Recherche : bilan personnel 2024

Sur le modèle de ce que j’avais fait en 2023, voici mon bilan de recherche annuel : je précise que l’objectif principal de ce listing laborieux est 1) d’évaluer mon propre avancement sur une part de mon travail qui n’est pas évidente à mesurer et 2) d’avoir des données sous la main pour les évaluations Hcéres et autres. Au passage, cela permet de donner quelques nouvelles fraîches à défaut de blogging régulier ;-)

Mes sujets et projets de recherche

L’un des principaux défis, dans la liberté sans bornes qu’offre un poste d’enseignante-chercheuse, consiste à ne pas se disperser. Il y a tellement de sujets passionnants, de potentialités, d’invitations ! Il est assez facile de se retrouver en surcharge (surtout que généralement les engagements qu’on prend ne se concrétisent que plusieurs mois après). L’an dernier, j’avais donc décidé de concentrer mon effort sur deux pôles principaux : les archives du web d’une part, et l’intelligence artificielle dans les institutions patrimoniales d’autre part. Et cette décision a porté ses fruits !

Du côté des archives web, nous avons démarré deux projets de recherche jumeaux sur les skyblogs : Skybox et SkyTaste. Le premier est financé par la BnF dans le cadre de son plan quadriennal de la recherche, et le second par l’Université PSL via le dispositif Young Researcher Starting Grant (pour celles et ceux qui se demandent, les « jeunes » chercheurs et chercheuses sont des personnes qui ont soutenu leur thèse depuis moins de 7 ans et sont arrivées à PSL depuis moins de 2 ans, donc j’étais parfaitement dans les clous !) Les skyblogs seront donc, pour les 3 prochaines années, mon principal point d’entrée dans les archives web, notamment à travers l’encadrement de travaux étudiants comme celui d’Alice Guérin. Ce qui va me conduire à faire quelques infidélités à ce blog, puisque nous avons prévu de publier, avec les autres membres du projet, une série de billets mensuels sur le blog Webcorpora de la BnF.

Par ailleurs, je n’écarte pas complètement de mon périmètre d’autres objets connexes de l’histoire du web et du patrimoine numérique. En 2024, j’ai commencé mon premier co-encadrement de thèse avec Christophe Gauthier : il s’agit de la thèse de Christophe Carini-Siguret sur l’artification du jeu vidéo. La question du patrimoine vidéoludique gardera donc un poids important dans mes préoccupations ces prochaines années : cela se concrétise dès 2025 avec un colloque qui aura lieu à l’ENS et à l’ENC les 13 et 14 mai.

Du côté de l’intelligence artificielle, j’ai passé la main en tant que présidente d’AI4LAM, ce qui m’a permis de m’impliquer davantage d’une part dans le chapitre francophone, d’autre part dans le groupe de travail « Teaching and Learning ». Mais surtout, je pilote un autre projet financé cette fois par le Ministère de la culture à travers son appel FTNC : TORNE-H, porté par le Musée des Arts Déco et dont la chercheuse principale est Marion Charpier. L’objectif de cette recherche est de démontrer la valeur ajoutée des méthodes de computer vision pour analyser des collections muséales non décrites et d’étudier l’impact de l’intégration de l’IA dans les processus de travail du musée. Cela m’a aussi donné l’occasion de m’impliquer dans le consortium Huma-Num PictorIA, dont l’École des chartes est partenaire.

On est d’accord que tout ceci ne représente que 40 à 50% de mon temps de travail en moyenne, donc vous comprenez pourquoi il faut se mettre des limites…

Conférences, journées d’études, colloques…

L’année 2024 a de nouveau été bien riche en événements, avec pour commencer une série de conférences plus ou moins « grand public » sur l’intelligence artificielle dans les institutions patrimoniales. Cette thématique est liée à mon implication dans AI4LAM et pas vraiment à mon activité de recherche au sens strict mais notons-les ici quand même…

