… n’oublie pas mon petit soulier…

… Imaginez…

C’est Noël. Paris se couvre d’un manteau de flocons blancs qui étouffe le bruit de la circulation. L’esplanade de la BnF, entièrement recouverte, s’est transformée en un grand terrain de jeu.

Tout à coup, faisant taire les cris de joie des enfants, retentit le tintement mélodieux d’une nuée de grelots. Les nuages se percent d’une trouée lumineuse, et le traineau du père Noël apparaît, tiré par quatre rennes fringants et volants.
Après avoir voleté quelques instants au-dessus du jardin, il se dirige vers un groupe de bibliothécaires qui se tenaient là au pied d’une tour, se réchauffant les mains à leur gobelet de café, et devisant agréablement des mérites comparés de Google et du catalogue Bn-Opale Plus.

« Je vous ai entendus, déclare le père Noël, et j’ai décidé de vous faire un cadeau. Vous pouvez me demander chacun une fonctionnalité que j’ajouterai au catalogue. Celle que vous voulez. »

Si vous étiez dans ce groupe de bibliothécaires … qu’est-ce que vous demanderiez ? (Perso, je pense que je choisirais la FRBRisation, parce que vu le travail qu’il y a sur les données, un coup de main du père Noël serait le bienvenu ;-)

(PS : soyez nombreux à répondre ! je compte sur vous !)
(PPS : pas de mauvais esprit, hein, soyez constructifs, ne m’obligez pas à modérer…)

Don’t Panic !

Tels sont les mots inscrits sur la couverture d’un des plus célèbres ouvrages de l’univers, le Guide du Voyageur Galactique (H2G2 pour les intimes). Il m’a semblé ces derniers jours que ce livre, qui peut vous sortir des pires situations (comme par exemple être précipité dans le néant de l’Univers avec une espérance de vie de 30 secondes) à l’aide d’une serviette éponge, et qui détient la réponse à la fameuse question de la Vie, l’Univers et du Reste (42), ce livre donc était probablement la solution adéquate dans ce moment de doute.

Et en effet, dans le second opus de l’Oeuvre M. Douglas Adams, qui s’intitule Le Dernier restaurant avant la Fin du Monde, on peut lire à la page 228 (édition Folio SF) :

Le problème majeur – l’un des problèmes majeurs, car ce n’est pas le seul – l’un des nombreux, donc, problèmes majeurs que soulève l’exercice du pouvoir est fonction de qui on trouve pour l’exercer ; ou plutôt, de qui s’arrange à amener les gens à le laisser l’exercer sur eux. En résumé, il est un fait patent, que ceux-là mêmes qui ont le plus envie de gouverner les gens sont, ipso facto, les moins aptes à le faire. Pour résumer le résumé : quiconque est apte à parvenir à se faire élire président ne devrait à aucun prix être laissé libre d’exercer cette fonction. Pour résumer le résumé du résumé : les gens sont un vrai souci.

Sur cette méditation transcendentale et anarchiste qui me rappelle un peu ma jeunesse, je vais retomber dans mon mutisme printanier, et, le Guide du Routard (le vrai) dans une main et mon ordinateur portable dans l’autre, je pars en exil bibliothéconomique à Barcelone.

Petite pause

Depuis 15 jours, il m’est arrivé plein de choses : j’ai eu 30 ans, j’ai eu des cadeaux à la figue,

trucs a la figue

je suis allée en vacances, bref je n’ai pas eu le temps, ou le coeur, de bloguer. Nous voici en mars, mois du printemps, du troisième anniversaire du blog, du bibliocamp, du salon du livre et de bien d’autres choses encore. Une activité ralentie est probable sur Figoblog. Pour me faire pardonner, je vous suggère de découvrir quelques autres blogs qui vous donneront largement de quoi vous occuper.

Mainblanche ("regarder les images") est un blog qui décortique les images et ce qui tourne autour (comme Flickr). On y trouve des anlyses intéressantes par exemple sur Minority report et ses interfaces innovantes. Update en fait il vient de changer de nom et d’adresse : iconique.

Je suis très fan des Chroniques du Luxembourg, déjà parce que j’y vais souvent en ce moment, mais aussi pour son ton incisif pour décrire cet étonnant pays, et d’autres choses. Comme le beurre et la politique, les anciennes technologies ou encore la presse pipole.

Enfin dans un genre un peu plus sérieux, et plus anglo-saxon, sur le blog archivematica on a pu lire pas mal de réflexions intéressantes ces derniers temps sur la définition des archives et de l’information et même l’information numérique. Tout ceci dans le cadre de son "PhD".

