De l’OAI dans Google… ou du Google dans l’OAI ?

La blogosphère bibliothéconomique bruit aujourd’hui, malgré le week-end de Pâques et les oeufs dans le jardin : Google aurait passé un accord avec le MIT et d’autres Institutional repositories pour indexer des ressources du deep web. Selon cet article qui fait couler beaucoup d’encre virtuelle, Google projetterait de donner accès aux ressources de 17 partenaires universitaires par l’intermédaire de sa page de recherche avancée.

C’est en lisant l’article jusqu’au bout qu’on découvre que c’est OCLC qui ferait l’intermédaire entre les données bien cachées et Google, ce qui nous ramène ici, où il est question certes de harvester en OAI des entrepôts DSpace, mais ensuite de rendre ces données accessibles pour des moteurs tels que Google (pas seulement Google, donc ?)

Tout ceci nous rappelle une vieille histoire d’il y a au moins un mois, entre Yahoo et l’Université de Michigan, le premier se proposant d’harvester en OAI les ressources du second.

Et puis tant qu’on y est, ça me rappelle une aventure encore plus antédiluvienne, il y a deux mois avec cette affaire de projet Ocean, une grande histoire de numérisation entre Google et la bibliothèque de l’Université de Stanford, dont on a plus jamais entendu parler depuis. Mais c’est pas grave, ça me fait une excuse pour mettre une photo de mes vacances.

Trucs de geek

Oh la la, dur dur de garder le rythme, en vacances ! Bon, ça va être un peu fouilli, mais voici quelques trucs qui devraient être utiles (enfin, plus ou moins) aux geeks, aux techie librarians, et d’une façon générale aux gens qui passent leur vie devant leur écran (allumé et connecté) même s’ils ne l’utilisent pas :

  • Online News Screensaver, un économiseur d’écran qui affiche des fils rss de news sur différents domaines. Pour rester informé même quand on est au téléphone… ou qu’on fait un autre truc en même temps… enfin si on est pas devant ça sert pas à grand chose, non ?
  • spécialement dédicacé aux gens qui n’utilisent pas Internet Explorer, un petit outil pour calculer vite et facilement le pagerank de votre site.
  • enfin, une nouvelle liste de discussion, à l’usage des bibliothécaires, pour parler de métadonnées, de Web sémantique, de XML, de data management, enfin de tas de trucs intéressants : techie librarian (râââhh, rien que le nom, ça donne envie !)

Merci à Library Stuff, à ODP weblog et à usr/lib.

Culture libre : le pouvoir de Creative Commons

Vu le titre de son ouvrage, le juriste Lawrence Lessig se devait bien de rendre Free Culture accessible librement sur Internet. Pour protéger néanmoins ses droits d’auteur, il a choisi la licence Creative Commons. Grâce à elle, il autorise tout un chacun à copier son oeuvre, mais aussi à la diffuser, la représenter, et à créer des oeuvres dérivées, pourvu qu’on le cite et qu’on n’en tire pas de profit commercial.

La licence Creative Commons est paramétrable et il aurait pu choisir de limiter plus ces droits. En effet, quel auteur a envie de voir son travail modifié, peut-être contredit, par d’autres ? On a trop souvent cette réaction défensive, oubliant que modifier, cela peut être aussi enrichir.

C’est ainsi qu’aujourd’hui, l’ouvrage proposé en téléchargement en pdf est accessible, gratuitement et librement, dans de nombreux autres formats, y compris des versions audio. Il y a entre autres un wiki librement modifiable par tous, avec la possibilité immodérée de l’annoter et de l’augmenter. Enfin, il y a même un site pour la traduction chinoise collaborative. (Au fait, à quand un wiki pour la traduction française ?)

Pendant ce temps, on peut aussi l’acheter en papier sur Amazon : autant dire que l’auteur n’était pas très inquiet sur les conséquences de cette libre diffusion à l’égard de son porte-monnaie.

Bien que Creative Commons soit basée sur les notions très anglosaxonnes de copyright et de fair use, une équipe travaille à la traduire et l’adapter en français.

Les bloggeurs du monde entier la plébiscitent, d’ailleurs il faudrait que je m’y mette, mais pas ce soir car je pars en vacances… ;-)

Maintenant ça marche

Tout ceux qui ont essayé de m’envoyer un mail en cliquant sur "me contacter", là, à droite, auront sans doute remarqué que je ne leur ai pas répondu. Certains auront même constaté une réaction particulièrement irrationnelle de leur logiciel de messagerie (si c’est le cas, vous n’utilisez pas thunderbird, quel dommage !).

