Marc et les métadonnées

Il arrive parfois que nos amis les blogueurs américains mentionnent des articles dans des revues en ligne payantes. En général, il ne nous reste alors plus qu’à baver lamentablement devant les sommaires et les résumés.

Pour une fois, Emerald fait un beau geste, et nous met en libre accès trois numéros de ‘Library High Tech News », dont deux sur le thème "MARC and metadata" (suivre le lien puis "table of content").

Il y est notamment question de l’évolution des formats MARC vers les métadonnées, des rapports entre MARC et EAD, de METS beaucoup, de l’avenir des bibliothécaires et de tout plein d’autres choses. Je ne peux hélas pas en dire plus, ne l’ayant pas encore lu. Mais ça promet.

Le BBF nouveau est arrivé

Le dernier numéro de notre périodique bibliothéconomique national est consacré au patrimoine, avec trois premiers articles excellents sur la définition du terme lui-même. Pour les consulter en toute liberté, passer par la page d’accueil pour s’authentifier.

Pour Michel Melot, le patrimoine n’est pas créé par la communauté mais la définit. Ainsi,

L’existence d’un patrimoine n’est pas, pour une communauté, un supplément d’âme : le patrimoine est nécessaire à l’existence de cette communauté. La communauté n’existe que parce qu’elle se représente dans des objets patrimoniaux.

Il en donne pour exemple, entre autres, la langue, la mémoire, et bien sûr les biens matériels, le patrimoine individuel lui-même ne se définissant que par rapport à une collectivité. J’admire toujours autant Michel Melot, ses idées lumineuses et ses métaphores décapantes, par exemple :

On pourrait en dire autant de l’alphabet dit « phonétique » dont la norme imposée par l’imprimerie pourrait être accusée comme « Windows » d’abus de position dominante.

Pour Frédéric Barbier, qui entame avec une définition éthymologique rigoureuse, c’était à l’origine justement tout le contraire :

là où la collectivité définissait son patrimoine selon des catégories juridico-politiques, c’est, aujourd’hui, le patrimoine qui définit et fonde la collectivité.

L’aspect intrinsèque du patrimoine pour la communauté serait donc une création de notre ère contemporaine en mal d’identité.

Le même Frédéric Barbier pousse plus loin son analyse et nous invite à nous méfier de « l’utopie de la reproduction » qui accompagne l’apparition de chaque nouvelle technologie, aujourd’hui la numérisation :

D’une manière générale, l’expert, donc le bibliothécaire, devra être sensible aux utopies de la reproduction : l’utopie de la reproduction universelle (tous les textes seraient transposés sur un nouveau support)(…). L’utopie, aussi, de la reproduction « transparente » – laquelle rejoint, dans une certaine mesure, l’utopie de l’information « transparente »…

Enfin, Henri-Jean Martin interviewé par le BBF déclare

le patrimoine est une création continue

et que

La lecture publique (…) ne devrait pas exister

avec un petit côté provocateur qui lui sied si bien.

On profitera aussi dela page "panorama du Web" qui signale un grand nombre de ressources sur la numérisation du patrimoine avec quelques exemples de collections numérisées.

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle

C’est très pénible d’être obligé de regarder son écran de travers tellement on a le nez bouché (ben oui, le fait de pencher la tête permet de déboucher au moins partiellement mais bonjour l’ergonomie du poste de travail). Donc vous ne m’en voudrez pas si je fais court et mélangé.

  • voici un truc avec plein de ressources sur l’expérience utilisateur. A première vue on dirait un blog mais non. Ca s’appelle DeyAlexander parce que le type s’appelle Alexander Dey, ce qui prouve que dans la vie avoir un nom qui jette c’est pratique, ça évite d’avoir à se creuser.
  • voici un autre truc très marrant, à première vue on dirait un wiki mais en fait non. On peut s’amuser beaucoup avec le javascript et en fait ce n’est qu’une page HTML statique. Enfin j’aime bien la navigation, c’est original.
  • Le dernier Journal of Digital Information a pour thème : "Digital Libraries and User Needs". On y trouve des articles intéressants sur la participation des utilisateurs au design (lire "à l’architecture de l’information") d’un site de bibliothèque numérique. En particulier, il y a un article sur un test utilisateurs concernant l’OAI.
  • On apprend que Yahoo rejoint Google dans le projet d’indexation de WorldCat – c’est le projet qui nous vaut le petit outil dont je parlais l’autre jour.

