Au CERN, le berceau du web (ECREA workshop)

En ce début février 2025, j’ai eu la chance de participer à la conférence-atelier de la section « Histoire de la communication » de l’ECREA qui portait sur l’histoire des réseaux de communication avant et après le web, et se tenait en Suisse, au CERN. Je pense que le choix du lieu n’a pas été étranger au succès de cet événement qui, aux dires des organisateurs et organisatrices, a suscité environ deux fois plus de propositions que leurs conférences habituelles, les conduisant à organiser l’ensemble de la conférence sur deux sessions parallèles. Mais bon, il faut dire qu’aller parler de l’histoire du web là où il a été créé, c’est quand même énorme !

J’avais pour ma part choisi cette conférence pour ma toute première communication autour de mon projet SkyTaste qui porte sur l’histoire de la plateforme Skyblog (pour en savoir plus sur ce projet et sur Skybox, son jumeau, ça se passe sur Webcorpora). Plusieurs raisons pour ce choix : d’abord pour l’ancrage disciplinaire, en effet il me tenait à cœur de le présenter dans une conférence d’historiens et historiennes. Mais aussi parce que l’appel à communication faisait la part belle à la question des imaginaires autour des réseaux, et je trouvais que ça collait bien. Je n’ai pas été déçue.

Je vous propose de revivre ici quelques temps forts de la conférence, sans aucune ambition de représentativité complète.

Matérialité des réseaux et écologie : imaginaire de la ruine

Quand on étudie principalement des réseaux numériques, soi-disant virtuels, la confrontation avec leur matérialité (enchevêtrements de câbles, salles machines, etc.) provoque toujours une certaine émotion. Il y a une poésie dans ces installations fonctionnelles dans lesquelles on n’a pourtant pas nécessairement injecté beaucoup d’amour et d’esthétique : d’ailleurs, le campus du CERN se pose là en la matière, tout y est gris et rectangulaire, ostensiblement moche, comme si réfléchir au design de ces bâtiments dédiés à la science dans ce qu’elle a de plus « dur » aurait risqué de les rendre moins sérieux. Mais bon, prenez un groupe de chercheurs et chercheuses en sciences humaines et déposez-les là, vous les entendrez s’extasier sur l’esthétique des poteaux téléphoniques, avouer (à l’image de Nicole Starosielski) que visiter le plus de « Cable Landing Stations » possibles dans le monde est leur but ultime dans la vie, ou encore prendre en photo frénétiquement les installations de communication vintage qui semblent ici encore en service.

Avec son film Do sheeps dream of electric ruins, Matt Parker, artiste multimédia, nous a proposé un moment hors du temps, sur les rives irlandaises, au milieu d’un troupeau de moutons qui reconquiert les ruines d’une ancienne station du télégraphe. Ça dure onze minutes, c’est contemplatif et poétique, ça parle de réseaux, de nature, de notre monde et de ce qu’il devient. Regardez-le.

Avant le web (et à côté)

Avez-vous déjà entendu parler des BBS (Bulletin Board Systems) ? Aviez-vous déjà pensé au rôle qu’a pu jouer le fax dans l’idée de travail à distance ? Comment faisait-on dans les années 1980 pour faire fonctionner un ordinateur personnel ? Saviez-vous qu’avec le fournisseur d’accès Freesbee, en 2000, aller sur Internet était « non seulement gratuit, mais moins cher » ? En abordant « l’avant » web, la conférence a permis de replacer l’histoire du web dans le temps long.

Jesper Verhoef nous a ainsi présenté le fax « en tant que proto-Internet » et montré comment celui-ci avait commencé à remettre en cause l’équilibre entre vie privée et professionnelle (bien avant que cette question ne se pose de nouveau autour de WeChat en Chine avec Yinan Sun). Kevin Driscoll a étudié le magazine Byte, qu’il assimile à une « communauté par voie postale » utilisant le courrier des lecteurs (et le courrier tout court) pour échanger des infos à une époque où quand on achetait un ordinateur, il ne contenait pas de programmes et il fallait les rentrer soi-même. Valérie Schafer s’est intéressée à la collection de kits d’accès à Internet d’Alain Letenneur pour découvrir ce que le CDrom peut avoir à nous apprendre sur l’Internet des années 2000, son modèle économique, son imaginaire. Niels Brügger a étudié la presse danoise entre 1979 et 1999 pour découvrir comment les réseaux informatiques étaient perçus au Danemark à l’époque (à voir absolument : le site vintage du projet Webhistorie.dk). Susan Aasman a retracé l’évolution de la vidéo en tant que média, des années 1970 à TikTok.

