Wikipedia et le débat sur la validation

C’est un peu du réchauffé, mais je suis désolée, j’ai eu autre chose à faire que bloguer ce week-end.

Le billet de Jean-Baptiste Souffron intitulé "l’encyclopédie libre Wikipedia face aux questions de crédibilité" mérite d’être mentionné puisqu’il rebondit sur une affaire impliquant directement les bibliothécaires.

Tout commence sur le Boston Globe où le débat est lancé sur la question de la validité de Wikipedia, je résume pour ceux qui ne connaissent pas, cette célebrissime encyclopédie libre et ouverte qui sert d’exemple utlime quand on parle de wiki. Le principe : tout le monde (n’importe qui, vous, moi) peut aller sur Wikipedia et modifier, ajouter ou corriger les articles. D’ailleurs j’en avais déjà parlé.

A partir de là, il y a le pour, le contre, le pour, le contre… On peut lire par exemple :

  • cet article dans Syracuse qui assimile (dangereusement) l’avis d’un bibliothécaire à une loi édictée par la profession : Wikipedia, c’est pas validé donc c’est maaal !
  • la réponse sur LBR où d’autres bibliothécaires se posent des questions :

I think that collaborative editing, community publishing and common creative enterprises are at the point where all librarians should read The Cathedral and the Bazaar. We need to start asking ourselves what effect the « bazaar model » could have on our ecosystem, on our economy of ideas and creative enterprise.

  • ailleurs dans le monde réel, Mediatic nous donne son avis sur la conception du libre qu’impliquent les wikis.

Sans vouloir rentrer dans le débat, tous ces articles sont bien intéressants, avec des arguments pertinents dans les deux sens. A lire.

Quelques outils…

… et j’en ai pour tous les goûts !

Pour votre aggrégateur, deux ressources d’intérêt techno-bibliothéconomique avec leurs fils :

  • E-LIS, une archive ouverte en science de l’information, qui contient des articles en anglais, en espagnol, en italien, en polonais et même en français, RSS
  • le site d’ERPANET (Electronic Resource Preservation and Access Network) a maintenant son fil RSS (merci 10kyblog)

Pour vos bookmarks, deux resources tirées d’Erpanet justement, les « papiers » de deux rencontres :

Enfin, un petit outil qui devrait réjouir les bloggers, les geeks, les bloggers-geeks et les bibliothécaires qui pensent encore que la validation des sites Web se fait avec des grilles et des cases à cocher… URLinfo. Mode d’emploi :

  • tapez l’URL du site qui vous intéresse
  • cliquez sur tout les boutons
  • et vous saurez tout sur ce site, le WhoIs du nom de domaine, le nombre de liens entrants selon Google, selon Yahoo, les sites similaires, etc, etc. Vous pourrez aussi faire une recherche dans le site, le valider W3C et tout ce que vous voudrez, le traduire dans la langue de votre choix, chercher les fils RSS et les aggréger dans Bloglines, le convertir en HTML s’il est en flash ou en PDF… Et j’en oublie.

Bref, l’essayer, c’est l’adopter !!!

Les sept différences

Faisons un jeu…

Soient deux glossaires sur le jargon du Web et du document numérique : l’un publié par California digital Library, l’autre par la Society of American archivists. Outre ce que ces deux outils ont d’intéressant pour comprendre tous les termes obscurs et de surcroît anglophones qui jalonnent nos métiers, ils sont aussi un amusant reflet de la différence entre le métier d’archiviste et celui de bibliothécaire.

Par exemple, le terme "dark archives", pour les bibliothécaires :

An archive that is inaccessible to the public.

et pour les archivistes :

A collection of materials preserved for future use, but with no current access.

On est d’accord, c’est la même chose… mais focalisé autrement.

En généralisant honteusement, on pourrait dire que les définitions bibliothéconomiques sont simples, tandis que les définitions archivistiques sont précises. De fait, les permières sont pratiques, immédiatement utilisables, tandis que les secondes font référence.

Merci pour cette info à Ten Thousand Years Blog, un blog qui compte exister encore en l’an 12000 ; et à Diglet, un blog qui essaye déjà d’exister aujourd’hui… (devinez lequel est un blog d’archiviste ;-)

Geeks et normalisation

Comme les bibliothécaires, les geeks (au moins certains) aiment bien les normes. Seulement, ils ont un peu plus de mal à les faire passer à leur communauté.

Premièrement, parce qu’au lieu de s’appeler "normes" (genre : faites ça, sinon z’êtes morts), souvent elles s’intitulent "recommandations" (genre : faites comme vous voulez, mais comme ça c’est mieux.)

Deuxièmement, parce qu’elles n’ont pas, comme les normes bibliothéconomiques, un public qui pense a priori que les normes sont indispensables à la vie et qu’agir en défi des normes, c’est être la risée de ses collègues. Elles ont un public qui a du mal à cerner ce qu’elles sont, et à quoi elles servent.

Enfin, les normes des geeks ne font pas la joie des acteurs commerciaux de ce milieu (probablement parce qu’elles n’ont pas cette étonnante faculté de se démultiplier à l’infini pour empêcher l’intéropérabilité). En effet, l’intéropérabilité, ça n’aide pas à fidéliser le client (demandez ce qu’il en pense à votre fournisseur de SIGB).

