Miscellanées

Voici la confiture de figues virtuelles du week-end.

La confiture de figues, c’est délicieux et croustillant, c’est rare et inimitable, et quand on commence, difficile de s’arrêter. Amusez-vous bien. Retour du sérieux prévu vers lundi.

Merci à Niko, Mediatic, librarian.net, et à ceux que j’oublie.

Culture alternative pour les bibliothèques

Hier, à Malte, on a pu observer une intéressante tentative de record du monde de retour en retard : 42 ans, c’est pas mal, mais je crois qu’il y a déjà eu pire (et je ne parle que de gens qui finissent par ramener les bouquins un jour).

Tout ceci me ramène à un des enseignements essentiels de notre formation : un bibliothécaire se doit d’avoir un solide sens de l’humour, une forte propension à l’autodérision, et un goût certain pour le bizarre, l’étrange et l’inhabituel.

Pour ceux qui en voudraient toujours plus, voici un site pour les bibliothécaires underground sur le Web, qui recense plein de liens vers des sites perso, des sites drôles et mêmes des hauts lieux de la pornographie bibliothéconomique.

On s’amuse aussi beaucoup chez le laughing librarian et en faisant les boutiques sur librarism.com.

Plus sérieusement (ou pas), deux bonnes adresses qui listent des blogs de bibliothécaires : classés par pays ou par ordre alphabétique. Il y a de l’activité. On en trouve aussi quelques-uns, en élargissant à cet étrange domaine nommé "architecture de l’information", sur le nouveau site de ressources sur ce sujet ouvert aujourd’hui, AIFIA.org

Ressources pour les lecteurs, les chercheurs et les bloggeurs

Un peu en vrac, désolée…

Qui cherche trouve

La problème de la recherche d’information cristallise pas mal de réflexions autour de l’évolution du Web, sur le thème « Google vs. le reste du monde ». Mais a-t-on bien raison de lancer la pierre au Goliath des moteurs de recherche ?

Voici un article passionnant qui nous explique les choses avec un autre point de vue. Google, en utilisant les liens pour évaluer le pagerank, ne fait que refléter pour l’internaute moyen les préférences du webmestre moyen. Le modèle ouvert du Web interdit à Google de faire confiance aux déclarations d’intention des individus (c’est-à-dire, aux métadonnées des sites). C’est ce qui oppose ce modèle à celui, appartenant au passé, où la classification (et donc l’accès) à l’information reposaient entre les mains de quelques individus : les professionnels de l’information… Tout ceci pour conclure que reprocher ce mode de fonctionnement à Google, c’est lui demander de faire ce pour quoi il n’est pas fait. Google donne un des sens (meanings) possibles du Web, pas tous.

Mais au fait, pourquoi les internautes aiment-ils tant Google ? Cet autre article, commenté dans ShelfLife la lettre hebdomadaire de RLG, apporte un élément de réponse : les scientifiques préfèrent chercher l’information sur le Web plutôt que dans les bases de données spécialisées, car cela leur apporte l’intégration des données, des informations sur les tendances importantes, bref, un contexte.

Les chinois, quant à eux, dans cet article cité par Open Access News, se proposent de modéliser la recherche sur trois niveaux : un premier niveau local (par ex., une bibliothèque), un deuxième plus large (par exemple, un réseau national de bibliothèques), et un troisième global (par exemple, le Web chinois). Bizarre, on est proche de la recherche fédérée, mais on sent peut-être aussi la recherche d’un contrôle global de l’information.

Enfin, il y a ceux qui pensent que le salut est dans les outils qui permettront de personnaliser le résultat de la recherche, comme les auteurs de ceci toujours vu dans ShelfLife, ou ceux qui se posent ce genre de questions sur l’utilisation de RSS conjointement avec les interfaces de recherche fédérée (info arrivée par Library Stuff).

C’était un peu long, mais c’est pas fini, le débat continue, en français s’il vous plaît, grâce à la BPI.

Histoires de blogs

Je ne voudrais pas avoir l’air d’imiter ces bloggeurs qui parlent de blogs et qui le font si bien, mais j’ai envie de jouer un petit peu au jeu du serpent qui mord sa queue. Alors, aujourd’hui dans la blogosphère…

Padawan nous offre des food for thoughts avec son tout neuf weblog de liens (qui a maintenant son fil RSS). Vachement chouette.

Tristan est revenu ! Youpi et bon vent au Standblog nouveau.

Robin Good nous donne la recette du succès pour le bloggeur qui cherche à être lu :

It comes in the form of great, unique, hard-to-find, personally selected content that you offer to your audience on a systematic basis.

Et aussi se faire bien référencer, publier des choses intéressantes et « uniques » tous les jours, choisir une licence qui favorise la diffusion des contenus… une pincée de patience, et c’est prêt !

Et pour finir, les coups de coeur de mes vacances :

Il y en aurait bien d’autres. Ils mériteraient une place à gauche mais ça va faire râler mon geek…

La fin du booléen ?

J’ai lu hier un intéressant article intitulé Is Boolean Dead?, signalé à raison par Diglet. L’auteur compare les professionnels de l’information aux Macs et aux Ipod. Les premiers savent que leur système, bien qu’un peu cher, est le meilleur, et ils n’en démordent pas. Les seconds ont compris qu’ils ne survivront que grâce à l’interopérabilité, à l’ouverture, et en allant au devant des attentes de leur client, et pas en attendant que celui-ci s’adapte à leur système. L’article poursuit en abordant la question de ces moteurs de recherche qui offrent une visualisation graphique de l’information.