Je pourrais continuer à multiplier les exemples, citer toutes les communications que j’ai entendues (et aussi celles que j’ai loupées parce qu’il y avait deux sessions parallèles)… mais je crois que l’idée à retenir est surtout celle de la recherche d’une forme de continuité ou d’éclairage des transformations que nous vivons à l’heure de la culture numérique et d’Internet, à la lumière d’évolutions plus lointaines et profondes des moyens de communication.

Le berceau du web

Jouant le jeu de nous emmener à l’endroit précis où Tim Berners Lee a imaginé le web, dans le bâtiment 31, en face du data center, les organisateurices de la conférence ont aussi invité trois éminents témoins à nous raconter le CERN au tournant des années 1990 : Robert Cailliau, François Flückiger et Pier Giorgio Innocenti. C’était l’occasion de les entendre évoquer les différents facteurs qui ont fait du web, tel que pensé par Tim Berners Lee dans sa proposition initiale (la fameuse qui a récolté le commentaire « vague but exciting »), une réussite alors que tout le monde travaillait sur des idées similaires à l’époque. Parmi les ingrédients secrets évoqués :

  • 50% de chance, si on en croit Robert Cailliau,
  • le cerveau de Tim Berners Lee, que personne ne comprenait vraiment ^^ mais qui a pensé les choses de manière globale dès le début,
  • une idée géniale : l’URL, une chaîne de caractères unique contenant à la fois un protocole, l’adresse d’un serveur, l’emplacement et le nom d’une ressource,
  • le CERN lui-même, un lieu unique avec une forte expertise, pas de problèmes d’argent et une foule d’ingénieurs habitués à résoudre des problèmes,
  • la simplicité : le web fonctionnait avec seulement deux standards, HTTP et HTML, presque trop simples pour attirer l’attention (au point que l’article proposé par Tim Berners Lee et Robert Cailliau à la conférence Hypertext de 1991 au Texas fut refusé),
  • l’erreur 404 : le web pouvait fonctionner sans qu’on ait besoin de réparer tous les problèmes,
  • enfin et peut-être surtout : la décision prise par le CERN de renoncer à ses droits sur l’invention, et l’utilisation d’une licence ouverte.

En 1995, François Flückiger publie le livre Understanding Networked Multimedia. Selon lui, la plupart des choses, bonnes ou mauvaises, qu’il y avait prédites se sont produites… Mais personne n’avait vu arriver les réseaux sociaux. Une question structurante en matière d’histoire du web.

Des émotions, toujours des émotions !

Les émotions étaient au rendez-vous à travers cette histoire des réseaux et du réseau, et au premier rang de celles-ci, la nostalgie. Le « web d’avant » apparaît comme un espace majoritairement, sinon totalement, tourné vers le partage de la connaissance, porté par des acteurs académiques ou associatifs, voire par les communautés elles-mêmes, espace d’expression d’une contre-culture s’opposant aux modèles de domination capitalistes (et autres).

Dans les travaux de l’initiative « Matter of imagination« , portée par Anya Shchetvina et Nathalie Fridzema, les émotions (nostalgie, beauté, intimité, esprit de jeu, confort…) et les imaginaires (avec des métaphores spatiales : jardins, maisons, autoroutes…) jouent un rôle important pour faire apparaître une opposition entre ce « web d’avant », plus personnel et authentique, et le web commercial contrôlé par les plateformes. Mais ce n’est pas seulement une question de nostalgie : c’est aussi une opposition économique entre le web vu comme un bien commun et les plateformes qui le transforment en espace privé. Se tourner vers le web du passé apparaît comme un moyen de contrecarrer les caractéristiques communes du web, en recherchant une expérience où le web est « lent » plutôt que rapide, « petit » plutôt que gigantesque. À l’exemple du Yesterweb, un mouvement né en 2021 sur Discord, on s’autorise à rêver d’un retour aux sources du web, en faisant la démarche de s’éloigner d’un « web principal » (core web) dominé par des plateformes commerciales en situation de monopole (typiquement, les GAFAM), pour aller vers un « web périphérique », plus discret et reposant sur d’autres modèles de gouvernance.

