Numérisation, externalisation

La numérisation ça coûte cher, surtout en ressources humaines et en compétences ; et pour une bibliothèque se pose la question des économies qu’elle peut faire grâce à l’externalisation auprès d’un prestataire privé d’une partie des opérations. Cependant, peut-on tout externaliser ? Ceux qui se posent cette question devraient lire ce billet sur le blog Digitization 101.

Les trois principales choses qui ne peuvent pas être externalisées sont les suivantes.

  • La gestion du projet lui-même, c’est-à-dire en particulier les contacts avec le prestataire. Et bien sûr pour cela il faut connaître un minimum la technique.
  • La sélection documentaire. On pourrait l’externaliser, mais la probabilité d’être satisfait du résultat est faible.
  • Les specifications fonctionnelles. Une fois les ouvrages numérisés, qui peut décider quelles possibilités on donnera pour les consulter, ou comment sera organisé l’accès à ces documents ? Tout cela dépend fortement des objectifs du projet et du public cible. Difficile à externaliser, c’est trop important.

Alors qu’est-ce qui reste ? la technique pure : la numérisation elle-même, et la mise en place du système de consultation à partir d’un cahier des charges précis et exigeant. Il n’est pas raisonnable de faire l’économie du reste, la bibliothèque doit rester maître de son projet, de la sélection à la diffusion, afin de s’assurer que son public sera satisfait et que l’image du service sera bonne.

Toute ressemblance avec des faits ou des personnes ayant choisi de faire le contraire est purement fortuite.

3 réflexions sur “Numérisation, externalisation

  1. « La bibliothèque doit rester maître de son projet »: comme c’est bien vrai. Et si ce n’étaient que les bibliothèques qui étaient victimes de l’illusion du « clé en main » proposé par les prestataires extérieurs! J’irais encore plus loin: tout contrat conclu avec un prestataire extérieur devrait marquer la prééminence du « client » (la bibliothèque, l’institution demandeuse) sur le « fournisseur ». Ce qui signifie, de la part des institutions demandeuses, la nécessité de fournir, dans la négociation avec le prestataire, un interlocuteur qui comprenne les enjeux, maîtrise au moins intellectuellement les techniques et les concepts, domine les objets à numériser et aie le pouvoir délégué (potestas, auctoritas!) de tenir la dragée haute aux prestataires. Ca signifie aussi que le contrat avec le prestataire doive être « blindé ». Bon, ça semble un peu dur à priori, mais il semble qu’il y ait quelques margoulins dans le métier (i.e. chez les prestataires) et on n’a pas le droit de gaspiller les deniers publics.

  2. Bien d’accord ! Il vaut mieux les prévoir dès le début, quand on peut ! J’oubliais de le préciser.

  3. J’espère que les « specifications fonctionnelles » sont envisagées AVANT la numérisation ? les caractéristiques de la numérisation en dépendent (ou l’inverse). Parfois c’est trop tard… SD

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