La bibliothèque numérique dont j’ai rêvé

Ayant été hors jeu pendant plusieurs mois en 2008, c’est avec d’autant plus de confort que je m’accorde, pour une fois, un petit message publicitaire sur Gallica 2 et Europeana.

La nouvelle version de Gallica 2, mise en ligne à la mi-janvier, comporte plein de fonctionnalités que j’appelais de mes voeux depuis longtemps, comme des fils RSS paramétrables en fonction d’une recherche, un widget :

Vieux Paris [lithographie par J. Jacottet], Musée Carnavalet : [photographie de presse] / [Agence Rol]
Vieux Paris [lithographie par J. Jacottet], Musée Carnavalet : [photographie de presse] / [Agence Rol]

Mais on peut aussi consulter des documents sonores, et même écouter en synthèse vocale les livres dont la qualité d’OCR est suffisante (supérieure à 95%) par exemple on a bien ri en écoutant certains passages de celui-là.

Europeana, je ne rentrerai pas dans les détails, mais il faut entrer dans le Thought labs où se font les premières expérimentations avec Web sémantique inside
Les mésaventures d’Europeana à son lancement (et je le rappelle, même s’il y a 2 millions d’objets dedans, ce n’est qu’un prototype) me semblent montrer à quel point les nouvelles interfaces de bibliothèque numérique, et quelque chose d’aussi simple que la mise en valeur de vignettes, représentent un enjeu pour la visibilité des contenus culturels, au niveau national et au niveau européen.

Donc, un grand bravo, un grand merci à tous ceux qui ont dépensé une énergie conséquente sur ces projets durant ces dernières années. Il nous reste deux petites semaines pour dire adieu à l’ancienne version de Gallica. On sait qu’il y aurait encore beaucoup à faire, mais on a fait du chemin.

Le côté obscur de la force ?

La politique d’OCLC est assez décriée en ce moment, notamment autour de leur volonté de revoir les conditions d’utilisation des notices de Worldcat.

Noter qu’une première version de cette politique avait été diffusée, suscitant des réactions assez vives. Etait en particulier incriminée la politique du « champ 996 », un champ ajouté aux notices récupérées de Worldcat dans lequel on mentionne la provenance de la notice et un lien vers la OCLC policy.

Le jour même, après la polémique ci-dessus, OCLC retire son texte pour le retravailler. Quelques jours plus tard, il en publie une nouvelle version. On peut comparer les deux versions ici.
A noter :

  • une clarification (simplification, peut-être un peu radicale) des types de partenaires
  • le retrait de certaines phrases qui donnaient un aspect « fermé » à la politique (sans pour autant que cela change le fond des différentes clauses, à mon avis).

On voit bien qu’ils ont essayé de retirer tout ce qui pouvait avoir l’air provocant. Ce qui apparaissait comme des obligations devient des incitations (par ex. ne pas retirer la mention d’origine des notices).

OCLC utilise ensuite son blog pour entrer dans le débat et expliquer sa politique :

  • la politique actuelle date des années 80 et a besoin d’être révisée dans le contexte du Web
  • la mention de provenance avec le lien vers la politique n’est pas dans un esprit de « propriété », mais de « source »
  • OCLC s’est inspiré de la Creative Commons pour l’aspect commercial / non commercial
  • l’objectif de la politique est de protéger la communauté contre des usages commerciaux concurrentiels qui pourraient la détruire.

Ce qui n’empêche pas la polémique de continuer, comme on peut le voir sur cette liste de tous les billets de blog qui abordent ce sujet… Et il y en a qui s’amusent bien :

OCLC a affiché sa volonté de discuter avec la communauté en organisant une rencontre le 16 janvier, et en repoussant la mise en oeuvre de la nouvelle politique de plusieurs mois. Pour autant, ils se font épingler jusque dans la presse avec cet article du Guardian qui prétend expliquer « pourquoi vous ne trouvez pas de livres de bibliothèques dans votre moteur de recherche » par les visées protectionnistes d’OCLC, opposées à OpenLibrary et aux travaux de Talis, et même à la publication du catalogue Libris dans le Linked Data et aux travaux d’Ed Summers.

Ce dernier complète (et dépasse) l’analyse du Guardian dans un billet remarquablement complet et pertinent qui évoque la problématique du référencement et le fichier « robots.txt » de Worldcat.

Ça doit être la mode d’analyser les fichiers d’exclusion de robots aux Etats-Unis, hier c’était celui de la Maison Blanche, passé de 2400 lignes à d’exclusion à une seule… le 20 janvier 2009.