Voilà maintenant je vous laisse à vos lectures, et à bientôt peut-être dans la vraie vie.

Gestion des droits dans une bibliothèque numérique

Dans une bibliothèque numérique, gérer les droits a de nombreuses implications : il ne s’agit pas seulement de connaître le statut juridique des documents, du point de vue de la propriété intellectuelle, mais aussi de disposer de licences pour garantir l’accès aux contenus (même et surtout s’ils sont libres), ou encore de contrôler les usages.

Si ce sujet vous intéresse, je vous recommande cet article de Lionel Maurel sur les langages de gestion de droits, qui permettent d’encoder les droits d’accès et d’usage, afin d’utiliser ces données dans des systèmes.

Petit extrait de la conclusion, auquel j’adhère totalement :

il serait important que les bibliothèques commencent à définir et à exprimer clairement quels sont leurs besoins en matière de métadonnées juridiques. Car en restant trop passives, elles risquent de se voir imposer des standards issus de la sphère commerciale qui ne seront pas forcément compatibles avec leurs exigences.

Je remercie l’auteur pour cet article, qui ne manquera pas d’être un outil essentiel pour les bibliothécaires qui s’intéressent aux droits d’un point de vue technique et pas seulement juridique.

Ithaca

Hier a été une journée particulièrement longue – oui, quand on voyage dans ce sens de la planète, ça rallonge vachement – et aujourd’hui c’était ma journée de relâche. J’en ai donc profité pour visiter une partie d’Ithaca.

Ithaca, on s’en rend compte dès qu’on arrive dans son petit aéroport familial, est une toute petite ville avec un très gros campus, celui de Cornell. Le tout se situe au bord d’un immense lac, Cayuga Lake, et il y a de belles chutes d’eau et des grands parcs un peu partout dans la région. C’est la région des "lacs des doigts", il suffit de regarder la carte pour comprendre pourquoi ils portent ce nom. C’est la première fois que je vais vraiment aux Etats-Unis et ça ressemble à ce que j’imaginais, en tout cas à une certaine vision qu’on nous en donne en particulier à la télé et dans certains films.

Ithaca falls

Le campus de Cornell est magnifique. N’ayant jamais vu d’autres campus américains, je ne peux pas comparer, mais par rapport à tous les endroits glauques que j’ai pu voir appeler « campus » dans ma vie, il n’y a même pas de comparaison. Il s’étale grassement sur une hauteur de la ville, avec des grandes pelouses et des immenses bâtiments d’un peu tous les styles (mais il y en a quand même beaucoup dans le style médiévalisant-flamboyant, je ne sais pas comment on dit) qui alternent avec des petits pavillons coquets. Il y a plein d’écureuils partout, il paraît que c’est un peu l’équivalent de nos pigeons donc eux doivent trouver cela dégueulasse, mais pour ma part, en bonne européenne, je les ai trouvés plutôt mignons. Le campus est traversé au Nord par un espèce de grand ravin au fond duquel coule une rivière qui tombe en cascade vers la ville. On peu aller au pied de la cascade, c’est très joli.

Campus de Cornell

La ville quand à elle, c’est un petit centre qui ressemble à n’importe quel petit centre ville de province de chez nous (sauf que ici tout est ouvert le dimanche). Quand on vient du campus on emprunte des rues très calmes et toutes droites avec des pavillons en bois clair, tous différents mais tous un peu pareils, et ils ont des écureuils qui courent dans le jardin, des citrouilles sous l’auvent et parfois un drapeau américain accroché contre la porte d’entrée. Toutes ces maisons silencieuses, avec le soleil et le chant des grillons (ou je ne sais quels insectes suspects du Nouveau Monde), ça avait un côté à la fois calme et inquiétant – mais j’ai peut-être trop regardé Virgin suicides. Je ne saurais pas vous dire si je suis tombée par chance sur la rue la plus typique du coin, où si tout est comme cela, mais c’était une expérience.

J’ai arrêté là mes explorations, parce qu’il fallait aussi que je récupère du décalage horaire. Mais si un jour je devais revenir par ici, j’essayerais de bénéficier d’une voiture pour aller un peu plus loin, par exemple aux chutes de Taughannock.

Malheureusement je ne peux pas vous mettre de photos pour l’instant, ayant oublié un de mes éléments essentiels de la panoplie du parfait geek en voyage, mais je les rajouterai en rentrant.

Point docx

Allez, il ya pas de raison, j’ai parlé de .odt, je peux bien parler de .docx.

Cette chose, c’est le nouveau format de bureautique, basé sur XML, que Microsoft est en train de faire normaliser par l’ECMA, un autre machin qui fait des normes.