Bon j’arrête avec ma liste décousue. Je pense avoir à peu près éclusé tout ce que j’avais mis de côté ce week-end… Et merci au fait à : Infodesign, à Fred Cavazza et à Library Stuff J’espère que ça ira mieux demain, et je vous promets plein de trucs intéressants et de question existentielles avec des réflexions et même peut-être un effort rédactionnel qui sait.

L’ISBN magique

Il était une fois un pauvre petit numéro à plein de chiffres qui s’appelait ISBN . Ce petit numéro était très malheureux car, bien que tout le monde le connaisse et passe son temps à le noter partout, il ne se sentait pas vraiment utile.

Un jour, l’ISBN décida de partir de son pays qui s’appelait Métiers-Du-Livre, et d’aller découvrir le monde. Il arriva bientôt au Pays-des-Zéros-et-des-Uns, aussi appelé Machine Readable Land. Or donc, dans ce monde, il fut immédiatement reconnu pour ce qu’il était : un identifiant pérenne unique, extrêmement utile !

Plusieurs des habitants les plus puissants de ce pays, parmi lesquels on peut citer Google et Amazon, décidèrent de l’adopter et de lui confier certaines de leurs adresses. Alors ils vécurent heureux et ils eurent beaucoup d’enfants !

Plus sérieusement, l’ISBN a donné naissance à quelques outils d’intérêt, enfin, surtout pour les machines et pour les bibliothécaires (non nous ne sommes pas des robots) :

  • xISBN, un outil qui permet à partir de l’ISBN d’un document de trouver automatiquement des documents en relation
  • un bookmarklet pour transformer en un clic toute page contenant un ISBN dans son URL en notice de WorldCat
  • un outil qui utilise Google uniquement pour rechercher dans des résumés de livres (en papier) que celui-ci propose désormais.

C’est fou tout ce qu’on peut faire avec un ISBN de nos jours ! Dommage que tout ceci ne concerne que le domaine anglo-saxon (évidemment !) Merci à Catalogablog et à Open Access News

Lecteur, es-tu là…

Le lecteur distant, cet être étrange et inconnu, qui est-il, où est-il, existe-t-il réellement ? Voici quatre liens pour s’en préoccuper…

Du point de vue DRM,

  • comment identifier les utilisateurs pour leur accorder notre confiance ? Il s’agit de les identifier du point de vue des droits d’usage bien sûr. "Identity’s federated future." par Neil McAllister. InfoWorld, sept. 2004.
  • autre question existentielle, comment garantir l’accès du public aux ressources ? quels sont les droits de l’utilisateurs dans un monde où la propriété intellectuelle est verrouillée ? Carlson, Christopher N. (2004) "Managing intellectual capital : individual rights and the public interest." dans Proceedings The Fifth European Conference on Organizational Knowledge, Learning and Capabilities, Innsbruck (Austria), sur E-lis.

Du point de vue utilisation des ressources électroniques :

Le tout en libre accès, on a de la chance, alors merci à Diglet, OA News et 10ky blog.

Temps d’abondance

Ce billet est spécialement dédicacé aux petits chanceux qui, en cette merveilleuse saison, se retrouvent les bras ballants devant les 25 kg de figues produits par l’arbre du jardin et se demandent « mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir en faire ? »

Outre toutes les recettes de confitures, vous connaissez par coeur, voici quelques autres idées originales :

Tout plein d’autres recettes en tout genre à base de figues par ici et par là : figues au vin, figues fourrées au chocolat, magret de canard au nectar de figues, figues rôties aux épices… il y en a certainement pour tous les goûts.

Excursion pas lointaine

Si vous habitez Paris, il vous reste encore une journée pour vous rendre aux marchés flottants du Sud-Ouest, sur le quai Montebello (en bas de Notre-Dame).