Tout ceci est un tableau très, trop vite brossé, un peu caricatural sans doute. Pour plus de précision, suivre les réflexions de Karl : il s’est promis de répondre à 16 questions qu’on lui a posées sur le sujet, par 16 billets au thème tous plus passionnants les uns que les autres. Au programme entre autres, est-ce que les normes c’est la vraie vie, les normes sont-elles parfaites, etc.

Retrouvez toute la documentation des geeks sur Mandragor, et merci à Niko pour ce dernier lien.

Blogs et validation

Je suis tombée un peu par hasard sur le site d’un certain Joe Clark : Weblogs & ISSN. Son but dans la vie (du moins sur ce site) est de militer pour que les blogs puissent obtenir des ISSN.

Dans son plaidoyer sur la compatibilité entre blogs et numéros ISSN, il hésite entre couvrir les bibliothécaires de fleurs, et leur jeter la pierre pour leur manque de connaissance des blogs et leur mépris à l’égard du Web :

librarians seem to think reading Web sites about Weblogs is beneath them…

Très bien, mais au fait, un ISSN pour un blog, pour quoi faire ? En fait, la clef du problème semble être la validation de l’information :

With an ISSN, your Weblog indisputably qualifies as a serial or periodical, putting you in the same category as Stern and the New Yorker (and Hustler, of course).

Pour ma part, je ne suis pas certaine qu’un numéro puisse m’aider à convaincre les gens de la qualité extraordinaire de ma recette de confiture de figues.

Service providers pour l’OAI

Etes-vous en quête de bons service providers, généralistes ou spécialisés dans un thème, pour avoir accès aux entrepôts OAI et aux archives ouvertes de votre discipline ?

Gerry McKiernan nous propose quatre synthèses dans ce domaine (en pdf) :

Vous savez, Gerry McKiernan, le "Monsieur RSS" de la bibliothéconomie…

L’info vient de la liste DigLib.

Mise à jour :

Oups, j’avais regardé ça un peu vite ! Les corrections sont dues à Gustavo (voir commentaire) et on les retrouve, en Galicien, sur Bibliobus !

Yahoo plus rapide que Google ?

RessourceShelf suivi de près par Constellation W3 signalent cette info : Yahoo indexe désormais le catalogue WorldCat d’OCLC.

Yahoo aurait indexé deux millions de notices en moins d’un mois, alors que Google qui a commencé il ya six mois n’en serait qu’à 500000… Yahoo deviendrait-il un partenaire (plus) fiable pour les bibliothèques ?

Tiens, puisqu’on parle d’OCLC, surtout ne manquez pas de visiter It’s all good, un blog tenu par les trois auteurs du OCLC environmental scan pattern 2003, c’est sympa et riche (et au fait, si vous ne connaissez pas le scan, courez, courez le lire !)

Tout est affaire de qualité

Je me suis enfin décidée à aller visiter Opquast, un site sur les bonnes pratiques qualité pour les services en ligne.

Ben oui, je me disais, encore un truc de geeks… mais pas du tout. En fait, c’est un site très pratique qui récapitule tout ce qu’il faut faire ou ne pas faire avec son site Web… Ceci classé par type de site : service public, blog et autres.

Allez, essayez de passer le site de votre bibliothèque aux critères Opquast. Encore plus drole, essayez l’opac Web de votre SIGB…

Opquast est un site Tristan Nitot validated et OpenWeb validated, donc c’est forcément très super bien.

Toujours dans le domaine de la qualité, on trouve aussi quelques renseignements (mais à côté ça fait maigre figure) sur le site Cadre Qualité Bruxelles, ou quand l’Europe se mêle de la qualité des programmes culturels en ligne.

Enfin, le W3C a sorti aujourd’hui un nouveau draft de son document sur l’architecture du Web, où l’on trouve également des recommandations de bonnes pratiques.

Sans transition, puisqu’on en est à parler de qualité, je voudrais signaler Into the Blogosphere, un blog lié à l’initiative UThink qui publie des articles de chercheurs sur les blogs et la blogosphère. Originalité de la chose, ce blog fonctionne avec un système de peer-review élaboré pour la séléction des articles. Est-ce toujours un blog…

Images libres

Petit cadeau du jour, Image*after : une base d’images gratuites que l’on peut utiliser librement pour un usage privé ou commercial.

On y trouve des photos en haute résolution de lieux, d’objets, d’animaux, etc., ainsi que des « textures » particulièrement intéressantes et bizarres. Ces ressources sont destinées à servir de matériau brut pour des traitements ultérieurs, et elles ont l’avantage d’être classées par thèmes.

Merci à Robin Good.

Exotisme

Ca vous est égal, mais la nuit dernière j’ai rêvé que je partais en voyage à New York. C’était super, à dire vrai je tombais complètement amoureuse de cette ville.

Alors forcément, aujourd’hui je ne pouvais qu’être aguichée par ce sympathique projet : un plan de métro des bloggeurs new-yorkais, réalisé en fonction de leur emplacement dans la ville. Dans le genre ramenons l’Internet à l’échelle locale, ça m’a plu.

Pour continuer dans l’exotisme, je vous invite à visiter African Online Digital Library : une bibliothèque numérique avec des textes, des images, plein de ressources sur l’Afrique dont beaucoup en français.

Plus exotique encore, la Bibliothèque numérique indienne (autant vous prévenir, celle-ci ne m’a pas laissé un souvenir impérissable).

J’ai oublié de noter mes sources, ça sent le relâchement dû aux vacances.