  • Le 1er février, j’ai participé à la journée d’études « Ce que l’Intelligence Artificielle change à l’Université » organisée par la BU de Nantes et la chaire UNESCO RELIA. J’y ai donné une conférence introductive que vous pouvez revoir ici et j’ai contribué à faciliter un atelier conçu par Jean-Philippe Moreux sur la computer vision (support ici).
  • Le 2 mai, j’ai été invitée par les bibliothèques de la ville de Paris à participer au festival Numok pour parler de l’IA en bibliothèque. La captation est disponible ici.
  • Le 1er juillet, j’ai été invitée à participer aux « journée réseau » du SCD de l’université de Toulouse, un événement interne pour lequel j’ai proposé une conférence intitulée « Comment l’intelligence artificielle transforme la recherche documentaire ». Une répétition pour…
  • … le 6 novembre, à Bordeaux, dans le cadre de la journée d’études « L’intelligence artificielle dans les espaces documentaires et bibliothéconomiques » organisée par l’INSPE de Bordeaux. La thématique était la même : « Comment l’intelligence artificielle transforme la recherche documentaire ». Mon support de présentation est accessible sur le site de la journée.
  • enfin le 9 décembre, j’ai donné une conférence à l’ENC dans le cadre du cycle « Chartistes à l’œuvre » sur le thème « Intelligence artificielle et institutions patrimoniales » (captation vidéo).

Cette liste vous fournit plusieurs captations généralistes sur l’IA dans les institutions patrimoniales : j’ai donc décidé de ne plus accepter d’intervenir sur ce thème (parce qu’à partir d’un certain moment, ce n’est plus des conférences, c’est du théâtre…) pour me concentrer sur des approches plus spécifiques liées à TORNE-H en particulier.

Ainsi, d’autres événements ont donné lieu à des communications, soit dans le cadre d’AI4LAM, soit du projet TORNE-H, soit enfin dans le cadre du consortium Huma-Num PictorIA récemment créé (et parfois un peu des trois). Parmi ceux-ci :

  • Le 24 janvier, nous avons présenté avec Marion Charpier une conférence intitulée « Using IIIF as an education tool in AI/ML for DH students » dans le cadre du groupe IIIF AI/ML qui joint les communautés AI4LAM et IIIF.
  • Le 3 juin, le chapitre francophone AI4LAM a organisé une rencontre régionale à Strasbourg en partenariat avec la BNUS, sur le thème  « Intelligence artificielle, patrimoine et humanités numériques ». J’y suis intervenue à deux voix avec Elsa Van Kote pour une présentation intitulée « Du master TNAH au réseau des MSH. Formation et services à la recherche autour de l’intelligence artificielle pour les humanités numériques » (compte-rendu et captation de la journée).
  • Le 26 juin, avec Marion, nous avons animé un atelier PictorIA d’initiation à IIIF.
  • Enfin le 7 novembre, j’étais à DH Nord ; la conférence portait cette année sur « Prospective et nouvelles perspectives en humanités numériques » et j’y ai présenté une intervention intitulée « Intelligence artificielle : enjeux et perspectives pour les institutions patrimoniales » (très original).

En plus de tout ça, il y a un événement un peu à part, car il va donner lieu à une publication : il s’agit des journées doctorales organisées conjointement par le Centre Jean-Mabillon et l’Université de Wuhan à l’École des chartes, les 19 et 20 septembre, sur le thème « Cultural Heritage and Digital Humanities ». En plus, j’y ai contribué à deux communications : la première avec Alexandre Faye sur le thème « Archiving the vernacular web: the example of skyblogs« , et la deuxième avec Marion Charpier intitulée “TORNE-H, an AI-based data processing worfklow for photographic collections”.

