Ma table lumineuse

Pour sauvegarder des informations personnelles dans un espace numérique, on connaissait les paniers (« mettre dans le panier », un grand classique des sites qui veulent vous faire acheter quelque chose) et même parfois les caddies.

Evidemment, tout cela n’est pas très bibliothéconomique ; on a rarement vu les lecteurs parcourir les rayonnages armés d’un grand panier en osier ou d’un caddie de supermarché. Que pourrait-on inventer ? Le chariot à livres ? Le pupitre ?

A la bibliothèque numérique de l’INHA ils ont trouvé qu’il fallait que ce soit non seulement bibliothéconomique, mais encore histoire-de-l’art-esque, d’où probablement le choix du terme de "table lumineuse". Ca m’a interloquée, j’attends toujours de trouver le bouton où il y a la lumière.

Le choix du PDF pour le visualiseur, avec toutes ces fenêtres qui s’ouvrent pour un oui ou pour un non, est aussi assez décevant à mon avis – même si c’est un beau PDF avec une table de structure physique et des vignettes des pages.

A part ça il y a plein d’estampes numérisées et ça c’est chouette.

NISO et les identifiants

Dans Newsline la lettre d’information du NISO (agence de normalisation américaine), on trouve ce mois-ci un rapport sur les identifiants. Celui-ci est le fruit d’un workshop qui s’est tenu le mois dernier à la National Library of Medecine.

Il y a plein d’informations sur la compréhension qu’on peut avoir aujourd’hui du rôle des identifiants pérennes, sur le Web et ailleurs, et quelques pistes sur ce qu’il serait intéressant de normaliser dans ce domaine.

Je vous le recommande chaudement.

La corde raide

Caveat Lector a un billet dont je me sens si proche que je ne résiste pas à l’envie d’en traduire quelques passages.

Marcher sur la corde raide entre le blogging professionnel et personnel peut parfois sembler franchement suicidaire. Cela complique aussi des choses simples, comme "est-ce que je mets l’URL de mon blog dans une liste que je fais pour un site de bibliothèque ?" (…)
Et pourtant, CavLec n’apparaîtra jamais sur mon CV. (…)
C’est là que se situe la limite du bloguer-ou-ne-pas-bloguer. Je parle de ma profession sur CavLec. La plupart du temps, je ne parle pas de mon travail, à part dans la mesure où j’exerce ma profession en faisant mon travail. (…)
Préserver cette limite protège certaines libertés qui me sont chères. L’une d’entre elles est la liberté d’être stupide, de ne pas me prendre au sérieux, de ne pas prendre mon travail au sérieux, de ne pas prendre la profession au sérieux.

Mes excuses à l’auteure de ce très bon texte, pour la probablement piètre traduction impropre à rendre l’humour auquel elle tient tant.
Il faut le lire dans le texte et en entier.

Retour sur les identifiants

Les identifiants pérennes, mes chers identifiants, semblent revenir un peu à la mode ces derniers temps – peut-être une impression due au fait que j’ai eu l’occasion de m’y replonger profondément.

Ainsi en réécoutant les interventions du DDC workshop de juin sur ce thème, j’ai pu constater que pas mal de chemin a été fait dans la réflexion sur les identifiants et que la polémique a encore de beaux jours devant elle. Des anciennes croyances ont été pulvérisées, et de nouvelles créées.

(NB : attention la plupart des liens qui suivent pointent vers des fichiers powerpoint.)

Je dirais que la première révélation de ce workshop, c’est que la pérennité des identifiants n’a rien de technique. Il a été affirmé, répété et même proclamé haut et fort qu’aucun schème d’identifiants, qu’il s’agisse de DOI, Handle, ARK, PURL ou n’importe quoi d’autre, n’aide en quoi que ce soit à la pérennité. La pérennité n’est pas une question technique, c’est une question organisationnelle et institutionnelle, ainsi qu’une question de modèle économique et de financement. Donc si votre principal problème était de savoir quel schème choisir, faites d’emblée un trait sur la pérennité comme critère.

