Un peu de lecture

Comme je ne me sens pas très en forme ce soir, je vais vous donner un peu de lecture ailleurs.

Tout d’abord, le dernier numéro de RLG Diginews qui contient notamment un article qur l’archivage sélectif du Web par les australiens et un autre sur The Digital Image Archive of Medieval Music un site où on peut voir de la musique médiévale après avoir envoyé par la poste un formulaire papier. Un numéro technologiquement absolument incroyable.

Ensuite, petite visite au Canada pour lire les papiers d’un congrès nommé IATUL (c’est mignon) ou Information et Innovation. Plein de choses avec "digital" dans le titre mais rien qui ait particulièrement retenu mon attention.

Et maintenant le OCLC Tour avec trois nouveaux projets de recherche qui ont été annoncés:

Et aussi dans OCLC, un rapport sur le dernier Workshop FRBR.

Bonne lecture et à demain pour la suite de l’aventure des facettes, si j’ai le courage.

Y a-t-il un juriste dans la salle ?

Le projet Google Print Libraries n’est pas sans inspirer une certaine méfiance et on avait tendance à se dire "il faudrait voir les termes du contrat". Ce jour est arrivé : Librarian.net nous indique que l’Université du Michigan a mis en ligne une copie dudit fameux contrat. Je vous aurais bien mis quelques morceaux choisis, mais c’est du PDF image donc je vais me contenter de résumer.

D’abord, on y apprend que la copie qui sera livrée à la bibliothèque concerne les images, le produit de l’OCR, les références bibliographiques et l’ordre de défilement des images. Donc suffisamment de métadonnées pour les réutiliser, c’est une bonne nouvelle.

Moins drôle :

  • La bibliothèque doit interdire et empêcher techniquement les usages commerciaux et les téléchargements massifs des copies numérisées.
  • Si Google n’utilise pas dans les 3 ans le contenu qu’il a numérisé, la bibliothèque doit détruire sa propre copie.
  • La bibliothèque peut utiliser sa copie sur son site Web mais s’engage à interdire le passage des moteurs de recherche (avec un robot.txt).
  • Google s’engage à ce que les textes soient toujours cherchables gratuitement et les listes de résultats accessibles gratuitement. Rien d’autre.
  • La bibliothèque peut donner accès à sa copie pour les gens qui en ont besoin (persons having a need to access such material) mais pas à tout le monde (public at large).
  • La bibliothèque a le droit de passer des accords de partage de ces documents avec d’autres institutions, la DLF par exemple, mais elle doit associer Google comme "third party beneficiary" de cet accord.

Tout ceci me paraît très restrictif pour des ouvrages du domaine public. Si quelqu’un qui s’y connaît en contrats a envie d’y jeter un oeil… Mais vite, parce que je ne sais pas s’il va rester en ligne très longtemps.

Collection printemps-été 2005

Je sais pas vous, mais moi je commençais à en avoir vraiment ras-le-bol de mon design seventies et j’avais grande envie de changer. Aussitôt dit, aussitôt fait (euh presque) !

Donc voici le Figoblog nouveau, j’espère qu’il vous plaira. Le graphisme est de moi-même, la feuille de style CSS a été réalisée avec art et rapidité par mon geek (merciiiiiiii !) qui est en train de l’optimiser pour Internet Explorer (derniers réglages en cours).

Une petite nouvelle fonctionnalité à signaler : maintenant les images s’affichent dans les billets sous forme de vignette, et il faut cliquer sur la vignette pour voir l’image en plus grand. A part ça, c’est tout comme avant ;-)

Voitures et identifiants pérennes

Je me disais il y a peu que si on considère les différents systèmes de nommage unique et pérenne que l’on fréquente dans la vraie vie (lire : pas sur le Web), un des plus impressionnants est l’immatriculation des voitures.

Actif depuis plus de cinquante ans, ce système a bien des avantages : son extensibilité (passage de deux lettre à trois), sa citabilité (facile à retenir). Pourtant, ce système a vécu et on nous annonce qu’on va en changer. Petite analyse.

Dans l’ancien système, on combinait un élément signifiant (le département) avec un préfixe non signifiant composé de deux ou trois lettres, et une numérotation incrémentale à quatre chiffres. Il y a donc plusieurs autorités nommantes : les préfectures, ce qui a pour conséquence de lier l’identification à un lieu. Si la ressource (pardon, la voiture) change de propriétaire mais pas de lieu, elle garde son identifiant. Si elle change de lieu (même avec le même propriétaire) elle change d’identifiant.
Ces identifiants basés sur les lieux ou les adresses, ça vous rappelle rien ? Les URL par exemple… Qui n’est jamais tombé sur une erreur 404 (cette voiture a déménagé) ou pire, en suivant un lien qu’il avait duement enregistré dans ses favoris, sur un site porno (cette voiture a changé de propriétaire).
Dans le cas d’un changement d’identifiant, seules les métadonnées (les archives de la préfecture) permettent de tracer le changement et de retrouver la ressource-voiture.

