La fabrication du pruneau

On m’a souvent demandé (plus ou moins directement il est vrai) comment on fabrique les figues sèches. Je m’étais fendue d’une réponse documentée mais peu nourrie par la pratique.

Or doncques, me trouvant il y a peu dans la région d’Agen, j’ai eu l’occasion de visiter une ferme où l’on fabrique les pruneaux. Ca m’a un peu rappelé ce que j’avais appris sur le séchage des figues, alors je me suis dit que cela pouvait toujours être utile. Donc voici comment ça se passe, les liens renvoient vers les photos que j’ai prises lors de ma visite.

D’abord, les pruniers poussent dans des vergers, jusque là rien d’extraordinaire. Vers maintenant (après le 15 août, quoi), on récolte les prunes. Pour cela, on utilise une machine nommée corolle qui attrappe le prunier entre ses mâchoires de métal et de caoutchouc, l’entoure d’une corolle en tissu pour recevoir les fruits, puis le secoue comme… un prunier justement. L’opération sera répétée plusieurs fois pour récolter tous les fruits.

corolle

Ensuite, on dispose les fruits sur des claies sur une seule couche, en vue de leur séchage. Donc voilà, maintenant vous savez à quoi ressemblent les claies ;-)

claies

Ensuite le séchage a l’air plus simple que pour les figues. On passe les claies dans un grand four qui va tout doucement cuire les prunes, pendant 24h à température très douce (moins de 80° dans tous les cas).

Et voilà, on obtient de bons pruneaux ! Je remercie chaleureusement Hélène, Olivier et leur famille pour leur accueil et pour cette visite. Alors si vous passez à Sainte-Livrade n’hésitez pas à aller leur acheter les bons fruits et légumes et même de la liqueur de figues dont je vous dirai des nouvelles tantôt…

Paris Carnet encore

Ce qui est sympa, avec les comptes-rendu de Paris-Carnet, c’est que cela permet de se remémorer la soirée et d’assister virtuellement à toutes les petites scènes qu’on a pu louper.

Ce qui est moins génial c’est quand il faut les écrire… Mais bon, je ne vais pas louper cette merveilleuse occasion de faire venir sur mon blog plein de gens qui par ailleurs s’enfuiraient en courant si ils tombaient sur mes frasques bibliothéconomiques et figuesques.

Donc voilà, Paris-Carnet, c’est super, on ne s’y ennuie jamais, je commence à connaître plusieurs gens et c’est cool. C’est ainsi qu’on a retrouvé Sok toujours aussi rêveur, Nim particulièrement déchaîné, Kerlu très en forme et bien accompagné, Olivier et son autre talent du bricolage…

Je salue tout particulièrement Labosonic et Nawal même s’ils n’étaient pas contents de me voir sans mon petit reporter (au passage je signale que je ne suis pas une maman sans fille mais une personne comme les autres, et qu’un lieu de perdition où l’on fume des cigarettes et boit des pintes jusqu’à des heures tardives en parlant de ce truc au nom étrange "blog", n’est pas un endroit pour une petite fille).

Je salue tout particulièrement Monsieur KA, qui est aussi passionnant et agréable dans la vie que dans sa boîte à images, et après j’arrête les fleurs c’est promis ;-)

Et enfin un petit tour d’horizon avec salutations amicales des gens avec qui je m’attablais pour la première fois, mais on remettra cela avec plaisir Lisbeï qui ne s’inscrit jamais, affleurements idem, Goon sans appareil photo, Thomas que je pense avoir dejà croisé auparavant. Mes excuses à ceux que j’aurais oublié.

Chers gens, si vous êtes venus jusqu’ici, si vous avez apprécié de me croiser dans la vraie vie, ne quittez pas ce blog avec dégoût, il y a au moins une catégorie qui ne parle pas de trucs incompréhensibles dans ce blog c’est celle-là ;-) et rendez-vous à un prochain Paris-Carnet…

Mind the troll

On a pu lire de nombreuses définitions du troll, certaines scientifiques, d’autres mythologiques, et même des explications très techniques. Le troll, ce fauteur de trouble qui lance volontairement des discussions polémiques sans issue sur le Web, toujours en quête de son point Godwin.

L’avantage du Figoblog en la matière est de n’être ni hébergé sur un plateforme de blogs gratuite, ni construit avec un logiciel de blogs populaire, ni enclin à aborder des sujets facilement trollables. C’est pourquoi il n’y a ici qu’un seul troll, mais un troll fidèle, apprivoisé et que je tenais à vous présenter aujourd’hui.

