xISSN

Vous connaissiez peut-être xISBN, un service de Worldcat qui contribue à la FRBRisation en renvoyant tous les ISBN en lien avec un ISBN donné. Ils ont créé un peu la même chose avec xISSN : un Web service qui sert à retrouver des ISSN en lien avec un ISSN donné.

Comme xISBN, il utilise les données de Worldcat pour relier entre eux les ISSN. On peut ainsi récupérer l’historique d’un titre e périodique ou de collection, les différentes formes, les différents supports, les métadonnées.

xISSN est un Web service, vous pouvez donc le tester en utilisant le formulaire de démo, mais ce n’est pas fait pour cela : en principe c’est fait pour être utilisé par une machine (par exemple, vous pourriez appeler ce service depuis votre catalogue pour créer des rebonds entre des notices).

Ils ont aussi développé un outil qui permet de visualiser tout cela sous forme d’un schéma, ce qui peut parfois se révéler utile quand on affaire à un périodique qui a changé de titre, fusionné avec un autre, rechangé de titre, changé de support, etc…

Exemple avec un changement de support :
http://worldcat.org/xissn/titlehistory?issn=0339-543X

Autre exemple (avec plus de circonvolutions dans l’histoire du titre) :
http://worldcat.org/xissn/titlehistory?issn=0151-914X

Pour l’instant je ne vois pas apparaître l’ISSN-L, ISSN de liaison dont l’objectif est justement de fédérer les ISSN pour les différents supports d’un même titre. Mais bon, si j’ai bien compris,
– l’ISSN-L est en fait choisi parmi les ISSN existants des différents supports (ce n’est pas un nouveau numéro)
– il ne gère que les supports coexistants, pas l’historique du titre.

Le service xISSN reste donc tout à fait utile !

Publications en français sur la préservation numérique

Le projet européen DPE (Digital preservation Europe) annonce la traduction en français de plusieurs de ses publications (« briefing papers » – comment traduire ça ?).

Dans la liste on trouve :
– La conservation numérique et les archives en accès ouvert. Un accès permanent aux fonds numériques en accès ouvert
– L’évaluation des documents scientifiques : Une gageure
– Préservation du contenu de l’Audio visuel numérique
– LOCKSS: Rétablir les bibliothécaires en tant que dépositaires du contenu des revue
– Les sources ouvertes dans la préservation numérique

J’espère que leur expert traducteur de français ne va pas s’arrêter en si bon chemin, et va s’attaquer aussi à « Automating semantic metadata extraction », « A data model for preservation metadata », « Persistent Identifiers for Cultural Heritage », « INTEROPERABILITY. A key concept for large scale, persistent digital libraries », et le petit dernier né, publié le 22 septembre : « Identifier interoperability ».

Allez Jean-Pierre ! On est tous avec toi !

Le catalogage comme flux

Probablement les tendances actuelles (je parle de l’évolution technologique mais aussi de la crise généralisée et des restrictions qui touchent le secteur public) vont nous pousser à repenser complètement notre façon de produire les données qui alimentent nos catalogues. Probablement, ces données vont faire ce qu’elles font habituellement sur le Web : elles vont devenir des flux.

Bien sûr, l’un de ces flux réside dans une importance croissante de la mutualisation des données. Aujourd’hui on parle de récupération de notices ( et Silvère nous a bien prouvé qu’on pouvait cataloguer un livre en 1mn 43 secondes, merci au passage pour la démonstration !) mais qu’est-ce qui nous empêche de penser que demain (ou après-demain) on n’aura même plus besoin de récupérer les données, elles se contenteront d’exister, de manière distante, et on pourra construire des systèmes qui pointeront sur elles de la manière qui nous agrée.

Lorcan Dempsey a présenté récemment quelques idées intéressantes sur la question dans un billet où il fait référence à une citation d’Héraclite sur les rivières.

IPRES comme si vous y étiez

Cette année, la principale conférence internationale sur la préservation numérique, IPRES, avait lieu à Londres : elle vient de se terminer. Evidemment, je n’y suis pas allée, trop occupée à pouponner ;-) mais aussi à diverses autres activités.

Heureusement, il y a toujours des gens sympa pour bloguer les conférences ; dans ce cas précis, c’est Chris Rusbridge du Digital Curation Centre qui a blogué IPRES sur le blog du DCC.

Je n’ai pas encore tout lu mais il y a sans doute des choses intéressantes à y trouver comme ce projet InSPECT qui travaille sur les « significant properties » : les caractéristiques essentielles d’un objet qui sont nécessaires pour garantir son authenticité.