On y trouve des foies gras de toute sorte, des vins et liqueurs de toute sorte, des fruits (raisins en particulier), des fruits secs, des aulx (ou si vous préférez, des ails, apparemment on a le choix), des saucissons, des fromages… Le tout avec dégustation gratuite bien sûr. Il y a même des distributions gratuites à certaines heures, où l’on obtient quelques gousses d’ail et une petite grappe de raisins blancs bien juteux.

J’ai acheté (grâce au sponsoring temporaire d’une amie que je remercie) un petit sachet de figues sèches luisantes de sucre et moelleuses et croquantes et je ne vous dis que ça. Mes figues sèches du Sud-Ouest sont même carrément meilleures que des figues fraîches (de supermarché) : constat étonnant !

La promenade commence avec un petit figuier en pot qui pousse au bord d’une péniche. Elle se termine, en poussant un peu, au grand figuier du quai Tino Rossi dont j’ai déjà parlé. C’est agréable et charmant…

OCLC très « tendance »

OCLC nous refait le coup des tendances, cette fois-ci avec les "formats" (au sens extrêment large du terme, en bibliothèque on parlerait de "types de documents" je suppose).

Le rapport 2004 Information Format Trends: Content, Not Containers montre que les internautes ont tendance à se soucier de moins en moins de la forme de ce qu’ils consultent, et de plus en plus de son contenu.

Parmi les grandes tendances analysées, on peut noter l’explosion de la masse de contenus, le phénomène des blogs, le micropayement (pour la musique notamment), la convergence des technologies…

Et à la fin, on trouve aussi un petit glossaire des nouveaux mots de l’année, à connaître absolument pour être sûr d’être très « tendance » !

(Merci à RessourceShelf)

DRM : ce qui nous attend

Un rapport commandé par le Jisc sur les DRM a été publié.

Le point de vue est intéressant, il ne s’agit pas pour une fois de regarder comment les DRM sont implémentés dans l’industrie et quelle conséquence cela aura sur nos collections, mais au contraire de se demander si et comment on doit implémenter des technologies de DRM dans les institutions pour protéger les contenus en lignes (contenus "académiques" si on peut traduire scholarly de cette manière).

On y parle de types de DRM, de difficultés de gestion des métadonnées, de licences Creative commons, et de tas de choses intéressantes. Puisque c’est ce qui nous attend, autant s’y frotter tout de suite.

Merci à Open Access News.

Comment fabriquer des figues sèches ?

Cette question m’a été posée par courrier (eh oui, je vais bientôt pouvoir ouvrir une rubrique question des lecteurs…) A défaut de pouvoir y répondre à l’aide de mes grandes connaissances culinaires, je vais tenter d’y répondre en m’aidant de mes talents documentaires.

Je n’ai jamais essayé de faire sécher des figues et
l’opération a l’air assez délicate. Voici toutefois
quelques indications que j’ai pu glaner.

Les figues doivent sécher à température modérée
(30-35°) et très lentement. Si on habite dans le sud
et qu’il fait chaud, on peut les faire sécher à l’air
libre en les disposant sur des clayettes, c’est-à-dire
des sortes de petites grilles en bois ou en plastique où on dispose les figues
bien séparées les unes des autres. Il faut que l’air
passe au-dessus et en-dessous des fruits (d’où
l’intérêt de la grille).

On les fait ensuite sécher dans un endroit bien aéré
mais si possible à l’abri du soleil (genre un grenier
ouvert), et en les rentrant la
nuit. Il faut tourner les figues chaque jour pour
qu’elles sèchent de manière homogène.

Si on habite dans un endroit où cette opération est
impossible, on peut aussi les faire sécher au four
très peu chaud (30-35° donc). Il faut alors répéter
l’opération en plusieurs fois, en les laissant
refroidir une journée à l’air entre deux cuissons, et
en les tournant.

Les figues sont bien sèches quand on voit le sucre
apparaître sur la peau. Il faut alors les conserver à
l’abri de l’air : dans une boîte, un bocal, en les
tassant bien les unes contre les autres pour que l’air
ne s’infiltre pas. Si on a une machine à vide d’air
c’est encore mieux (mais ce n’est pas donné à tout le
monde !) On peut aussi les emballer bien serrées dans
des feuilles de figuier, on appelle ça des "capons"
(recette niçoise).

Bon courage (en espérant que ceux qui essayent nous en donnent des nouvelles !)