Je voudrais enfin faire une place à part aux deux grandes conférences internationales auxquelles j’ai participé cette année :

  • la WAC (Web archiving conference) se tenait cette année à la BnF, du 24 au 26 avril. Un grand merci à mes ancien.ne.s collègues qui m’ont ainsi donné l’occasion de renouer avec la communauté IIPC qui travaille sur les archives du web. J’y ai animé la table-ronde d’ouverture, qui portait sur les skyblogs : « Here Ya Free! Crossed Views on Skyblog, the French Pioneer of Digital Social Networks« . La captation est à revoir à tout prix, c’était génial ! Avec ma collègue Valérie Schafer, nous avons aussi profité de cet événement pour organiser pendant les jours précédents une école de printemps pour les jeunes chercheurs et chercheuses sur les archives web (Early Scholars Spring School on Web Archives), un événement que nous avons prévu de répéter à l’avenir.
  • La conférence annuelle d’AI4LAM, Fantastic Futures 2024, a eu lieu à Canberra en Australie (voir mon compte-rendu). Mon intervention, préparée conjointement avec Marion Charpier et Jean-Philippe Moreux, s’intitulait « Computer vision in the museum: perspectives at the MAD Paris » (captation).

Publications

Du côté des publications, l’événement de l’année c’était bien sûr le livre De l’écran à l’émotion, paru en juin 2024 aux éditions de l’École des chartes. Pas mal de choses se sont passées en périphérie de cette actualité éditoriale. Grâce à la complicité de Mélanie Leroy-Terquem, j’ai organisé le 2 octobre une présentation du livre à la BnF. J’ai aussi été interviewée dans Archimag et j’ai publié un article de vulgarisation dans The Conversation France.

Sinon, les actes du colloque RESAW de 2023 sont parus (Exploring the Archived Web during a Highly Transformative Age, sous la direction de Sophie Gebeil et Jean-Christophe Peyssard). Ils contiennent un article co-écrit avec Sara Aubry, Audrey Baneyx, Laurence Favier, Alexandre Faye, Marie-Madeleine Géroudet et Benjamin Ooghe-Tabanou : « A Network to develop the use of web archives: Three outcomes of the ResPaDon project« .

Un autre article collectif a été accueilli dans la revue Culture et Recherche sur recherche et intelligence artificielle paru cette année (n°147, automne-hiver 2024) au titre du chapitre francophone d’AI4LAM.

Pour finir, j’ai pulvérisé mon magnifique score de nombre de billets sur le blog (on était à 3 l’an dernier, on passe à 4 !!!) mais je ne citerai ici que celui qui contient du contenu original (hors compte-rendu de conférences) : « Le futur de la recherche documentaire : RAG time ! » S’y ajoute le billet sur le blog WebCorpora concernant les projets Skybox et SkyTaste. On va remettre le blogging à la mode ;-)

Activités diverses

S’il fallait vraiment lister TOUT ce que je fais au titre de la recherche… On pourrait ajouter la relecture d’articles en « peer-review » (pour la revue Humanités Numériques notamment), l’évaluation de projets de recherche (pour BELSPO), la participation à des comités scientifiques qui préparent les programmes et évaluent les réponses aux appels à contributions (Document numérique et société, WAC 2025, RESAW 2025), la participation au conseil scientifique d’Huma-Num et au comité d’orientation de l’Equipex Commons. Nous avons aussi passé pas mal de temps, avec Laurence Favier, Madeleine Géroudet et d’autres contributeurs et contributrices, à fignoler les actes du colloque ResPaDon, publiés en ce début d’année dans la revue LCN (mais ça comptera dans les publications de 2025 !)

Il faudrait aussi mentionner les directions de mémoire de master, qui ont inclus cette année en M1 les travaux d’Alice Guérin, de Sarah Ambec et de Juliette Benguigui, et les mémoires de M2 de Natacha Grim, Mohammed Mechentel, Kutay Sefil, Camille Ferrari, Elliot Fabert, Mathilde Prades, et Selma Bensidhoum (ce dernier en co-direction avec Émeline Levasseur). Merci à elles et à eux, et félicitations !