Nous avons été plusieurs à faire le lien entre ces émotions et la notion de patrimoine. Ainsi, Christian Schwarzenegger étudie la patrimonialisation du jeu vidéo en s’interrogeant sur les émotions liées à la jouabilité et aux réseaux de gamers, dans l’Allemagne des années 80. On retrouve le côté contre-culture, en découvrant comment les jeux vidéos parvenaient à passer le mur qui séparait l’Allemagne de l’Est et de l’Ouest et à permettre l’émergence de réseaux « pirates ». Mais ce n’est pas tout… En organisant des ateliers avec des communautés de gamers, Christian pose la question de ce qu’il est possible ou souhaitable de patrimonialiser pour rendre compte de cette expérience, cherchant tout particulièrement à identifier les émotions qui sont liées au jeu et les éléments qui sont susceptibles de les susciter à nouveau, dans la perspective de la collecte ou la création d’un nouvel objet patrimonial. La démarche est en fait très proche de ce que j’essaye de faire avec mon étude des émotions patrimoniales liées aux skyblogs (pour en savoir plus, vous pouvez consulter le résumé de mon intervention en attendant que je trouve un moyen / le temps de la publier).

Pour finir, un peu de théorie

Dans la dernière session parallèle à laquelle j’ai assisté, Leah Lievrouw et Paolo Bory sont revenus aux fondements théorique de l’analyse des réseaux en sociologie et en théorie de la communication : Gabriel Tarde (1843-1904) dont les théories ont bien plus tard influencé la théorie de l’acteur-réseau de Bruno Latour &co, Georg Simmel (1858-1918), Ferdinand Tönnies (1855-1936) et plus proches de nous, Paul Baran (auteur d’une représentation bien connue des différents types de réseaux), Patrice Flichy ou encore Pierre Musso.

Cette image schématise 3 types différents de réseau : centralisé (1 noeud avec des liens en étoile), décentralisé (plusieurs noeuds reliés entre eux, avec chacun leur étoile) et  distribué (plusieurs noeuds reliés à la façon d'un filet ou d'une grille).
Les différents types de réseau selon Paul Baran (via Paolo Bory)

Ce retour aux fondamentaux fait apparaître une vision anti-structuraliste, « anti-Durkheim » des réseaux comme environnements inter-personnels qui commencent avec des relations sociales avant que leurs interactions ne fassent apparaître et évoluer des structures. À trop se focaliser sur la catégorisation des nœuds, plutôt que de s’intéresser à la nature constamment changeante (« ever-changing« ) des liens, les réseaux acquièrent une dimension aliénante. L’idée d’un réseau décentralisé comme le web portait de grands espoirs en terme de connexion, d’interopérabilité, de créativité, etc. De fait, à travers les plateformes, elle débouche sur un réseau atomisé, où les individus ne sont pas reliés mais divisés et séparés, tandis que le réseau ne cherche qu’à se nourrir lui-même. Est-ce vraiment le type de réseau que nous voulons ?

Quelques références

Fluckiger François, Understanding networked multimedia: applications and technology, London, Prentice Hall, 1995.

Berners-Lee Tim et Fischetti Mark, Weaving the Web: the past, present and future of the World Wide Web by its inventor, London, Orion business book, 1999.

Castells Manuel, The rise of network society, Oxford, Blackwell, 1999.

Brügger Niels (ed.), Web 25: histories from the first 25 years of the World Wide Web, New York, Peter Lang, 2017.

Aasman Susan, Fickers Andreas et Wachelder Joseph (eds.), Materializing memories: dispositifs, generations, amateurs, New York, Bloomsbury Academic, 2018.

Schafer Valérie (ed.), Temps et temporalités du Web, Nanterre, Presses universitaires de Paris Nanterre, 2018.

Brügger Niels, The archived web: doing history in the digital age, Cambridge, Massachusetts, MIT Press, 2018.

Turner Fred, Vannini Laurent et Cardon Dominique Préfacier, Aux sources de l’utopie numérique: de la contre-culture à la cyberculture, Stewart Brand, un homme d’influence, Caen, C&F éditions, 2021.

Musso Pierre, L’imaginaire du réseau, Paris, Editions Manucius, 2022.

Les 5 lois de Ranganathan

Me voici encore sur les routes, et pas le temps de bloguer.

Pendant mon absence je vous propose de méditer les 5 lois de la bibliothéconomie de Ranganathan :

  • les livres sont faits pour être utilisés
  • à chaque lecteur son livre
  • à chaque livre son lecteur
  • épargnons le temps du lecteur
  • la bibliothèque est un organisme en développement.

Retrouvez l’ouvrage complet de Ranganathan ici.

Fontenay la nef de l'abbaye

Je vous proposerai une petite réflexion sur les lois de Ranganathan dans le monde numérique à mon retour (des promesses…)

L’historien, le boucher et la bibliothèque

« Bonjour, je vais prendre deux kilos de sources s’il vous plaît ! »

Ainsi l’historien de demain s’adressera-t-il à son bibliothécaire, comme si c’était son boucher, pour commander de la source qui aura été préparée spécialement pour lui dans des projets comme celui-ci ou celui-là.

