Ours polaires 2.0

J’ouvre une phase de grande réconciliation avec tout un tas de notions qui avaient plutôt tendance à m’énerver, et le premier à faire l’objet de mon regard exceptionnellement indulgent sera ce soir le Web 2.0.

Le site Polar Bear expedition Digital Collection est ainsi un merveilleux site 2.0 consacré aux ours polaires, euh à une expédition polaire datant de 1918-1919.

On y trouve des documents d’archives numérisés, avec leurs inventaires en EAD accessibles en ligne, et bien sûr on peut accéder à un tas de navigation par listes, créer un compte, commenter les documents, obtenir des recommandations (« Researchers who viewed this page also viewed… »), et pas s’abonner à un fil RSS mais ils ont dû oublier.

Comme quoi, le Web 2.0 ce n’est pas incompatible avec l’archivistique, et ce n’est pas notre ami Archivemati.ca qui risque de me contredire… Il ne reste plus qu’à inventer la diplomatique 2.0 ;-)

La figue, première culture de l’humanité

Je remercie simultanément deux lecteurs dont je préserverai ici l’anonymat pour leur sagace découverte : les figues seraient la plus ancienne culture de l’humanité !!!

Les premières figues domestiquées par l’homme dateraient d’il y a près de 12.000 ans, 1000 ans avant les premières cultures de blé ou assimilé, et bien avant la vigne, l’olivier ou encore le dattier. La culture de la figue marquerait la fin des chasseurs-cueilleurs et le début des cultivateurs.

Sources : BBC news et Yahoo News.

Ca me fait penser à la vision symbolique et religieuse de la chose : et ils cueillirent le fruit sur l’arbre, le mangèrent, et tout à coup s’aperçurent qu’ils étaient nus ; il prirent des feuilles de figuier pour s’en vêtir et … voilà, c’est le début de la civilisation.

Bab-el-ENSSIB

L’enssib vient de sortir un nouveau site d’édition électronique : Babel Edit. Pour l’instant on y trouve les actes d’une rencontre sur l’indexation des ressources pédagogiques numériques, mais à venir, d’après le message de biblio-fr, on y trouvera les actes d’autres journées.

Le site constitue donc un des éléments de la nouvelle "bibliothèque de l’enssib" et turbine avec Lodel (
de même que le Figo et, je viens de l’apprendre, le site de la Sorbonne).

Ce qui est bien de la part de l’enssib & co, c’est de nous montrer qu’il n’y a pas un outil magique qui répond à tous les besoins. Pour faire un blog on utilise un logiciel de blog, pour faire de l’édition électronique on utilise un logiciel d’édition électronique. Et ça marche.

Point docx

Allez, il ya pas de raison, j’ai parlé de .odt, je peux bien parler de .docx.

Cette chose, c’est le nouveau format de bureautique, basé sur XML, que Microsoft est en train de faire normaliser par l’ECMA, un autre machin qui fait des normes.

Comme docx (ou Office Open XML, de son nom complet) est un format ouvert, on peut en lire les specifications sur le site de l’ECMA. Si cela vous semble un peu lourd de feuilleter 4081 pages de specs, vous pouvez butiner le blog d’un spécialiste, ou encore lire deux billets sur XML.com :

Le premier dit que ODT et DOCX sont avant tout les fondements de la liberté de choisir. Et donc qu’il faut s’investir dans l’un, ou l’autre, ou les deux, et que pour la préservation et l’interopérabilité, on verra après.

Le second quant à lui pense que même si on se prononce en faveur d’ODT pour l’interopérabilité et l’archivage, on aura sans doute intérêt à avoir un format XML pour Office, histoire de coller aux fonctionnalités des outils Microsoft.

Par exemple, en France nous aurons le Référentiel général d’interopérabilité qui recommande ODT comme format d’échange (cf. Tristan). Ca ne veut pas dire qu’on ne continuera pas à travailler en .doc (x ou pas x).

Et pour conclure, il serait vain de croire que MS cherche à tout prix à promouvoir des formats différents de ceux que tout le monde utilise pour fidéliser de force ses utilisateurs ; c’est pas comme s’ils voulaient créer un format d’image concurrent à JPEG et inclus par défaut dans leur système d’exploitation. Ah si ? Ah mince alors.

RSS à la BDIC

Non, ce n’est pas un nouveau message de jargon cryptique, mais simplement une belle découverte : la Bibliothèque de Documentation Internationale Contemporaine a mis en place sur son site Web un système d’espace personnel largement basé sur RSS.