Dans le nouveau système, le nommage est composé de trois séries de caractères non signifiants : deux lettres, trois chiffres, deux lettres. Le nommage est incrémental et centralisé : une seule autorité nommante, qui attribue les identifiants dans l’ordre, de AA 11 AA à ZZ 999 ZZ.
L’identifiant reste attaché à la ressource-voiture quel que soit l’emplacement-adresse de celle-ci : ce n’est plus une URL mais une URI.

Le nouveau système vise à la fois à simplifier les démarches administratives des automobilistes (plus de changements de plaques en cas de session des véhicules), à alléger la gestion du système pour l’administration et à lutter contre la délinquance automobile en améliorant l’efficacité des contrôles grâce à une «meilleure traçabilité»

A voir. On passe d’un système semi hiérarchique réparti à un système hypercentralisé et hypercontrôlé (quoi, ça vous surprend ? Qui a eu cette idée d’abord ?). Un seul système, ça veut dire aussi que si le système tombe, on n’a plus rien. Complètement non signifiant, ça veut dire moins citable (Police ! Arrêtez cette voiture !) encore que le limiter à 7 caractères est de ce point de vue une bonne initiative. Par contre quand on sera au bout de cette attribution dans l’ordre, que fera-t-on (si les voitures n’ont pas encore eu définitivement raison de la planète d’ici là) ? Dernière question, comment se fera la transition d’un système à l’autre et la récupération des anciens identifiants ?

Enfin on est bien dans un système centralisé à la française, si on considère que chez nos amis anglais on peut faire immatriculer sa voiture à ses initales si on a envie (le libéralisme, toujours lui). Mais à ma connaissance, à part ça, nous serions le premier pays européen à abandonner le nommage basé sur des lieux ? Non ?

Quand même, un avantage : on ne se fera plus traiter de sales parigots quand on ira en vacances à Marseille !

Ce billet est spécialement dédicacé à Thierry Stoehr

La figue qui fait vendre

J’avais déjà fait remarquer que je trouvais que les figues étaient étrangement à la mode ces derniers temps. Et bien, c’est de pire en pire, maintenant la figue devient un argument publicitaire. Qu’il s’agisse de boire du vin, de partir en vacances, de meubler son jardin, de manger du fromage, des biscuits ou du jambon, on vous le vend avec des figues. Sur les affiches, les emballages, dans les supermarchés, les figues m’appellent de leur succulente douceur. Et en plus, c’est des pubs mensongères car trouver des figues en ce moment ce n’est pas encore très évident…

Corpus oraux

A consulter sur le site du ministère de la Culture, le Guide des bonnes pratiques pour la constitution, l’exploitation, la diffusion et la conservation des corpus oraux encore en version de travail (attention fichier pdf de 123 pages qui a un peu du mal). Il est discuté ici.

Le texte est intéressant, il aborde tous les aspects du sujet, de la constitution des archives orales jusqu’à leur préservation sur le long terme. A noter, une partie fournie sur les questions juridiques de toute sorte, et des indications sur les formats numériques pour l’enregistrement, la conservation et la transcription.

Découvert sur Pluri(TAL).

Contrôle des formats

Dans les métadonnées de préservation, les informations concernant le format des fichiers ou des données sont essentielles pour assurer les fonctions ultérieures d’émulation ou de migration.

Le problème, c’est que bien souvent,

  • soit on ignore le format d’un fichier
  • soit on pense qu’il est dans un format donné mais on voudrait pouvoir le vérifier
  • soit on sait qu’il est dans un format donné et on voudrait savoir si les métadonnées dont on dispose concernant ce format sont pertinentes pour cet objet.

Toutes ces questions sont essentielles pour garantir des métadonnées de qualité et pertinentes, et conditionnent la possibilité de faire les opérations nécessaires à la préservations des objets numériques dans différents formats.

L’Université de Harvard et JSTOR viennent d’annoncer la sortie d’une version 1.0 de Jhove, un module qui a pour but de réaliser ces opérations de vérification et de validation avant d’alimenter les métadonnées et de faire entrer les objets dans un entrepôt de préservation. Un outil essentiel pour l’intégration dans le modèle de préservation OAIS.

Merci Ten Thousand Years blog entre autres.

Un penchant pour le droit

Filer droit avec les droits, tel est le conseil que nous donnent deux avocats dans un article de Libé intitulé Droits d’auteur, respectons les règles. Si l’on en croit les auteurs de cet article, l’état d’hostilité ambiante à l’égard de la propriété intellectuelle, ainsi qu’un certain laxisme ou en tout cas une politique d’indulgence à l’égard des "pirates", nous mènent tout droit à la catastrophe : spoliation des ayants-droits, contrat social à géométrie variable… Il n’est pas question de la fin de la créativité artistique, mais presque. Faut-il rappeler à ces gens qu’à l’heure actuelle, la protection de la propriété intellectuelle profite moins aux artistes qu’aux acteurs commerciaux du circuit ? Que le numérique favorise la diffusion des oeuvres et est donc favorable aux artistes, même s’il nuit aux acteurs du modèle économique tel qu’il existe actuellement ? Enfin, que la loi est faite pour favoriser le bon fonctionnement de la société et doit donc s’adapter à ses évolutions, et non les bloquer dans des non-sens et des cul-de-sac par freinage des quatre fers devant les risques du progrès technologique ?

