Histoire et Internet

Je me suis trouvée l’autre jour à cette journée d’étude organisée par la BDIC sur le thème "Classification et histoire". La deuxième journée a commencé par une intervention brillante de Philippe Rygiel dont je ne ferai pas le résumé ici de peur de trahir ses idées… Mais il abordait la question d’Internet utilisé comme source de l’histoire, ainsi que de l’impact d’Internet et de l’informatique d’une manière plus générale sur l’histoire et l’écriture de l’histoire.

Bref, il a cité entre autres ce site : Atlas interactif de l’immigration en France qui est une initative très intéressante. A partir d’une base qui réunit des données sur l’immigration en 1931 et 1936, il permet à l’internaute de choisir ses paramètres pour construire sa propre carte de l’immigration. On peut par exemple demander l’immigration des hommes belges en 1936 et la proportion de belges par rapport aux autres étrangers dans chaque département ;-)

Au passage, je signale que dans la revue de la BDIC Matériaux pour l’histoire de notre temps il y a un numéro spécial sur l’utilisation d’Internet comme source par les historiens (avec un article de Rygiel justement).

Parmi les conclusions de son intervention, Rygiel soulignait que l’histoire savante est presque absente du Web, et qu’en tout cas les historiens qui s’expriment dans les forums ou les listes de discussion ne proposent quasiment jamais de débats ni de textes. Il y voyait une difficulté d’appropriation du média mais aussi, peut-être, la conséquence d’un enjeu de pouvoir, en particulier si le Web devait s’affirmer pour l’historien comme un espace d’expression "libre" hors de son institution. Ca m’a fait penser aux blogs

3 réflexions sur “Histoire et Internet

  1. Philippe Rygiel, vu et entendu hier à la table ronde « Portails médiévistiques », dit vrai à propos de l’absence de l’histoire savante sur le web. La difficulté d’appropriation du média est une chose, quoi qu’elle soit plutôt d’ordre conceptuel et intellectuel que matériel. Le problème essentiel, on l’a entendu assez hier, est bien un problème d’enjeu de pouvoir. Qui l’emportera ? Le souci de l’institution à laquelle est rattaché l’historien, le souci de sa carrière qui lui fera écrire bien lisse dans son blog (s’il ose en tenir un) ou encore la conscience nécessaire de son métier d’historien ? No comment.

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