Bibliographie

Petit voyage de l’autre côté du miroir avec la découverte de deux blogs (ou trucs qui ressemblent) consacrés aux technologies de bibliographie : bibliophile et darcusblog.

On y parle de normes, de métadonnées, de logiciels, de description bibliographique… tout comme chez nous, mais du point de vue de celui qui récupère les notices, pas de celui qui les crée.

Pour ma part, faisant encore partie à mes heures de ceux qui recueillent des références pour faire des bibliographies, je trouve aussi que rien ne vaut un bon petit blog-notes ;-)

Geeks et normalisation

Comme les bibliothécaires, les geeks (au moins certains) aiment bien les normes. Seulement, ils ont un peu plus de mal à les faire passer à leur communauté.

Premièrement, parce qu’au lieu de s’appeler "normes" (genre : faites ça, sinon z’êtes morts), souvent elles s’intitulent "recommandations" (genre : faites comme vous voulez, mais comme ça c’est mieux.)

Deuxièmement, parce qu’elles n’ont pas, comme les normes bibliothéconomiques, un public qui pense a priori que les normes sont indispensables à la vie et qu’agir en défi des normes, c’est être la risée de ses collègues. Elles ont un public qui a du mal à cerner ce qu’elles sont, et à quoi elles servent.

Enfin, les normes des geeks ne font pas la joie des acteurs commerciaux de ce milieu (probablement parce qu’elles n’ont pas cette étonnante faculté de se démultiplier à l’infini pour empêcher l’intéropérabilité). En effet, l’intéropérabilité, ça n’aide pas à fidéliser le client (demandez ce qu’il en pense à votre fournisseur de SIGB).

Tout ceci est un tableau très, trop vite brossé, un peu caricatural sans doute. Pour plus de précision, suivre les réflexions de Karl : il s’est promis de répondre à 16 questions qu’on lui a posées sur le sujet, par 16 billets au thème tous plus passionnants les uns que les autres. Au programme entre autres, est-ce que les normes c’est la vraie vie, les normes sont-elles parfaites, etc.

Retrouvez toute la documentation des geeks sur Mandragor, et merci à Niko pour ce dernier lien.

Blogs et validation

Je suis tombée un peu par hasard sur le site d’un certain Joe Clark : Weblogs & ISSN. Son but dans la vie (du moins sur ce site) est de militer pour que les blogs puissent obtenir des ISSN.

Dans son plaidoyer sur la compatibilité entre blogs et numéros ISSN, il hésite entre couvrir les bibliothécaires de fleurs, et leur jeter la pierre pour leur manque de connaissance des blogs et leur mépris à l’égard du Web :

librarians seem to think reading Web sites about Weblogs is beneath them…

Très bien, mais au fait, un ISSN pour un blog, pour quoi faire ? En fait, la clef du problème semble être la validation de l’information :

With an ISSN, your Weblog indisputably qualifies as a serial or periodical, putting you in the same category as Stern and the New Yorker (and Hustler, of course).

Pour ma part, je ne suis pas certaine qu’un numéro puisse m’aider à convaincre les gens de la qualité extraordinaire de ma recette de confiture de figues.

Valse bibliothéconomique

Pour ceux d’entre vous qui ne seraient pas encore partis voir le feu d’artifice au bal des pompiers, voici une petite confiture de ressources bibliothéconomiques, sans grand rapport entre elles.

Pour comprendre le jargon du métier, en anglais : ODLIS (pour Online Dictionary for
Library and Information Science), et en français mais pas en ligne (on ne peut pas tout avoir), le Vocabulaire de la documentation de l’ADBS.

Côté blogs, l’Unesco a mis sur son portail une liste de blogs bibliothéconomiques, pas seulement en anglais (ça change).

Enfin, une petite ressource NISO (en pdf) : comprendre les métadonnées, ou tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur DC, TEI, METS, MODS, EAD, ONIX et bien d’autres, résumé en 20 pages (un document qui s’adresse peut-être plutôt aux "décideurs" qu’aux gueux qui ont les mains dans le cambouis, m’enfin on sait jamais, ça peut servir…)

Merci à RessourceShelf, à Juriblog et à It’s all Good d’aider à occuper les tristes jours fériés, car comme disait l’autre, "le jour du 14 juillet, je reste dans mon lit douillet"…

Service providers pour l’OAI

Etes-vous en quête de bons service providers, généralistes ou spécialisés dans un thème, pour avoir accès aux entrepôts OAI et aux archives ouvertes de votre discipline ?

Gerry McKiernan nous propose quatre synthèses dans ce domaine (en pdf) :

Vous savez, Gerry McKiernan, le "Monsieur RSS" de la bibliothéconomie…

L’info vient de la liste DigLib.

Mise à jour :

Oups, j’avais regardé ça un peu vite ! Les corrections sont dues à Gustavo (voir commentaire) et on les retrouve, en Galicien, sur Bibliobus !

Figuiers et 12e arrondissement

Je suis très contente, car vous vous souvenez que j’avais vachement craqué sur ce site qui répertorie les bloggers new-yorkais par station de métro. Ben maintenant on a la même chose à Paris ! Si vous me cherchez bien, vous verrez que j’habite dans le 12e arrondissement.

Eh bien, le 12e arrondissement qui est un petit coin sans prétention, où on ne trouve pas grand chose à part des promenades au vert, des Franprix et des magasins d’informatique, est bien sympathique et riche en figuiers.

Il y en a un magnifique, qui était couvert de fruits en juin, rue Dagorno. C’est une petite rue perpendiculaire à la rue de Picpus, tout près de la bibliothèque du même nom, et pour les curieux, la rue s’appelle rue Dagorno du nom de l’ancien propriétaire des lieux mais on n’en sait pas plus.