Pour finir sur une note moins boris-viannesque, je voudrais mentionner une dernière activité inclassable : une résidence que j’ai effectuée au sein du laboratoire C2DH de l’Université du Luxembourg, du 29 au 31 mai 2024, dans le cadre du dispositif Erasmus+ (oui ça existe aussi pour les profs !) C’était vraiment une expérience très chouette, j’ai appris beaucoup de choses et suis repartie avec plein d’idées pour mes projets. Un grand merci à Valérie Schafer, Frédéric Clavert et Benoît Majerus pour leur accueil !

De l’écran à l’émotion (et du concept au papier)

De l’écran à l’émotion, c’est le titre de mon livre qui est sorti hier aux éditions de l’École des chartes. Je ne vous dirai rien ici de ce qu’il y a dedans (pour ça, vous pouvez consulter le résumé et le sommaire ici), j’ai plutôt envie de vous raconter comment il est né… en laissant place aux émotions, forcément !

Tout a commencé autour d’un déjeuner rue de Richelieu avec Christophe Gauthier, alors qu’on préparait une table-ronde dans un colloque. Il m’a parlé du doctorat sur travaux et je me suis dit « pourquoi pas ». La recherche était déjà faite : j’avais derrière moi 15 ans de publications, de conférences, de projets, d’expérimentations et de très riches discussions avec d’innombrables personnes ressources. Il ne restait donc « plus qu’à » remettre tout cela en cohérence, l’articuler autour d’une problématique, faire du lien et un peu d’égo-histoire, bref… écrire. Et par chance, c’est une activité à laquelle je prends un plaisir tout particulier, une passion que je nourris depuis 2004 et la naissance de ce blog (et même avant pour être honnête).

Je m’y suis lancée une première fois en 2019. L’exercice était assez contraint, il fallait impérativement tenir en 100 pages max et répondre aux exigences de l’écriture académique, tout en faisant le lien avec ce que j’avais publié auparavant et en introduisant une problématique globale. Cela a débouché sur ma thèse, soutenue en janvier 2020 et désormais accessible en open access

Assez rapidement, il a été question d’une publication. Mais il a fallu attendre 2022 pour que je puisse trouver la disponibilité (pratique mais surtout mentale) de me lancer dans ce nouveau projet. 

J’en ai discuté avec Géraldine Hue, qui dirige les éditions de l’École des chartes. Elle venait de lancer une nouvelle collection, adaptée pour des textes moins lourds que des thèses. J’avais envie d’un essai, quelque chose de personnel et vivant qui se lise comme un roman. Les planètes étaient alignées. Je pouvais donc me remettre à écrire, ce qui a occupé une bonne partie de mon année 2023

Mais alors, écrire un livre, ça fait quoi ? 

Eh bien pour moi, écrire c’est…

  • … trouver un concept auquel on croit et s’accrocher jusqu’au bout pour qu’il voie le jour ;
  • … 6 mois à un an de travail acharné dans chaque interstice qu’on parvient à libérer dans son agenda ;
  • … lutter pour trouver le ton juste en fonction de l’audience qu’on vise ;
  • … disposer d’une première version et décider quand même de tout réécrire parce que l’intention n’est pas exactement la même ;
  • … se prendre la tête pour respecter des contraintes d’écriture qu’on s’est soi-même fixées et que personne ne remarquera jamais ;
  • … se réveiller le matin avec une idée lumineuse et s’émerveiller des bonnes pages qu’elle fait apparaître ;
  • … s’arracher les cheveux pendant des heures sur des chapitres pénibles pour finir par tout couper à la relecture ^^ 
  • … relire. Relire. Relire. Relire. Relire. Relire. Relire jusqu’à ne plus pouvoir voir le texte en peinture ;
  • … attendre des mois, recevoir enfin le livre, ne pas oser l’ouvrir de peur de voir une coquille >_<
  • … 25 échanges avec l’éditeur pour choisir la couverture parfaite (vous noterez le petit cœur sur le dos <3)

Mais écrire un livre c’est aussi… le voir partir vers l’inconnu en se demandant ce qu’il adviendra de lui, ce que les gens vont en penser, si tout ces efforts ont servi à quelque chose, s’il est vraiment pas mal, si quelqu’un le lira. 