Mon troll apprivoisé signe avec un pseudo variable, parfois il oublie de signer mais le plus souvent, on peut le reconnaître à sa vraie adresse mail (car à quoi bon troller sans être vu).
Mon troll est à ranger dans la catégorie « amusement pur et simple » et ses activités principales (choisies dans la liste de wikipedia) sont :

  • ne jamais être d’accord sur n’importe quel type de sujet,
  • détournements de fond (détourner le fond d’un message en interprétant le sens original),
  • moquerie fraternelle et private joke.

Faut-il nourrir le troll ?
On dit souvent que le seul moyen de se débarrasser d’un troll est de ne pas le nourrir, c’est-à-dire de l’ignorer. J’avoue qu’il m’arrive parfois de répondre à mon troll quand je repère une phrase cohérente, mais c’est vrai que dès qu’il se sent un peu trop à l’aise, le troll commence à grossir, à s’exprimer avec plein de couleurs, des blinks et même des pop-up en javascript et alors il faut passer derrière pour nettoyer, ce qui est assez peu agréable.
Donc, svp, ne nourrissez pas le troll.

Mon troll se défend d’être un troll, aussi je lui propose ce test à titre d’introspection.

Au final, j’aime bien mon troll parce qu’il met de la vie, qu’il est toujours là prêt à proposer un commentaire abscons, et qu’on s’ennuierait bien sans lui.

(Clin d’oeil) Làs, je crois bien avec ce billet dénonciateur avoir agi en sycophante, moi qui serais plutôt "sycophile" ;-)

L’Europe numérique

Ben oui, on y est, dans l’Europe numérique, et en plus, c’est la France qui le dit.

Le 11 juillet dernier (entre le coup de boule de Zidane, les feux d’artifices et la canicule, je crains que cette info ne soit passée un peu inaperçue à l’époque), la France a présenté à Luxembourg ses Propositions pour une Europe numérique.

On ne sera pas surpris d’y trouver, nichés quelques part entre la désormais célèbre fracture numérique (aïe) et la sécurité des petits enfants (oh), nos chers et bien amés bibliothèques numérique européenne et dépôt légal du Web.

Plus surprenante peut-être, l’annonce d’un musée virtuel européen ; on notera également une volonté de promouvoir les initiatives de recherche et développement dans le secteur numérique.

Rions un peu (c’est l’été)

Avertissement: attention c’est du niveau blague carambar, rubrique "amuses tes amis". Merci de prendre ce post au second degré.

Ca fait des années que je m’échine à le dire : si on veut vraiment conserver des documents numériques sur le très long terme, il faut les recopier sur du parchemin. Heureuse de savoir que les archivistes allemands sont du même avis !

Des volontaires ?

With a 500-year lifespan, color microfilm is only half as good as Constantine’s parchment, but is 100 times better than CDs and DVDs. For this reason, archivists, librarians and researchers are also making use of microfilm for digital data as part of a project called ARCHE. The name references Noah’s biblical ark, because it is to preserve valuable data — instead of animal species — for posterity.

Au passage, j’aurais deux questions cruciales concernant ce mode de préservation :

  • comment peut-on savoir que ces microfilms ont une durée de vie de 500 ans ? (à moins qu’ils n’aient été inventés par Léonard de Vinci, eux aussi ;-)
  • apparemment, ils renumérisent les microfilms pour pouvoir les communiquer, vu que plus personne ne veut construire ou réparer les lecteurs de microfilms. J’aimerais savoir ce que cela représente en termes de pertes de fonctionnalités d’accès (donc de signification du document) par rapport à une saine émulation/migration.

Via Digital Curation News.

Paris carnet malgré tout

Si vous étiez hier soir au "O’Cantina café" dans le 12e arrondissement, et que vous avez été photographié par un petit reporter haut comme trois pommes, il se peut que vous retrouviez votre portrait dans sa très jolie galerie de photos.

Si le portrait vous déplaît, un signe de votre part et je le retire.

Mes excuses à Romuald, Nimwendil et les autres de n’avoir pas été très disponible, mais j’ai quand même passé une très bonne soirée et fait de nombreuses connaissances.

Quelques réflexions sur les services dans les bibliothèques numériques

Pendant que je faisais autre chose que bloguer, j’ai pas mal réfléchi aux implications sur les bibliothèques numériques des services du « web 2.0 », qu’on appelle parfois, dans les bibliothèques, de façon plus traditionnelle, les services d’annotation collaborative ou de « lecture assistée par ordinateur ». Aujourd’hui ces trois appellations ont assez de passif pour faire hurler certaines personnes aussi je préfèrerais parler de services pour les usagers-internautes, tout simplement.

Le premier constat à faire sur ce sujet c’est que nous avons beaucoup à apprendre, encore plus que ne pensais.