On peut ainsi choisir quelles parties du site on souhaite voir s’afficher quand on est connecté, mais aussi :

  • les actus de la bibliothèque
  • les fils RSS de grands quotidiens nationaux et internationaux
  • les fils RSS de votre choix – blog ou autre
  • des « fils RSS bibliographiques » qui permettent de suivre l’entrée de nouveaux documents dans les collections en fonction de domaines de recherche
  • la revue de la bibliothèque, Matériaux pour l’histoire de notre temps
  • les nouvelles acquisitions.

On peut même créer des alertes bibliographiques sur les collections de la BDIC ou sur le Web, et les recevoir par mail ou les afficher dans son espace.

Pour moi c’est un peu la réalisation d’un vieux rêve : tout ce que vous avez toujours rêvé de faire avec RSS dans votre bibliothèque sans oser le réaliser. Bravo à eux.

Premières figues 2006

Et voilà, hier, au détour d’un étal de primeur, les premières figues fraîches de l’année.

J’aime l’été, il y a des figues, des fraises, des clafoutis aux cerises, des bons légumes pour faire de la ratatouille ou de l’escalibade, du tennis à la télé, du soleil, une douce chaleur, des gens dehors dans les parcs et à la terrasse des cafés, bientôt des vacances, et encore des figues (deuxième floraison…)

Pour fêter ça, je vous suggère de se regarder un petit clip innénarable : Elektronik-supersonik, attention âmes sensibles s’abstenir, parce que ça fait vraiment peur. Merci Nico.

Preum’s !!!

Ah oui alors, je veux à tout prix être la première à annoncer la sortie du nouveau BBF spécial "Les bibliothèques sur le Web" !

Dedans, il y a un bel article de mon geek sur les blogs et les wikis.

A part ça, tout a l’air à peu près super intéressant dans ce numéro. Il y a même un article sur la BNuE et un sur le Dépôt légal du Web .

Alors voilà, demain, c’est férié, ça va nous laisser le temps de bouquiner.

Petite confiture de liens

J’en ai pas beaucoup mais c’est que du bon.

D’abord, la maintenant célèbre boitam.eu, et plus intéressant, l’explication de son succès.

Un site ou on peut voir les grands sites historiques depuis l’espace.

L’intrus dans la maison : ce qui arrive quand on ne choisit pas son appart en fonction de son PC (euh nous ça ne risquait pas de nous arriver ;-)

Tictac : un site de sons (très rigolo, je vous le recommande).

Enfin, si comme moi vous croyiez que chez Truffaut on pouvait acheter essentiellement des plantes et du terreau, eh bien vous vous trompiez. On peut aussi y acheter du pain d’épice à la figue (en photo ci-dessus) et même de la confiture de figues ! Ya bon les figues chez Truffaut.

Confiture numérique et archivistique

Je manque un peu d’énergie pour entrer dans les détails, alors voici une liste de ressources à utiliser, lire, exploiter, dans les domaines de prédilection qui sont les miens habituellement.

Sur les bibliothèques numériques, lire Scan this book !, un article de Kevin Kelly, déjà signalé par Lafeuille mais je l’avais vu sur Netbib, apparemment il faut se dépêcher de le lire avant qu’il ne soit plus en accès libre.

Mon fils RSS a un Dlib de retard, aussi c’est dans celui d’avril que je vous recommanderai :

Enfin ceci dit vous pouvez aussi consulter directement le Dlib de mai.

Repéré sur DCC, un powerpoint sur les questions juridiques appliquées à la bibliothéconomie numérique.

Vu sur Catalogablog, un rapport sur l’intégrité dans les archives numériques, chez HP.

Enfin, via OAnews, petite visite sur le blog d’un archiviste qui a des choses intéressantes à dire (je l’avais d’ailleurs déjà cité) : Archivemati.ca. C’est un billet aux saveurs de Web 2.0 mais il le dit lui-même :

Although the “Web 2.0″ term probably has a limited shelf life, I expect it will at least get people’s attention as they scan a conference program.

Après il parle de plein de choses intéressantes sur l’accès aux collections d’archives numériques, notamment sur les communautés.

Bibliothèques et communautés

J’en ai un peu marre d’entendre parler à tort et à travers de Web 2.0 et, partant, de bibliothèques 2.0. A la question "êtes-vous un bibliothécaire 2.0" je répondrais volontiers non si j’avais le choix. Comme le dit si justement idsuisse, on ne crée pas un réseau communautaire avec seulement des outils et sans y mettre de sens ; une communauté ne se résume pas à la somme de ses individus.