Adorables figues

On m’a signalé récemment la parution de cet ouvrage essentiel : La communauté des adorateurs du figuier par Franck Berthoux. D’après la 4e de couv. (ill. en coul.), ladite communauté, dont le sigle ressemble furieusement à celui d’un organisme dont la générosité me tient à coeur ces derniers temps, était une espèce de secte qui défendait l’idée que la pomme d’Adam et Eve était en fait une figue. Il faudrait que j’y jette un oeil, moi qui suis une adoratrice reconnue de la figue ;-)

J’en profite pour vous donner un petit conseil automnal. Les figues n’étant pas excellentes cette année, choisissez-les très mûres ; le meilleur signe est que sous la base de la figue on voit la chair rouge à travers une déchirure en forme d’étoile… Si vous en achetez toute une barquette et que celles du fond, malgré une couleur sympathique, restent obstinément dures comme du bois, voici une recette qui permet de les recycler :

– couper les figues en 4
– les faire revenir 2 minutes à feu vif avec une noisette de beurre
– ajouter 1/2 sachet de sucre vanillé
– faire revenir encore 2 minutes en remuant délicatement (pour ne pas faire la charpie)
– servir avec une boule de glace à la vanille.
C’est très bon !

Merci au dépôt légal pour la référence du livre.

Delicious, Chrome et quelques réflexions sur les URI

Cet été, le service de favoris partagés « delicious » a changé de peau. Il est passé d’un design minimaliste résolument « Web 0.1 » à quelque chose de minimaliste aussi, mais plutôt dans la veine « 2.0 » avec des icônes en forme de muffins et des trucs comme ça. Ce changement fait assez peu de différence à mes yeux vu que je n’utilise ce service qu’à travers le « bookmarklet » de mon navigateur préféré, et le fil RSS que je visionne dans mon agrégateur préféré, donc je ne le vois pour ainsi dire jamais. Mais par contre, j’ai bien remarqué qu’ils avaient changé l’adresse de leur site : de http://del.icio.us ils sont passés à http://delicious.com.

Ce changement me paraît totalement emblématique à la fois de la démocratisation (recherchée ou effective, cela reste à savoir) du service, et d’un état de fait du Web d’aujourd’hui qui est la transparence – ou plutôt, l’invisibilité – des URI. Je m’explique : le nom du service d’origine était une astuce géniale qui utilisait et détournait le principe des noms de domaines « en-point-quelque-chose » : l’extension « .us » était avalée par le reste du nom de domaine, ne se prononçait plus, s’effaçait devant l’identité du service. « delicious.com » c’est carrément triste à côté (et même, si on veut, « www.delicious.com » !!!)
Quand on voit la confusion qui existe aujourd’hui dans l’esprit des gens (là je pense à l’internaute qui sait utiliser un webmail, poster sur un blog, mettre ses photos dans flickr mais n’a aucune idée de comment tout cela fonctionne) autour de la notion d’adresse URL, cette évolution semble toutefois logique. Cette astuce, qui, à part les « web-geeks », pouvait la comprendre ? Ca devait surtout compliquer le bouche-à-oreilles (non, pas en un seul mot, tu tape D-E-L, puis point, puis…)
Le navigateur de Google, Chrome, s’assoit sans vergogne sur la distinction entre une recherche et une adresse : de toute façons, franchement qui s’embarasse de retenir une adresse quand le moyen le plus rapide de la retrouver est de rechercher le site dans Google ? Donc autant n’avoir qu’une seule « barre » qui va, suivant ce qu’on lui demande, envoyer directement l’adresse demandée ou répondre par une liste de résultats Google. Personnellement cette confusion m’agace mais ça doit être mon côté bibliothécaire à chignon qui aime que chaque chose soit bien identifiée, rangée, classée (ou alors c’est l’influence des cases du voisin).

Admettons alors que le changement d’URI du service Delicious soit dans l’air du temps. Mais au fait, qui se soucie encore d’enregistrer des favoris, alors qu’on peut les twitter, les facebooker, les smober, ou faire n’importe quoi d’autre d’un coup de commande ubiquity (à tester d’urgence si vous ne l’avez pas déjà fait – vous n’êtes pas près d’abandonner Firefox…) ? Heureusement, il reste http://identi.ca/ !

