Rue du figuier (suite)

La rue du figuier, à Paris, se caractérise par la présence d’un beau figuier, d’une belle bibliothèque, et par sa présence dans l’oeuvre de Marivaux.

Dans les Fausses confidences de Marivaux, le malicieux Dubois envoie paître Arlequin dans la fameuse rue du
Figuier pour faire aboutir son projet, des plus charmants : le mariage de Dorante et d’Araminte. Il s’agit de savoir où se trouve la rue du Figuier et à cette occasion, Arlequin se fait embobiner par Marton, dont les charmes lui font perdre la tête.

La figue, sa saveur, son aspect dodu et le fabuleux contraste de texture entre son enveloppe et son coeur à la fois granuleux et juteux cristalise les passions et les désirs. Marivaux a choisi cette rue à dessein.

Je remercie Agathe pour cette utile précision.

J’ai ouï dire aussi qu’il y avait à Paris un figuier quai Tino Rossi : mais celui-là, aucune chance hélas qu’il ait été cité par Marivaux.

Toute collaboration visant à m’aider à répertorier les figuiers de Paris est bien sûr la bienvenue.

Ya plus de saisons !

Certains m’ont taxée de sadisme parce que je donnais une recette de confiture de figues alors qu’il nous restait encore six mois à attendre avant de pouvoir retrouver la saveur croquante et délicieuse de ces fruits merveilleux.

Je vais donc me racheter en annonçant cette bonne nouvelle : pas besoin d’attendre ! On peut faire de la confiture de figues avec des figues sèches. Je n’ai jamais essayé, mais toute la subtilité de l’affaire semble résider dans la macération. En effet, pour redonner une consistance confiturable aux figues séchées, on les plonge pour une durée plus ou moins longue, qui dans du jus de raisin, qui dans un mélange de pommes et de citron, et qui dans du thé bien fort.

Bon alors quand je rentre à Paris, direction le marché, j’achète des figues sèches, et j’essaye. A suivre.

Rue du figuier

A Paris, dans le Marais, il y a une jolie rue qui s’appelle la rue du figuier. D’ailleurs, au n° de 1 de la rue, il y a un joli bâtiment qui s’appelle l’hôtel de Sens et qui abrite la Bibliothèque des Arts graphiques.

Juste en face, il y a un figuier.

Le figuier est un arbre sympathique qui pousse volontiers sous toutes sortes de climats, si on est gentil avec lui. C’est moins facile qu’avec ses frères caoutchouteux mieux connus sous le nom de ficus, mais c’est possible. Par contre, à Paris, il ne fait pas de fruits. Pourquoi ?

Et bien, parce que c’est un arbre sensible et timide. Au lieu d’exposer des fleurs affriolantes qui s’ouvrent à tous les vents et sèment leur semence sans retenue, le figuier fait des fleurs repliées sur elles-mêmes qui gardent leur fertilité dans le secret d’une coque percée d’un seul orifice. A l’intérieur, des milliers de fleurs femelles s’épanouissent avant d’être remplacées par des fleurs mâles, sans que les unes puissent féconder les autres.

La figue a donc besoin, pour être fécondée, d’une aide extérieure. C’est là qu’intervient son inséparable ami, le blastophage, un insecte minuscule qui vient amener le pollen dans la fleur, pour donner naissance à un fruit. Le blastophage ne peut se reproduire que dans les figues, suivant un rituel complexe mais intéressant où des mâles pourvus d’un membre énorme délivrent les femelles après leur avoir fait leur affaire… mais je m’égare.

Le plus fou, c’est que certains figuiers, qui ne font pas de fruits mangeables, servent uniquement de pouponnières à ces insectes. Les insectes, en échange, vont ensemencer d’autres figuiers, qui sont eux par contre productifs en figues mais inhabitables. Tout un écosystème.

En fin de compte, pas de figuiers (au pluriel), pas de blastophage. Et pas de blastophage, pas de figue. Evidemment, pas de figue, pas de confiture de figue.

D’où la nécessité absolue des vacances en Catalogne.

La recette

Il faudra compter 900g de sucre pour un kilo de figues.

Après avoir plongé les figues quelques minutes dans une grande casserole d’eau bouillante, percer chacune d’elles avec une aiguille à tricoter (ou un autre objet pointu, parce que bon, moi, le tricot…)

Faire un sirop avec le sucre et la moitié du poids d’eau. Cuire doucement 20 à 30 minutes. Quand le sirop file (il prend une consistance épaisse et quand on trempe le doigt dedans ça fait un petit fil – OUÏE mais non, il ne faut pas tremper son doigt dans l’eau bouillante, enfin !!!) plonger les figues dedans avec une petite cuillère à café d’anis.

Cuire tout doucement trois quarts d’heure avant d’empoter : les figues entières puis verser sur elles le sirop.

Miam miam !!!

En faire plein, parce que sinon le 21 mars y en a déjà plus depuis longtemps et il faut attendre jusqu’en septembre prochain.