Chez Eolas, découvrons quelques conseils pour filer droit aussi en bloguant. Quelles sont les responsabilités du blogueur à l’égard de ce qu’il édite, de ce que d’autre écrivent sur son site, de son employeur ? Tout ceci est merveilleusement clair et pédagogique comme toujours chez Maître Eolas.

C’est aussi la question des droits qui fait bondir les éditeurs américains devant le projet Google print dans sa version "bibliothèques", dans une lettre de l’AUUP, l’association des éditeurs américains, lettre qu’on a déjà vu citée sur différents blogs. Les éditeurs ne sont pas prêts à voir circuler en libre accès (ou presque) le plein-texte de leurs ouvrages, et ce n’est pas vraiment une surprise, nous connaissons ce problème depuis longtemps avec la numérisation. Lire aussi un article de Gary Price à ce sujet. Les bibliothèques auront quand à elles la préoccupation inverse, bien exposée dans cet article de JB Soufron : les oeuvres du domaine public pourront-elles continuer à être accessibles librement, alors même qu’on travaille à renforcer les barrières techniques qui tendent à faire du contrôle maximal la situation normale ?

Dans ce contexte, rien d’étonnant à ce que la NISO s’intéresse aux droits des documents numériques et ait pour projet d’inciter à normaliser l’expression des droits, et ce également dans un sens positif de garantie de la liberté d’accès et d’usage pour certaines oeuvres, comme avec Creative Commons.

Mise à jour :

Pour vous faire votre propre idée, retrouvez tous les textes officiels ou non dans l’hyperdossier sur les droits d’auteurs de Juriscom.

Défi pour la terre

L’autre jour, je découvrais via Vincent le petit livre vert de la fondation de Nicolas Hulot : un ouvrage qui donne des conseils sur la bonne attitude à avoir pour préserver son environnement. (J’ai d’ailleurs eu un peu de mal à le retrouver, vu que sur le site on me répondait toujours "no connect".)

Je suis très favorable à ce genre d’initatives, et moi-même j’essaye de faire un peu attention à ce que je fais : trier mes déchets, ne pas prendre trop ma voiture, éviter les sacs en plastique au supermarché, etc.

Mais alors, en lisant ce petit livre, j’ai découvert que pour préserver la planète, il faudrait que je change profondément mon mode de vie. Pour commencer, il faudrait que je déménage, car apparemment vivre dans un appartement n’est même pas imaginable. Il faut donc que je me trouve une maison individuelle. En même temps, il faut que je renonce à ma voiture en faveur des transports en commun. J’espère que je vais habiter près de la gare, mais sinon, il me reste l’option de ne plus travailler, puisque je vais faire moi-même mon compost pour faire pousser mes fruits et légumes dans mon jardin. Amoins que j’opte pour le télétravail : plus de déplacement, plus de pollution ! Dans ma maison, il faudra aussi que je refasse l’isolation, l’alimentation en eau, et que j’installe des panneaux solaires. Evidemment, si j’ai arrêté de travailler, je vais avoir du mal à financer tout cela, mais ça vaut le coup. En même temps que je fais tous ces travaux, je ne dois rien jeter, réutiliser les matériaux, les vieilles boîtes qui traînent dans mon grenier, faire un maximum de bricolage. Mais évidemment sans utiliser de produits qui risquent de nuire à l’environnement (peintures, colles).

Je ne sais pas ce que j’en attendais, mais devant un tel manque de conscience de la société dans la quelle on vit, de cohérence entre les actions et tout bonnement de crédibilité, j’ai décidé de passer mon chemin et de retourner sur le blog du défi pour la terre lancé il y a quelques temps sur le site vie publique. Et là, que lis-je : trois billets. le premier titre "Bienvenue sur le Blog du Défi pour la Terre". Le second, "Lancement du Défi pour la Terre". Et le troisième :

26.05.05 Actualité Merci pour votre engouement :)

Le Défi pour la Terre a révélé un engouement considérable pour l’environnement.
Nous avons reçu depuis l’ouverture du site un très (trop) grand nombre de messages. Nous sommes obligés de fermer temporairement ce blog afin d’accueillir dans de meilleures conditions les nouveaux commentaires.

Nous vous donnons donc rendez-vous sur ces pages dans quelques jours. En vous remerciant de votre patience.

L’équipe du Défi pour la Terre

Décidément, c’est un vrai défi, et la terre va avoir besoin de nous.
Bon faut pas seulement critiquer, il y a aussi des jolis tests rigolos sur le site pour calculer son impact sur l’environnement. Moi j’ai eu les félicitations du jury ! Et vous ?