Ce qui est intéressant dans un service comme Flickr, c’est sa capacité à être abordé suivant un système de niveaux plutôt performant. Ainsi, quand on découvre le service, on ne va utiliser qu’une, ou deux fonctionnalités : basiquement l’upload et la visualisation. Puis on découvre petit à petit les fonctions d’organisation, les tags, les sets. Puis on sort de son compte et on découvre la recherche, les photos des autres et enfin les groupes.

Plus l’usager avance dans cette découverte fonctionnelle, plus il va être amené à maîtriser les aspects complexes de l’interface. Mais il y a à mon avis deux points essentiels à retenir :

  • tant qu’il ne les utilise pas, ces aspects complexes ne le dérangent pas
  • il est suffisamment fidélisé par la performance des services de base pour acquérir la culture du site et donc la maîtrise d’outils de plus en plus complexes.

Si on projette cela sur notre bibliothèque numérique, on rencontre d’abord un gros problème d’érgonomie : écartelée entre le « grand public » (voire le public empêché) mythique qu’il faut à tout prix atteindre, et l’afficionados, le chercheur, l’habitué qui est une valeur sûre, la bibliothèque est en perpétuelle oscillation entre simplicité et performance. Il semblerait que trop souvent elle fasse le choix de taper à peu près au milieu entre les deux, ce qui est bien sûr voué à l’échec. Il y a un défi ergonomique à relever, celui d’une interface « à niveaux » dans laquelle on peut d’abord échapper aux fonctions les plus complexes, pour y venir par la suite quand on se sent prêt.

Le second problème, c’est celui des communautés et de la fidélisation des internautes. On peut se donner beaucoup de mal pour faire que les lecteurs se sentent bien dans nos murs virtuels et pourtant ne pas les voir venir, et pourquoi ? Je n’ai pas de réponse toute faite. Je ne suis pas sûre que les nouveaux services du Web seront une réponse adéquate. On va tomber sur le problème du lecteur solitaire : quel lecteur, quand il va à la bibliothèque, a envie qu’on lui tape sur l’épaule au milieu de sa lecture en lui disant "hep, m’sieur, vous avez vu le type en bleu là-bas, il a lu le même livre que vous ! Vous pourriez vous entendre tous les deux !"
(Le cas des étudiants qui ne fréquentent Ste-Geneviève le soir que pour rencontrer les étudiantes qui, elles, la fréquentent pour travailler est un cas à part.)

Je n’ai pas de conclusion toute faite, seulement une proposition : il faut essayer. Relever le défi de mettre en place ces services, vraiment, au lieu d’en discuter, et voir si ça marche. Certains trucs, certaines interfaces ou fonctionnalités semblent franchement absconses dans notre contexte, je le reconnais. Mais sommes-nous bien sûrs de connaître nos usagers-internautes et leurs besoins ?

Quelques lectures en relation :

Voilà l’été

On serait en train de jouer au monopoly, on aurait l’impression d’avoir pioché une mauvaise carte : rendez-vous directement en été, ne passez pas par la case "printemps", ne touchez pas 20 000 francs. On a trop chaud, le Mercure monte, ça donne envie de partir en vacances au clubmed. Entre deux errances suburbaines, on se laisse aller à vagabonder, les yeux ouverts malgré quelques envies de sieste. Sous la poussière qui s’agite dans les rayons du soleil chaud, on devine le brouhaha, les bruits et chuchotements de l’été qui nous murmure de nous laisser aller à une douce torpeur.

Merci à vous, nouveaux et anciens, et aux autres, pour votre présence dans la blogosphère. Toutes ces voix rassurantes autour de moi m’engagent à un silence serein et respectueux, bercé de l’odeur des figues jeunes et de la promesse des vacances. J’ai envie d’un peu de repos, ou de consacrer mon énergie ailleurs. A plus tard.

La Californie, la Californie

Ils n’en feront jamais d’autres, ces américains, il faut toujours que chez eux tout soit plus grand que chez les autres. Comme par exemple les figuiers.

Le plus grand figuier d’Amérique se trouve à Santa Barbara, en Californie. Il a été planté en 1874 et mesure 175 pieds (environ 53 mètres) de large…

Vous me direz que c’est de la triche, c’est une race de figuier particulier, le Moreton Bay fig tree qui est originaire d’Australie et qui est réputé pour sa grande taille. Mais ses fruits sont à peine mangeables (c’est ça de faire les malins).

Toutefois, selon une source qui m’a récemment été fournie par un lecteur assidu, il y aurait aussi en Californie des figues parfaitement mangeables, avec des producteurs, une fête de la figue et tout ce qu’il faut.

Voilà qui explique tout ce pataquès au sujet de Mountain View. Si c’est un pays de figues, alors, je m’incline.