Quelques minutes plus tard : tiens, je viens d’apprendre que OCLC va absorber OAIster. Vous avez dit monopole ?

Le premier catalogue dans le linked data

Dans un de mes derniers billets, je vous parlais de LIBRIS, le catalogue collectif suédois, développé en méthode agile. Il s’avère aujourd’hui, d’après un article sur Nodalities (blog Talis), que Libris serait aussi le premier catalogue de bibliothèque intégralement disponible dans le Linked data.

Sur cette page technique on peut voir que leur préoccupation de rendre le catalogue « machine-readable » a pris une diversité de formes : une API spécifique nommée Xsearch, à laquelle s’ajoutent OpenSearch, unAPI, Z3950 et SRU, et OpenURL-Coins.
Mais dans l’article ils expliquent bien que tout cela, pour passionnant que cela soit, ne va pas aussi loin que le Linked Data qui permet de relier les données avec d’autres ressources disponibles sur le Web, et qu’ils « sont tombés amoureux de SPARQL » (je cite).

Tout est expliqué sur un blog spécifique. En anglais, pas en suédois ;-) Je leur tire une nouvelle fois mon chapeau. A l’heure où LCSH.info a été débranché pour des raisons institutionnelles, il était temps que d’autres bibliothèques se positionnent sur le Linked Data et montrent qu’elles n’ont pas peur de rendre leurs données plus visibles et plus accessibles.

Quelques bonnes résolutions pour 2009

Je souhaite une excellente année 2009 à tous les lecteurs de ce blog, réguliers ou occasionnels.

Pour fêter cet an Neuf (oui, je sais, elle est éculée la blague, mais on ne peut la faire qu’une fois par siècle, il faut en profiter), je voulais partager ici une de mes résolutions : ne plus avoir peur de la technologie.

Je vous vois déjà en train de vous esclaffer à l’idée que je puisse avoir peur de la technologie, mais je vous assure que je suis loin d’être un « early adopter », en général je n’accepte de m’intéresser à une technologie que quand je n’ai plus le choix parce que ce serait vraiment rétrograde de faire autrement. Pour preuve, j’ai eu ma première connexion internet chez moi en 2000, mon premier téléphone portable en 2001, et la Nintendo DS que je viens d’offrir à ma fille était la première console de jeu que je tenais entre mes mains de toute ma vie.
Heureusement, il se trouve que je partage mon quotidien avec un véritable, authentique « early adopter ». J’ai donc décidé d’exploiter cette chance pour essayer de progresser.

Ainsi je suis en train de lire un livre sur son Sony Reader.
Quelques impressions, comme ça à chaud : d’abord, c’est pas pratique, parce qu’avant quand il achetait un livre je pouvais le lire après. Maintenant, cela me demande de longues et ardues négociations puisque pendant que je lis, il ne peut plus profiter de son joujou. Donc, le Sony reader est un danger pour la sérénité du couple ;-) ou il faut en avoir 2 !
Sinon, je trouve que c’est une expérience très proche de celle d’un livre ordinaire, en papier. Bien sûr, on peut en avoir plusieurs dans le même volume d’encombrement… mais vu que je lis rarement plusieurs livres en même temps, et que je pars rarement en vacances assez longtemps pour avoir besoin d’en emmener plusieurs, cela ne fait pas une grosse différence pour moi (si ce n’est que cela va ralentir, fort heureusement, l’augmentation exponentielle de notre métrage linéaire, qui commençait à devenir difficilement compatible avec l’espace disponible, surtout quand on refuse de désherber…)
Enfin, l’autre jour dans le train, j’ai demandé à ma fille (qui a 8 ans) « passe-moi mon livre, s’il te plaît » et elle m’a répondu « ce n’est pas un livre et il n’est pas à toi ». Visiblement elle parlait du support alors que moi je pensais au contenu ; en tout cas, cela a mis fin à la discussion et je me suis débrouillée pour l’attraper toute seule.

Pour Noël, je me suis fait offrir une caméra ce qui va me permettre d’entrer dans l’univers du Web des vidéos, ce que je n’avais fait que timidement jusqu’à présent. Je n’aimais pas ça parce qu’il faut passer du temps à les regarder, on ne peut pas se contenter de les lire en diagonale !
Du coup, j’ai testé Dailymotion et j’ai commencé à envisager de pouvoir encapsuler des trucs sur ce blog : des diaporamas pour l’instant, et demain, des vidéos, et pourquoi pas des screencasts (j’ai testé dernièrement Screentoaster qui est pas mal du tout).