La figue du druide ménapien

Des figues.

Crue ou cuite, la figue est un fruit des meilleurs
Elle nourrit, engraisse, et sert en médecine.
Elle lâche le ventre, adoucit la poitrine,
Et guérit beaucoup de tumeurs.

Pour les glandes, l’abcès, même les ecrouelles
Son cataplasme a fait les cures les plus belles.
Joignez-y le pavot, elle aura la vertu
De retirer des chairs un morceau d’os rompu.

Figues mûres crevant sur l'arbre

Mauvais effets de l’excès des figues.

Quoique les figues soient si bonnes,
Gardez-vous bien d’en faire excès.
Je ne le conseille à personne ;
Voici quels en sont les effets.

Son suc engendre d’ordinaire
Une humeur qui dispose au mal pédiculaire,
Met un pauvre homme en rut, l’excite à des efforts
Qui dans peu ruinent le corps.

Secrets du vieux druide de la forêt ménapienne… / publiés et mis en langage vulgaire par le sage Aremi. Limbourg : s.n., 1844.

Worldcat identities

Moi aussi j’avais hâte qu’ils annoncent Worldcat identities.

Lorcan Dempsey nous l’avait montré en avant-première aux entretiens de la BnF. Ca avait l’air chouette. C’est carrément bluffant.

En deux mots, c’est un espèce de mash-up de données sur des auteurs : les livres qu’ils ont écrits, quand il les ont écrits, dans quelle langue, ce qu’on a écrit sur eux…

Je vous laisse découvrir.

Gestion des droits dans une bibliothèque numérique

Dans une bibliothèque numérique, gérer les droits a de nombreuses implications : il ne s’agit pas seulement de connaître le statut juridique des documents, du point de vue de la propriété intellectuelle, mais aussi de disposer de licences pour garantir l’accès aux contenus (même et surtout s’ils sont libres), ou encore de contrôler les usages.

Si ce sujet vous intéresse, je vous recommande cet article de Lionel Maurel sur les langages de gestion de droits, qui permettent d’encoder les droits d’accès et d’usage, afin d’utiliser ces données dans des systèmes.

Petit extrait de la conclusion, auquel j’adhère totalement :

il serait important que les bibliothèques commencent à définir et à exprimer clairement quels sont leurs besoins en matière de métadonnées juridiques. Car en restant trop passives, elles risquent de se voir imposer des standards issus de la sphère commerciale qui ne seront pas forcément compatibles avec leurs exigences.

Je remercie l’auteur pour cet article, qui ne manquera pas d’être un outil essentiel pour les bibliothécaires qui s’intéressent aux droits d’un point de vue technique et pas seulement juridique.

Préservation numérique « pour les nuls »

La préservation des documents numériques est aujourd’hui l’affaire de chacun : en témoigne le site Save my memories de sensibilisation très "grand public" au problème. Son objectif est d’aider les particuliers à comprendre cette problématique et à sauvegarder notamment leur photos de famille pour les générations futures…

C’est quand même assez poussé, on y trouve des conseils pour bien classer ses photos et faire des sauvegardes, mais aussi des comparaisons de supports, des indications sur l’obsolescence logicielle et technologique, et même des consignes pour restaurer son patrimoine en cas de désastre.

En plus, ça ne gâche rien, le site est joli mais sobre, pédagogique mais pas donneur de leçons.

Comme quoi, on peut faire de la vulgarisation même sur ce genre de sujets arides. Et il faut le faire, sinon bientôt les particuliers anglosaxons seront plus au fait de ces problèmes que certaines de nos institutions.

Vu sur Digitization 101.

La bibliothèque numérique du monde

Le projet de "World digital library" a été annoncé dès 2005 par J. Billington, directeur de la Library of Congress. Il y a peu, le monsieur était à Paris à l’UNESCO pour présenter sa bibliothèque numérique du monde : un projet assez différent de ceux qui relèvent de la "numérisation de masse" puisqu’il s’agit plutôt de valoriser des fonds patrimoniaux représentatifs de la culture du monde. Une expo virtuelle géante en quelque sorte.

Bref, je suis tombée aujourd’hui sur le site de la World digital library ou plutôt de son projet puisque pour l’instant, ce qu’il y a à voir c’est surtout une vision… Ne loupez à aucun prix cette vidéo. C’est un petit bijou de marketing, une remarquable mise en scène et en écrans du numérique (et ce n’est pas facile de filmer le numérique).

Je ne sais pas si cette débauche de « hype » bien léché me fait vraiment envie en tant que professionnelle des bibliothèques. Disons que si on m’avait demandé de faire la maquette d’une grande bibliothèque numérique internationale, je n’aurais probablement pas fait cela ;-) Mais il faut avouer que c’est assez prometteur.

A la télé…

Je vais passer à la télé ! Non, je n’ai pas accepté de passer chez Delarue (ceux qui lisent le fil des commentaires comprendront l’allusion) mais je fais une courte apparition, avec mention de mon blog, dans un documentaire qui sera diffusé à 20h40 ce jeudi 8 février sur France 5.

J’engage les amoureux des bibliothèques (en général) patrimoniales (en particulier) à regarder ce très beau film, très poétique comme une balade au hasard dans les rayonnages.

Et merci à Frédéric Laffont de s’être attardé sur mon cas, cela n’a pas été simple ;-)

28% de taggeurs

D’après ce rapport du Pew Internet Project sur le tagging, 28% des internautes américains auraient déjà utilisé les "tags" pour caractériser des ressources.

Le profil de ces taggeurs ? plutôt jeunes (moins de 40 ans), hommes et femmes, blancs et noirs… leur principal point commun c’est d’être des « early adopters », amateurs éclairés de technologies nouvelles.

Le rapport contient une interview intéressante dans laquelle sont discutés l’avenir du tagging, ses avantages et ses inconvénients.

Tout cela c’est bien joli, mais aujourd’hui, à mon avis en France on est très loin des 28% en question. La plupart des sites qui proposent des interfaces de tagging, comme del.icio.us ou flickr, n’ont pas encore traduit leurs interfaces en français et ne sont adoptés que par une frange très restreinte des internautes : des blogueurs, des geeks et autres internautes 2.0…
Alors si une bibliothèque veut lancer un tel service, elle se heurte à un mur d’incompréhension général : à quoi ça sert, quelle différence avec le bon vieux « panier » de mon SIGB préféré, etc.

Si on veut que les « tags » entrent dans les bibliothèques en France, il va donc falloir, à mon avis…

  • trouver une traduction valable pour « tag » : en français c’est affreusement connoté, on imagine tous ces jeunes des banlieues avec leurs bombes de peinture
  • mobiliser les utilisateurs : et en priorité ceux qui ont une pratique du web 2.0, donc les jeunes
  • prouver la valeur du service par une adoption massive et la réalisation d’entreprises d’indexation qui auraient été manifestement impossibles autrement.

Alors, est-ce jouable ? l’avenir nous le dira… peut-être…