue mi-raisin

Parce qu’il n’y a pas que la confiture dans la vie…

Le plus dûr pour faire un bon pain d’épices est de se procurer les épices, surtout la cardamome et la badiane toutes deux en poudre (on les trouve plus facilement sous la forme solide).

Si vous y arrivez, voici une chouette recette.

Faire bouillir 20cl de lait avec un clou de girofle. Hors du feu, retirer le clou et faire fondre 300g de miel au moins dans le lait chaud (on peut mettre plus de miel, plus il y en a meilleur c’est, mais au-delà de 300g ça revient cher…)

Dans un grand saladier, mélanger 300g de farine, un sachet de levure chimique, et les épices à raison d’une petite cuiller à café chacune :

  • badiane (anis étoilé) en poudre
  • cardamome en poudre
  • cannelle
  • muscade en poudre
  • gingembre

Puis verser le lait-miel dans la farine-épices et mélanger avec une spatule en bois jusqu’à obtenir une pâte onctueuse.

On peut à partir de là ajouter toutes sortes de choses intéressantes à cette pâte. Pour ma part, je préconise une poignée de raisins secs et 100 ou 150g de figues sèches coupées en dés.

Beurrer un moule allongé, verser la pâte, faire cuire à four peu chaud (thermostat 5 maximum, 150°) pendant une bonne heure.

Le pain d’épices se déguste idéalement quelques jours plus tard, quand il est légèrement rassis. Il se conserve plusieurs jours ou même semaines à l’abri d’un sac plastique.

Louis XIV et les figues

Le roi Louis XIV avait un goût particulier pour les figues, ce qui n’a rien d’étonnant de la part d’un personnage aussi sensible à toutes sortes de douceurs sensuelles.

Comme il était roi, il pouvait se permettre le caprice de trouver que deux mois de figues n’étaient pas assez. Aussi son jardinier, La Quintinie, inventa-t-il un ingénieux procédé pour produire des figues pendant presque la moitié de l’année. Certains de ses figuiers étaient productifs dès mi-juin, grâce à un système compliqué d’engrais, de jardin en creux, d’arbres en caisses et de verrières. D’autres figuiers, plantés en terre, produisaient leurs délicats trésors de septembre à mi-octobre.

Cette partie du jardin de Versailles s’appelait la figuerie… j’en rêve.

Illustration : Luis Eugenio Melendez, Nature morte aux figues, musée du Louvre.

Rue du figuier (suite)

La rue du figuier, à Paris, se caractérise par la présence d’un beau figuier, d’une belle bibliothèque, et par sa présence dans l’oeuvre de Marivaux.

Dans les Fausses confidences de Marivaux, le malicieux Dubois envoie paître Arlequin dans la fameuse rue du
Figuier pour faire aboutir son projet, des plus charmants : le mariage de Dorante et d’Araminte. Il s’agit de savoir où se trouve la rue du Figuier et à cette occasion, Arlequin se fait embobiner par Marton, dont les charmes lui font perdre la tête.

La figue, sa saveur, son aspect dodu et le fabuleux contraste de texture entre son enveloppe et son coeur à la fois granuleux et juteux cristalise les passions et les désirs. Marivaux a choisi cette rue à dessein.

Je remercie Agathe pour cette utile précision.

J’ai ouï dire aussi qu’il y avait à Paris un figuier quai Tino Rossi : mais celui-là, aucune chance hélas qu’il ait été cité par Marivaux.

Toute collaboration visant à m’aider à répertorier les figuiers de Paris est bien sûr la bienvenue.

Promenade urbaine

J’habite à Paris, et j’adore cette ville.

D’accord, je comprends qu’on puisse trouver qu’elle a des côtés pénibles, qu’on puisse en avoir marre, mais elle est fascinante. J’adore me promener pour la centième fois dans une rue et être encore surprise par un détail insolite ou juste parce que je lève les yeux.

Je ne suis pas la seule, si j’en crois ce magnifique photoblog dont l’auteur (espagnol !) mitraille Paris avec passion et humour.

J’adore me promener dans Paris au fil des pages d’un livre, et j’adore l’idée de trouver un livre au fil des rues de Paris.

Et même, j’aime bien l’idée de vider un grenier, pas de ses livres, mais de ses trucs de geek dans un délire bellevillien à la Pennac, en futuriste mais toujours décalé.

Merci à Javier, à lafeuille, et à Mediatic pour cette charmante promenade.

Miscellanées

Voici la confiture de figues virtuelles du week-end.

La confiture de figues, c’est délicieux et croustillant, c’est rare et inimitable, et quand on commence, difficile de s’arrêter. Amusez-vous bien. Retour du sérieux prévu vers lundi.

Merci à Niko, Mediatic, librarian.net, et à ceux que j’oublie.

Ya plus de saisons !

Certains m’ont taxée de sadisme parce que je donnais une recette de confiture de figues alors qu’il nous restait encore six mois à attendre avant de pouvoir retrouver la saveur croquante et délicieuse de ces fruits merveilleux.

Je vais donc me racheter en annonçant cette bonne nouvelle : pas besoin d’attendre ! On peut faire de la confiture de figues avec des figues sèches. Je n’ai jamais essayé, mais toute la subtilité de l’affaire semble résider dans la macération. En effet, pour redonner une consistance confiturable aux figues séchées, on les plonge pour une durée plus ou moins longue, qui dans du jus de raisin, qui dans un mélange de pommes et de citron, et qui dans du thé bien fort.

Bon alors quand je rentre à Paris, direction le marché, j’achète des figues sèches, et j’essaye. A suivre.

Crème pâtissière

Un des drames de ma vie, c’est que mon geek n’aime pas les figues. Non mais vraiment. J’ai même cru un moment qu’il refuserait de faire la feuille de style pour le Figoblog, mais son côté dévoué l’a emporté. En fait, il n’aime pas trop les desserts, et pour tout dire il y a juste un truc qu’il aime, mais alors, beaucoup : c’est la crème pâtissière.

Alors moi forcément, dans le genre pâtissière, on fait mieux. Mais un peu à mon tour de faire preuve de dévouement, non ? Alors, je fouille dans la bibliothèque maternelle, je déniche une perle qu’on a plus sur aucun rayonnage de nos jours : Maîtresse de jeune maison (Paris, Hatier, 1965), parce que oui, on se plaint de la condition de la femme, mais faut pas oublier qu’il y a pas si longtemps ça rigolait encore moins, et bref, page 134, voici la recette de crème pâtissière de années 1960.

  • faîtes bouillir le lait (1/4 de l.) avec la vanille (1 gousse)
  • mettez un oeuf + un jaune d’oeuf dans un bol, ajoutez 30g de farine, 40g de sucre, tournez jusqu’à obtenir une pâte fine, puis incorporez lentement le lait bouillant après avoir retiré la gousse de vanille
  • remettez dans la casserole, faîtes cuire en tournant vigoureusement au fouet jusqu’à-ce que la crème soit épaisse, lisse et sans grumeaux.
  • Laissez prendre quelques bouillons à feu doux pour que la farine cuise.

Bon, à part le fait que je ne suis pas sûre d’avoir bien saisi la fin, le résultat est presque probant, quoique un peu épais et manquant de goût. Enfin, je suis preneuse de toute suggestion d’amélioration.

Et quand même : vivement que les petites figues sur les arbres grandissent (pour pouvoir les manger avec la crème pâtissière).