En fait, je n’ai jamais reçu les messages.

C’est réparé, vous pouvez donc recommencer à me faire crouler sous les suggestions de recette de confiture de figues, les questions bibliothéconomiques, et les commentaires que vous auriez préféré glisser en-dessous du billet concerné (mais ça viendra).

Désolée pour ceux qui ont essuyé les plâtres.

Modèles conceptuels : à quoi ça sert ?

Modéliser les métadonnées, décrire d’une manière abstraite et conceptuelle un cadre dégagé des contraintes des formats et des langages pour créer la description universelle, tel est le défi un peu fou que se sont lancé, aux antipodes l’un de l’autre, les FRBR et le RDF. Les unes émanent de l’IFLA, l’autre du W3C, c’est dire si leur raison d’être est différente, liée pour les unes à la famille Marc, pour l’autre à XML.

Mais en fait, rien ne nous empêche de décrire une ressource Web suivant le modèle des FRBR. Et rien ne nous interdit d’utiliser RDF pour encoder les métadonnées d’un livre.

Alors, ces modèles conceptuels de métadonnées, concrètement, quand va-t-on les utiliser, et à quoi vont-ils nous servir ? Voici deux exemples d’outils-démo qui peuvent nous aider à en avoir une idée :

  • Fictionfinder est un outil créé par OCLC pour naviguer dans des notices de fiction. On peut y suivre les différentes manifestations d’un récit, les traductions d’une oeuvre ou encore les apparitions d’un personnage dans différents romans.
  • Sesame est une base de données d’interrogation de métadonnées en RDF basée sur un logiciel open source. La démo museum donne une idée de la modélisation en RDF de ressources muséographiques signalées sur Internet, et de la manière d’y naviguer en suivant les métadonnées en RDF. Tout en testant les différents langages d’interrogation existants.

Et pour ceux qui se sentent vraiment trop perdus dans la jungle souterraine des modèles et formats de métadonnées, un conseil : prenez le métro !!!

Un site qui a de la ressource

Oh oui ! Encore du gratuit ! On trouve ici, classés par titre et par sujets, une liste de journaux mais aussi de newsletters en ligne dont le contenu est accessible librement.

Ce site mérite plus d’un clic, car son sympathique auteur, Tom Wilson, encore un amoureux des chats, est aussi l’éditeur du périodique en ligne Information Research.

Il a aussi mis en ligne une liste de toutes les formations en sciences de l’info du monde (si, si !) classée par pays. Et un site de ressources pédagogiques sur les méthodologies de la recherche documentaire. Et pas mal de ses propres publications. Et un blog.

Je vais me faire une super orgie de mots-clefs sur ce billet !

Au fait, merci à Marcus Zillman pour le premier clic.

Service public virtuel à la BM de Lyon

La Bibliothèque municipale de Lyon a mis en ligne son nouveau site Web (je ne sais pas depuis quand, mais je viens juste de le découvrir).

A première vue, il ressemble un peu à celui de la BPI : de drôles de couleurs, plein de trucs qui clignotent, un peu destabilisant. Cela confirme ce que disait Nicolas sur le fait que les choix fonctionnels des bibliothèques françaises diffèrent radicalement de ceux des sites Web de bibliothèques américaines récents.

Mais passons, et allons directement au Guichet du savoir, c’est là que ça se passe. Ils ont lancé un service de renseignement bibliographique par chat ! A ma connaissance, et malgré les promesses de la BPI, c’est la première bibliothèque en France à faire cela. Bravo pour l’innovation !

Ce service, petit frère des Ask A Librarian anglosaxons, n’est pour l’instant ouvert que les mercredis et samedis après-midi. Alors… vivement mercredi, qu’on puisse tester !

Blogs pour tous

Après les bibliothèques qui bloguent, voici les bibliothèques qui font bloguer.

La bibliothèque de l’Université du Minnesota lance UThink, un projet qui consiste à proposer l’hébergement de blogs sous Movable Type à tous les étudiants, professeurs et autres membres de l’Université. Chacun peut créer un nombre illimité de blogs, individuellement ou par groupes, et peut aborder les sujets qu’il souhaite.

Pourquoi une bibliothèque se lance-t-elle dans un tel projet ? La réponse ici :

the Libraries have numerous goals with this project: to promote intellectual freedom, to help build communities of interest on campus, to investigate the connections between blogging and the traditional academic enterprise, and to retain the cultural memory of the institution.

Certes, cela s’appuie sur les missions reconnues des bibliothèques, mais on voit là quelque chose de nouveau. Et de difficile à définir. Peut-être le pendant virtuel d’un rôle essentiel mais encore assez ignoré, voire rejeté, de la bibliothèque : celui de lieu de sociabilité.

