Le mois dernier, sur la liste DigLib, s’est tenue une intéressante discussion partie d’une question simple mais redoutable :
What is a digital library ?
Je m’étais dit que j’en ferais une petite synthèse, et aujourd’hui justement, Eric Hellman est venu clore (ou relancer ?) le débat avec un message qui fait plus ou moins le point sur la question.
Pour résumer l’ensemble des discussions, peu de gens se sont attardés sur les problèmes de types de documents, par exemple en opposant analogique et numérique. Ce débat est apparemment dépassé.
La définition de la bibliothèque numérique n’est pas unique mais trine (c’est plus joli). Une bibliothèque numérique, c’est :
- des ressources, du personnel qualifié, bref une organisation
- mise au service d’objectifs définis et d’un public déterminé, c’est à dire d’une politique documentaire
- et qui se caractérise par la gestion d’une collection : sélection, acquisition, accès et conservation à long terme, enfin une offre de services.
Eric Hellman résume tout ceci en deux points : une bibliothèque a un public déterminé, et son but premier est d’optimiser l’utilité de la collection pour ce public :
« Any collection of digital ressources managed with the primary goal of miximizing the collection’s utility to a defined user community ».
Ensuite il se prête à un petit jeu pour différencier, parmi les ressources disponibles aujourd’hui sur le Web, les bibliothèques numériques des autres.
En résumant son propos, on peut dire ceci :
- les ressources dont le but premier est de vendre ne s’adressent pas à un public déterminé, ce ne sont pas des bibliothèques numériques (ex. Amazon, iTunes, Science Direct)
- Les ressources qui ne gèrent pas une collection mais seulement l’accès à une collection ne sont pas des bibliothèques numériques (ex. Google, le site de la Library of Congress)
Etc.
Le résultat laisse songeur puisque sont qualifiés de bibliothèque numérique, selon ses critères, PubMed, Internet Archive, Jstor et FirstSearch d’OCLC. A noter qu’au moins deux de ceux-ci se qualifient eux-mêmes d’"archives"…
J’aurais tendance à penser pour ma part qu’il est dangereux de trop simplifier la définition. Il n’est pas vraiment plus simple de dire ce qu’est une bibliothèque, entre un bâtiment, une étagère dans mon salon, un fournisseur de services, trois caisses en plastique dans le grenier d’une école… Je pourrais re-citer Michel Melot :
la bibliothèque sans livres, on pourra l’appeler (…) médiathèque, cyber-café ou tout simplement peut-être un jour, l’Univers.
Ressources :