Il y a aussi un tout petit figuier juste en face de la bibliothèque Picpus, où il symbolise sans doute le savoir et la connaissance (ou bien il est là par hasard).

On trouve un beau figuier dans la cour de l’ancienne gare de Reuilly, près de Daumesnil.

Enfin, du côté de Bercy, il y a un restaurant très bon qui s’appelle le Pataquès, qui fait de la cuisine méditerranéenne ; il a un figuier en devanture et des figues à la carte, avec du foie gras de canard en entrée ou avec du caramel de pain d’épices en dessert, je recommande chaudement.

Yahoo plus rapide que Google ?

RessourceShelf suivi de près par Constellation W3 signalent cette info : Yahoo indexe désormais le catalogue WorldCat d’OCLC.

Yahoo aurait indexé deux millions de notices en moins d’un mois, alors que Google qui a commencé il ya six mois n’en serait qu’à 500000… Yahoo deviendrait-il un partenaire (plus) fiable pour les bibliothèques ?

Tiens, puisqu’on parle d’OCLC, surtout ne manquez pas de visiter It’s all good, un blog tenu par les trois auteurs du OCLC environmental scan pattern 2003, c’est sympa et riche (et au fait, si vous ne connaissez pas le scan, courez, courez le lire !)

Tout est affaire de qualité

Je me suis enfin décidée à aller visiter Opquast, un site sur les bonnes pratiques qualité pour les services en ligne.

Ben oui, je me disais, encore un truc de geeks… mais pas du tout. En fait, c’est un site très pratique qui récapitule tout ce qu’il faut faire ou ne pas faire avec son site Web… Ceci classé par type de site : service public, blog et autres.

Allez, essayez de passer le site de votre bibliothèque aux critères Opquast. Encore plus drole, essayez l’opac Web de votre SIGB…

Opquast est un site Tristan Nitot validated et OpenWeb validated, donc c’est forcément très super bien.

Toujours dans le domaine de la qualité, on trouve aussi quelques renseignements (mais à côté ça fait maigre figure) sur le site Cadre Qualité Bruxelles, ou quand l’Europe se mêle de la qualité des programmes culturels en ligne.

Enfin, le W3C a sorti aujourd’hui un nouveau draft de son document sur l’architecture du Web, où l’on trouve également des recommandations de bonnes pratiques.

Sans transition, puisqu’on en est à parler de qualité, je voudrais signaler Into the Blogosphere, un blog lié à l’initiative UThink qui publie des articles de chercheurs sur les blogs et la blogosphère. Originalité de la chose, ce blog fonctionne avec un système de peer-review élaboré pour la séléction des articles. Est-ce toujours un blog…

Qu’est-ce qu’une bibliothèque numérique ?

Le mois dernier, sur la liste DigLib, s’est tenue une intéressante discussion partie d’une question simple mais redoutable :

What is a digital library ?

Je m’étais dit que j’en ferais une petite synthèse, et aujourd’hui justement, Eric Hellman est venu clore (ou relancer ?) le débat avec un message qui fait plus ou moins le point sur la question.

Pour résumer l’ensemble des discussions, peu de gens se sont attardés sur les problèmes de types de documents, par exemple en opposant analogique et numérique. Ce débat est apparemment dépassé.

La définition de la bibliothèque numérique n’est pas unique mais trine (c’est plus joli). Une bibliothèque numérique, c’est :

  • des ressources, du personnel qualifié, bref une organisation
  • mise au service d’objectifs définis et d’un public déterminé, c’est à dire d’une politique documentaire
  • et qui se caractérise par la gestion d’une collection : sélection, acquisition, accès et conservation à long terme, enfin une offre de services.

Eric Hellman résume tout ceci en deux points : une bibliothèque a un public déterminé, et son but premier est d’optimiser l’utilité de la collection pour ce public :

« Any collection of digital ressources managed with the primary goal of miximizing the collection’s utility to a defined user community ».

Ensuite il se prête à un petit jeu pour différencier, parmi les ressources disponibles aujourd’hui sur le Web, les bibliothèques numériques des autres.
En résumant son propos, on peut dire ceci :

  • les ressources dont le but premier est de vendre ne s’adressent pas à un public déterminé, ce ne sont pas des bibliothèques numériques (ex. Amazon, iTunes, Science Direct)
  • Les ressources qui ne gèrent pas une collection mais seulement l’accès à une collection ne sont pas des bibliothèques numériques (ex. Google, le site de la Library of Congress)

Etc.

Le résultat laisse songeur puisque sont qualifiés de bibliothèque numérique, selon ses critères, PubMed, Internet Archive, Jstor et FirstSearch d’OCLC. A noter qu’au moins deux de ceux-ci se qualifient eux-mêmes d’"archives"…

J’aurais tendance à penser pour ma part qu’il est dangereux de trop simplifier la définition. Il n’est pas vraiment plus simple de dire ce qu’est une bibliothèque, entre un bâtiment, une étagère dans mon salon, un fournisseur de services, trois caisses en plastique dans le grenier d’une école… Je pourrais re-citer Michel Melot :

la bibliothèque sans livres, on pourra l’appeler (…) médiathèque, cyber-café ou tout simplement peut-être un jour, l’Univers.

Ressources :

Images libres

Petit cadeau du jour, Image*after : une base d’images gratuites que l’on peut utiliser librement pour un usage privé ou commercial.

On y trouve des photos en haute résolution de lieux, d’objets, d’animaux, etc., ainsi que des « textures » particulièrement intéressantes et bizarres. Ces ressources sont destinées à servir de matériau brut pour des traitements ultérieurs, et elles ont l’avantage d’être classées par thèmes.

Merci à Robin Good.