Le temps n’est rien

Le temps n’est rien est le titre d’un livre que j’ai lu récemment. Non pas que je vous en recommande particulièrement la lecture, à moins que vous ne soyez de fervents adeptes des drames sentimentaux assez déprimants. Mais bon, ce bouquin raconte l’histoire d’un type qui se trouve être bibliothécaire à la Newberry Library de Chicago. Je ne résiste pas à l’envie de vous citer la phrase du livre, lancée par une amie lesbienne à la future épouse du bibliothécaire en question :

Faut que t’en profite un peu avant de te caser avec ton Rat de Bibliothèque. (…) T’auras à peine eu le temps de dire ouf que tu vas te retrouver avec une ribambelle de bibliothécaires modèles réduits qui chieront la classification décimale de Dewey dans leurs Pampers.

Bon c’est pas tous les jours qu’on lit ce genre de référence à la Dewey dans un roman quelconque. Enfin je vous rassure, j’ai bien inspecté le contenu des miennes, de Pampers, et point d’indices ni de cotes (d’ailleurs on s’attendrait plutôt à y trouver des triples ou des métadonnées de préservation, mais non plus !)

Méditation sur les métadonnées

Un peu tout le monde a remarqué le diaporama ultime d’Andy Powell sur les métadonnées.

Lorcan Dempsey a remarqué la phrase qui tue dans ce diaporama :

« Metadata tends to get more complicated the longer you think about it. »

Plus on s’intéresse aux métadonnées, plus ça se complique ! J’avoue que mon expérience tend à confirmer cette maxime. Dans le monde des métadonnées, les solutions qui ont l’air brillantes de simplicité, évidentes et formidables, tendent à se compliquer nettement quand on essaye de les mettre en oeuvre. Le monde des métadonnées est tellement plein de données locales, de strates historiques de catalogage, de particularités bibliographiques, de types de documents spécifiques… Sur ce, je vous laisse, faut que j’aille FRBRiser mon catalogue avant de le passer en RDF ;-)

Classifications

OCLC a lancé un nouveau service expérimental : Classify. Il permet, à partir d’un identifiant type ISBN ou autre, de savoir comment est statistiquement le plus souvent classée une oeuvre (je parle bien d’une oeuvre, car il y a une étape de FRBRisation). On obtient les résultats en Dewey, en classification de la Library of Congress, et parfois d’autres (comme la classification de la National Library of Medecine).

Je suppose que ces données sont basées sur Worldcat : donc peu de chance de voir surgir un ouvrage classé en OSC… En quoi ??? En Open Shelves Classification, une nouvelle classification collaborative proposée par Library Thing pour … remplacer la Dewey, rien que cela ! (voir Bibliobsession)

L’autre concurrente de la Dewey, la CDU, n’a pas seulement un riche passé, elle a aussi un avenir, l’ensemble étant récapitulé dans cet article.

Et puisque je suis dans les classifications, j’en profite pour signaler deux communications de l’IFLA 2008 qui évoquent la question des alignements de vocabulaires : celle-ci qui porte sur l’utilisation des technologies du Web sémantique pour rapprocher des vocabulaires de descriptions d’enluminures médiévales, et celle-là présente une expérience allemande d’alignement automatique d’une variété de vocabulaires et de thésaurus en sciences sociales.

Merci principalement à catalogablog.

Postez des figues !!!

Si vous n’avez pas assez d’imagination pour savoir quoi offrir à vos amis pendant ces vacances, rassurez-vous : les bureaux de poste du Var s’en sont chargé. Ils ont inventé un concept, le « coliVar », qui vous permet d’envoyer en 48h un colis contenant des produits du pays, sucrés ou salés. Selon la formule choisie, votre colis comportera notamment :
– de la confiture de figues de Solliès,
– de la pâte de fruits à la figue,
– des figues confites de Solliès,
– de la moutarde à la figue,
– du confit de figues.
Evidemment, il ne leur est pas venu à l’idée de proposer un « coliFigue » dans lequel on trouverait tous ces produits et que ceux-là… Je devrais leur suggérer l’idée. Bien sûr, tout ça ne vous concerne que si vous passez vos vacances dans le Var.

Sinon, dans les nouveaux produits à la figue à ne pas rater cet été, j’ai relevé :
– la moutarde à la figue justement, assez bizarre mais ça se marie bien avec les grillades et leur donne un petit goût sucré
– le chocolat Côte d’Or figues et amandes : si vous en trouvez, il est assez bon, un peu trop sucré à mon goût et on ne sent pas vachement la figue, mais quand même, du chocolat à la figue, ça ne se rate pas
– les galettes Saint-Michel à la figue et à l’huile d’olives : elles sont excellentes vraiment, surtout si vous aimez les gâteaux pas trop sucrés.