Comme docx (ou Office Open XML, de son nom complet) est un format ouvert, on peut en lire les specifications sur le site de l’ECMA. Si cela vous semble un peu lourd de feuilleter 4081 pages de specs, vous pouvez butiner le blog d’un spécialiste, ou encore lire deux billets sur XML.com :

Le premier dit que ODT et DOCX sont avant tout les fondements de la liberté de choisir. Et donc qu’il faut s’investir dans l’un, ou l’autre, ou les deux, et que pour la préservation et l’interopérabilité, on verra après.

Le second quant à lui pense que même si on se prononce en faveur d’ODT pour l’interopérabilité et l’archivage, on aura sans doute intérêt à avoir un format XML pour Office, histoire de coller aux fonctionnalités des outils Microsoft.

Par exemple, en France nous aurons le Référentiel général d’interopérabilité qui recommande ODT comme format d’échange (cf. Tristan). Ca ne veut pas dire qu’on ne continuera pas à travailler en .doc (x ou pas x).

Et pour conclure, il serait vain de croire que MS cherche à tout prix à promouvoir des formats différents de ceux que tout le monde utilise pour fidéliser de force ses utilisateurs ; c’est pas comme s’ils voulaient créer un format d’image concurrent à JPEG et inclus par défaut dans leur système d’exploitation. Ah si ? Ah mince alors.

Bye bye Hippo

On l’a appris il y a peu, l’hippopotame fait partie depuis cette année des espèces considérées comme menacées.

Tout cynisme mis à part, je vous invite à aller visiter la bibliothèque numérique des animaux en voie de disparition : ARKive. (ARK parce qu’est c’est l’Arche de Noé des animaux en danger – Ark en anglais).
On y trouve des tas de photos (et même parfois des films) de l’hippopotame et des autres… l’ambition de ce site étant de constituer une mémoire de ces espèces pour le jour où elles auront disparu. J’espère quand même qu’ils ont songé à la préservation de leurs fichiers numériques et de leurs métadonnées parce que sinon !

Ca me fait tout drôle de penser que ce doudou-hippo est peut-être un des derniers de son espèce, d’ailleurs lui-même après 5 ans de bon et loyaux services est bien mal en point, cette photo est peut-être une des ultimes traces numériques de son âge d’or ;-)

A visiter aussi : PlanetArkive pour les enfants.

Point haut d’été

Le format Open Document, après avoir été standardisé par OASIS l’année dernière, vient d’être accepté par l’ISO sous le doux nom de 26300. A titre de rappel, il s’agit du format de traitement de texte basé sur XML utilisé notamment par la suite Open Office.

C’est un petit pas pour la bureautique mais un grand pas pour la préservation du document numérique… Euh je peux peut-être trouver un truc plus intelligent à dire, là…

La fondation Open Document annonce également qu’elle vient de terminer le développement d’un plug-in qui va bien pour que M$Word arrive à parler Open Document. Amis de Microsoft, faites comme d’habitude : rien.

En fait ils ne font pas rien puisqu’ils travaillent à un format concurrent qui s’appelle… Office OpenXML, sans blague.

Source DCC.

Chacun cherche son chat

Je me faisais cette réflexion car, après un crash de profil firefox (ça m’arrive régulièrement au boulot, donc je ne dramatise plus, et j’utilise del.icio.us pour mes bookmarks), je cherchais un nouveau thème pour faire plus joli que le truc gris par défaut. Alors je suis tombée sur le thème "chats" (version bleue) que j’ai aussitôt installé et ça a mis un peu de lumière dans ma journée.

Après ça, quand je repassais dans mes diverses autres applications, je me demandais : mais pourquoi diable les applications doivent-elles obligatoirement être aussi moches ? Pourquoi cette convention des barres grises, des arêtes tranchées, des boutons authentiques 10 ans d’âge, des icônes aussi bavardes que laides ? Alors que sur le Web on se permet à peu près n’importe quoi, les applications continuent à rivaliser de tristesse et de manque d’originalité.

En fait, on peut observer que les utilisateurs non expérimentés sont très perturbés par les applications jolies. C’est vrai, un thème Firefox ne change rien aux fonctionnalités, c’est juste le design des boutons. Et pourtant, il y a des gens qui ne penseront jamais à cliquer sur la flèche, parce qu’il y a un chat dessus.

Deuxièmement, ça ne fait pas sérieux. Eh oui, pour avoir l’air d’une vraie application pour les grands, et pas d’un truc loufoque sur le Web, il faut adopter le gris conventionnel et les icônes de Bill, sinon question crédibilité, on en prend un coup.

Et ben vous savez quoi ? Moi je préfère mes chats.