SL, ma Deuxième Vie

Pas mal de gens en France commencent à parler de Second Life ; si vous n’en avez jamais entendu parler regardez ici, si vous vous demandez à quoi ça sert regardez .

Bon, moi, n’y tenant plus et préférant juger par moi-même, j’y suis allée.

Info Island I main library

Ca, c’est le coeur d’Info Island, l’île des bibliothèques (enfin, une des îles…) : la "main library". Il y a un reference desk mais je n’ai jamais vu personne y tenir permanence (peut-être à cause des heures improbables auxquelles je me connecte par rapport au "Second Life Time").
Enfin, cette rotonde est le bon endroit pour rencontrer des gens. La dernière fois, j’ai recontré des bibliothécaires très sympas qui m’ont fait visiter et depuis j’ai une petite étiquette « librarian friend » au-dessus de mon nom ! C’est comme dans la vraie vie : on se croise, on discute, on se promène ensemble. Sauf que des fois les bibliothécaires s’envolent ou se téléportent, ce qui peut destabiliser.

Health info Island main Library

Ca, c’est la main library de Health info Island, les bibliothèques médicales. Je l’ai choisie comme exemple des services que les bibliothèques peuvent offrir dans Second Life : on peut interroger Pubmed ou Google, écouter des podcasts médicaux, découvrir des infos par sites web ou écrans interposés, et rencontrer un reference librarian à certaines heures.
C’est carrément immense.

Info Island Sci_fi library

Ca c’est la bibliothèque de science-fictions d’Info Island. Elle a pour originalité d’être suspendue, le seul moyen d’y entrer est de s’y téléporter. On y trouve pas seulement des PC mais aussi des livres : en fait des liens vers des sites Web.
Comme beaucoup d’endroits dans Second Life, cela vaut le détour et on peut s’y assoir au coin du feu pour regarder la mer. Il ne reste qu’une seule question : à quoi bon s’assoir au coin du feu dans un logiciel ?

En bref, est-ce qu’on peut dire de Second Life que c’est…

  • un réseau social ? oui, on y recontre des gens, on y rejoint des groupes, on discute, on crée des choses ensemble
  • un jeu ? non, il n’y a pas de but, il n’y a rien à gagner
  • un monde ? oui, on peut s’asseoir au coin du feu… et il y a tant et tant à découvrir, j’avoue ne plus savoir par quel bout le prendre. On peut dépenser pas mal d’argent aussi.
  • une "expérience" ergonomique ? non, à part le fait de voler, ce n’est pas une expérience, et surtout d’un point de vue bibliothéconomique, c’est assez décevant : pas d’expérience de lecture (enfin, je n’en ai pas trouvé pour l’instant), et on trouve surtout des liens vers des sites Web (donc vers l’extérieur de SL)
  • un espace publicitaire ? oui incontestablement, un des premiers trucs qu’on apprend c’est à lire les panneaux publicitaires et il y en a un paquet
  • du Web 2.0 ? ah ah, bonne question à condition de savoir ce qu’est le Web 2.0 !!! en tant que tel pour moi c’est trop "insulaire" pour être du Web 2.0 mais l’emballage de blogs, wikis et groupes flickr qu’il y a autour, lui, est 2.0. Le fait que les bibliothèques y soient est peut-être "bibliothèque 2.0".

Bon je me suis bien amusée, mais si j’avais des copains pour se balader avec moi ce serait encore mieux ;-)

20 réflexions sur “SL, ma Deuxième Vie

  1. Une nouvelle conjonction astrale : pour mon premier post de ma vie et ma première visite de ton blog depuis mon domicile (donc sans téléportation par ascenseur), tu publies quasiment en live ton compte rendu d’expérience numérique de la vraie vie qui m’a le plus captivé jusqu’à présent. C’est fort.

    Ce qui m’intéresserait au fond ce serait de savoir dans quelle mesure les mouvements sociaux et les acteurs qui occupent le Web et font son influence sont les mêmes que dans la vraie vie : est-ce que le Web ne fait que prolonger (en changeant d’échelle) des dynamiques existantes ou est-ce qu’il se passe quelque chose de fondamentalement nouveau de ce point de vue? On entend tant de choses débiles sur la e-démocratie (surtout en ce moment) que j’aimerais conduire une étude d’usage ambiteuse en suivant une approche vraiment scientifique dérivée de la bibliothéconomie ou en tout cas interopérable avec ses principes constitutifs.

    Je propose pour en avoir le coeur Net (OK, c’est nul) une expédition groupée à quelques-uns, bien motivés, dans l’univers que tu as approché : une approche exploratoire, anthropologique et politiquement incorrecte chez les papous bibliothécaires américains de Second Life.