Face à cette assertion très généralement admise, plusieurs positions apparaissent.
Il y a ceux qui ne veulent pas mettre tous leurs oeufs dans le même panier, et vont s’enregistrer dans plusieurs schèmes afin de multiplier les points d’entrée.
Il y a ceux qui pensent que la solution réside dans la normalisation, et ceux qui espèrent que l’ouverture de l’enregistrement des "URI schemes" va permettre de trouver des solutions innovantes.
Il y a ceux qui pensent qu’il faut arrêter de diaboliser les URL, que ce n’est plus vrai de nos jours de dire que les URL sont des localisations, et qu’avec HTTP et les URI, on a un super système qui marche d’enfer et que pourquoi diable irait-on en changer.

Dans les autres questions de fonds qui ont été soulevées sur les identifiants pérennes des ressources numériques, je retiendrai celle de savoir ce qu’on entend par identifiant, ce qu’on entend par pérenne, et ce qu’on entend par ressource (tout le monde est d’accord sur "numérique").
Pour prendre un exemple, un identifiant comme http://www.lemonde.fr/ est tout à fait stable en terme d’URL. Pourtant son contenu change tous les jours, voire plus. Peut-on parler d’identifiant pérenne ?
Une distinction intéressante a été faite entre des ressources « abstraites », éventuellement mouvantes, et des ressources « concrètes », stables et uniques, les deux ayant besoin d’être identifiées.

Concernant la résolution, on a soulevé la question des identifiants qu’on ne voudrait pas résoudre (lire : relier à une ressource donnée dans une forme donnée), ou en tout cas pas résoudre de la façon dont on les résoud aujourd’hui.
La question de la maintenance du lien entre l’identifiant et la ressource, et même plus encore entre l’identifiant et les métadonnées, est récurrente et non résolue.

Enfin quant à la pérennité, l’idée a été affirmée que cela ne signifie pas « pour l’éternité », mais « pour suffisamment longtemps » au regard de l’intérêt de la ressource, des missions de l’institution, de l’évolution de la technologie, etc.

Et heureusement, parce que comme dirait l’autre, l’éternité c’est long, surtout vers la fin.

Bureautique en ligne

Si vous ne lisez ni outils froids, ni Fred Cavazza, vous avez pu passer à côté de deux outils qui pourtant valent le détour : Thumbstacks et Writely.

Le premier est un outil qui permet de créer des diaporamas entièrement en ligne. Le résultat est franchement impressionnant au regard de la simplicité de l’outil. Sa seule faiblesse c’est qu’il faut avoir un outil de manipulation d’images à côté, mais sinon c’est vraiment léger et propre.

Le second permet d’importer un fichier depuis un traitement de texte, de le travailler, si besoin de manière collaborative, et de le réexporter soit en HTML, soit en PDF, soit de nouveau dans un format de type traitement de texte. C’est aussi très ergonomique et convaincant.

Pour l’instant je pense qu’il est compliqué de faire entrer ce genre d’outils vraiment dans les pratiques quotidiennes ; mais pour des gens qui comme moi passent sans cesse d’un ordinateur à un autre, cela a peut-être un sens.

Coupure

Avant-hier, mon hébergeur a eu un gros problème technique : une coupure de courant de plusieurs heures chez leur propre hébergeur (celui qui héberge leurs serveurs). On peut lire le compte-rendu de l’incident.

En voyant ça je me suis fait aussitôt deux réflexions :

  • qui a parlé de « dématérialisation » ?
  • ça serait pas un truc compliqué, de préserver l’accès à des collections numériques ?