Alors si c’est votre cas, si vous en lisez même un chapitre, même juste l’intro, même 10 lignes, n’hésitez pas à passer ici (ou ailleurs) me dire ce que vous en avez pensé ! (Vous pouvez aussi juste dire qu’il est beau, parce que c’est vrai :-D) 

En plus de toutes les personnes déjà mentionnées dans les remerciements de l’ouvrage, je voudrais adresser toute ma gratitude à Géraldine Hue et Sophie Muraccioli et plus généralement aux éditions de l’ENC, pour avoir mis au jour la première monographie signée par et rien que par Emmanuelle Bermès ! Je suis heureuse et fière comme une jeune maman devant son premier bébé :’-D 

Recherche : bilan personnel 2023

Quitter la conservation pour aller sur un poste d’enseignant-chercheur, cela implique de consacrer une partie de son temps à la recherche et ses activités connexes : conférences et publications. 2023 a été ma première année complète en la matière ; dans un esprit « science ouverte », voici donc le bilan de mes activités de recherche l’année passée (ça me sera surtout utile quand on me demandera d’en rendre compte :-)

Mes sujets et projets de recherche

Dans la continuité de ma thèse, mon champ de recherche porte sur la patrimonialisation du numérique et plus spécifiquement, le processus qui conduit à l’émergence de nouveaux objets patrimoniaux reflétant la culture numérique, ainsi que l’évolution des institutions patrimoniales en matière de gestion de leurs collections numérisées ou nées-numériques. C’est un sujet qui ouvre pas mal de pistes, et j’ai donc décidé de concentrer mon effort sur deux pôles principaux : les archives du web d’une part, et l’intelligence artificielle dans les institutions patrimoniales d’autre part.

L’année 2023 a ainsi été marquée par la fin du projet ResPaDon, dans lequel je suis restée engagée après mon départ de la BnF, et qui nous a occupés avec l’organisation d’une journée d’étude professionnelle conclusive et du colloque international de fin de projet. J’ai par ailleurs poursuivi mon implication dans AI4LAM où j’ai assuré une deuxième année de co-présidence du secrétariat avec Neil Fitzgerald. Cette deuxième activité m’a valu pas mal d’invitations à divers événements.

Sinon, j’ai passé une bonne partie de l’année à travailler sur le manuscrit d’un livre qui devrait paraître en 2024 aux éditions de l’École des chartes, et qui reprend en partie le mémoire de mon doctorat sur travaux (enrichi, élargi et pas mal réécrit). Ce qui ne m’a pas empêchée d’écrire quand même quelques articles !

Bilan complet ci-dessous.

Conférences, journées d’études, colloques…

L’année 2023 a été riche en événements, au-delà des temps forts qu’ont été les rencontres que j’ai contribué à organiser, à savoir le colloque ResPaDon « Le web : source et archive » en avril à Lille et la conférence annuelle de la communauté AI4LAM à Vancouver. J’ai aussi été impliquée dans les comités scientifiques de la journée d’études des doctorants du Centre Jean-Mabillon et de celle de l’ADEMEC sur l’open data. J’ai eu pas mal d’occasions d’animer ou participer à des tables rondes en lien direct avec mes activités (dans ResPaDon, dans AI4LAM ou encore dans le master TNAH). Mais c’est aussi une année où je me suis autorisée à passer une tête pour le plaisir, virtuellement ou pas, dans des conférences où je n’avais pas de présentation à faire ni de table ronde à animer… Par exemple le super webinaire du C2DH sur les usages pédagogiques de Chat-GPT (enregistrement disponible), la journée d’études NumFem2023 du CIS (Le numérique comme méthodes et terrains. Perspectives féministes), un atelier sur le Linked Art adossé à EuropeanaTech et un autre organisé par le SCAI sur l’utilisation de l’IA dans les sciences du patrimoine. Et tout ça était vraiment passionnant !