    On pourrait par exemple les questionner, l’air de rien, sur leurs fonctions exactes dans leurs bibliothèques de leur vraie vie et voir s’ils y jouent un rôle de leader et de médiateurs ou si ce sont au contraire des bibliothécaires opprimés qui décompensent sur le Web.
    On pourrait encore essayer de voir s’ils passent en fait leurs nuits (ou leurs journées de travail) à retrouver dans leur île de neirds leurs collègues pour discuter le bout de dollar3, boire des tisanes insipides et se créper le chignon ou s’ils discutent parfois aussi avec des plombiers de la Pologne numérique ou des éleveurs de figues.
    On pourrait encore les provoquer, leur demander dans quelle classe de la Dewey ils classent les altermondialistes et les végétariens. etc.

    On archiverait leurs réponses à l’aide des robots très puissants, on les indexerait en masse et après on ferait une analyse quantitative de la quantité des réponses. On en tirerait un rapport stratégique en xml dont le principal intérêt serait les techniques à mettre en place pour assurer sa conservation pérenne.

    Mais vu que c’est mon premier post et que je n’ai jamais tchaté je pense que j’ai encore besoin d’un peu d’entraînement. Il n’y a pas un camp de préparation à Second Life quelque part? Est-ce que mon ordinateur sera assez puissant pour aller là-bas? Et c’est quoi le dress code? Moi, je suis un ours, alors c’est jamais évident de m’habiller dans des occasions pareilles.
    Je suis plein de bonne volonté mais manque d’outillage et de culture professionnelle. Je vais donc continuer à lire ton blogue régulièrement pour me préparer à cette mission.

  2. Je vous recommande la lecture de l’article de Diane Wulwek paru dans Le Monde 2 n° 146 du 02 décembre 2006 intitulé Ma vie virtuelle, vous y découvrirez toute une palette de « services » de ces mondes parallèles dont Second Life n’est qu’un exemple et donc leurs avantages (illusoires, à mon avis) et leurs inconvénients (nombreux).
    Comment un être imparfait, l’Homme pourrait-il produire un monde parfait ?
    A bon entendeur, Salut (dans tous les sens du terme).

  3. Bon ben puisque c’est c’est si gentiment demandé, et puisque tout le monde en parle, je vais aller m’inscrire et voir ce dont il retourne vraiment. A tout de suite dans « Second Life » ^^

  4. Et les bibliothécaires misanthropes ? Est-ce qu’ils ont une place dans Second Life ??

  5. A qui veux-tu faire croire que tu es misanthrope, Daniel ?? ;-) Et puis, si même les bibliothécaires à chignon trouve leur place dans SL, pourquoi pas les bibliothécaires misanthrope ? (Tapez pas, c’est pour rire…)

  6. Merci pour ce compte-rendu de l’intérieur…
    Contrairement à toi, j’ai préféré m’abstenir de gouter à Second Life, de peur de m’y sentir trop à l’aise et d’y devenir complètement accro ! (j’ai parfois des tendance addictives !)

  7. Daniel, Second Life c’est comme la musique et le chocolat : ça sert à rien, mais c’est agréable et ça fait passer le temps. Acessoirement ça rapporte plein de sous à des gens tandis que d’autres deviennent bêtement accro. Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier alu.

  8. Non aux cumulards : il est interdit de porter le chignon et d’être misanthrope !

    Plus sérieusement, la question que je me pose avec Second Life, c’est « A quoi ça sert » ? On a la vraie vie, non, pour porter des chignons ?

  9. Chère Luna, chère Cecilia : je ne suis pas du tout spécialiste de Second life. J’y suis allée par simple curiosité, et uniquement de manière ciblée professionnellement – dans les cyberbibliothèques. A part ça, j’ai une vie de famille, un boulot assez prenant et un blog qui grignotte déjà mon temps libre : il est donc peu probable que j’envisage de payer pour aller dans Second Life, ou d’en parler à la télé. Google France nous a fait à tous une bonne blague en affichant mon blog dans les 10 premiers résultats sur la requête « Second life ». Allez, sans rancune, et changez de moteur.

  10. Bonjour,

    Journaliste pour l’émission Ca se discute,je me permets de vous contacter dans le cadre d’une émission que nous préparons sur Internet et ses pratiques.

    je recherche le témoignages de résidents second life et j’aimerais en discuter avec vous.

    Vous pouvez me joindre au 01.53.84.33.38

    A bientôt j’espère

    cecilia

  11. Bon, pour toutes les demandes d’interviews, de passage à la télé et autres, vous n’avez qu’à contacter directement mon service de presse ;-)

  12. Bonjour, je suis journaliste à TF1 et je suis à la recherche d’une personne qui fréquente régulièrement Second life et qui pourrait m’aider m’y promener, me servir de guide en quelque sorte afin de comprendre pourquoi ça marche si fort.. Merci de votre aide.
    Vous pouvez me contacter sur spinatel@tf1.fr

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