Bibliothèques, cybercafés, même combat

La dernière loi visant à lutter contre le terrorisme, votée le 24 janvier 2006, amende un certain nombre de textes antérieurs, dont la célèbre LEN, en ces termes :

« Les personnes qui, au titre d’une activité professionnelle principale ou accessoire, offrent au public une connexion permettant une communication en ligne par l’intermédiaire d’un accès au réseau, y compris à titre gratuit, sont soumises au respect des dispositions applicables aux opérateurs de communications électroniques en vertu du présent article. »

Si je ne rêve pas, c’est bien le cas des bibliothèques. Celles-ci seraient donc tenues de conserver, pour une durée qui n’est pas encore définie,

les « données techniques relatives à l’identification des numéros d’abonnement ou de connexion à des services de communications électroniques, au recensement de l’ensemble des numéros d’abonnement ou de connexion d’une personne désignée, aux données relatives à la localisation des équipements terminaux utilisés ainsi qu’aux données techniques relatives aux communications d’un abonné portant sur la liste des numéros appelés et appelants, la durée et la date des communications. »

Tout ceci n’est pas bien clair pour moi, mais s’il s’agit de tracer les utilisateurs et de livrer ces données au ministère de l’Intérieur, ou autres procédures quelques peu menaçantes pour les libertés individuelles, nous sommes très proches du Patriot Act si décrié aux Etats-Unis.

Mobilisation dans la profession ? Aucune à ma connaissance, à part ce post sur la liste ADBS-info… Et pourtant, il est encore temps de demander que le décret exempte les bibliothèques de cette obligation.

Merci à M. Battisti pour ce mail.

Télécharger, c’est illégal

Alors voilà, vous avez le choix entre visiter lestelechargements.com et tomber sur une page vide (que vous pouvez ajouter à vos favoris, au cas où), et visiter lestelechargements.net et trouver des dizaines de sites où on peut télécharger de la musique libre.

Comme vous voulez.

Et écoutez ça : Télécharger c’est illégal par Sam, en Creative Commons, découvert .

La deuxième saison de la DADVSI commence le 7 mars à 15h.

Vidéoconférence

Totem Consult signale ce dossier du Journal du Net euh du Management enfin c’est pareil, sur les réunions virtuelles. On y trouve un tour d’horizon des différentes méthodes pour organiser des vidéoconférences, y compris à travers le Web.

Mais il ne présente que des solutions logicielles assez coûteuses alors que je sais qu’il en existe des plus ouvertes, comme Access Grid, un projet de l’Argonne National Laboratory.

Ce logiciel utilise un système de grid pour permettre de partager des vidéos et des flux audio, mais aussi des applications comme un navigateur web partagé, un diaporama partagé…

Access Grid est vraiment très complet, il ferait presque le café à la pause… en tout cas ça doit être vraiment super si on réussit à le faire marcher. Le problème étant de réussir à le faire marcher, justement. Alors si quelqu’un qui aurait utilisé ce logiciel passe dans le coin, qu’il n’hésite surtout pas à me faire partager ses lumières, cela me rendrait grandement service…

Vent printanier

Des fois j’ai un besoin quasi maladif de changement et l’hiver fait partie de ces moments là. En particulier le mois de février.

J’ai essayé plusieurs trucs comme changer d’agrégateur RSS, mais je viens de renoncer parce que vraiment, Bloglines c’est trop bien. C’est comme ça : parfois, il n’y a rien à changer.

Alors j’ai décidé de me rabattre sur la feuille de style du Figoblog.
Quelques ressources que je n’ai pas utilisé :

  • Web design from scratch : un super site qui explique sur quoi est basé le design d’aujourd’hui. Mais personnellement, je suis résolument Web 1.0. Vu chez Ergopole.
  • Background maker : le top des outils pour fabriquer des fonds colorés qui font vraiment trop, trop Web 1.0 pour le coup. Ca m’a amusé mais j’ai pas réussi à intégrer ça. Vu chez Romuald.
  • Les bonnes idées de Yahoo pour faire des sites très Web 2.0, vu chez Fred Cavazza.

Donc voilà, le Figodesign nouveau est arrivé, et c’est pas la peine de vous plaindre que c’était mieux avant, plus joli, plus équilibré ou quoi que ce soit. Des fois, il faut que ça change, un point c’est tout… et ça changera encore.