Je liste ci-dessous les événements dans lesquels je suis intervenue, en commençant par celles qui ont donné ou donneront lieu à des publications :

Voici maintenant les conférences où j’ai fait des présentations sans publication (parfois avec captation vidéo néanmoins) :

Et pour finir, les contributions à des tables rondes ou des présentations plus informelles :

Publications

Sinon, un enseignant-chercheur, ça publie ;-) Et ça tombe bien, c’est une activité que j’apprécie particulièrement. Alors si je prévois surtout d’en récolter les fruits en 2024 avec mon livre, voici quand même un bilan plutôt positif pour cette année :

  • J’ai publié dans la revue Balisages de l’ENSSIB (n°6) un article scientifique intitulé « Trente ans de numérique à la BnF. Devenir d’une utopie. » Lui aussi est essentiellement tiré de mon mémoire de doctorat, mais la partie méthodologique est toute neuve.
  • J’ai eu le privilège d’être invitée à préfacer l’ouvrage de Véronique Mesguich, Les bibliothèques face au monde des données (Presses de l’ENSSIB, 2023). Une très bonne entrée en matière pour tous les professionnels qui s’interrogent sur ces questions, et y trouveront une vision panoramique de la situation actuelle.
  • J’ai également contribué au très riche numéro de Culture et Recherche sur la science ouverte paru cette année (n°144, printemps-été 2023) en rédigeant un très court article sur les données FAIR, illustré d’un sketchnote maison que j’ai le plaisir de vous offrir ici en CC-BY-NC comme tous les contenus de ce blog ;-)

Blog qui n’était pas en reste puisque cette année j’ai publié 3 billets (waouh -_-) :

Si j’arrive à tenir mes bonnes résolutions, l’année prochaine je ne compterai pas tous les billets dans les publications parce qu’il y en aura trop ! On prend les paris ?

Le grenier

Oh trop fou ! Ce ne serait pas la clef de mon blog, coincée là entre une soutenance de thèse, une pandémie et un gros tas de bazar ? Elle est un peu rouillée, je me demande si elle marche toujours…

(Essuie la clef avec son écharpe et la glisse dans la serrure.)

Bah ! Pouah ! Kof kof kof ! Y en a de la poussière là-dedans !

(Écarte quelques toiles d’araignées et attrape le premier papier qui traîne.)

Oh ! Trop drôle, mon dernier billet ! Je parlais de la conférence Fantastic futures à Stanford… je faisais un teasing de dingue, j’y croyais vraiment, que j’allais organiser une conférence internationale en décembre 2020, ah ah ! Bon au final elle a bien eu lieu… avec un an de retard. Et puis c’était pas vraiment comme les conférences du monde d’avant, il faut bien le reconnaître… mais c’était chouette. Il nous reste les vidéos et les supports. Et le super article de Céline dans le BBF. Bon c’est sûr, plein de gens n’ont pas pu venir à cause de la crise, tout ça, mais on va jouer les prolongations pendant les community calls d’ai4lam les 15 février et 15 mars…

Tiens c’est quoi ce truc ?

(Ouvre un grand coffre rempli de paperasse.)

Oh !!! Ma thèse ! Enfin je veux dire, mon doctorat sur travaux. « Le numérique en bibliothèque : naissance d’un patrimoine : l’exemple de la Bibliothèque nationale de France (1997-2019). » Rien que ça. Genre, il y a deux fois deux points dans titre, je ne doute de rien, moi… Heureusement qu’ils n’interdisent pas les titres à rallonge pour mettre en ligne dans Hal, sinon j’aurais l’air maligne ! N’empêche, c’était sympa cette histoire d’émotions patrimoniales. J’en avais même fait un article dans la Revue de la BnF. Et puis la soutenance… une vraie soutenance dans la salle Léopold Delisle de l’Ecole des chartes, en présentiel comme on dit maintenant. Et sans masques ! On a revécu toute l’histoire de la BnF sur les 25 dernières années… d’ailleurs ça a atterri dans le livre sur l’Histoire de la Bibliothèque nationale de France qui sort cette année à l’occasion de la réouverture de Richelieu. Que des bons souvenirs, quoi.