Temple de Zeus

N’est-ce pas la marque d’un orgueil démesuré, que de croire que nous pouvons inventer l’histoire de demain en "créant de la source" ? Ou sommes-nous tellement désespérés par les problèmes de préservation des documents numériques que nous pensons que seuls les documents préparés exprès à cette fin arriveront jusqu’aux générations futures ?

Notre travail de passeurs consiste bien à préserver de la source pour les historiens de demain. Mais le Patrimoine, ce n’est pas une chose qu’on peut constituer de manière arbitraire ou hasardeuse. Seule la collecte ouverte, patiente, et représentative de ce tout qu’est le Web d’aujourd’hui, pourra dans le meilleur des cas servir de source aux historiens de demain.

Quand aux projets History Matters ou Time Capsule, tout ce qu’ils apprendront à ces historiens du futur, c’est que nous traversons en ce début de 21e siècle une époque obsédée par sa propre mémoire, et égarée face au passage du Temps et aux changements qu’il apporte.

Merci à Homo Numericus.

Mi-figues, mi-raisin

Voilà une belle expression que je vous propose aujourd’hui d’illustrer à l’aide d’un fromage : le Boursin figues et noix.

Mi-figue, mi-raisin, tel est mon avis concernant ce fromage qui bien que très bon, frais avec un petit goût sucré et le croquant des noix, s’avère un peu décevant du strict point de vue des figues.
En effet, en lisant plus attentivement la liste des ingrédients, on découvre que pour seulement 2% d’une préparation de figues augmentée de sucre, on trouve aussi une certaine quantité de raisins secs entiers. On tombe d’ailleurs aisément sur ces derniers en tartinant le fromage.

Les corinthiens du XVe siècle mélangeaient des figues sèches, plus lourdes et moins coûteuses, à leurs précieux raisins de Corinthe, trompant ainsi leurs acheteurs avec un produit contenant du mauvais et du bon (mi-figue, mi-raisin).
A l’inverse, nos amis de chez Boursin nous vendent du raisin en le faisant passer pour de la figue. Voici une inversion caractéristique du bon (autrefois le raisin, aujourd’hui la figue) et du mauvais (et vice versa).

La figue, première culture de l’humanité

Je remercie simultanément deux lecteurs dont je préserverai ici l’anonymat pour leur sagace découverte : les figues seraient la plus ancienne culture de l’humanité !!!

Les premières figues domestiquées par l’homme dateraient d’il y a près de 12.000 ans, 1000 ans avant les premières cultures de blé ou assimilé, et bien avant la vigne, l’olivier ou encore le dattier. La culture de la figue marquerait la fin des chasseurs-cueilleurs et le début des cultivateurs.

Sources : BBC news et Yahoo News.

Ca me fait penser à la vision symbolique et religieuse de la chose : et ils cueillirent le fruit sur l’arbre, le mangèrent, et tout à coup s’aperçurent qu’ils étaient nus ; il prirent des feuilles de figuier pour s’en vêtir et … voilà, c’est le début de la civilisation.

Archivegrid

Voici un étrange truc que nous annonce RLG, avec un peu de fanfare, pour 2006 : Archivegrid.

Il s’agit de mettre en ligne des ressources archivistiques internationales concernant les personnes, les groupes, les lieux et leur histoire en général, conçu un peu sur le modèle de RedLightGreen.

Comme son nom (et son logo) l’indique, Archivegrid sera quelque chose de plus qu’un portail ou un site fédéré ; un véritable "grid" avec beaucoup de partenaires et une impressionnante interface à facettes (??) dont on se demande ce qu’elle cache comme indexation sujet.

Bref un espèce de méta-inventaire d’archives, apparemment basé sur l’EAD mais pas seulement, qui imite (en mieux ?) les méta-catalogues de bibliothèques. Une future réjouissance pour les historiens. Pour la France on y trouve nos amis de la DAF.

Envie de participer ?

Merci à ResourceShelf.

Le livre, c’est sacré

L’imaginaire du livre, très puissant dans notre société, en fait un objet sacralisé ce qui peut expliquer certaines réticences à passer à autre chose. (Je répète que ce pauvre Gutenberg n’a pratiquement rien à voir là-dedans).