C’est vrai que vu le bruit qu’a fait ces derniers temps la sortie de Gnod ou de Newsmap, il semblerait que ces outils perdent leur image de gadget et soulèvent de plus en plus d’intérêt. Peut-être deviendront-ils des outils ordinaires et indispensables dans l’Internet de demain. Il faudra alors mettre nos OPAC à la page et, peut-être, enterrer le docteur ET-OU-SAUF bien profond sous les couches d’une interrogation plus intuitive que jamais.

Plus d’infos sur la cartographie d’informations chez outils froids.

Du RSS dans le Web

Aujourd’hui il fait moche, mais alors un temps, inimaginable, j’aurais pu passer ma journée à bloguer mais je me suis abstenue et j’ai décidé d’en garder un peu pour demain.

Aujourd’hui, parlons de RSS avec Jason Kottke, qui se demande s’il est encore raisonnable d’appeler ATOM et RSS de la "syndication" : pour lui, RSS est devenu un autre moyen de naviguer sur le Web, tout simplement, et les aggrégateurs vont devenir des microcontent browsers.

Et qu’est-ce qui fait la force de RSS ou d’ATOM par rapport à HTML ? Je vous le donne en mille : la sémantisation et la structuration des données, bien sûr.

C’est vrai qu’aujourd’hui, on peut tout faire avec RSS, même générer des fils RSS à partir de requêtes dans Google

Mais alors, moi qui lis mes fils RSS dans un aggrégateur en ligne, que je remercie au passage pour sa pertinente nouvelle fonction "toplink", est-ce que j’utilise un micronavigateur dans un navigateur, ou est-ce que je fais de la syndication de contenu ? hein ? Bon, d’accord, là je chipote…

Ya plus de saisons !

Certains m’ont taxée de sadisme parce que je donnais une recette de confiture de figues alors qu’il nous restait encore six mois à attendre avant de pouvoir retrouver la saveur croquante et délicieuse de ces fruits merveilleux.

Je vais donc me racheter en annonçant cette bonne nouvelle : pas besoin d’attendre ! On peut faire de la confiture de figues avec des figues sèches. Je n’ai jamais essayé, mais toute la subtilité de l’affaire semble résider dans la macération. En effet, pour redonner une consistance confiturable aux figues séchées, on les plonge pour une durée plus ou moins longue, qui dans du jus de raisin, qui dans un mélange de pommes et de citron, et qui dans du thé bien fort.

Bon alors quand je rentre à Paris, direction le marché, j’achète des figues sèches, et j’essaye. A suivre.

Pas de Google bombing pour les bibliothécaires

Cette histoire commence sur le blog Library Stuff, où Steven M. Cohen appelle à un Google bombing positif, visant à promouvoir le rôle des bibliothèques dans la recherche d’information :

For the keyword « information », lets try to link it up to the Library of Congress. For the keyword, « web directory », lets try to link it up to LII.

Entreprise qui, après avoir généré l’enthousiasme bon enfant propre aux bloggeurs, fait réfléchir les professionnels de l’information que sont les techie librarians : c’est sur librarian.net que s’expriment les premiers doutes. Nous, les bibliothécaires, pouvons-nous nous permettre d’utiliser les faiblesses des outils informatiques pour leur faire dire que nous sommes les meilleurs ? Ne serait-ce pas tromper ceux qui voient en ces outils des sources objectives, ceux que nous sommes censés aider ?

Confirmation de cette position par la directrice de LII en personne, Karen Schneider : rien n’est plus contraire à notre façon d’agir que le Google bombing. Et, fin de l’histoire, le lanceur de l’idée se rétracte.

Cette petite aventure blogosphérique est intéressante. Je n’aurais jamais pensé que la déontologie de mon métier m’interdirait un jour de me jouer de la technologie, même si c’est dans un but didactique. Il y aurait beaucoup à dire sur la différence entre le Google bombing, manipulation collective consciente pure et simple, et l’image inévitablement biaisée du monde que donnent nos classements, nos sélections, nos choix bibliothéconomiques.

Enfin bon, j’espère que ça ne va pas m’empêcher de dormir.

Crème pâtissière

Un des drames de ma vie, c’est que mon geek n’aime pas les figues. Non mais vraiment. J’ai même cru un moment qu’il refuserait de faire la feuille de style pour le Figoblog, mais son côté dévoué l’a emporté. En fait, il n’aime pas trop les desserts, et pour tout dire il y a juste un truc qu’il aime, mais alors, beaucoup : c’est la crème pâtissière.

Alors moi forcément, dans le genre pâtissière, on fait mieux. Mais un peu à mon tour de faire preuve de dévouement, non ? Alors, je fouille dans la bibliothèque maternelle, je déniche une perle qu’on a plus sur aucun rayonnage de nos jours : Maîtresse de jeune maison (Paris, Hatier, 1965), parce que oui, on se plaint de la condition de la femme, mais faut pas oublier qu’il y a pas si longtemps ça rigolait encore moins, et bref, page 134, voici la recette de crème pâtissière de années 1960.

  • faîtes bouillir le lait (1/4 de l.) avec la vanille (1 gousse)
  • mettez un oeuf + un jaune d’oeuf dans un bol, ajoutez 30g de farine, 40g de sucre, tournez jusqu’à obtenir une pâte fine, puis incorporez lentement le lait bouillant après avoir retiré la gousse de vanille
  • remettez dans la casserole, faîtes cuire en tournant vigoureusement au fouet jusqu’à-ce que la crème soit épaisse, lisse et sans grumeaux.
  • Laissez prendre quelques bouillons à feu doux pour que la farine cuise.

Bon, à part le fait que je ne suis pas sûre d’avoir bien saisi la fin, le résultat est presque probant, quoique un peu épais et manquant de goût. Enfin, je suis preneuse de toute suggestion d’amélioration.

Et quand même : vivement que les petites figues sur les arbres grandissent (pour pouvoir les manger avec la crème pâtissière).