(Se remet à fouiller à droite et à gauche.)

Il doit bien y avoir encore quelques trucs intéressants là-dedans… L’ouverture du DataLab en octobre 2021… Le Schéma numérique 2020 de la BnF… La recette du pain d’épices… Mais où est ce fichu… Ah ! Le voilà ! Il n’est pas beau, ce numéro de Chroniques spécial intelligence artificielle ? Si j’avais su il y a deux ans que cette technologie prendrait une telle place dans ma vie… En tout cas, les illustrations sont magiques et il contient un joli portrait professionnel de votre serviteuse. Cela fait quand même plus sérieux que le selfie pris dans mon bureau pour illustrer mon interview sur Europeana Pro ! Ah, le plaisir de fouiller dans les greniers pour retrouver de vieilles photos ! Il n’y a rien de tel.

Tiens, voilà autre chose…

(S’approche d’un mur couvert de post-its à moitié décollés.)

Mes challenges personnels pour 2022, tout un programme. « Arrêter de fumer… Publier ma thèse… Voyager au Danemark ou en Irlande… » T’as raison, l’espoir fait vivre. Et tiens, « Ecrire sur mon blog » ! Eh bien voilà au moins une case que je peux cocher. Restons positifs :-) (mais pas au Covid >_<)

Le Figoblog nouveau est arrivé

Pour fêter en beauté le nouveau cru 2015, le Figoblog fait peau neuve.

Ça fait du bien (le design du site n’avait pas été rénové depuis 2008) mais surtout, mon très cher administrateur du site et moi-même avons décidé d’aller dans le sens de l’histoire. Nous abandonnons un système basé sur un logiciel open source et une exploitation internalisée (dans notre salon) pour aller vers une plateforme en SAAS (Software as a service).

Cette évolution va certes limiter un peu les fonctionnalités, mais elle permettra au Figoblog de bénéficier régulièrement et sans douleur des améliorations courantes de la plateforme et de son support. Par exemple, je devrais voir disparaître mes problèmes de spam et vous pourrez de nouveau mettre des commentaires (youpi !) Finis les thèmes mitonnés à la main avec notre plus beau Photoshop+CSS, là aussi je rentre dans le rang en adoptant l’un des nombreux thèmes librement disponibles.

Par ailleurs je quitte Drupal pour WordPress, non pas parce que je n’étais plus heureuse avec Drupal (et nous resterons bons amis) mais parce que les fonctionnalités de WordPress sont suffisantes pour mes besoins.

Bon, il y a juste un « léger » « petit » inconvénient : dans l’opération, toutes les URL des anciens billets vont être perdues. Pensez également à rafraîchir vos flux RSS. Je pense que la page 404 va être la plus visitée du site pendant un temps. Ah, les identifiants pérennes…

Nouveaux horizons

En ce premier avril 2011, il est temps pour moi de découvrir de nouveaux horizons. Après presque 8 années au service de la bibliothéconomie, dans ce qu’elle a de plus traditionnel et de plus innovant tout à la fois, et au sein d’une institution toujours merveilleuse même si parfois effrayante, il est temps pour moi de passer à autre chose.

Je suis impatiente d’apprendre de nouvelles choses, de rencontrer de nouvelles compétences, d’explorer ces nouveaux horizons qui s’ouvrent à moi. J’espère que toute cette nouveauté me poussera à reprendre plus souvent ma plume numérique pour venir ici noircir quelques pixels.

Il se pourrait toutefois que vous voyiez ce blog s’infléchir légèrement vers des préoccupations parfois plus muséologiques (entre autres) que bibliothéconomiques… Enfin si j’ai le temps de bloguer, car le projet qui m’attend va requérir toute mon attention et mon énergie.
Enfin, si je m’éloigne des bibliothèques, ce n’est que pour mieux revenir vers le numérique. D’ailleurs, elles ne seront pas loin, au moins pour deux d’entre elles ;-) Et le Web sémantique restera, pour longtemps je pense, un de mes sujets de préoccupation préférés.