Qu’est-ce qui explique notre attachement viscéral au codex, qu’on pourrait aussi appeler le tourne-page ? Je ne résiste pas à l’envie de vous proposer sur le sujet une petite citation à la manière de Got :

L’essor du livre-cahier de notes et son passage au livre proprement dit, nous le devons d’abord aux chrétiens et d’une manière générale aux mouvements de religion personnelle du début de notre ère (…) De plus, pour les chrétiens, l’usage du codex leur permettait de se distinguer des Juifs dont les textes sacrés étaient présentés sous forme de rouleau. Ils le sont encore : la Torah, la loi juive, est restée un volumen, unique survivance, dans notre monde, du type de livre usuel dans l’antiquité.

C’était dans Les collections de l’Histoire, oct-dec. 2005 : "Du papyrus au papier, l’invention du livre" entretien avec Jean Irigoin de l’Institut de France.

J’espère que Zid dans son nouveau chez lui Médiévizmes aura quelque chose à dire là-dessus ;-)

Confiture de belles images

Dans la série retrouvons le plaisir de surfer ailleurs que sur les blogs, voici quelques ressources intéressantes dans le domaine de l’histoire du livre, avec plein de jolies choses numérisées…

  • un site qui réunit des plans anciens de Paris numérisés, avec un bon outil de zoom pour les consulter
  • un site qui permet de trouver des cartes de Rome
  • un joli site plein de belles images sur l’histoire du livre et de l’édition à l’époque moderne : Textes rares
  • le site personnel de D. Varry où on trouve de nombreuses ressources en histoire du livre et en particulier en bibliographie matérielle.

Parmi ces dernières je vous recommande tout particulièrement la base de données catalane de marques d’imprimeurs, très pratique et où on trouve plein de jolies choses comme cette licorne de Kerver…

Les aventures de Pierre Cruche sur le Web

L’autre jour, j’étais fort occupée à essayer d’orthographier correctement le nom d’un graveur : Pierre Eskrich, dit "Vase" ou "Cruche" (pas croyable un nom pareil quand même !). Un important graveur lyonnais du 16e siècle, qui a (aurait ?) illustré notamment ça (voir aussi tout plein d’autres resssources ), ça (encore que… pas sûr), ou encore ça.

C’est alors que j’ai découvert le Dictionnaire historique de la Suisse, dans lequel on peut apprendre plein de choses sur l’histoire de la Suisse, gratuitement et en ligne.

Je suis aussi tombée sur ce site : Typographie et civilisation dans lequel on trouve plein de textes sur l’histoire du livre et de la typographie, gratuitement et en ligne.

Et puis j’ai trouvé cette bibliographie très complète sur Bernard Salomon (un collègue de Cruche/Vase).

Je me suis donc promis d’arrêter de faire de la schizophrénie, et d’essayer de pratiquer un peu dans mes recherches ce que je défends habituellement avec tant de verve dans mon travail. J’espère que ça ne perturbera pas trop mes lecteurs bibliothéconomes ;-) allez ça fera un peu de changement.

Histoire et Internet

Je me suis trouvée l’autre jour à cette journée d’étude organisée par la BDIC sur le thème "Classification et histoire". La deuxième journée a commencé par une intervention brillante de Philippe Rygiel dont je ne ferai pas le résumé ici de peur de trahir ses idées… Mais il abordait la question d’Internet utilisé comme source de l’histoire, ainsi que de l’impact d’Internet et de l’informatique d’une manière plus générale sur l’histoire et l’écriture de l’histoire.

Bref, il a cité entre autres ce site : Atlas interactif de l’immigration en France qui est une initative très intéressante. A partir d’une base qui réunit des données sur l’immigration en 1931 et 1936, il permet à l’internaute de choisir ses paramètres pour construire sa propre carte de l’immigration. On peut par exemple demander l’immigration des hommes belges en 1936 et la proportion de belges par rapport aux autres étrangers dans chaque département ;-)

Au passage, je signale que dans la revue de la BDIC Matériaux pour l’histoire de notre temps il y a un numéro spécial sur l’utilisation d’Internet comme source par les historiens (avec un article de Rygiel justement).

Parmi les conclusions de son intervention, Rygiel soulignait que l’histoire savante est presque absente du Web, et qu’en tout cas les historiens qui s’expriment dans les forums ou les listes de discussion ne proposent quasiment jamais de débats ni de textes. Il y voyait une difficulté d’appropriation du média mais aussi, peut-être, la conséquence d’un enjeu de pouvoir, en particulier si le Web devait s’affirmer pour l’historien comme un espace d’expression "libre" hors de son institution. Ca m’a fait penser aux blogs