Si on retourne dans les rayons de la bibliothèque "de brique et de mortier", on y trouvera, niché entre deux étagères, le topos suivant : une bibliothèque c’est un lieu, dans un lieu il y a des gens, donc c’est une communauté. Or il n’y a rien de plus faux évidemment, et s’il suffisait d’ouvrir les portes pour que se crée la communauté cela se saurait, et de même, s’il suffisait de créer un blog ou de lancer un wiki pour susciter une communauté virtuelle, on aurait vraiment à s’en faire de n’avoir pas déjà commencé.

En lisant un document signalé par Librarian.net qui présente plusieurs interviews de bibliothécaires sur le sujet des communautés, j’ai essayé de faire converger ces réflexions et je suis arrivée aux conclusions suivantes.

Un lieu

Bon d’accord, la notion de lieu reste un ciment fort pour les communautés. Mais le lieu ne suffit pas, il faut qu’il soit agréable, vivant. Le lieu se définit essentiellement, en fait, par ce qui s’y passe (valorisation et animation).
L’enjeu principal n’est pas de créer le lieu mais d’inciter les gens

  • à y entrer
  • à y revenir
  • à y rester.

Ces problématiques sont bien connues sur le Web. Comment convaincre l’usager de s’attarder plus des 10 ou 30 secondes moyennes sur le site ? Pire encore, comment le convaincre d’y revenir, encore et encore ? La réponse est simple, il faut faire de l’animation – faire que ça bouge, offrir du service. Pas si facile.

Un modèle économique

Parce que tout cela va bien sûr, en premier lieu, coûter de l’argent. Il faut donc une volonté politique forte pour que cela marche, à moins d’arriver à faire rentrer des revenus en organisant des ventes de livres désherbés ;-) Il faut réussir à dégager un budget spécialement dédié à cette activité de création de communauté, alors que celle-ci est loin d’être identifiée dans la bibliothèque, et encore moins sur le site Web de celle-ci.
Après il y a la question du retour sur investissement : comme le disait justement Karl repris par Hubert, les entreprises qui nous vendent le Web 2.0 y gagnent quelque chose en terme de réutilisation des données, de publicité, etc. Qu’ont à y gagner les bibliothèques ? Tout simplement le droit de survivre, disent certains qui estiment les communautés inévitables.
Bref, on est loin du « plug and play » prétendument apporté par les outils dits du « web 2.0 ». Parce qu’il va falloir aussi…

… des personnels motivés

On construira la communauté avec des gens, et ces gens ça ne peut pas être seulement les usagers. Il faut donc réunir une équipe étoffée de bibliothécaires qui ont envie de créer cette communauté, de l’animer, de la faire vivre.
Eviter que cela soit uniquement lié aux personnes, à savoir un ou deux bibliogeeks prêts à modérer les commentaires entre 20h et 22h (je dis pas que c’est mal, mais c’est pas suffisant ;-)
L’équipe ne peut se construire à côté ou contre le reste de l’établissement : il faut qu’elle emmène tout le monde dans son sillage, éviter l’épreuve de force de la résistance au changement, dont tout le monde ressort perdant.

Un public motivé

Comme pour le lieu, il faut éviter de tomber dans l’idée facile que le public identifié, voire captif, de la bibliothèque est équivalent à sa communauté. Créer la commuanuté va nécessiter de bien connaître ce public, puis de le motiver, de l’inviter à participer à la communauté. Il faudra aussi se débrouiller pour qu’il soit assez nombreux pour atteindre la masse critique.

Pas une communauté, des communautés

Dans la plupart des exemples donnés par les bibliothécaires interviewés, il ne s’agissait pas de créer une communauté autour de la bibliothèque, mais différentes communautés autour de projets s’adressant à un public ciblé : les immigrés, les non-voyants, les adolescents, les étudiants de premier cycle…
Autant de projets que de publics, donc, et chacun doit être vivant, avec des bibliothécaires motivés et un public motivé.

La transparence

Je garde le meilleur pour la fin : il faut jouer le jeu des nouveaux outils et de la communauté, la traiter d’égal à égal, savoir être transparent dans ses actes et ses paroles.
Est-il possible que notre culture francophone, qui hiérarchise et dramatise en général toutes les relations à la fois dans et hors la bibliothèque, sache jouer le jeu de la transparence ? Nous verrons.

Lorsque les bibliothèques françaises commenceront à mettre en place des projets de communautés virtuelles politiquement forts, avec un réel soutien politique et surtout professionnel, un travail sincère d’identification des publics et d’adaptation à leurs besoins, et le tout en toute transparence, je croirai à l’utilisation des outils du web 2.0.