Pour accompagner ce changement, j’ai aussi décidé d’arrêter définitivement la confiture de figues. C’est vrai, au bout d’un moment, on finit par se lasser de manger tout le temps la même confiture. Je vais donc rebaptiser ce blog « Fraisoblog : un blog sur la muséologie, le Web sémantique et la confiture de fraise ». Ça le fait, non ?

PS : un poisson s’est glissé dans ce billet, saurez-vous le retrouver ?

Figues officielles

Il semblerait, ainsi que me le signale un aimable lecteur, que ce soit aujourd’hui le jour de la figue. Je remercie donc la bibliothèque des sciences de l’antiquité de Lille 3 pour ce délicieux billet.

Ceux qui sont libres ce week-end peuvent aller célébrer cet important événement à Vézenobres dans les Cévennes. Je remercie mon collègue de la médiathèque d’Alès pour l’invitation, malheureusement ce ne sera pas pour moi cette année…

Enfin, sachez que si vous cherchez une source de référence sur la figue, vous trouverez un article de près de 15 pages dans le Journal officiel du 2 février dernier. Il s’agit du décret portant sur l’appellation « figue de Solliès » AOC. Vous y trouverez une description très extensive du produit, comment il est élaboré, et toute l’histoire de la culture de la figue dans la région.
Merci ici encore à un de mes chers lecteurs (je ne sais pas ce que je ferais sans vous, les amis).

Les figues de Solliès sont actuellement en vente chez votre primeur préféré, et elles sont excellentes cette année. Lâchez-vous !

La journée du non-patrimoine

Et si aujourd’hui, justement, c’était le jour où je ne me préoccupais pas de l’accès de tous à la culture, de la conservation et de la transmission du patrimoine, de la médiation et de l’accès du grand public aux œuvres, de la diversité et de la richesse des contenus, de la trouvabilité de l’aiguille dans la botte de foin, de l’usager et de ses usages multiples, de l’élaboration de la connaissance et du savoir, de l’émulation culturelle des communautés, du positionnement de la collection dans l’espace et le temps, de la qualité de la donnée qui fait la qualité de l’expérience utilisateur, de la découverte et de la sérendipité, de l’exception qui rend la règle encore plus magnifique, des siècles qui nous contemplent, du grand, du beau, et de l’ancien.

Aujourd’hui, c’est ma journée du non-patrimoine.

Un goût d’été

Ce midi, dernier verre de Pastis bleu sur la terrasse, dans le vent de la mer.

Je mets mes dernières figues du Var en pots (de confiture) avant de repartir pour Paris.
Y aura-t-il des figues à Milan ???

Adorables figues

On m’a signalé récemment la parution de cet ouvrage essentiel : La communauté des adorateurs du figuier par Franck Berthoux. D’après la 4e de couv. (ill. en coul.), ladite communauté, dont le sigle ressemble furieusement à celui d’un organisme dont la générosité me tient à coeur ces derniers temps, était une espèce de secte qui défendait l’idée que la pomme d’Adam et Eve était en fait une figue. Il faudrait que j’y jette un oeil, moi qui suis une adoratrice reconnue de la figue ;-)

J’en profite pour vous donner un petit conseil automnal. Les figues n’étant pas excellentes cette année, choisissez-les très mûres ; le meilleur signe est que sous la base de la figue on voit la chair rouge à travers une déchirure en forme d’étoile… Si vous en achetez toute une barquette et que celles du fond, malgré une couleur sympathique, restent obstinément dures comme du bois, voici une recette qui permet de les recycler :

– couper les figues en 4
– les faire revenir 2 minutes à feu vif avec une noisette de beurre
– ajouter 1/2 sachet de sucre vanillé
– faire revenir encore 2 minutes en remuant délicatement (pour ne pas faire la charpie)
– servir avec une boule de glace à la vanille.
C’est très bon !

Merci au dépôt légal pour la référence du livre.