Merci à Library Stuff et à Peter Scott d’avoir relayé l’info.

Rue du figuier

A Paris, dans le Marais, il y a une jolie rue qui s’appelle la rue du figuier. D’ailleurs, au n° de 1 de la rue, il y a un joli bâtiment qui s’appelle l’hôtel de Sens et qui abrite la Bibliothèque des Arts graphiques.

Juste en face, il y a un figuier.

Le figuier est un arbre sympathique qui pousse volontiers sous toutes sortes de climats, si on est gentil avec lui. C’est moins facile qu’avec ses frères caoutchouteux mieux connus sous le nom de ficus, mais c’est possible. Par contre, à Paris, il ne fait pas de fruits. Pourquoi ?

Et bien, parce que c’est un arbre sensible et timide. Au lieu d’exposer des fleurs affriolantes qui s’ouvrent à tous les vents et sèment leur semence sans retenue, le figuier fait des fleurs repliées sur elles-mêmes qui gardent leur fertilité dans le secret d’une coque percée d’un seul orifice. A l’intérieur, des milliers de fleurs femelles s’épanouissent avant d’être remplacées par des fleurs mâles, sans que les unes puissent féconder les autres.

La figue a donc besoin, pour être fécondée, d’une aide extérieure. C’est là qu’intervient son inséparable ami, le blastophage, un insecte minuscule qui vient amener le pollen dans la fleur, pour donner naissance à un fruit. Le blastophage ne peut se reproduire que dans les figues, suivant un rituel complexe mais intéressant où des mâles pourvus d’un membre énorme délivrent les femelles après leur avoir fait leur affaire… mais je m’égare.

Le plus fou, c’est que certains figuiers, qui ne font pas de fruits mangeables, servent uniquement de pouponnières à ces insectes. Les insectes, en échange, vont ensemencer d’autres figuiers, qui sont eux par contre productifs en figues mais inhabitables. Tout un écosystème.

En fin de compte, pas de figuiers (au pluriel), pas de blastophage. Et pas de blastophage, pas de figue. Evidemment, pas de figue, pas de confiture de figue.

D’où la nécessité absolue des vacances en Catalogne.

Quels outils pour les bibliothèques de demain ?

Quelle est la tendance actuelle des fournisseurs de logiciels de bibliothèque ? C’est la question à laquelle répond un article instructif de David Dorman. Et d’ailleurs, apparemment, la réponse ne lui a pas fait plaisir, puisqu’entre temps, il s’est mis à l’évangélisme (NB pour les non-geeks : rien à voir avec une révélation mystique, il s’est juste lancé dans l’apologie du logiciel libre) et a publié cet excellent article à ne pas manquer sur le logiciel libre en bibliothèque, mais revenons à nos moutons.

Nos fournisseurs de logiciels de bibliothèque, donc, ne cherchent plus à converger vers des fonctionnalités identiques, très bibliothéconomiques, qu’ils maîtrisent au demeurant parfaitement. Au contraire, ils divergent vers des fonctions nouvelles dont ils font leur spécialité et leur spécificité sur le marché : qui le wi-fi, qui RFID, qui le data-mining, qui la recherche fédérée.

Tiens, à propos de recherche fédérée, l’autre jour j’en parlais comme d’un fantasme, mais elle a aussi ses détracteurs. Voici un bon exercice pour s’entraîner à réfuter les arguments les plus éculés, voire farfelus contre le metasearch. On a droit à tout, depuis les fonctionnalités de recherche qui manquent, jusqu’au pauvre lecteur désemparé devant une information hétérogène, en passant par l’impossibilité d’égaler Google, la médiocrité supposée des résultats et le coût trop élevé. Et puis enfin, il n’a qu’à apprendre à faire ses recherches documentaires tout seul, le lecteur, ou demander de l’aide aux bibliothécaires, ils sont là pour ça.

De l’autre côté de la force, il y a ceux qui l’ont fait : en l’occurence, un groupe de partenaires de la région Languedoc-Roussillon. Il publient dans le nouveau numéro de Documentaliste, la revue de l’ADBS, un article qui raconte leur croisade de 6 ans pour mettre en place AskOnce, le logiciel qui génère la recherche fédérée pour leur Bibliothèque Ouverte. Eux, ils ont songé à faire gagner du temps à leurs lecteurs et à augmenter la visibilité de leurs ressources.

Et c’est pas tous les jours qu’on voit des bibliothécaires qui ne cherchent pas à tout prix à rester indispensables.