IPRES : Nos amis archithécaires canadiens

La conférence d’ouverture (keynote) nous a été brillamment administrée par le directeur de la Bibliothèque nationale et Archives du Canada, Ian E. Wilson. Il a eu l’occasion de nous parler, entre autres choses, de cette fusion bizarre entre deux métiers, un sujet assez à l’honneur dans la bibliothécomie française de nos jours.

Campus de Cornell

Cette convergence des métiers au Canada est le fruit d’un constat : après s’être passablement étripés pour savoir qui conserverait quoi, ils ont semble-t-il réalisé que cela n’avait aucun sens, en particulier aux yeux du public, et que dans le monde numérique, eux-mêmes commençaient à avoir du mal à expliquer la différence entre les bibliothécaires, les archivistes, et autres. Tout cela a l’air simple dit comme cela, mais je ne suis pas sûre que cela l’ait vraiment été dans les faits.

Il y avait beaucoup d’autres richesses dans cette keynote, pour ma part j’en ai retenu 3 :

  • Le renoncement. Si on place le numérique au coeur de cette nouvelle institution, on ne peut se contenter de multiplier à l’infini les activités : il convient de réfléchir à ce que l’on va arrêter de faire. Un moment difficile.
  • L’engagement. En mettant des ressources en ligne, en créant des services, nous créons aussi d’énormes coûts de maintenance pour l’avenir, sur lesquels il sera probablement impossible de revenir en arrière. En sommes-nous bien conscients ? Serons-nous capables de l’assumer ?
  • L’éthique professionnelle. Suite à une rencontre des bibliothèques francophones, il la définit en 5 points : un accès public et gratuit aux données – des partenariats non-exclusifs avec le privé – la prise en compte de la préservation à long terme – la non-altération des originaux – l’accès multilingue.

Sinon, cette intervention nous a aussi offert la blague du jour, sur les archivistes : savez-vous pourquoi un mariage entre deux archivistes a toutes les chances de réussir ? Parce que plus ils vieillissent, plus leur intérêt l’un pour l’autre augmente ;-)

6 réflexions sur “IPRES : Nos amis archithécaires canadiens

  1. Juste un petit rectificatif : depuis une année maintenant, je ne suis plus de la « bibliothéconomie française », mais bien canadienne, pardon québécoise ;-).

  2. Ce qui, a contrario, préjugerait mal d’un mariage entre deux geeks: toujours être à la pointe, c’est usant…

  3. N.M. et SLP : c’est malin ;-)
    JMS : je l’avais bien noté, alors disons la bibliothéconomie francophone !
    Sinon juste une précision par rapport au débat des archithécaires, j’ai eu l’impression dans le discours canadien qu’il ne sagissait pas d’inventer un nouveau métier ou de fusionner des métiers. C’est juste l’institution qui fusionne pour cause de missions concommitantes, mais pour ce que j’en ai compris, à l’intérieur il continue à y avoir des bibliothécaires, des archivistes, des information managers et je ne sais quoi d’autre. Pas d’archithécaires, donc : d’accord pour dire qu’on a des problématiques communes, pas d’accord pour dire que notre métier se résume à ces problématiques communes, même juste en se limitant au domaine numérique. Ca y est j’ai mis ma pierre au débat ;-)

  4. Bonjour,
    Sur l’engagement (point N°2) : c’est mon cheval de bataille depuis pas mal d’années… c’est une question fondamentale. Je ne suis pas sûr que la france est en pointe sur ce sujet là…hélas. Qu’en est-il aux USA ou Canada ?

    Stéphane.

  5. Stéphane : c’est un partout pareil. On est tellement pressés de mettre en place ces services qu’on ne se rend pas forcément compte qu’on engage les générations futures derrière soi. La prise de conscience en terme de préservation numérique est cependant apparemment un tout petit peu plus ancienne aux Etats-Unis. Heureuse de faire ta connaissance virtuelle ;-)

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